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Journal du droit des jeunes

2010/7 (N° 297)


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La présentation dans les lignes qui suivent de l’action entreprise par le département des Bouches-du-Rhône et les associations a été rendue possible par la lecture des rapports de Béatrice Guimard, éducatrice spécialisée à l’Aide sociale à l’enfance du département[1][1] Ces rapports ont été rédigés avec l’aide de Jean-Pierre....

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Elle démontre que l’approche des familles et des enfants installés dans un bidonville ne relève pas de la mission impossible, que le fonctionnement en réseau alliant les services départementaux et les associations fonctionnent dans une intention commune et que des moyens peuvent être dégagés auprès des autorités publiques (conseils généraux, mairies, Éducation nationale… et aussi préfectures).

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Depuis 2004, plusieurs groupes de réfugiés roms originaires de l’ex-Yougoslavie (Serbie ou Monténégro), occupent un terrain vague sur le plateau de l’Arbois, à proximité de la gare TGV d’Aix-en-Provence, à plus de 15 km du centre de la ville, dans une zone éloignée de toute habitation, logés dans de vieilles caravanes ou des cabanons. À ce jour, le campement est toujours là… mais pour combien de temps encore ?

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Depuis 2005, les militants de différentes associations, principalement Rencontres Tsiganes, mais aussi le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), la Ligue des droits de l’homme (LDH), Médecins du monde, la Croix-Rouge française, le Secours populaire, le Secours catholique et d’autres encore, sont intervenus auprès de ces familles.

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Alors que la Ville d’Aix-en-Provence avait engagé une procédure d’expulsion du campement, en août 2008, le premier adjoint au maire interpella par écrit le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, et les services de l’aide sociale à l’enfance. Il demandait aux services du Conseil général de prendre en charge le suivi des familles et des enfants mineurs signalés sur ce site (7 familles composées en tout de 31 enfants et 17 adultes).

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Le chef de service du secteur d’Aix, chargé des missions de protection de l’enfance, proposa une intervention, et une première rencontre eut lieu au secteur d’Aix-en-Provence entre les professionnels du Conseil général et les bénévoles des associations mobilisés autour des familles du plateau de l’Arbois.

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Les services du Conseil général - la protection maternelle et infantile de la Maison de la solidarité d’Aix-Sud (MDS) - s’étaient déjà coordonnés avec certaines associations, telles que Médecins du monde, afin d’effectuer un travail cohérent auprès des familles concernées, dans le cadre des consultations de PMI.

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Par ailleurs, les associations formulaient une forte demande d’intervention des équipes d’aide éducative à domicile (AED) et de l’Association départementale pour le développement des actions de prévention (ADDAP13)[2][2] L’Association Départementale pour le Développement...susceptibles d’intervenir auprès des jeunes et de leurs familles.

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Les bénévoles constataient que les parents se trouvaient en difficultés vis-à-vis de leurs enfants. Souvent issus de familles nombreuses, les plus grands, souvent en échec scolaire, désertaient l’école, traînent aux alentours de la gare TGV et étaient repérés comme « en risque de prédélinquance ».

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L’éducateur de l’ADDAP13 introduit auprès des familles par un membre bénévole a signalé, outre un groupe mixte de 8 à 10 adolescents de 12 à 15 ans, la présence de nombreux petits enfants entre 2 et 10 ans et de deux nourrissons.

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Les premières actions menées se sont plutôt articulées autour de la santé, organisées par les services PMI, en lien avec les bénévoles : vaccinations pour les enfants, contraception pour les mamans.

L’intervention des éducateurs

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Depuis juin 2008, deux animateurs interviennent durant les vacances scolaires et un samedi après-midi par mois. Ils sont rémunérés par le Secours catholique.

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Depuis bien plus longtemps, une équipe de quatre bénévoles intervient le mercredi après-midi à tour de rôle afin de soutenir les enfants scolarisés.

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À partir du mois de janvier 2009, l’éducatrice spécialisée de l’équipe AED de la Maison départementale des solidarité (MDS Aix-Sud) a été présentée aux familles par les bénévoles. Avec l’étiquette Conseil général des Bouches-du-Rhône, elle a été plutôt perçue comme une assistante sociale. Toutes les familles ont évoqué leurs soucis financiers et administratifs au regard de l’État. Selon eux, la scolarisation de leurs enfants et leurs conditions de vie passent au second plan.

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Leur souhait principal est de continuer à vivre selon leurs traditions, sur le territoire français, en n’étant plus inquiétées en raison de leur situation irrégulière.

