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Journal du droit des jeunes

2004/4 (N° 234)


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Entre protection de l’enfant et droits des familles : quel espace d’intervention ? L’enfant en danger nécessite l’intervention de diverses institutions : les associations, l’école, les éducateurs, le département, le juge... Cette protection de l’enfant ne conduit pas nécessairement à une séparation familiale. Au contraire, il existe une obligation légale de favoriser le maintien de l’enfant dans son milieu naturel. Dés lors, dans ce cadre législatif, comment concilier la protection du mineur en danger et le respect des droits de la famille ? Le droit d’éduquer son enfant, le droit de choisir son enseignement religieux, bref tous les droits créances des parents...

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La relation éducative transcende les relations juridiques. Aussi, le juge ne peut intervenir comme un simple arbitre du droit. La protection de l’enfance ne s’effectue pas dans un ring. L’ensemble des acteurs œuvrent pour un même objectif. Les confrontations sont souvent thérapeutiques. Et surtout, la recherche d’une vérité absolue, ou de normalisation fantasmée aboutit nécessairement à l’échec. Est-il nécessaire de rappeler qu’il s’agit de relations humaines excluant toute machinisation opérante.

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Ainsi, « l’emmerdeur », l’éducateur, le juge, les parents participent communément au processus social d’apaisement et de protection lorsque le danger a été détecté. L’harmonisation et l’équilibre des différentes interventions s’effectue dans un espace temporel et spatial conservé entre la protection de l’enfant et les droits des familles. Les droits des uns ne peuvent être absolus. Ils sont équilibrés. La protection de l’enfant se trouve au centre de cet équilibre. Néanmoins, elle ne pourrait justifier la violation d’autres droits très importants pour la construction de l’individu, enfant ou adulte.

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La règle juridique est instrument de régulation sociale parfois pervertie en épée de Damoclès au dessus de la tête des parents, du juge, des éducateurs, voire des enfants… L’élaboration d’un dispositif législatif de plus en plus répressif renforce cet aspect. La protection de l’enfant renvoie ainsi la société à ses propres référentiels philosophiques dans des contextes d’urgence rendant sa mission délicate.

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« Faire avec ou sans les familles » ? « Faire contre ou pour les familles » ? « Faire en deçà ou avec les familles » ? « Faire parfois ou jamais avec les famille »….les questions sont nombreuses….et les pratiques tout autant. Comme l’annonçait Pierre Naves, dans son dernier rapport, l’important est de recenser toutes les actions et de les évaluer. L’échec des actions éducatives participe tout autant que leur réussite à l’amélioration du système de protection de l’enfance.

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En définitive, entre la protection de l’enfant et les droits des familles, il existe un vaste espace d’action sociale dans lequel on peut déceler des erreurs, des carences, des innovations pertinentes, des espoirs, des craintes, des victoires. Bref, il s’agit d’un espace de vitalité que ni le droit ni les dogmes ne doivent anesthésier !

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H.O.

Pour citer cet article

« L'harmonisation des interventions multilatérales au profit de l'enfant », Journal du droit des jeunes, 4/2004 (N° 234), p. 16-16.

URL : http://www.cairn.info/revue-journal-du-droit-des-jeunes-2004-4-page-16.htm
DOI : 10.3917/jdj.234.0016


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