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Journal du droit des jeunes

2006/4 (N° 254)


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Je pense que le projet est très largement positif, qu’il va dans le bon sens. Pour une fois, on a un projet qui n’est pas sous l’effet de l’évènement. Ensuite, cela confirme combien on a eu raison de faire l’Appel des 100 dont l’objectif était qu’il n’y ait pas de projet sans que les acteurs concernés ne soient consultés. On a réuni les deux tiers des départements, de façon certes différente, mais globalement c’est intéressant. Je trouve que revenir sur la question de la prévention précoce, c’est important. Deuxième élément, cette cellule décentralisée au niveau départemental, je crois qu’elle est très liée à l’idée de développement dans le cadre du travail départemental partagé. Qu’on arrête enfin d’avoir des chiffres chacun de son côté qui ne sont jamais pris en compte parce que les manières dont ils sont recueillis sont complètement différentes. Dans chaque département, il faut la même grille recueillant les mêmes informations. Je pense que si je l’avais écrit, il y aurait deux trois chose que j’aurais intégrées. Mais à mon avis, on a là un projet qui est du même niveau que celui de l’année 1989.

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La question qui a été très peu abordée, c’est où on va trouver les moyens. Par exemple, on dit : un bilan pour tous les enfants à l’âge de quatre ans ! Premier problème -d’autant que le ministre a aussi en charge la sécurité sociale - : aujourd’hui, les caisses primaires remboursent de moins en moins les activités de PMI. En 1989, on était remboursé sur la base de 36% du budget PMI. On a introduit le remboursement à l’acte, et la convention avec la caisse primaire prévoyait qu’à chaque fois qu’il y aurait une revalorisation des honoraires des médecins, la consultation serait revalorisée. Aujourd’hui, ce n’est plus vrai. Il y a eu deux revalorisations des spécialistes et les prestations sont toujours remboursés au même montant. Des départements comme la Seine-Saint-Denis vont se retrouver avec des contributions de plus en plus importantes.

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Il faut des moyens complémentaires. Les 150 millions annoncés, ça fait 1,5 million en moyenne par département… rien que le bilan de santé à quatre ans coûtera ce prix. Si on ajoute le travail à domicile des sages femmes, des puéricultrices, des médecins qu’il faudra payer plus puisqu’on va augmenter les activités en PMI… Rien que la cellule centralisée de l’ASE, en Seine-Saint-Denis, cela représentera entre 8 à 15 personnes. Si on regarde le plan de 4.000 emplois à l’échelle du département, cela fait en moyenne 40 agents. Or il en faudra trois, quatre cinq fois plus. Il ne faut pas qu’au niveau des moyens, on se retrouve avec une nouvelle loi inapplicable.

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Pour trouver du personnel en Seine Saint Denis, on mène un politique active de recrutement en payant des jeunes pour aller se former tout en étant payé. On en est à zéro poste vacant. Ce n’est cependant pas la tendance générale dans les autres départements. En dehors du milieu ouvert, plus personne ne veut travailler en internat. Si on veut faire des AEMO avec des gens qui travaillent le soir voire la nuit, il va falloir les trouver, les payer. Ce qu’on va diminuer peut être en nombre de placement sera compensé par les prestations nouvelles qui seront demandées. Aujourd’hui, il y a des situations d’enfants en grande difficulté, qui relèvent de la pédopsychiatrie, qui mobilisent 80% du personnel.

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Enfin j’aimerais souligner le problème de recrutement des médecins PMI. Il y a un débat avec le conseil national de l’Ordre des médecins qui refuse les médecins extracommunautaires exercent hors de l’hôpital, sous prétexte qu’ils ne seraient pas encadrés. En Seine-Saint-Denis, où il y a 70 nationalités différentes, on paye des frais d’interprétariat, de travail au niveau du transculturel… On ferait des économies extraordinaires si on pouvait recruter ces médecins qui connaissent la culture des autres pays. On désire obtenir du gouvernement qu’il impose à l’Ordre national des médecins que l’on puisse recruter ces médecins étrangers hors de l’hôpital.

Notes

[*]

Direction de l’enfance du Conseil général de Seine-Saint-Denis.

Pour citer cet article

« Réaction de Claude Roméo. Interview », Journal du droit des jeunes, 4/2006 (N° 254), p. 33-33.

URL : http://www.cairn.info/revue-journal-du-droit-des-jeunes-2006-4-page-33.htm
DOI : 10.3917/jdj.254.0033


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