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Durant les vacances scolaires de février 2009, une première sortie a été organisée par l’éducateur de l’ADDAP13 et l’éducatrice de la MDS. Les bénévoles ont beaucoup apprécié cette proposition n’étant pas en mesure de prendre en charge ce type d’intervention, bien qu’ils soient convaincus de sa nécessité.

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Dès le 1er mars 2009, les familles et les enfants ayant bien repéré et compris la présence de l’éducateur(trice), des contrats AED ont été proposés et bien accueillis. Cependant, les familles continuaient de faire des demandes de soutien matériel, financier et administratif.

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De plus en plus présents sur le terrain, les travailleurs sociaux ont constaté que tous les adolescents qui avaient déserté l’école étaient pourtant inscrits dans deux collèges. Ces adolescents décrochent peu à peu par manque d’intérêt, et difficultés à suivre.

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Les enfants qui suivent une scolarité dans le primaire sont répartis dans les écoles à proximité et les enfants qui fréquentent la maternelle vont à l’école située derrière l’aire officielle d’accueil des gens du voyage « Le Réaltor ».

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Tous les enfants sont en échec scolaire. Beaucoup d’entre eux ont été scolarisés dans des classes en fonction de leur âge, ne sachant ni lire, ni écrire. Les plus avancés en sont à l’étape du déchiffrage, et n’ont pas encore atteint la compréhension des textes.

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Les enfants qui vont en maternelle ne se présentent pas régulièrement.

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Dans la réalité, la scolarité n’est pas un projet valorisé par les parents. Pour la majeure partie, ils ont surtout répondu à un fort désir des bénévoles.

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Les associations, le Secours catholique et Rencontres tsiganes se sont engagées à prendre en charge financièrement les fournitures scolaires, les transports scolaires et la cantine. Le service social de la MDS a négocié un tarif préférentiel avec la mairie d’Aix-en-Provence, à savoir 0,84 euro par repas et par enfant.

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Des places en SEGPA (sections d’enseignement général et professionnel adapté)[3][3] Les SEGPA accueillent des élèves présentant des difficultés...ont été négociées pour deux adolescents au collège HB, ainsi qu’un maintien en maternelle pour une petite fille âgée de six ans qui fréquenterait l’école maternelle en septembre 2009.

Le travail sur le terrain

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À l’origine - en 2006 -, deux personnes intervenaient par le biais de l’association ATD Quart Monde, et installaient ponctuellement une « bibliothèque de rue ».

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En 2007, les bénévoles des associations telles que la Ligue des droits de l’Homme, Rencontres tsiganes et le MRAP se sont mobilisés autour de la scolarisation de tous les enfants.

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Dans la même période, une nouvelle bénévole se joint à l’équipe et propose des jeux éducatifs, à l’attention des plus petits.

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Cela dit, aller tous les jours à l’école, à l’heure, propre, rassasié et faire ses devoirs le soir, relève de la prouesse :

  • l’eau est bien courante, mais sort d’un seul et unique tuyau au centre du terrain. Elle est très froide, et il faut la faire chauffer sur le brasero fabriqué à partir de gros bidons de fer. Mais le brasero ne peut chauffer que s’il est rempli de bois. Or, il y a souvent pénurie de bois ;

  • beaucoup de promiscuité dans les caravanes-cabanes, il est donc difficile, pour ceux qui en ont, de faire les devoirs ;

  • lorsqu’il pleut, l’eau passe à travers les parois des cabanes-caravanes. Il n’est pas rare que les enfants se rendent à l’école avec un cartable et des fournitures humides ;

  • à cela s’ajoutent les carences alimentaires qui participent aux difficultés de concentration, et aux retards de croissance, les maladies fréquentes liées au froid, les problèmes de vue non traités.

En septembre 2008, deux nouvelles personnes rejoignent l’équipe : l’une d’elle est professeur de mathématiques en collège, et décide d’aider plus particulièrement un des garçons, scolarisé en sixième. L’autre personne décide de prendre en charge les deux pré-adolescents scolarisés en sixième et cinquième SEGPA.

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En janvier 2009, l’éducateur spécialisé de l’ADDAP13 et l’éducatrice spécialisée du Conseil général des Bouches-du-Rhône commencent à développer des actions de prévention et d’aide éducative à domicile.

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Dès le mois de mai 2009, des réunions ont été organisées à l’initiative des éducateur(trice) - ADDAP et CG13 - afin de coordonner l’équipe d’animation et de soutien scolaire durant l’été.

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Une réunion à donc lieu une fois par mois dans les locaux de l’Espace du Pays d’Aix (CG13), afin d’évoquer les difficultés et les besoins de cette équipe. Ainsi, le projet de soutien scolaire s’affine et se consolide.

