Accueil Revues Revue Numéro Article

Journal du droit des jeunes

2011/6 (N° 306)


ALERTES EMAIL - REVUE Journal du droit des jeunes

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 60 - 66 Article suivant
1

Stanislaw Tomkiewicz («  Tom ») [1]  Ndlr : Pour plus d’information sur S. Tomkiewicz, consulter... [1] mon regretté maître et ami était le psychiatre du Centre familial de jeunes de Vitry-sur-Seine et du Plessis-Trévise de 1960 à 1992. Notre fraternelle collaboration, en faveur des adolescents du foyer comme pour des nombreux jeunes qu’il me confiait, depuis son service à l’hôpital, avait duré plus de 32 ans.

2

Il fallait bien admettre que pendant de longues années, nous avions « causé  » en entretien individuel ou au cours de consultations, en faisant par la force des choses, plus ou moins confiance, à nos improvisations. De notre avis commun, nous ne pouvions guère préparer nos rencontres individuelles que par quelques idées générales, puisque nous attachions la plus haute importance à l’écoute du jeune, pour tenter de lui apporter nos réponses, à ses préoccupations, non pas aux nôtres.

3

Les exemples sur le vif de sa pratique quotidienne, si instructive pour les parents, les éducateurs et autres persécuteurs des jeunes, ne sont présentés dans aucun de ses nombreux écrits. Pour illustrer mon expérience dans le domaine du dialogue, j’ai fouillé nos archives, pour en extraire des échantillons, dont je transcris ici certains passages avec le souhait de livrer en même temps quelques passages étonnants des interventions « tomkiewicziennes ».

4

Dans un exposé dans les années 90, S. Tomkiewicz, en sa qualité de directeur scientifique de l’U69 à l’INSERM, précisait avec sa compétence habituelle, la façon souhaitable, dont un « pas trop mauvais thérapeute » pourrait aborder verbalement, un jeune, sans pour autant nous laisser un échantillon de sa pratique habituelle avec les jeunes : respectueuse, dynamique, débordante d’humour

5

Dans l’une de ses premières conférences, Tom nous recommandait « de nous adapter à l’enfant sans le « singer » », puis il soulignait également l’impact, souvent imprévisible de certains termes de notre discours lorsque nous abordions, une discussion avec un jeune de l’homme qui se confiait plus ou moins à nous.

6

Janus Korczak, l’un de nos grands maîtres à penser, nous avait certes, appris la meilleure écoute, pour tenter d’encore de mieux comprendre, et mieux aimer les enfants, sans pour autant nous laisser un seul écrit quelque peu détaillé, de ses dialogues si significatifs avec les bipèdes en herbe de son orphelinat.

7

Tom nous invitait à procéder régulièrement à un « travail préalable sur nous-mêmes », pour limiter les risques de projeter nos propres préoccupations, comme pour éviter la stérilité de la routine. Il terminait en résumant ses recommandations, par des mots d’ordre qu’il réunissait sous la rubrique des « quatre vertus cardinales » : Humour, dédramatisation, déculpabilisation, autonomisation.

8

La plus courageuse sincérité me semble seule à même de nous mettre à l’abri de faire parler nos yeux, à notre insu d’une manière contradictoire avec notre discours. Ce n’est pas une idée nouvelle. Racine n’a-t-il pas écrit : « J’entendrai des regards que vous croyez muets ».

9

Le travail « sur moi-même » essentiellement avec l’aide de Tom, faisait de toute façon partie de la supervision, de notre pratique. Nous connaissions donc aussi le danger que représentent nos réactions de prestance, nos petits mensonges d’adultes, si rapidement décelés par nos chérubins, qui pourtant ignorent ce que la savante psychanalyse appelle « la communication d’inconscient à inconscient » dont la prise de conscience nous échappe totalement au cours d’une discussion un peu vive.

10

En ce qui me concerne, je luttais d’emblée contre le mal qui me guettait, si largement répandu chez les éducateurs, les psy et autres de la pédagogie curative : lorsqu’un jeune ne répond pas à notre attente pour lui, se dérobe, semble se moquer de nos efforts pour lui venir en aide, notre frustration pourrait nous inspirer, à notre insu, une certaine agressivité passagère à son égard.

11

Pour accepter, avec un sourire discret, mais authentique les agressions verbales d’un enfant, voire d’un grand adolescent, fréquemment signe de bonnes défenses, (souvent utiles pour la consolidation de la colonne vertébrale psychique) je m’imposais d’emblée la conviction que les insultes avec lesquelles un jeune voulait froisser mon amour-propre devaient être décodées comme une saine opposition, puisque l’adolescent s’affirme en s’opposant ; ou encore, dans les cas extrêmes, comme une sorte de déclaration d’amour pudique.

