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Journal du droit des jeunes

2007/2 (N° 262)


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Art. 1er : L’État garantit le droit au logement mentionné à l’article 1er de la loi n? 90-449 [1][1] L’art. 1er de la loi Loi n°90-449 du 31 mai 1990 visant... du 31 mai 1990 à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et stable, n’est pas en mesure d’accéder par ses propres moyens à un logement décent et indépendant ou de s’y maintenir.

2

Cette garantie s’exerce par un recours amiable et par un recours contentieux selon les modalités fixées par la présente loi.

3

Dispositions relatives au « droit opposable au logement » insérée dans le code de la construction et de l’habitation et le code de justice administrative.

4

En caractère normal : disposition maintenue ; en caractère gras : disposition nouvelle ; en caractère italique : disposition supprimée ; entre parenthèses (le n° d’article du projet).

Code de la construction et de l’habitation

5

Livre IV - Habitations à loyer modéré

6

Titre IV - Rapports des organismes d’habitations à loyer modéré et des bénéficiaires

7

Chapitre Ier - Conditions d’attribution des logements et plafonds de ressources - Supplément de loyer de solidarité

8

Section 1 : conditions d’attribution des logements et plafonds de ressources

9

Art. L. 441 : l’attribution des logements locatifs sociaux participe à la mise en œuvre du droit au logement, afin de satisfaire les besoins des personnes de ressources modestes et des personnes défavorisées.

10

L’attribution des logements locatifs sociaux doit notamment prendre en compte la diversité de la demande constatée localement ; elle doit favoriser l’égalité des chances des demandeurs et la mixité sociale des villes et des quartiers.

11

Les collectivités territoriales concourent, en fonction de leurs compétences, à la réalisation des objectifs mentionnés aux alinéas précédents.

12

Les bailleurs sociaux attribuent les logements locatifs sociaux dans le cadre des dispositions de la présente section.

13

L’État veille au respect des règles d’attribution de logements sociaux.

14

Art. L. 441-1 : le décret en Conseil d’État prévu à l’article L. 441-2-6 détermine les conditions dans lesquelles les logements construits, améliorés ou acquis et améliorés avec le concours financier de l’État ou ouvrant droit à l’aide personnalisée au logement et appartenant aux organismes d’habitations à loyer modéré ou gérés par ceux-ci sont attribués par ces organismes. Pour l’attribution des logements, ce décret prévoit qu’il est tenu compte notamment du patrimoine, de la composition, du niveau de ressources et des conditions de logement actuelles du ménage, de l’éloignement des lieux de travail et de la proximité des équipements répondant aux besoins des demandeurs. Il est également tenu compte, pour l’attribution d’un logement, de l’activité professionnelle des membres du ménage lorsqu’il s’agit d’assistants maternels ou d’assistants familiaux agréés.

15

Ce décret fixe des critères généraux de priorité pour l’attribution des logements, notamment au profit :

  1. de personnes en situation de handicap ou de familles ayant à leur charge une personne en situation de handicap ;

  2. de personnes mal logées, défavorisées ou rencontrant des difficultés particulières de logement pour des raisons d’ordre financier ou tenant à leurs conditions d’existence ;

  3. de personnes hébergées ou logées temporairement dans un établissement ou un logement de transition ;

  4. de personnes mal logées reprenant une activité après une période de chômage de longue durée.

Ce décret fixe les conditions dans lesquelles le maire de la commune d’implantation des logements est consulté sur les principes régissant ces attributions et sur le résultat de leur application.

16

Ce décret détermine également les limites et conditions dans lesquelles les organismes d’habitations à loyer modéré peuvent, en contrepartie d’un apport de terrain, d’un financement ou d’une garantie financière, contracter des obligations de réservation pour les logements mentionnés à l’alinéa précédent, lors d’une mise en location initiale ou ultérieure. Lorsque ces conventions de réservation ne respectent pas les limites prévues au présent alinéa, elles sont nulles de plein droit.

