Accueil Revues Revue Numéro Article

Journal du droit des jeunes

2004/10 (N° 240)


ALERTES EMAIL - REVUE Journal du droit des jeunes

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Pages 8 - 8 Article suivant
1

Selon la Ligue internationale des associations d’aide aux handicapés mentaux, “le déficient mental a les mêmes droits fondamentaux que les autres citoyens du même pays et du même âge” et, pour l’équipe du Centre de jour “Jean Théwis[1][1] Le Centre de jour “Jean Théwis” est un service d’accueil..., l’accès à une éducation affective et sexuelle fait partie de ces droits fondamentaux. Mieux : elle aide à leur mise en pratique ! Il s’agit de favoriser l’épanouissement des personnes dans leur vie affective et sexuelle en les aidant aussi à se préserver des abus.

La personne mentalement handicapée n’a pas accès à l’éducation affective et sexuelle

2

Force est de constater que la personne mentalement handicapée n’a, en fait, guère accès à l’éducation affective et sexuelle. Une personne dite normale s’auto-éduque par les médias (télévision, magazines pour ados, etc.) ou reçoit une éducation dispensée à ce sujet, cahin-caha ou réellement c’est selon, à l’école ou en famille. Pour la personne déficiente mentale, l’éducation affective et sexuelle est plus souvent altérée, voire inexistante : ses difficultés de concentration, de mémorisation, ses lacunes en lecture lui ferment les portes de l’auto-éducation tandis que, en général, peu de choses sont abordées en famille ou à l’école.

3

Des adultes déficients mentaux sont adultes : comme toutes personnes, ils ont des pulsions, des sentiments et éprouvent souvent de grosses difficultés à les comprendre, à les exprimer, à les vivre.

4

S’il existe une littérature sur la question, il y a peu de matériel didactique éprouvé qui relate les réactions des personnes handicapées, leurs difficultés ou celles des animateurs de projet, soit lors de sa mise en place, soit dans son déroulement. Les intervenants auprès d’adultes handicapés mentaux confirment qu’il est difficile de se « lancer » dans l’animation sur le thème de l’éducation affective et sexuelle.

5

Le Centre « Jean Théwis », dont l’origine catholique et l’implantation en région semi-rurale en Wallonie aurait pu constituer un obstacle, a eu l’audace d’entreprendre la direction de l’institution et les familles de ses clients handicapés qui ont adhéré au projet d’animation sur ce thème, dans le cadre habituel des activités du Centre de jour. Elle s’en étonne même encore, tout en se réjouissant, a juste titre, d’avoir « osé » !

En foyer éducatif, à l’école, en famille…

6

Pour qu’elle puisse servir à d’autres, le Centre publie le compte rendu de l’expérience [2][2] Vivre son affectivité et sa sexualité, par Isabelle.... On trouvera dans cet ouvrage la relation de l’expérience conduite pendant quatre années, étape après étape, semaine après semaine, avec ses périodes de découragement et ses périodes d’enthousiasme, depuis la construction du projet : comment sensibiliser la direction, l’équipe éducative et les familles des personnes handicapées ? Une seconde partie traite des fonctions et rôles de chacun : qui anime l’activité ? qui est observateur non-participant ? quels sont leurs rôles ? comment se passe une séance type ? comment obtenir une « peau de groupe » ?

7

Il s’agit d’un vrai un guide pratique exposant, séance par séance quels sujets aborder et comment, quelles difficultés ont été rencontrées, comment ont réagi les personnes handicapées et leur entourage ? Photos à l’appui, l’ouvrage détaille les renseignements nécessaires pour se procurer et fabriquer le matériel adapté nécessaire.

8

On y trouvera aussi des témoignages personnels des animateurs et des bénéficiaires de l’activité ; les auteurs abordent sans détour les questions de déontologie : jusqu’où vont les animateurs dans ce qu’ils donnent de personnel ?

9

La méthode, conçue au départ pour un public adulte, peut facilement être transposée à l’intention d’enfants dits normaux ; elle peut donc être le support d’un travail scolaire ou d’une éducation en famille ou encore en institution.

10

L’équipe « Jean Théwis » a relaté son expérience, avec ses aspects positifs, négatifs ou discutables : sa façon de gérer l’atelier, basée sur des choix d’équipe, n’engage qu’elle, sans prétendre enseigner « la » bonne manière, mais en espérant que ce dossier sera pour d’autres institutions, pour des écoles ou des familles, le point de départ d’une mise en pratique et une aide pour ceux qui désirent s’engager sur le chemin sinueux de l’éducation affective et sexuelle.

11

J.P.

Notes

[1]

Le Centre de jour “Jean Théwis” est un service d’accueil de jour pour adultes handicapés mentaux modérés (catégorie AWIPH 112A), agréé et subsidié pour accueillir douze personnes encadrées par une équipe pluridisciplinaire d’éducateurs, éducateurs artistiques, assistant social, logopède, psychologue, ergothérapeute. L’institution a pour but de favoriser l’autonomie, la sociabilisation et le bien-être des personnes par des activités telles que “l’entretien des acquis” (cuisine, entretien, maintenance,…), le sports (natation, musculation, …), l’expression (ateliers artistiques et artisanaux, journalisme, informatique,…) ainsi que des rééducations de logopédie et d’ergothérapie… Les personnes handicapées choisissent leurs activités pour trois mois - dans le cadre d’une pédagogie du contrat - et s’engagent à respecter ce choix durant cette période.

[2]

Vivre son affectivité et sa sexualité, par Isabelle Mathéi, Pierre Leblanc et Caroline Herck, Éditions Jeunesse et droit, nov. 2004, 91 pages, 7,50 euros, ISBN 2-9301176 08-3 ; cet ouvrage est disponible en librairie ou au Centre de jour “Jean Théwis”, 31 rue de Boëlhe, 31, B-4250 Geer - Tél : (+32)19 58 88 08

Plan de l'article

  1. La personne mentalement handicapée n’a pas accès à l’éducation affective et sexuelle
  2. En foyer éducatif, à l’école, en famille…

Pour citer cet article

« Mettre en place, en institution, une activité d'éducation affective et sexuelle », Journal du droit des jeunes, 10/2004 (N° 240), p. 8-8.

URL : http://www.cairn.info/revue-journal-du-droit-des-jeunes-2004-10-page-8.htm
DOI : 10.3917/jdj.240.0008


Pages 8 - 8 Article suivant
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback