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Journal du droit des jeunes

2011/4 (N° 304)


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« N’oubliez jamais comment bat le cœur d’un enfant qui a peur »

Janusz Korczak
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L’UNICEF a commandé à l’Observatoire international de la Violence à l’École une enquête de victimation et nsur le climat scolaire auprès d’élèves du cycle 3 des écoles élémentaires[1][1] Enquête dirigée par Eric Debarbieux et Georges Fotinos,.... Cette recherche est exceptionnelle en France, par son sujet, son ampleur (12.326 élèves du cycle 3 interrogés dans un échantillon randomisé), la manière dont elle a été rendue possible, et d’abord par ses résultats.

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Jamais un tel échantillon d’élèves français du premier degré n’avait été interrogé pour mieux cerner l’expérience éventuelle de victimation subie à l’école élémentaire par des élèves âgés de 8 à 12 ans, malgré des enquêtes importantes auparavant tentées par l’observatoire.

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La mesure du phénomène « violence à l’école » est importante pour se prémunir du risque d’exagérer cette violence en entraînant des dérives sécuritaires outrées. Mais tout autant, il convient de se méfier du déni de la réalité de cette violence avec son oubli des victimes : la « violence » peut être de bas bruit, mais sa répétition peut entraîner des troubles importants pour ceux qui en pâtissent et pour l’environnement scolaire.

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Ni exagération, ni négation, il est nécessaire d’asseoir rationnellement l’action publique, tant au niveau national qu’aux échelons locaux et intermédiaires. Il faut connaître les types de violence principaux et leur fréquence, les expériences des victimes et les conséquences de leur victimation pour éviter de se faire happer par le fait divers, l’exceptionnel qui recouvre de son bruit la parole des victimes ordinaires.

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Les buts de la recherche ont ainsi été présentés : « Les écoles de notre pays doivent être un havre de paix pour l’enseignement et l’apprentissage, libre du crime et de la violence. Même si les élèves sont moins sujets à être victimes à l’école que hors de l’école, chaque cas de crime ou de violence à l’école affecte non seulement les individus, mais peut aussi perturber le processus éducatif et affecter les témoins, l’école elle-même et la communauté environnante.

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Autant pour les élèves que pour les enseignants, la victimation à l’école peut avoir des effets durables. En plus de connaître solitude, dépression et difficultés d’adaptation, les enfants victimes sont plus portés à l’absentéisme, à une faible performance scolaire et à des comportements violents. Pour les enseignants, les incidents de victimations peuvent conduire au désenchantement professionnel et même à l’abandon du métier. Pour que les parents, les équipes scolaires et les décideurs puissent faire face efficacement au crime à l’école ils ont besoin d’une connaissance précise de l’étendue, de la nature et du contexte du problème.

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Cependant, il est difficile de mesurer la réalité de la violence et du crime à l’école étant donné la grande attention portée à des incidents isolés de violence extrême à l’école. Mesurer les progrès vers des écoles plus sûres nécessite de posséder de bons indicateurs de l’état actuel du crime et de la sécurité dans le pays et de périodiquement mettre à jour ces indicateurs. Ceci est notre but ».

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Le premier rôle de la quantification de la violence est donc un rôle critique : il est déconstruction de l’émotionnel et du fait divers, et c’est un droit d’information du public. Plutôt que de partir sur des négations ou sur des fantasmes, ce type d’enquêtes permet de mieux orienter l’action.

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Le deuxième rôle de la quantification de la violence est de donner la parole aux victimes. Au sens propre du terme, il s’agit de les prendre en compte. C’est une manière de les connaître et de pas les nier dans leur souffrance. Bien sûr, les victimes de la violence ne sont pas les seules sources d’information. Il n’empêche qu’en ce qui concerne la violence à l’école ces « informateurs privilégiés » que sont les victimes sont aussi majoritairement les enfants et les jeunes. Nous pouvons souscrire à cette belle phrase de Geoffrey Canada (2001) : « les enfants sont les meilleurs experts en violence ». Ils sont ceux qui connaissent où, quand et comment ils sont en danger dans un établissement.