17

Il fixe les conditions dans lesquelles ces conventions de réservation sont conclues, en contrepartie d’un apport de terrain, d’un financement ou d’une garantie financière, accordés par une commune ou un établissement public de coopération intercommunale. Il prévoit que ces obligations de réservation sont prolongées de cinq ans lorsque l’emprunt contracté par le bailleur et garanti par la commune ou l’établissement public de coopération intercommunale est totalement remboursé.

18

Il détermine également les limites et conditions de réservation des logements par le représentant de l’État dans le département au profit des personnes prioritaires, notamment mal logées ou défavorisées.

19

Le représentant de l’État dans le département peut, par convention, déléguer au maire ou, avec l’accord du maire, au président d’un établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d’habitat tout ou partie des réservations de logements dont il bénéficie, au titre du précédent alinéa, sur le territoire de la commune ou de l’établissement.

20

Cette convention fixe les engagements du délégataire en vue de la mise en œuvre du droit au logement, les modalités d’évaluation annuelle de la délégation ainsi que les conditions de son retrait en cas de non-respect de ses engagements par le délégataire.

21

Cette convention substitue le délégataire à l’État dans les obligations de logement ou de relogement résultant de l’article L. 441-2-3 et, le cas échéant, précise les modalités selon lesquelles le délégataire s’en acquitte (art. 4)[2][2] L’article 5 du projet prévoit un délai de mise en œuvre :....

22

S’il constate, au terme de l’année écoulée, que les objectifs fixés par le plan départemental d’action pour le logement des personnes défavorisées ne sont pas respectés, le représentant de l’État peut, après mise en demeure restée sans suite pendant trois mois, se substituer au maire ou au président de l’établissement public de coopération intercommunale pour décider directement de la réservation des logements.

23

Les plafonds de ressources pour l’attribution des logements locatifs sociaux fixés en application des dispositions du présent article sont révisés annuellement en fonction de l’évolution du salaire minimum de croissance visé à l’article L. 141-2 du code du travail.

24

Art. L. 441-1-1 : l’établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d’habitat et disposant d’un programme local de l’habitat adopté peut proposer aux organismes disposant d’un patrimoine locatif social dans le ressort territorial de cet établissement de conclure pour trois ans un accord collectif intercommunal.

25

Cet accord, qui doit respecter la mixité sociale des villes et des quartiers et tenir compte, par secteur géographique, des capacités d’accueil et des conditions d’occupation des immeubles constituant le patrimoine des différents organismes, définit :

  • pour chaque organisme, un engagement annuel quantifié d’attribution de logements aux personnes connaissant des difficultés économiques et sociales, notamment aux personnes et familles mentionnées au deuxième alinéa de l’article 4 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement dont les besoins ont été identifiés dans le plan départemental d’action pour le logement des personnes défavorisées ;

  • les moyens d’accompagnement et les dispositions nécessaires à la mise en œuvre et au suivi de cet engagement annuel.

Cet accord est soumis pour avis au comité responsable du plan départemental d’action pour le logement des personnes défavorisées. Si cet avis n’a pas été rendu dans un délai de deux mois à compter de la transmission de l’accord, il est réputé favorable.

26

L’accord collectif intercommunal prévoit la création d’une commission de coordination présidée par le président de l’établissement public de coopération intercommunale. Cette commission est composée du représentant de l’État dans le département, des maires des communes membres de l’établissement public de coopération intercommunale, de représentants des bailleurs sociaux présents dans le ressort territorial de l’établissement public de coopération intercommunale, de représentants du département, de représentants de tout organisme titulaire de droits de réservation et de représentants des associations agréées dont l’un des objets est l’insertion ou le logement des personnes défavorisées qui œuvrent dans le département. Cette commission a pour mission d’examiner les dossiers des demandeurs de logement social concernés par l’accord collectif intercommunal. Sans se substituer aux décisions des commissions d’attribution prévues à l’article L. 441-2, la commission de coordination émet des avis quant à l’opportunité d’attribuer un logement dans le parc social situé dans le ressort territorial de l’établissement public. La commission se dote d’un règlement intérieur.

