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Journal du droit des jeunes

2010/7 (N° 297)


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La chronique de Christian Demonchy a le mérite de mettre le doigt là où le débat sur la violence scolaire fait mal ; apparemment, on sait bien et depuis très longtemps venir à bout de l’expression violente du mal-vivre à l’école. Les travaux des États généraux mettent en lumière une tout autre contradiction : on peut tout à la fois relever les « expériences » qui luttent efficacement contre ce fléau et préconiser politiquement… le contraire !

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Les réponses en ce domaine des deux spécialistes nous laissent sur notre faim : ainsi selon M. Bauer, en préconisant le sécuritaire, on éviterait l’exclusion, cela est intéressant… M. Debarbieux semble quant à lui trouver un peu vieux jeu, de penser aujourd’hui une pédagogie de type Freinet en lien avec les grandes questions politiques sociales, culturelles… qui sont bien au cœur de la difficulté scolaire. Il me semble au contraire que c’est la condition justement pour produire et proposer des méthodes « efficaces ».

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Mon expérience d’enseignant pendant 16 ans dans des écoles de banlieue, mais aussi en travail de rue, et développement social m’amènent à proposer un regard positif sur la violence scolaire. La violence n’est pas un problème, elle serait plutôt une solution. Les problèmes sont ailleurs : dans l’éloignement de la culture de l’école vis-à-vis de la réalité des enfants, dans l’absence de véritable formation éducative des enseignants, dans l’absence totale d’une culture de l’analyse et de la réflexion sur leurs pratiques dans la culture individualiste de leur métier qui les tue.

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Vouloir une école non violente passe d’abord par l’action de faire de cette école l’école de chacun et de tous. Une école qui garantit que chacun aura sa place, sera bien accueilli. Une école qui garantit qu’on peut avancer à son rythme, que nul ne sera stigmatisé par son niveau, que les parents seront bienvenus… Voilà une école qui armera les enfants pour la vie et qui n’aura plus besoin de violence.

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Cette école, nous savons la faire. Faute de pouvoir la réaliser dans l’Éducation nationale aujourd’hui, nous sommes quelques acteurs sociaux à vouloir la faire vivre dans la rue : ateliers de rue, bibliothèques de rue, ludothèques de rue. C’est tout l’enjeu d’une pédagogie sociale, d’une pédagogie des friches urbaines et des interstices ; une pédagogie qui cherche encore un espace… pour éduquer. Un tel espace pourrait-il subsister à l’école ? Tel est l’enjeu réel de l’école actuelle. La violence n’en est que la conséquence.

Notes

[***]

Éducateur Freinet, formateur et chercheur en travail social. Plus d’information sur la pédagogie sociale :http://assoc.intermedes.free.fr

Pour citer cet article

Ott Laurent, « Les violences scolaires font la fortune des politiques et des spécialistes… », Journal du droit des jeunes, 7/2010 (N° 297), p. 46-46.

URL : http://www.cairn.info/revue-journal-du-droit-des-jeunes-2010-7-page-46.htm
DOI : 10.3917/jdj.297.0046


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