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Le rôle de la recherche sur la violence est aussi d’amener cette expertise en pleine lumière. Les célèbres travaux anglais d’un enquête présidée par Lord Rodney Elton (Elton, 1989) ont d’ailleurs bien montré – avant les grandes campagnes de sensibilisation au harcèlement à l’école – que pour la majorité des enseignants cette brutalité était considérée comme un élément normal, voire souhaitable dans la socialisation des enfants, contribuant à leur « forger le caractère ». Il n’est pas certain que les enfants victimes en soient persuadés !

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Le troisième rôle de la quantification de la violence est un rôle à la fois diagnostique et évaluatif. Ce diagnostic peut être individuel, à l’échelle d’une école, et à celui d’un pays. C’est aussi une possibilité d’évaluer cette action : l’amélioration du climat scolaire, la diminution du nombre de victimes et de la dureté des agressions peuvent être mesurées si l’on dispose du diagnostic préalable, sinon on restera dans la foi, pour les partisans des actions mises en place ou dans le doute, pour leurs adversaires comme pour les fatalistes.

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Il en va de même au niveau national : savoir où faire porter l’action et la prévention, comprendre l’évolution du problème et savoir informer le plus objectivement possible sur la réalité du phénomène sont trois nécessités politiques. Là encore, la mesure régulière, scientifique et indépendante est indispensable pour pouvoir évaluer dans la durée l’efficacité des politiques publiques, pour pouvoir les corriger, éventuellement dans leurs effets pervers.

Résumé des principaux résultats

1 - Sur le climat scolaire en général

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À l’école élémentaire, l’impression de bien-être personnel ressenti dans leur école est clairement affirmé par la majorité des enfants : 52 % disent qu’ils se sentent tout à fait bien et près de 37 % plutôt bien, même si un nombre d’élèves non négligeable (environ 11 %) disent y être plutôt mal à l’aise (8,4 %) ou « pas bien du tout » (2,7 % des élèves).

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Cette impression de bien-être s’appuie sur un véritable plébiscite en faveur des enseignants : près de 89 % des élèves estiment ces relations très bonnes (55,2 %) ou bonnes (33,5 %). De même la relation entre pairs est perçue positivement par 83,5 % des élèves. Plus souvent cependant, même minoritairement, le personnel non enseignant est remis en cause.

2 - Sur les différentes catégories de victimation par les pairs

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En moyenne les victimations sont plutôt limitées et on notera que plus de 9 élèves sur 10 déclarent ne pas avoir peur dans leur école. Cependant les chiffres montrent l’existence de victimations non négligeables. Par exemple, un peu plus de 16 % des enfants répondent avoir été affublés souvent ou très souvent d’un surnom méchant, 25 % avoir été injuriés souvent ou très souvent et 14 % avoir fait l’objet de rejet de la part d’autres élèves. Le racisme fréquent est rapporté par 7 % des répondants.

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En ce qui concerne les violences physiques 17 % disent avoir été frappés par d’autres élèves souvent ou très souvent, et les bagarres fréquentes sont rapportées par 14 % des répondants, comme les bousculades volontaires ou des attitudes comme les pincements ou tirage de cheveux.

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Les violences entre pairs à connotation sexuelle ne sont pas rares : 20 % des élèves disent avoir été regardés aux toilettes, 14 % forcés de se déshabiller et 20 % forcés d’embrasser un autre élève.

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Les vols apparaissent moins fréquents puisqu’à part la catégorie « vol du matériel scolaire » (fréquente pour 11 % des élèves) les autres catégories de vol ne sont fréquentes que pour des minorités de répondants (entre 2 et 4 % selon les catégories de vol). Cependant 3,2 % ont été victimes d’extorsion répétée par un autre élève et 1,4 % par un groupe.

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Si le fait d’être dans un réseau de l’éducation prioritaire aggrave les risques, cette aggravation reste faible.

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Les garçons sont sur le plan de la violence verbale nettement plus agresseurs et victimes que les filles, aussi bien dans le cas de menaces et d’insultes que de moqueries ou de surnoms méchants.

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Les filles sont légèrement plus victimes de médisances mais les médisants sont des garçons plus que des filles (44 % des auteurs contre 32 % pour les filles et 24 % en groupes mixtes).

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La violence physique touche plus nettement les garçons (63 % vs 53 % des victimes), largement plus agresseurs (67 % des agressions physiques sont le fait de garçons dont la moitié en groupe contre 20 % par des filles et 12 % par des groupes mixtes).