27

Après agrément du représentant de l’État dans le département, l’accord collectif intercommunal se substitue, sur le territoire où il s’applique, à l’accord collectif départemental prévu à l’article L. 441-1-2.

28

Lorsqu’au terme d’un délai de six mois suivant la proposition présentée par le président de l’établissement public de coopération intercommunale un organisme bailleur refuse de signer l’accord collectif intercommunal, le président de l’établissement public de coopération intercommunale désigne à l’organisme bailleur des personnes prioritaires et fixe le délai dans lequel celui-ci est tenu de les loger. Les attributions s’imputent sur les droits à réservation de l’établissement public de coopération intercommunale et, le cas échéant, sur les droits à réservation dont bénéficient l’État ou les communes membres de l’établissement public de coopération intercommunale, avec l’accord respectivement du représentant de l’État dans le département ou du maire intéressé. Ces attributions sont prononcées en tenant compte de l’état de l’occupation du patrimoine locatif social de cet organisme au regard de la nécessaire diversité de la composition sociale de chaque quartier et de chaque commune. Les dispositions du présent alinéa s’appliquent jusqu’à la signature, par l’organisme bailleur, de l’accord intercommunal.

29

En cas de manquement d’un organisme bailleur aux engagements qu’il a pris dans le cadre de l’accord collectif intercommunal, le président de l’établissement public de coopération intercommunale peut procéder à un nombre d’attributions de logements équivalent au nombre de logements restant à attribuer en priorité aux personnes défavorisées mentionnées dans l’accord, après consultation des maires des communes intéressées. Ces attributions s’imputent dans les conditions mentionnées à l’alinéa précédent.

30

Si l’organisme bailleur fait obstacle aux attributions prononcées par le président de l’établissement public de coopération intercommunale, celui-ci saisit le représentant de l’État dans le département qui met en œuvre les dispositions de l’article L. 441-1-3.

31

Art. L. 441-1-2 : dans chaque département, le représentant de l’État conclut tous les trois ans un accord collectif avec les organismes disposant d’un patrimoine locatif social dans le département. Cet accord, qui doit respecter la mixité sociale des villes et des quartiers et tenir compte, par secteur géographique, des capacités d’accueil et des conditions d’occupation des immeubles constituant le patrimoine des différents organismes, définit :

  • pour chaque organisme, un engagement annuel quantifié d’attribution de logements aux personnes connaissant des difficultés économiques et sociales, notamment aux personnes et familles mentionnées au deuxième alinéa de l’article 4 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 précitée dont les besoins ont été identifiés dans le plan départemental d’action pour le logement des personnes défavorisées ;

  • les moyens d’accompagnement et les dispositions nécessaires à la mise en œuvre et au suivi de cet engagement annuel.

Cet accord est soumis pour avis au comité responsable du plan départemental d’action pour le logement des personnes défavorisées. Si cet avis n’a pas été rendu dans un délai de deux mois à compter de la transmission de l’accord, il est réputé favorable.

32

Art. L. 441-1-3 : lorsqu’au terme d’un délai de six mois après qu’il lui a été proposé par le représentant de l’État dans le département, un organisme refuse de signer l’accord départemental, le représentant de l’État dans le département désigne à l’organisme des personnes prioritaires et fixe le délai dans lequel celui-ci est tenu de les loger. Ces attributions s’imputent sur ses droits à réservation. Elles sont prononcées en tenant compte de l’état de l’occupation du patrimoine de l’organisme au regard de la nécessaire diversité de la composition sociale de chaque quartier et de chaque commune, après consultation des maires des communes intéressées, jusqu’à la signature de l’accord départemental.