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Le Secours catholique ayant obtenu un budget spécifique alloué par la préfecture, il a été décidé de rémunérer deux animateurs afin d’organiser des activités sur le terrain en période de vacances scolaires.

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Durant deux mois, une équipe composée de deux éducateurs(trices) (Conseil général et ADDAP13), deux animateurs(trices), deux bénévoles qui ont souhaité faire un travail de soutien scolaire, sont intervenus à tour de rôle auprès des enfants.

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Outre des activités ludiques organisées sur site (matériel éducatif fourni par le Conseil général), et des petits groupes de soutien scolaire, des sorties à la plage ont été réalisées.

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L’objectif de ces activités et sorties étaient en particulier de travailler la relation parents/enfants et non pas de créer un centre aéré sur place afin que les parents vaquent à leurs occupations en dehors de tout souci éducatif. Rares sont les parents qui ont vraiment répondu présent aux sollicitations. Ces populations n’ont pas pour habitude de prendre en compte le côté ludique auprès de leurs enfants.

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De même, les enfants, du plus jeune jusqu’au plus âgé, ne sont pas stimulés par leurs parents dans un souci éducatif. La plupart du temps, ils errent sur le terrain sans occupation réelle et sont exposés à tous les accidents possibles.

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Les pères sont souvent victimes de leur oisiveté et s’adonnent à la boisson. Les mères, tant bien que mal, se déplacent dans des lieux fréquentés afin de mendier pour obtenir quelques euros et nourrir la famille.

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Les équipes de bénévoles tentent de pallier les carences par le biais de nombreuses aides vestimentaires et alimentaires.

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Elles adhèrent aux propositions de soutien éducatif et l’objectif serait désormais de travailler en lien avec les établissements scolaires de Vitrolles pour les collégiens et des Milles pour les primaires.

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En septembre 2009, l’équipe de soutien scolaire, satisfaite des rencontres, et du soutien technique des éducateur(trice) demande à ce que ces réunions se renouvellent.

Impliquer l’Éducation nationale

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Dès lors que l’intervention des travailleurs sociaux s’installe, l’équipe de soutien scolaire maintient ses interventions auprès des enfants lorsque ceux-ci sont sur le terrain afin de maintenir et de renforcer le projet d’intégration scolaire développé par le groupe de bénévoles et d’éducateur (trice), en lien avec l’Éducation nationale. Soit, le mercredi après-midi, y compris durant les vacances scolaires (et quelquefois le samedi matin).

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Les personnels enseignants des établissements scolaires sont très sensibilisés aux difficultés de ces enfants et sont très ouverts à développer des projets d’intégration scolaire.

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Une demande a été formulée pour que la classe « CLIN », (classe d’initiation pour les enfants non francophones) fermée dans un établissement pour manque d’effectifs, puisse être ouverte aux Milles. Si l’on compte les enfants du plateau de l’Arbois et les enfants du Réaltor (aire d’accueil des gens du voyage) une vingtaine d’enfants pourraient fréquenter cette classe.

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À dater du 1ier octobre 2009, la Communauté du Pays d’Aix (C.P.A) ayant accepté de délivrer les cartes de transports scolaires pour les enfants du primaire, treize enfants ont pu prendre le bus. La répartition des enfants est une démarche volontaire de l’Éducation nationale afin d’éviter que les enfants restent groupés et ne s’intègrent pas dans la vie quotidienne de l’école.

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Cela dit, nombre d’enfants se séparent difficilement de leurs parents le matin. Les conditions de vie très précaires et l’insécurité vécue au quotidien par les familles amènent les enfants à imaginer qu’ils risquent de ne pas retrouver leurs parents le soir. Bien avant le désir d’aller à l’école pour apprendre, il nous faut travailler la notion de séparation.

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Les cartes de transports ont été distribuées aux familles par la C.P.A, à la seule condition qu’une présence soit assurée à la montée du bus, le matin, et au retour des enfants, le soir, par l’éducateur de l’A.D.D.A.P ou par l’Educatrice du Conseil général des Bouches-du-Rhône. La C.P.A est restée sourde aux engagements que les parents ont pris d’accompagner le matin et de venir chercher leurs enfants le soir.

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Jusqu’aux vacances de Noël, les éducateurs se sont relayés afin que l’un des deux soit présent à 7 h 30 et à 17 h. Ce lourd investissement a permis aux familles et à leurs enfants de prendre conscience que les équipes attachaient une importance primordiale à la scolarité et que, outre la protection de l’enfance et le soutien éducatif, la scolarité est la quasi unique raison de l’intervention auprès d’eux.