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En ce qui concerne la violence à connotation sexuelle, le voyeurisme aux toilettes touche un peu plus les filles (21 %), mais peu significativement par rapport aux 19 % de garçons. Les garçons et les filles sont autant auteurs les uns que les autres. Ce sont les garçons qui sont les plus souvent forcés de se déshabiller (15 % des garçons contre 13 % des filles). Les auteurs de ces déshabillages sont à 62 % des garçons et à 30 % des filles (8 % sont des groupes mixtes). En ce qui concerne le baiser forcé, les filles sont un peu plus victimes (22 % des filles contre 19 % des garçons) et les garçons plus auteurs (54 % des auteurs contre 44 % de filles et 2 % de groupes mixtes).

3 - Sur la victimation par les adultes

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Un peu plus de 13 % des répondants estiment avoir été rejetés par un enseignant. Entre 95 et 96 % des enfants estiment ne pas avoir été insultés par leurs enseignants ou un autre membre du personnel de l’école.

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Cependant 4,6 % des élèves s’estiment victimes de racisme de la part d’un adulte dans leur école, plus souvent les personnels de la cantine que les enseignants. 5,5 % des élèves déclarent avoir été frappés occasionnellement par un adulte de l’école dont 1,7 % souvent ou très souvent. 72,1 % des élèves se déclarant souvent ou très souvent frappés par un adulte de l’école sont des garçons.

4 - Sur la victimation répétée

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Le nombre de victimes de harcèlement verbal ou symbolique peut être estimé à environ 14 % des élèves, compris entre 8 % d’élèves victimes d’un harcèlement sévère à assez sévère et 6 % d’élèves soumis à un harcèlement modéré. Le taux de victimes de harcèlement physique à l’école peut être estimé à 10 % des élèves, compris entre 5 % d’élèves victimes d’un harcèlement sévère à assez sévère et 5 % d’élèves soumis à un harcèlement modéré.

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Le taux de victimes d’un harcèlement qui cumule violences répétées physiques et verbales à l’école peut être estimé à 11,7 % des élèves, compris entre 4,9 % d’élèves victimes d’un harcèlement sévère à assez sévère et 6,7 % d’élèves soumis à un harcèlement modéré.

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Toutes les catégories de victimation apparaissent fortement liées : une victime d’un quelconque type de harcèlement (verbal, symbolique, physique) est bien plus souvent victimes de violence d’appropriation ou à connotation sexuelle. Le harcèlement est souvent agi en groupe, et très souvent en groupe mixte.

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Un lien peut être établi entre harcèlement et jeux dangereux : le risque lié aux jeux dangereux augmente avec le harcèlement ; 6 % des non-victimes disent avoir joué au jeu du foulard contre plus de 38 % des victimes de harcèlement sévère.

5 - Victimation répétée et climat scolaire

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Les victimes de harcèlement perçoivent plus négativement le climat scolaire, dans toutes ses dimensions. Par exemple si 2,2 % des non-victimes disent avoir peur souvent ou très souvent, plus de 47 % des victimes de harcèlement très sévère sont dans ce cas. Si 2,6 % des non-victimes ne se sentent pas bien à l’école ce mal-être augmente avec l’augmentation de la répétition victimaire (58 % des victimes de harcèlement sévère disent ressentir ce mal-être).

Remarques finales

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Quelles que soient les difficultés multiples révélées par notre enquête pour une minorité d’enfants, il convient de noter, vu du côté des élèves, une encore grande solidité de l’école élémentaire, y compris dans les quartiers sensibles.

32

Il n’est pas sûr que ces résultats soient les mêmes que ceux que nous pourrons tirer des réponses des enseignants auprès desquels nous lançons une enquête concernant leur propre victimation et leurs perceptions du climat scolaire.

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En effet si l’on en croit la recherche nord-américaine (Gottfredson et Gottfredson, 1985) la victimation des professeurs seraient beaucoup plus liée aux données sociales que celle des élèves.

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Mais il est en tout cas périlleux de parler d’un effondrement de l’école élémentaire, quand sont affirmés aussi fortement le bien-être de près de 9 élèves sur 10 et la qualité de leurs relations aux enseignants.

