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Journal du droit des jeunes

2011/6 (N° 306)


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Bonjour,

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Je m’appelle Williama, j’ai 14 ans

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Je viens du Congo-Brazzaville. À mon arrivée à Orly, j’avais un problème de passeport, je me suis fait arrêter par des policiers. Ils m’ont mis dans une salle, ils me posaient beaucoup de questions, j’ai répondu. Ils ne me croyaient pas. Je leur ai dit que mon père venait me chercher. Ils voulaient voir mon père : ils l’ont vu. Ils lui ont demandé tous ses papiers pour voir s’il était vraiment français. Mon père, ça fait 11 ans qu’il est français, et ils ne le croyaient pas. Ils voulaient pas me laisser partir avec mon père. Je ne sais pas pourquoi.

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Je suis arrivée à 20 h 10 et ils voulaient me renvoyer au Maroc dans l’avion de 21 h 10, et alors ils m’auraient laissé au Maroc toute seule. Ils voulaient me renvoyer au le Maroc, parce que j’étais passée par le Maroc pour arriver en France. Je voulais voir mon père, je pleurais. J’ai dormi à l’hôtel, il y avait des policiers qui me gardaient tout le temps, qui étaient tout le temps avec moi. J’avais peur. Dans la salle d’attente ont était tout le temps contrôlé, on pouvait rien faire, rien dire.

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Q. : Avez-vous des frères et sœurs ? Sont-ils en France ?

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Oui, ils sont ici.

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Q. : Pourquoi les policiers voulaient-ils vous renvoyer vers le Maroc ?

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J’avais un problème avec mon passeport, ils ne m’ont pas dit pourquoi, ni pourquoi ils allaient me renvoyer vers le Maroc et pas au Congo. Ils m’ont dit qu’ils allaient m’envoyer au Maroc et que j’allais me débrouiller toute seule. Après, je suis passée devant une juge, elle disait, « elle doit repartir, elle peut pas rester ». Elle s’en foutait que mon père soit français, elle disait qu’il fallait que je reparte dans mon pays, que je ne reste pas en France.

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Q. : Combien de temps êtes-vous restée en zone d’attente ? Quand vous avez été présentée devant un juge, aviez-vous un avocat ?

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Je suis restée cinq jours en zone d’attente, il y avait un avocat qui a fait ce qu’il pouvait.

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Q. : Après avoir refusé d’aller au Maroc, comment avez-vous réussi à sortir de la zone d’attente ?

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Il y avait mon père. Il a tout fait pour que je sorte, parce que je suis sa fille quand même. Il y avait l’association RESF aussi pour m’aider à sortir.

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Q. : Pourquoi voulait-on vous renvoyer vers le Maroc ? C’est étrange de vouloir vous renvoyer vers le Maroc…

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C’est parce que j’étais passée par le Maroc pour venir en France…

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Q. : Comment la juge a-t-elle changé sa décision pour vous faire libérer ?

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Au bout de cinq jours, la juge, j’ai parlé avec elle, avec l’aide des associations. Ma belle-mère qui connaissait le maire de Nantes, et tous ensembles on a parlé, je pense que c’est comme ca que je suis sortie.

Pour citer cet article

« Témoignage de Williama », Journal du droit des jeunes, 6/2011 (N° 306), p. 22-22.

URL : http://www.cairn.info/revue-journal-du-droit-des-jeunes-2011-6-page-22.htm
DOI : 10.3917/jdj.306.0022


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