33

Si un organisme refuse d’honorer l’engagement qu’il a pris dans le cadre d’un tel accord, le représentant de l’État dans le département procède à un nombre d’attributions équivalent au nombre de logements restant à attribuer en priorité aux personnes défavorisées en vertu de cet accord, après consultation des maires des communes intéressées.

34

Si l’organisme fait obstacle à la mise en œuvre des dispositions précédentes, notamment en ne mettant pas le représentant de l’État dans le département en mesure d’identifier des logements relevant de ses droits à réservation, ce dernier, après tentative de conciliation suivie au besoin d’une mise en demeure, désigne, pour une durée d’un an, un délégué spécial chargé de prononcer les attributions de logements au nom et pour le compte de l’organisme, après consultation des maires des communes concernées, dans le respect des conventions de réservation de logements régulièrement signées.

35

Art. L. 441-1-4 : après avis du comité responsable du plan départemental d’action pour le logement des personnes défavorisées, des établissements publics de coopération intercommunale ayant conclu un accord mentionné à l’article L. 441-1-1 et des représentants des bailleurs sociaux dans le département, un arrêté du représentant de l’État dans le département détermine, au regard des circonstances locales, les délais à partir desquels les personnes qui ont déposé une demande de logement locatif social peuvent saisir la commission de médiation prévue à l’article L. 441-2-3.

36

Art. L. 441-2 : il est créé, dans chaque organisme d’habitations à loyer modéré, une commission d’attribution chargée d’attribuer nominativement chaque logement locatif composée de six membres qui élisent en leur sein un président.

37

Dans les mêmes conditions, une commission d’attribution est créée sur demande d’un établissement public de coopération intercommunale compétent ou, le cas échéant, d’une commune lorsque sur le territoire de celui-ci ou, le cas échéant, de celle-ci, un même organisme dispose de plus de 2 000 logements locatifs sociaux.

38

La commission exerce sa mission d’attribution des logements locatifs dans le respect des objectifs fixés à l’article L. 441 et des priorités définies aux premier à septième alinéas de l’article L. 441-1 en faveur des personnes défavorisées et de celles qui rencontrent des difficultés de logement.

39

Elle comprend, selon des modalités définies par décret, un représentant désigné par des associations préalablement agréées par le représentant de l’État dans le département, à l’exception de tout gestionnaire ou bailleur de logements destinés à des personnes défavorisées, et qui mènent des actions d’insertion ou en faveur du logement des personnes défavorisées sur le territoire où sont implantés les logements attribués. Ce représentant dispose d’une voix consultative dans le cadre des décisions d’attribution de la commission.

40

En outre, le maire de la commune où sont implantés les logements attribués, ou son représentant, est membre de droit des commissions d’attribution. Il dispose d’une voix prépondérante en cas d’égalité des voix.

41

Le représentant de l’État dans le département, ou l’un de ses représentants membre du corps préfectoral, assiste, sur sa demande, à toute réunion de la commission d’attribution.

42

Les maires d’arrondissement des communes de Paris, Marseille et Lyon ou leur représentant participent à titre consultatif aux travaux de ces commissions pour l’attribution des logements situés dans le ou les arrondissements où ils sont territorialement compétents.

43

Les présidents des établissements publics de coopération intercommunale compétents en matière de programme local de l’habitat ou leurs représentants participent à titre consultatif aux travaux de ces commissions pour l’attribution des logements situés sur le territoire où ils sont territorialement compétents.

44

Lorsqu’une convention de gérance prévue à l’article L. 442-9 inclut l’attribution de logements, le président de la commission d’attribution de l’organisme ayant confié la gérance des immeubles est membre de droit, pour l’attribution de ces logements, de la commission d’attribution de l’organisme gérant.