12

Puis, complétant notre souhait d’être à l’abri de susceptibilité, je me répétais, le vieux proverbe, selon une méthode d’autosuggestion bien connue, « On ne jette des pierres qu’aux arbres qui portent des fruits ».

13

Quand, après une assez longue pratique, un jeune en « crise » me qualifiait de « sale dirlo », « dégueulasse », de « thérapeute pervers », de « flic sadique », de « curé défroqué », etc … je me sentais réellement un peu flatté, avant toute autre chose. Effectivement, il me paraissait peu contestable qu’en osant me dire sa vérité bien en face, sans témoins valorisants, l’adolescent honorait ma tolérance.

14

De toute façon, les torts ne se trouvent presque jamais d’un côté seulement. Sans doute n’ai-je pas su chaque fois me montrer à la hauteur des situations les plus complexes. Toutefois, cette auto-rassurance permettait de mieux supporter mes éventuelles insuffisances.

15

Les jeunes les plus subtils finissaient d’ailleurs par entrevoir la satisfaction que parfois me procuraient leurs critiques acidulés. De temps à autre, pour essayer de me dérouter, ils en arrivaient à me parler avec une gentillesse spectaculairement hypocrite. Seule l’indifférence durable parvenait encore à me désarmer. Tom pensait que dans un foyer tel que le nôtre, l’indifférence était, avant tout une attitude feinte ou passagère.

16

Quelques exemples vécus, pêle-mêle de la vie de tous les jours, permettront sans doute de mieux compléter mes assertions.

Exemple 1 : l’humour plutôt que la punition

17

Un « ami » du Foyer, se trouvait en visite à l’improviste, comme il en avait la mauvaise habitude.

18

Nous l’acceptions pourtant avec un certain respect. Nous étions peut-être sa « Bonne action » puisqu’il nous soutenait financièrement, car il appréciait comme il le disait, notre réussite avec les « délinquants ». Il avait même fini par embaucher deux de nos garçons dans son entreprise, avec un salaire très acceptable.

19

Salutations d’usage, visite des lieux en ma compagnie, comme de coutume. À notre passage devant la porte ouverte de la cuisine, Robert, un nouveau pensionnaire dont le comportement me désolait à cause de sa politesse de façade, me salua, de manière totalement atypique comme à chaque rencontre, par un ton obséquieux : « Bonjour monsieur le directeur. ». Les autres me tutoyaient et se montraient fort amusés par cette façon de me saluer. C’était un dimanche. Robert était attablé à la cuisine, au milieu d’une demi-douzaine d’autres garçons pour prendre son petit déjeuner vers 10 heures du matin. Les jeunes, faute de place, dans notre petite cuisine, étaient serrés les uns contre les autres. Robert seul se leva pour venir saluer notre illustre visiteur, lui tendre la main. Au moment de reprendre sa place à table, en frôlant ses voisins, deux garçons se prétendirent bousculés et commencèrent à chahuter joyeusement. Il s’ensuivit une discrète distribution de coups de coude amusants. Avec l’agitation grandissante, un bol de café au lait se renversa et son contenu commença à s’écouler sur la grande table, en direction aussi du blue-jean fraîchement lavé de Robert. Cela n’arrêta pas le petit chahut. En découvrant la catastrophe vestimentaire, le visage du jeune changea de couleur, passant de la teinte quelque peu aspirine au rose bonbon. Hilarité générale. Pour riposter aux rires des autres, l’adolescent à son tour, cette fois fort volontairement, renversa par un geste violent de son bras droit, deux bols à sa portée. La table fut aussitôt submergée de café, de chocolat, de tartines au beurre couvertes de confiture.

20

Heureusement pour les finances de notre maison, les bols en Inox, tombés à terre, avaient résisté au choc. Le rire détendu des garçons semblait dû au fait qu’au CFDJ semblable incident, plutôt rigolo, ne donnait lieu à aucune réaction moralisante, moins encore à une « punition ». Nous pensions que des grands garçons, âgés de 14 à 19 ans savaient pertinemment que le gaspillage de nourriture n’était pas tellement apprécié dans la maison.

21

Il faut avouer que le rire des adolescents si fréquemment déprimés, à si peu de frais, faisait aussi un bien énorme aux adultes du foyer. Nous évitions de leur faire des reproches pour si peu. Dans des limites raisonnables, le Foyer offrait des petits déjeuners à volonté. Cette piscine de couleur crème qui s’écoulait une fois de plus sur le carrelage, semblait les amuser plus follement que de coutume. Peut-être la présence d’un monsieur d’un certain âge avec sa belle cravate voyante et son air d’importance, son langage châtié, contribuait à amplifier la situation comique.

22

L’un des garçons poussa un cri à son tour, se leva précipitamment en beuglant d’une voix joyeuse : «  ! Les mecs, il faut que je change de froc, oi aussi. Merde. (Il jeta un regard malicieux en ma direction) Le jus, il coule, là où il ne faut pas ».

