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Journal du droit des jeunes

2005/9 (N° 249)


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Fin connaisseur des dispositifs belges et français, Jean-Pierre Bartholomé le répétait depuis quelques années déjà : « il faudra organiser un voyage d’étude sur le modèle belge de protection de l’enfance ». Entre les corrections des épreuves des livres qu’il édite et ses déplacements dans les colloques, il a fini par concocter ce fameux périple au pays de Tintin. Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître. Tout juste, a-t-on pu regretter l’absence de magistrats, de responsables du ministère de la justice ou de la PJJ.

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Les dix français en provenance des quatre coins de l’hexagone, cadres départementaux ou du secteur associatif pour deux tiers d’entre eux, travailleurs de base pour les autres ont sillonné pendant cinq jours le petit royaume belge, à la découverte d’autres modes de raisonnement, d’autres façons de faire, d’autres manières de fonctionner. Ici, le centralisme est définitivement mort. Place à la logique fédérale. Ici, la démarche autoritaire est en crise existentielle. Place à la négociation. Ici, la psychanalyse n’a pas guère droit de cité, place à la systémie. Ici, la séparation d’avec la famille a mauvaise presse. Place au maintien des liens. Ici, le signalement automatique est banni. Place à l’aide négociée même aussi dans des situations de maltraitance. Ici, pas de prisons pour les moins de dix-huit ans, place aux centres fermés pour mineurs. Ici, la toute-puissance des juges n’est plus de mise, place à la déjudiciarisation.

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Les participants ont pu tour à tourêtre fascinés et irrités, séduits et sceptiques, surpris et rassurés. L’important, pour nous français qui pensons si souvent qu’après avoir initié les droits de l’homme, nos modèles ne peuvent être qu’universels, c’est de constater que des procédures et des dispositifs différents et divergents existent ailleurs, sans provoquer les catastrophes supposées. À l’heure où de multiples rapports viennent interroger la nécessaire réorganisation de la protection de l’enfance dans notre pays (cf RAJS n°248 d’octobre 2005), il était particulièrement intéressant d’aller se rendre compte comment cela se passe ailleurs. Et cet ailleurs, la partie francophone de la Belgique était d’autant plus pertinente à visiter qu’elle cumule un double avantage : une proximité culturelle et une évolution qui lui a fait progressivement s’éloigner du modèle français qu’elle avait imité pied à pied, pendant de nombreuses décennies. Un peu comme si elle nous donnait à voir tout ce qui pourrait se mettre à changer dans notre hexagone gaulois, si l’on se mettait à faire preuve d’autant de dynamisme et d’audace que nos cousins belges.

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Le numéro de ce mois de novembre est consacré à ce voyage d’étude en Belgique qui s’est déroulé du 11 au 16 septembre 2005. Il est le résultat d’un regard subjectif et tente de synthétiser ce qu’ont été nos découvertes, nos enthousiasmes ainsi que nos doutes, en un mot, tout ce qui fait que l’on porte un regard à la fois constructif et critique. Puisse le lecteur y retrouver son bonheur, en attendant peut-être un jour, d’aller lui-même se rendre compte, à son tour, sur place, dans un futur périple que la RAJS pourrait à nouveau concocter pour les malchanceux qui ont raté une occasion de s’enrichir, mais qui seront peut-être attentifs à ne pas commettre deux fois la même erreur.

Pour citer cet article

Trémintin Jacques, « Ce que Tintin peut nous apporter ... », Journal du droit des jeunes, 9/2005 (N° 249), p. 18-18.

URL : http://www.cairn.info/revue-journal-du-droit-des-jeunes-2005-9-page-18.htm
DOI : 10.3917/jdj.249.0018


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