45

Art. L. 441-2-1 : les demandes d’attribution de logements sociaux sont faites auprès de services, organismes ou personnes morales dans des conditions définies par décret en Conseil d’État. Chaque demande fait l’objet d’un enregistrement départemental unique. Un numéro départemental est obligatoirement communiqué au demandeur par le service, l’organisme ou la personne morale qui a reçu la demande dans le délai maximum d’un mois à compter du dépôt de ladite demande. Lorsque le numéro départemental est communiqué par une personne morale autre qu’un bailleur, l’attestation délivrée au demandeur indique le ou les organismes bailleurs auxquels est transmis le dossier de demande de logement. Les modalités de transmission des dossiers de demande font l’objet d’une convention entre cette personne morale et les bailleurs concernés. Sont également communiqués au demandeur les délais mentionnés à l’article L. 441-1-4 à partir desquels il peut saisir la commission de médiation prévue à l’article L. 441-2-3, ainsi que les modalités de cette saisine.

46

Ce système d’enregistrement, géré conjointement par l’État et les bailleurs sociaux disposant de logements locatifs sociaux dans le département, a pour objet de garantir les droits du demandeur et d’assurer l’examen prioritaire des demandes qui n’ont pu être satisfaites dans les délais prévus à l’article L. 441-1-4.

47

La durée de validité des demandes d’attribution de logements sociaux est limitée dans des conditions définies par décret. Aucune radiation ne peut intervenir si le demandeur n’a pas été avisé par le service, l’organisme ou la personne morale mentionnés au premier alinéa dans un délai d’un mois précédant celle-ci.

48

Aucune attribution de logement ne peut être décidée, ni aucune candidature examinée par une commission d’attribution si cette candidature n’est pas préalablement pourvue d’un numéro d’enregistrement départemental. Le représentant de l’État dans le département procède après mise en demeure à l’inscription d’office de tout demandeur qui n’aurait pas reçu communication du numéro d’enregistrement dans le délai d’un mois, auprès de tout bailleur susceptible d’accueillir cette demande.

49

La méconnaissance des dispositions du présent article est passible des sanctions pécuniaires prévues à l’article L. 451-2-1.

50

Art. L. 441-2-2 : tout rejet d’une demande d’attribution doit être notifié par écrit au demandeur, dans un document exposant le ou les motifs du refus d’attribution.

51

Art. L. 441-2-3 : dans chaque département est créée, auprès du représentant de l’État dans le département, une commission de médiation présidée par une personnalité qualifiée désignée par le représentant de l’État dans le département, composée de représentants du conseil général, de représentants des établissements publics de coopération intercommunale visés à l’article L. 441-1-1, de représentants des organismes bailleurs, de représentants des associations de locataires et de représentants des associations agréées dont l’un des objets est l’insertion ou le logement des personnes défavorisées, œuvrant dans le département.

52

La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, quoique satisfaisant aux conditions réglementaires d’accès à un logement locatif social, n’a reçu aucune proposition en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l’article L. 441-1-4.

53

La commission peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d’expulsion sans relogement, hébergé temporairement, logé dans des locaux impropres à l’habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux, ainsi que, s’il a des enfants mineurs, lorsqu’il est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d’un logement décent.

54

Elle reçoit du ou des bailleurs en charge de la demande, tous les éléments d’information sur la qualité du demandeur et les motifs invoqués pour expliquer l’absence de proposition.

55

Elle désigne ceux des demandeurs reconnus prioritaires dont la demande de logement doit être satisfaite d’urgence. Elle peut faire toute proposition d’orientation des autres demandes.

56

La commission de médiation peut également être saisie sans condition de délai par toute personne entrant dans l’une des catégories énumérées au troisième alinéa qui, sollicitant l’accueil dans une structure adaptée, n’a reçu aucune réponse à sa demande. Elle se prononce alors dans une formation et selon des modalités particulières, fixées par décret en Conseil d’État.

57

Le représentant de l’État dans le département ou, le cas échéant, le délégataire des droits à réservation de ce dernier en vertu de l’article L. 441-1, est saisi du cas du demandeur dont la demande est reconnue par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être satisfaite d’urgence.