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Les relations entre enfants et le climat scolaire dans son ensemble sont là encore vues d’une manière positive. Ces bonnes relations sont corrélées à un taux de victimation somme toute restreint, puisque plus de 7 élèves sur 10 peuvent être considérés comme jamais victimes ou victimes très occasionnelles de tous les types de violence, et 15 % comme victimes très modérées.

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Cependant notre enquête livre des résultats beaucoup plus difficiles pour une minorité d’élèves assez importante. Nous estimons à environ 11-12 % le taux d’élèves harcelés, ce harcèlement pouvant monter à 14 % pour le seul harcèlement verbal et symbolique. Il convient de se rappeler les conséquences psychologiques, les conséquences en termes de santé mentale et les conséquences scolaires de ce ou ces harcèlements telles qu’elles ont été mises en évidence par la recherche internationale : décrochage scolaire, absentéisme, perte d’image de soi, tendances dépressives et suicidaires de long terme.

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On comprendra alors combien notre enquête montre l’importance quantitative de cette violence cachée, qui n’avait pas jusqu’ici été mesurée avec autant de précision. Ce qui est frappant c’est que dès qu’un enfant est victime, même de manière modérée, alors sa représentation de l’école devient plus négative.

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Nous noterons également comme une confirmation importante la surreprésentation des garçons parmi les victimes et parmi les agresseurs, y compris au niveau des violences verbales et symboliques. La domination masculine n’est pas très efficace pour les garçons eux-mêmes. La construction du machisme ordinaire par l’oppression quotidienne du harcèlement entre pairs à l’école est un pouvoir dérisoire où perdent tout autant les victimes (parfois elles-mêmes agresseurs) et les agresseurs.

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Notre recherche n’a pas été réalisée dans un but prescriptif : elle ne vise pas à donner des « solutions » contre la violence, mais à la décrire. Cependant tout nous conduit à une préconisation massive : centrer la lutte contre la violence à l’école par une action en profondeur sur le harcèlement entre pairs est primordial. Son coût en termes de santé publique, mais aussi en termes de sécurité publique est important.

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Une étude longitudinale très ambitieuse menée par l’Université de Cambridge sur 411 garçons suivis de l’âge de 8 ans à l’âge de 48 ans a récemment montré par exemple comment le bullying [2][2] Conduite agressive d’un élève (ou d’un groupe) envers... était directement relié chez les agresseurs à une vie marquée par la violence, la délinquance et finalement l’échec personnel. « Dans tous les cas les harceleurs à l’école (school bullies) sont des enfants dans le besoin. Les stratégies d’intervention ayant pour but de mettre hors jeu le harcèlement à l’école et de promouvoir des communautés scolaires sûres sont un impératif moral ».

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Intervenir dès le plus jeune âge non pour ficher et punir, mais pour aider et prévenir est un droit des enfants : contre les effets de long terme du harcèlement entre pairs, il est nécessaire d’établir et d’appliquer des politiques publiques et des programmes efficaces : il s’agit d’interrompre la construction d’une victimation continue et celle d’une carrière sinon délinquante, du moins violente.

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La recherche a d’ailleurs bien montré que les programmes de prévention précoce du harcèlement étaient à la fois plus efficaces et coûtaient beaucoup moins chers en termes de dépenses de santé, d’assistance sociale et de maintien de l’ordre que les dispositifs ultérieurs de répression ou de traitement. On comprendra que l’intelligence politique et économique a été de miser sur la prévention.

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Le véritable pragmatisme politique et la morale peuvent ici se rejoindre au service des jeunes et des enfants en difficulté. Il faut encore préciser qu’il ne faut pas confondre prévention précoce et répression précoce ou fichage des « bullies ». Le profilage comporte un risque de suridentifier les élèves et de stigmatiser des populations, augmentant finalement la violence réactionnelle à cette stigmatisation. Pour autant, nous affirmons qu’il est nécessaire de penser des programmes de sensibilisation (en population générale, avec l’aide des média, des ONG, des institutions), de mettre en place des actions de formation (particulièrement chez les enseignants, mais aussi chez les délégués élèves, par exemple) pour reconnaître le harcèlement à l’école.