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En ce qui concerne l’école maternelle, quatre enfants, âgés respectivement de trois, trois ans et demi, quatre et quatre ans et demi, s’y rendent chaque matin. La séparation dans ces familles étant très difficile, cette école maternelle située à quelques mètres du terrain de l’Arbois, est un bon moyen pour faire accepter aux parents de ces petits enfants un début de scolarisation.

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Cela dit, en cette période de l’année, soit la moitié de l’année scolaire, il n’a toujours pas été possible de faire entendre aux parents qu’il serait souhaitable que leurs enfants retournent à l’école l’après-midi.

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Cinq adolescents ont été inscrits dans trois collèges. Il est bien évident que ce groupe reste le plus difficile à scolariser. Ils arrivent du primaire où ils étaient déjà en échec scolaire.

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Le programme du collège est alourdi par de nouvelles matières telles qu’une langue étrangère, un nouveau rythme avec changement de salle et de professeur à chaque matière, ce qui n’est pas propice à la stabilisation de ces élèves au sein d’un établissement scolaire de ce type.

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De plus, ces enfants sont souvent mis à l’écart par les autres élèves, victimes d’attitudes et de propos racistes. Ils ont donc beaucoup de mal à s’intégrer au sein des collèges.

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Les directeurs et directrices des différentes écoles sont très sensibles aux besoins spécifiques de ces enfants et il a été possible de développer un véritable travail d’échange et de partenariat avec les membres de l’Éducation nationale.

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De l’école maternelle au collège, tous les intervenants ont bien compris l’intervention vis-à-vis des familles, et ont proposé des aménagements d’horaires et scolaires afin que chacun puisse suivre une scolarité sans trop de souffrance. Il s’agit presque d’une scolarité à la carte, en fonction de la personnalité de chaque enfant.

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En janvier 2010, trois nouvelles personnes bénévoles ont intégré l’équipe, dont une personne spécialisée dans l’apprentissage de la lecture. Dans la même période, le Secours catholique a obtenu une salle mise à disposition sur la paroisse de Vitrolles, afin que les personnes qui font travailler les enfants puissent le faire dans de meilleures conditions.

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Jusqu’alors, le soutien scolaire se déroulait sur le terrain avec les moyens du bord, dehors en plein soleil par beau temps, ou dans les véhicules des personnes qui intervenaient. Parfois, une maman met sa caravane-cabane à disposition, mais le travail se déroule dans le bruit de la vie quotidienne, sans possibilité de s’isoler, pour mieux se concentrer.

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L’intervention soutenue de ces personnes a permis aux préadolescents de comprendre l’importance de suivre une scolarité régulière. L’un d’entre eux a obtenu 13/20 de moyenne en français à l’issue du premier trimestre de l’année scolaire 2009/2010. Cela dit, les enfants persistent dans des comportements d’absentéisme scolaire.

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L’élargissement progressif de l’équipe et la possibilité de travailler dans un local en dehors du terrain à grandement facilité la démarche de ces bénévoles. Le projet s’est affiné, et chacun(e) se sent plus efficace.

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Parallèlement, l’équipe d’animation intervient quelques demi-journées par semaine durant les vacances scolaires et un samedi après-midi par mois. Deux personnes constituent cette équipe et sont rémunérées par le budget dont dispose le Secours catholique.

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Il est envisagé de regrouper les deux équipes - soutien scolaire et animation-en une seule et unique équipe, afin qu’un réel projet éducatif (basé sur le soutien scolaire et l’animation) voit le jour.

L’indigence des moyens nécessaires

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En 2010 : une subvention de 10 000 euros a été versée par le préfet de département sur le budget l’Agence nationale sociale et l’égalité des chances (ACSÉ). Le Secours catholique, reconnu d’utilité publique, a été choisi pour gérer la subvention afin de développer un programme d’action :

  • mise en place sur le terrain d’une animation, suivie et régulière, avec un personnel compétent, durant les vacances scolaires ;

  • aide à la scolarisation, fournitures et équipements de base ;

  • soutien alimentaire, et prise en charge de la cantine.

Des réunions de bénévoles ont lieu régulièrement au Secours catholique d’Aix-en-Provence, afin de faire des bilans de l’avancée des actions, et de faire des échanges sur le développement de celles-ci sur le terrain.