58

Après avis du maire de la commune concernée et en tenant compte des objectifs de mixité sociale tels qu’ils sont définis dans l’accord collectif intercommunal ou départemental, il désigne le demandeur à un organisme bailleur disposant de logements correspondant à la demande, en fixant le délai dans lequel celui-ci est tenu de le loger. Cette attribution s’impute sur les droits à réservation dont il bénéficie. Compte tenu des besoins et des capacités de l’intéressé, il peut également proposer un accueil en structure adaptée ou une autre forme de logement (art. 2).

59

Cette commission reçoit toute réclamation relative à l’absence de réponse à une demande de logement répondant aux conditions réglementaires d’accès à un logement locatif social dans le délai fixé en application de l’article L. 441-1-4. Elle reçoit, après requête formulée auprès du ou des bailleurs en charge de la demande, tous les éléments d’information sur la qualité du demandeur et sur les motifs justifiant l’absence de proposition.

60

La commission reçoit également toute réclamation relative à l’absence de réponse à une demande de logement répondant aux conditions réglementaires d’accès à un logement locatif social quand elle émane d’une personne menacée d’expulsion sans relogement, hébergée temporairement, ou logée dans un taudis ou une habitation insalubre, sans que lui soit opposable le délai mentionné à l’article L. 441-1-4.

61

Dès lors que le représentant de l’État dans le département ou, le cas échéant, le délégataire des droits à réservation de ce dernier en vertu de l’article L. 441-1 est saisi du cas d’un demandeur dont la demande est considérée comme prioritaire par la commission de médiation, il peut, après avis du maire de la commune concernée et en tenant compte des objectifs de mixité sociale tels qu’ils sont définis dans l’accord collectif intercommunal ou départemental, désigner le demandeur à un organisme bailleur disposant de logements correspondant à la demande, en fixant le délai dans lequel celui-ci est tenu de le loger. Ces attributions s’imputent respectivement sur les droits à réservation dont bénéficient le représentant de l’État dans le département ou le délégataire de ces droits.

62

En cas de refus de l’organisme de loger le demandeur, le représentant de l’État dans le département procède à l’attribution d’un logement correspondant aux besoins de celui-ci sur ses droits de réservation.

63

Lorsque ces droits ont été délégués dans les conditions prévues à l’article L. 441-1, le représentant de l’État demande au délégataire de procéder à la désignation et, le cas échéant, à l’attribution du logement dans un délai qu’il détermine. En cas de refus du délégataire, le représentant de l’État dans le département se substitue à ce dernier.

64

Si l’organisme bailleur fait obstacle à ces attributions, il est fait application des dispositions de l’article L. 441-1-3.

65

La commission de médiation établit, chaque année, un état des avis rendus et le transmet au représentant de l’État dans le département, au comité responsable du plan départemental d’action pour le logement des personnes défavorisées et aux établissements publics de coopération intercommunale compétents en matière d’habitat. Elle est informée, dans tous les cas, des suites qui sont réservées à ses demandes.

66

Art. L. 441-2-3-1. : lorsque la commission de médiation a reconnu une demande comme prioritaire et comme devant être satisfaite d’urgence, le demandeur qui n’a pas reçu, dans un délai fixé par voie réglementaire, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ou une proposition d’accueil en structure adaptée, peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement, son relogement ou son accueil dans une structure adaptée.

67

Ce recours est ouvert à compter du 1er décembre 2008 aux personnes appartenant aux catégories mentionnées au troisième alinéa de l’article L. 441-2-3 et à compter du 1er janvier 2012 à tous les autres demandeurs.

68

Toutefois, si l’État et une commune ou un établissement public de coopération intercommunale concluent une convention de délégation de tout ou partie des réservations de logements de l’État avant le 1er décembre 2008, le recours est ouvert dès la signature de la convention de délégation aux personnes appartenant aux catégories mentionnées au troisième alinéa de l’article L. 441-2-3 dont la demande a été reconnue comme prioritaire et comme devant être satisfaite d’urgence, s’ils résident depuis plus d’un an sur le territoire de cette commune ou de cet établissement et y ont formé leur demande.

