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Journal du droit des jeunes

2003/9 (N° 229)


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Les actes des deux journées de réflexion organisées par ATD Quart Monde en mai 2001 pour les représentant ces différentes institutions sur le thème du droit de vivre en famille. ont été publiés.[*][*] Ils sont disponibles ATD Quart Monde, Tél : 01.46....

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Chacun partant de son angle de vue (professionnel, personnel, humain), différentes visions du placement ont été confrontées. Les actes constituent un matériau intéressant pour les travailleurs sociaux ; ils proposent des pistes concrètes visant à trouver des alternatives à l’éclatement des familles, à renforcer la place des parents dans les processus d’aide.

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Les travailleurs sociaux (au sens large) sont structurellement au carrefour de tensions entre les attentes de la société (plus ou moins explicites) et les demandes des personnes qui vivent dans la précarité.

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Le risque est grand pour un travailleur social de devenir un contrôleur social des familles, la tension qui les y pousse est constante : du fait de s’inquiéter du bien-être d’une famille au fait de vérifier si les conditions de vie d’un enfant sont suffisamment bonnes et d’imposer des mesures, il n’y a qu’un pas et il n’est pas évident ensuite de confronter sa perception, son émotion du moment, à des critères tangibles.

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Une partie des actes fait état des « représentations réciproques » entre professionnels et familles.

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Bien entendu, on nous aura appris à favoriser une relation de confiance avec les personnes qui nous consultent, sans quoi notre mission serait impossible à mener.

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Le travail social porte en lui la contradiction entre l’« aide » (désintéressée, visant à l’émancipation, l’autonomisation, etc.) et le « contrôle » de certaines catégories de citoyens amenés à se socialiser selon les critères admis (contrôle des chômeurs, des jeunes qui doivent être occupés durant les heures d’école, familles qui doivent adopter certains types de comportements éducatifs, etc.).

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La pression générant le contrôle social est souvent présentée comme indispensable (par exemple il faut collaborer avec la police) ou comme étant dans l’intérêt des personnes (par exemple le placement d’un enfant dans une famille d’accueil est toujours envisagé dans sont intérêt).

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Une pression liée à la« responsabilité » du travailleur social pèse sur ses épaules. Des réponses peuvent être trouvées dans la partie des actes concernant « l’urgence et le danger ».

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Le travailleur social a dès lors un devoir de vigilance permanente par rapport à sa fonction et il ne peut se laisser instrumentaliser pour des missions qui seraient contraires à sa déontologie.

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Le droit est dès lors une ressource indispensable pour le travailleur social qui y trouve les balises nécessaires pour mener à bien sa mission.

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Une partie des actes aborde la question du respect (ou bien faudrait-il dire du non respect) des principes de l’autorité parentale dont les familles semblent bien souvent privées dans les faits.

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Le droit est cependant imparfait et contient ses propres injustices (comme par exemple le fait de ne pas permettre aux familles d’enfants placés d’avoir accès à leur dossier judiciaire).

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Dans ce cas, il faut dénoncer l’injustice du droit et tout mettre en œuvre, par exemple en menant des actions collectives en interpellant les décideurs (politiques et autres) ou encore en saisissant des instances internationales (Cour européenne des droits de l’homme, Comité des droits de l’enfant,…), afin d’y mettre fin.

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Une partie des actes est consacrée aux « procédures judiciaires et à l’action sociale ».

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ATD Quart Monde avait voulu donner une dimension internationale à ces journées d’études en invitant des personnes d’autres pays européens (Angleterre, Belgique).

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Cette démarche est fort logique puisque les contradictions qui traversent le champ du travail social sont les mêmes partout, même si l’organisation administrative et le cadre légal sont différents.

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Ce caractère international a permis notamment de connaître des méthodes de travail différentes et innovantes.

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N’oublions pas que la précarité financière n’est pas une fatalité (qui nécessiterait simplement un simple correctif de type caritatif) mais une conséquence inévitable de l’organisation économique et sociale de notre société.

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Pour terminer, voici un exemple de situation de placement venu de Belgique : Il y a 4 ans environ une dame voulait récupérer son fils, alors âgé de 8 ans, qui était placé depuis qu’il en avait 2 dans une famille d’accueil. On avait dit à cette dame qu’il serait placé jusqu’à sa majorité (ce qui est illégal mais cela lui avait été dit oralement). Elle envisagea alors de le « kidnapper » lors de sa prochaine visite et de partir vivre dans un autre pays européen.

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Elle a finalement décidé d’employer les moyens légaux qui étaient à sa disposition pour le récupérer.

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Il aura finalement fallu deux ans à cette dame pour « récupérer » son fils. Ce dernier voulait absolument rentrer chez sa maman.

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Cette dame s’est « battue » contre les avocats (pour enfin être défendue correctement par un avocat qui a accepté de s’occuper de son dossier en soutenant réellement sa parole), contre le juge, contre le service de placement familial (celui là même qui lui disait que son fils serait placé jusqu’à sa majorité), contre la famille d’accueil qui prenait une place trop envahissante dans l’éducation de l’enfant (et qui lui garantissait un confort matériel plus élevé que ce que l’enfant trouvait chez sa maman) maintenant par voie de conséquence la maman dans un rôle tout à fait secondaire.