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Outre l’équipe d’animation et de soutien scolaire, d’autres bénévoles appartenant à diverses associations développent des actions en fonction de leurs affinités avec les familles, de leurs désirs et de leurs compétences. Ainsi une personne livre toutes les semaines la nourriture délivrées par « les Restos du cœur » aux trois familles monoparentales dépourvues de véhicule. Cela dit, les enfants grandissent et ont de plus importants besoins en nourriture. Hélas, les quantités n’augmentent pas.

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Une personne se met régulièrement à disposition des services de P.M.I. pour éventuellement assurer l’accompagnement d’une des deux mamans enceintes, afin de se rendre aux examens prénataux.

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Un groupe de personne s’organise le dimanche soir durant l’hiver pour apporter de la soupe chaude et proposer une « animation guitare » aux enfants.

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Sur le plan médical, deux consultations médicales par semaine, organisées par la PMI de la Maison de la solidarité Aix-Sud, ont lieu dans les locaux du Centre social de l’aire d’accueil des gens du voyage, à proximité du terrain sur lequel habitent les familles. Les enfants sont régulièrement pesés et mesurés, et on doit bien constater qu’ils ne grandissent pas et ne grossissent pas.

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Deux mamans enceintes sont suivies par les infirmières de l’équipe de P.M.I. Les naissances sont attendues pour le 15 mars et le 13 avril 2010.

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L’éducatrice du Conseil général a pris l’initiative d’assurer un suivi dentaire, en lien avec le centre dentaire mutualiste de Vitrolles.

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Avec l’hiver, la vie s’organise difficilement sur le terrain, que l’on peut qualifier aujourd’hui de réel « bidonville ». Les caravanes et les baraques prennent l’eau en période de pluies. Dès que le mistral souffle, les courants d’air refroidissent les habitats, à tel point que le thermomètre affiche -10° la nuit.

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Les familles vivent dans un froid glacial, et se chauffent avec des braséros fabriqués à partir de gros bidons de ferraille, alimentés avec du bois, qu’il est difficile de ramasser aux alentours.

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Fort heureusement, la direction du « Grand Site Sainte-Victoire » du Conseil général des Bouches-du-Rhône a pu fournir une quantité non négligeable de bois en mars. Il serait souhaitable que de telles livraisons puissent avoir lieu chaque hiver.

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Et l’éducatrice de conclure : « Dans ce contexte, il est bien difficile de développer un projet éducatif quand les besoins premiers ne sont pas assurés, aussi, sommes-nous témoins de la vie d’enfants et de leur parents qui ont faim et froid ».

Notes

[1]

Ces rapports ont été rédigés avec l’aide de Jean-Pierre Fabri, éducateur spécialiséADDAP13 et une partie de l’équipe de soutien scolaire du projet Arbois dont Antoinette Perez, Elisabeth Rossi.

[2]

L’Association Départementale pour le Développement des Actions de Prévention (addap13), est l’héritière d’un certain nombre d’associations nées du militantisme associatif local marseillais qui ont été à l’origine de la création en 1960 de l’Association des Clubs de loisirs et de prévention puis en 1967 de la Fédération des Clubs et équipes de prévention : la FCEP. Ces associations fondatrices, issues d’horizons différents et surtout de l’Éducation populaire, avaient en commun de partager les valeurs républicaines qui s’enracinent dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, réaffirmées et complétées par les constitutions en vigueur et leurs textes subséquents, et qui énoncent les principes de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité, qui sont au fondement de la démocratie.www.addap13.org.

[3]

Les SEGPA accueillent des élèves présentant des difficultés d’apprentissage graves et durables touchent environ 90 000 enfants par an. Les élèves sont admis en SEGPA sur décision de l’inspecteur d’académie, après accord des parents et avis de la commission départementale d’orientation. Les enseignants sont des instituteurs ou professeurs des écoles titulaires de l’option F du certificat d’aptitude professionnelle aux actions pédagogiques spécialisées de l’adaptation et de l’intégration scolaires ou du certificat d’aptitude professionnelle pour les aides spécialisées, les enseignements adaptés et la scolarisation des élèves en situation de handicap. L’organisation des cours est semblable au collège classique, à la fin de la troisième les élèves passent le certificat de formation générale.

Plan de l'article

  1. L’intervention des éducateurs
  2. Le travail sur le terrain
  3. Impliquer l’Éducation nationale
  4. L’indigence des moyens nécessaires

Pour citer cet article

« Venir en aide aux familles et aux enfants roms : un réseau associatif et public », Journal du droit des jeunes, 7/2010 (N° 297), p. 38-41.

URL : http://www.cairn.info/revue-journal-du-droit-des-jeunes-2010-7-page-38.htm
DOI : 10.3917/jdj.297.0038


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