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Journal du droit des jeunes

2005/6 (N° 246)


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Construire l’objectivité, tel était l’objet, le sujet de ce 10ème colloque de la Revue d’Action Juridique et Sociale qui s’est tenu le 5 avril 2005 à Chambéry et interrogeait dans le champ de l’action sociale et particulièrement dans celui de la protection de l’enfance, la subjectivité.

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Or la protection de l’enfance s’inscrit dans une double dimension :

  • une dimension institutionnelle puisqu’elle renvoie à des dispositions législatives et réglementaires, à une codification et que c’est une mission confiée par la loi au Conseil général, à laquelle contribuent des partenaires institutionnels et associatifs ;

  • une dimension éminemment intime et émotionnelle puisqu’elle touche en chacun au fondement de sa construction personnelle, de son histoire, de sa culture et qu’il faut reconnaître cette dimension pour la maîtriser.

L’objectivité est un travail de construction qui suppose observation, réflexion, élaboration, mise à distance.

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Ce travail de construction ne peut se faire que par la mise en forme de la pensée, qui trouve son aboutissement dans l’écriture professionnelle qui la rend communicable, partageable.

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L’écrit professionnel est un enjeu pour l’institution car il reflète les qualités du travail réalisé. Cet enjeu nécessite avant tout que l’institution clarifie l’objet et le sens de l’écriture professionnelle.

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L’écrit professionnel constitue un outil d’aide à la décision (qui permet), qui doit garantir :

  • une compréhension de la situation qui en fait l’objet : information, analyse, hypothèses, perspectives ;

  • une connaissance des moyens mis en œuvre pour aider à la résolution de problèmes.

L’écrit professionnel est un enjeu pour son auteur car il engage son éthique et sa responsabilité, l’oblige à la nécessaire distanciation/vécu, à une attention particulière au poids des mots, et à tout ce qu’ils véhiculent sur le plan idéologique. Il oblige à répondre à certaines questions :

  • qu’est-ce que je peux démontrer ?

  • à quoi va servir cet écrit ?

  • à qui est-il destiné ?

  • qui sera amené à le lire aujourd’hui, demain, dans dix ans ?

L’écrit professionnel oblige son auteur à un exercice qui va intégrer à la fois le regard du juge qui aura à prendre une décision concernant un enfant, une famille, celui des parents qui pourront prendre connaissance de ce qui est dit sur eux, celui de l’enfant, futur adulte qui viendra peut être consulter son dossier, celui de l’institution qui mandate un travailleur social pour réaliser un travail et pour en rendre compte.

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C’est un exercice difficile, voire douloureux, qui constitue une composante à part entière du travail réellement effectué. C’est un acte professionnel qui doit répondre à des exigences de qualité et à l’évolution du cadre législatif et notamment pour ce qui concerne les droits des usagers. L’article 6 de la loi 2002-2 du 2 janvier précise qu’une charte nationale est établie conjointement par les fédérations et les organismes représentatifs de personnes morales publiques ou privées gestionnaires d’établissements. Cette charte porte sur les principes éthiques et déontologiques afférents aux modes d’intervention et de fonctionnement, aux pratiques de l’action sociale et médico-sociale.

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Le droit des usagers, c’est aussi la possibilité pour eux d’accéder aux documents administratifs qui les concernent et le droit d’accès à leur dossier judiciaire institué par le décret du 15 mars 2003.

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Pour pousser un peu plus loin la réflexion sur les droits des usagers, interrogeons-nous sur la place que nous leur donnons dans nos écrits professionnels. Aujourd’hui, combien d’entre nous leur en communiquons le contenu ? Combien sollicitent leur participation à cette écriture ?

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Nous devons être convaincus que ces écrits n’appartiennent pas à leur auteur, bien qu’il en assume la responsabilité. Ils appartiennent à ceux qui le mandatent, à ceux à qui ils sont destinés, à ceux qui en sont le sujet. Ils seront conservés 90 ans dans les dossiers de l’aide sociale à l’enfance qui resteront consultables pendant cette durée.

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Afin de donner à cette écriture professionnelle toute l’efficience qu’elle exige, il est nécessaire de donner aux professionnels des repères conceptuels, théoriques et méthodologiques et c’était tout l’objectif de cette journée de travail.

Pour citer cet article

Tarajeat Lucie, « Introduction », Journal du droit des jeunes, 6/2005 (N° 246), p. 13-13.

URL : http://www.cairn.info/revue-journal-du-droit-des-jeunes-2005-6-page-13.htm
DOI : 10.3917/jdj.246.0013


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