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Elle n’a par contre pas pu se battre contre le temps : son fils vient de demander à retourner dans la famille d’accueil (ou il a donc vécu plusieurs années).

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La maman en souffre tellement et se sent à ce point trahie qu’elle ne souhaite plus revoir son fils.

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On trouve plusieurs témoignages de ce type dans les actes.

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Ces témoignages doivent eux aussi nous permettre de rester vigilants dans la relation d’aide qui peut finalement générer des drames.

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Quelle place est laissée aux « potentialité des familles », quelle image est laissée aux familles sur leur compétences ? Les actes y consacrent un chapitre.

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Les actes de ces deux journées organisées par ATD Quart-Monde peuvent être un outil permettant de nourrir une action de vigilance et la nécessaire réflexion qui doit l’accompagner.

Troisième Journée d’étude DEI-France - 15 novembre 2003. Les droits de l’enfant dans la famille et dans les institutions : dangereux défis ou nouvel âge de la démocratie ?

DEI-France, section française de “Défense des Enfants International”, organise le 15 novembre 2003 sa troisième journée nationale d’étude. DEI-France estime qu’il y a plus que jamais lieu de promouvoir sans relâche les droits à la participation et les droits politiques des enfants. Plusieurs réformes législatives, adoptées début 2002, ont voulu en formaliser les principes dans les sphères familiales, sociales et médico-sociales, sanitaires et judiciaires.

Le fait est, pourtant, que les acteurs de l’éducation au quotidien (parents et professionnels) peinent à concevoir et à assumer en pratique ce que peuvent être une famille, une école, une institution “démocratiques”, fonctionnant sur des principes de liberté d’expression et d’égalisation des droits.

Aujourd’hui, la tentation est à peine masquée, chez nombre de décideurs, de minimiser, d’occulter ou d’interdire la prise en considération des réformes de 2002, notamment des aspects “émancipateurs” dont elles sont porteuses, et ceci au nom par exemple d’un supposé excès de “droit-de-l’hommisme” appliqué à ces derniers.

L’ordre du jour est à la restauration d’une autorité - celle des parents, des enseignants, des policiers, de l’Etat, etc. ) prétendument défaillante.

Mais qu’est qu’une autorité non légitimée par ses effets bénéfiques pour ceux qui la supportent ? Comment penser qu’elle atteigne ses buts ?

La démocratisation des relations entre les différents adultes en charge de l’éducation des enfants, et entre ces adultes et ces enfants, ferait-elle donc peur ? Et si oui, à qui et pourquoi ?

Lieu : Assemblée nationale, Salle 6217

126, rue de l’Université 75007 Paris

Inscription gratuite mais indispensable avant le

7 novembre 2003 DEI-France - 30, rue Coquillière -

75001 Paris - Courriel : DEI-France@globenet.org

-Tél. : 06 85 84 94 54

9 h Accueil

9 h 30 Les enjeux du thème : Jean-Pierre ROSENCZVEIG.

9 h 45 Conférence introductive. Alain RENAUT, professeur de philosophie politique à l’Université de Paris-Sorbonne

10 h 30 État des lieux : comment les droits à la participation et les droits politiques des enfants, tels qu’ils sont affirmés par la Convention internationale des droits de l’enfant et déclinés par les textes de début 2002, peuvent-ils être perçus et appliqués au regard :

des réalités et du fonctionnement actuel des familles ? Reynald BRIZAIS, maître de conférences université de Nantes ;

des réalités et du fonctionnement actuel des institutions sociales et médico-sociales ? Pierre NAVES, inspecteur général des affaires sociales ;

des réalités et du fonctionnement actuel des institutions scolaires ? Isabelle KLEM, vice présidente de la FCPE.

12 h Débat

14 h Présentation d’expériences :

dans la vie quotidienne des familles, à partir de l’observation de l’expérience des centres sociaux : Florence OVAERE, sociologue ;

dans les institutions sociales : Annie-Paule TEMKKIT et Jean-Michel BURY, directeurs d’établissements sociaux à “La Vie au Grand Air” ;

dans les institutions éducatives ou de loisirs : Jean LE GALL, chargé de mission à l’ICEM - Pédagogie Freinet.

15 h Table ronde avec les représentants des groupes parlementaires, animée par Bernard BOBILLOT.

16 h 30 Synthèse. Frédéric JESU, DEI-France.

16 h 45 Conclusion.Bernard DEFRANCE, DEI-France.

Notes

[*]

Ils sont disponibles ATD Quart Monde, Tél : 01.46.33.49.77.

Pour citer cet article

Mangin Cécile, « Les familles - le placement - la justice - l'aide sociale à l'enfance », Journal du droit des jeunes, 9/2003 (N° 229), p. 19-20.

URL : http://www.cairn.info/revue-journal-du-droit-des-jeunes-2003-9-page-19.htm
DOI : 10.3917/jdj.229.0019


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