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Il est tout aussi juste de vouloir adapter aux réalités locales et culturelles des programmes spécifiques de haute qualité et reposant sur des standards scientifiques qui visent à développer des compétences sociales chez les enfants (en particulier l’empathie). Ces actions nécessitent un consensus dans les établissements scolaires : l’amélioration du climat scolaire et, comme le disent les Espagnols, de la conviviencia escolar est fortement relié à une baisse des victimations. Ce consensus doit aussi se faire jour sur le plan politique et sociétal : le harcèlement à l’école ne peut significativement diminuer qu’avec des actions à de très long terme : violence en continu, il nécessite une action qui sache elle aussi prendre son temps. Elle ne saurait être soumise à un calendrier électoral.

L’AFEV refuse l’échec scolaire

L’AFEV (Association de la fondation étudiante pour la ville), créée pour lutter contre les inégalités dans les quartiers populaires, avait organisé une journée d’étude sur le refus de l’échec scolaire dans différentes villes françaises le 22 septembre 2010, sous les parrainages de Claire Brisset, ancien défenseur des enfants et Marcel Rufo, pédopsychiatre.

Un tiers des enfants des quartiers populaires interrogés sur leur rapport à la scolarité disaient avoir parfois ou souvent mal au ventre avant d’aller à l’école, la plupart du temps à cause du stress. Les trois quarts des collégiens interrogés par l’AFEV avouaient ne pas aimer ou aimer peu aller en cours. Un sur deux déclarait avoir été victime de problèmes avec les autres enfants.

À travers cette journée et le texte commun avec Aide et Action, CRAP, FCPE, OZP, etc. « Souffrance à l’école : agissons ! », l’AFEV a cherché à sensibiliser au « scandale que constitue, dans notre société, la sortie chaque année de 150.000 jeunes sans diplôme », touchant près d’un élève sur cinq, et à la souffrance à l’école « levier qui aggrave les conditions sociales souvent précaires et mène à l’échec. Or l’enfant intériorise vite l’échec. On ne peut pas apprendre en situation de souffrance. Or, en France la souffrance à l’école reste méconnue, car « on confond souvent l’effort et la souffrance » », selon C. Paris, son directeur. Et ce, malgré les évaluations institutionnelles, telles que celle menée par l’OCDE qui classe la France 22ème sur 25 pays de l’OCDE, concernant la qualité de vie à l’école et 2ème en termes de stress vécu par les élèves, après les Japonais.

Alors que les solutions contre l’échec scolaire ont largement été établies par les chercheurs et les enseignants, la volonté politique de repenser les moyens et objectifs de notre système scolaire pour mettre en œuvre ces solutions fait défaut.

Les auteurs du texte commun soulignent que la prise en compte de la souffrance est déterminante pour lutter contre le décrochage scolaire et identifient « deux grands champs générateurs de mal-être », le système d’évaluation (l’AFEV s’est positionnée pour la suppression des notes en primaire et pour un système voué à l’« amélioration permanente » et non à la « sélection par l’échec ») et la dureté de la vie sociale (aggravée par la question des rythmes scolaires et la dégradation du cadre d’apprentissage).

Pour aller plus loin : Bilan de la 3ème journée du refus de l’échec scolaire : http://www.afev.fr/communication/Bilan_jres_2010_AFEV_web.pdf et sur http://www.afev.fr/

Notes

[1]

Enquête dirigée par Eric Debarbieux et Georges Fotinos, Observatoire International de la Violence à l’École ; consultable sur le site www.unicef.fr. La présentation reprend des éléments de l’introduction et des conclusions du rapport.

[2]

Conduite agressive d’un élève (ou d’un groupe) envers un autre avec intention de nuire, qui se répète régulièrement et engendre une relation dominé/dominant.

Plan de l'article

  1. Résumé des principaux résultats
    1. 1 - Sur le climat scolaire en général
    2. 2 - Sur les différentes catégories de victimation par les pairs
    3. 3 - Sur la victimation par les adultes
    4. 4 - Sur la victimation répétée
    5. 5 - Victimation répétée et climat scolaire
  2. Remarques finales

Pour citer cet article

« À l'école des enfants heureux... enfin presque », Journal du droit des jeunes, 4/2011 (N° 304), p. 19-22.

URL : http://www.cairn.info/revue-journal-du-droit-des-jeunes-2011-4-page-19.htm
DOI : 10.3917/jdj.304.0019


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