69

Le président du tribunal administratif ou le juge qu’il désigne statue en urgence et en dernier ressort sans conclusions du commissaire du Gouvernement.

70

Le juge, lorsqu’il constate que la demande a un caractère prioritaire et doit être satisfaite d’urgence et que n’a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l’État ou, s’ils sont délégataires des réservations de logements de l’État, par la commune ou par l’établissement public de coopération intercommunale, et peut assortir son injonction d’une astreinte. Il peut, dans les mêmes conditions, faire usage de ces pouvoirs à l’encontre de l’État pour ordonner l’accueil dans une structure adaptée.

71

Le produit de l’astreinte est versé au fonds institué en application du dernier alinéa de l’article L. 302-7 dans la région où est située la commission de médiation saisie par le demandeur (art. 3, I).

72

Art. L. 441-2-4 : le maire d’une commune sur le territoire de laquelle sont implantés des logements locatifs sociaux ou le représentant qu’il désigne est entendu, à sa demande, par le conseil d’administration du ou des organismes possédant ou gérant ces logements, qu’il s’agisse d’organismes d’habitations à loyer modéré, de sociétés civiles immobilières dont le capital est constitué majoritairement par les fonds provenant de la participation des employeurs à l’effort de construction ou de sociétés d’économie mixte locales d’aménagement et de construction.

73

Art. L. 441-2-5 : dans des conditions précisées par le décret prévu à l’article L. 441-2-6, les bailleurs sociaux rendent compte, une fois par an, de l’attribution des logements locatifs sociaux au représentant de l’État dans le département et, pour les parties du parc de logements locatifs sociaux situés dans le ressort de leurs compétences, aux présidents des établissements publics de coopération intercommunale mentionnés à l’article L. 441-1-1 et aux maires des communes intéressées.

74

Art. L. 441-2-6 : un décret en Conseil d’État précise les conditions d’application de la présente section.

Code de la justice administrative

75

Livre VII - Le jugement

76

Titre VII - Dispositions spéciales

77

Chapitre VIII - Le contentieux du droit au logement

78

Art. L. 778-1. : le jugement des litiges relatifs à la garantie du droit au logement prévue par l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation est régi par les dispositions de l’article L. 441-2-3-1 du même code (art. 3, II).

Notes

[1]

L’art. 1er de la loi Loi n°90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement est ainsi rédigé : « Garantir le droit au logement constitue un devoir de solidarité pour l’ensemble de la nation.

Toute personne ou famille éprouvant des difficultés particulières, en raison notamment de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’existence, a droit à une aide de la collectivité, dans les conditions fixées par la présente loi, pour accéder à un logement décent et indépendant ou s’y maintenir et pour y disposer de la fourniture d’eau, d’énergie et de services téléphoniques.

Le Conseil national de l’habitat est chargé d’établir chaque année un bilan de l’action engagée qui est rendu public ».

[2]

L’article 5 du projet prévoit un délai de mise en œuvre : « Les conventions prévues par l’article L. 441-1 du code de la construction et de l’habitation conclues à la date de publication de la présente loi sont mises en conformité avec les dispositions de cet article dans sa rédaction issue de la présente loi au plus tard le 1er décembre 2008 à peine de caducité ».

Plan de l'article

  1. Code de la construction et de l’habitation
  2. Code de la justice administrative

Pour citer cet article

« Projet de loi instituant le droit opposable au logement et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale (Sénat, n˚ 170, annexe au procès-verbal de la séance du 17 janvier 2007) », Journal du droit des jeunes, 2/2007 (N° 262), p. 38-42.

URL : http://www.cairn.info/revue-journal-du-droit-des-jeunes-2007-2-page-38.htm
DOI : 10.3917/jdj.262.0038


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