23

Je gardais le silence face à cette amusante provocation. Robert lui, ne semblait guère apprécier l’hilarité de ses camarades. Il se leva d’un bond, les mains appuyées sur les bords de la table, jeta un regard méprisant à la ronde, en hurlant : « Vous n’êtes qu’une bande de connards dégueulasses. Je vous emmerde tous ! ».

24

J’aurais bien préféré encore attendre la suite des évènements, mais en présence de cet important ami de la maison, je me sentais obligé d’intervenir rapidement, ne fût-ce que pour prévenir le danger d’une petite bagarre. Nos jeunes n’étaient pas des anges. Le doyen des garçons, 19 ans, à cette table également, aimait adopter une attitude de justicier.

25

Selon ma tactique habituelle, pour dédramatiser une situation, afin de désamorcer une tension excessive, j’essayai d’attirer l’agressivité sur moi. Il me fallut fournir un effort important pour conserver mon sérieux.

26

Sur un ton que je voulais affectueux, je lançai à Robert : « Écoute, mon vieux. Il n’y a pas de quoi s’énerver. Un futal, ça se lave. Notre lingère sera ravie. Elle m’a fait part de son inquiétude de voir les gars trop rarement changer de linge. Vous savez bien qu’elle adore s’occuper de chacun d’entre… ».

27

La longueur de mon explication ne semblait guère du goût de Robert. Il me coupait net, au bon milieu de la phrase, rouge de colère : « Tu es le plus grand con de tous, Tu te crois malin, hein ? Qu’est-ce que tu as à te marrer bêtement, je te croyais plus futé que ça. Tu n’es qu’un connard, espèce de directeur de mes burnes ! ».

28

Les autres m’observaient en riant discrètement. Le doyen se bouchait le nez pour ne pas éclater. Tout danger de coups de poings me semblait désormais écarté. Comme j’avais la réputation d’être un « vannologue » redoutable, ils donnaient l’impression de vouloir s’amuser à compter les points et attendaient ma riposte.

29

Sincèrement heureux de ce que Robert venait enfin de perdre son masque de fausse politesse, sans autre mal que des bols de café renversés, je lui disais, en riant un peu malgré moi : « Le directeur de tes précieux appareils à reproduction te remercie pour ta franchise. Je sais enfin ce que tu penses de moi ».

30

J’aurais dû essayer de garder tout mon sérieux, en plus, aussitôt, ma dernière phrase, culpabilisante prononcée, j’ajoutai pour tenter de réparer ma maladresse : « Ta courageuse sincérité m’en impose. Tu as de la personnalité ! ».

31

- Ta gueule, sale con, apostropha Robert.

32

Aucune réaction conformiste des autres. Peut-être notre visiteur aurait-il espéré que quelque garçon plus âgé, se mette à déclarer à sa place : « comment oses-tu parler de notre directeur… » Ce n’était vraiment pas le genre de la Maison. Rires étouffés de tous. Aucun présent n’osait prendre la parole, peut-être pour échapper à mes ripostes ? Robert n’y tenait plus. Il se précipita hors de la cuisine en se dirigeant vers la salle à manger, en nous bousculant, puis nous claquant la porte vitrée au nez.

33

En sortant de la cuisine, pour tenter de lui commenter la situation, je chuchotai à l’oreille de l’ami en visite : « Enfin, il se comporte comme un bon gamin en colère. Désormais, je vais pouvoir discuter avec lui dans une ambiance de sincérité. Quel soulagement ».

34

Je pensais devoir ajouter : « Ne vous tourmentez pas pour sa grossièreté. Des gamins qui ont l’habitude de causer avec les poings, lorsqu’ils agressent verbalement ont franchi le pas vers le progrès décisif. La colère, même injustifiée peut faire dérailler chacun de nous. Il n’était pas dans son intérêt de continuer à s’affirmer par ses vols nocturnes, avec une façade de gamin bien élevé. Laissons-lui donc toute sa liberté de parole sans le moraliser. C’est un vrai petit parigot plein de vie ».

35

Pour paraître drôle, j’ajoutai aussi sérieusement que possible : « Si ce gamin venait dans l’immédiat à causer trop bien, sans attendre que les bienfaits de notre intervention psycho-pédago-socio-transistorisé, lui fassent faire des progrès, il nous mettrait au chômage. Quelle horreur. »

36

Après un court silence, l’ami du CFDJ me critiquait durement. Il se disait profondément déçu, scandalisé par mon inacceptable laxisme. Mon manque d’autorité et mon humour primaire lui étaient insupportables. Surtout de la part d’un directeur d’établissement subventionné par le Ministère de la Justice. Cet incident était, d’après lui, une preuve de notre décadence.

37

Ce matin là, notre Foyer, à la situation financière toujours délicate, avait perdu un soutien important.

Exemple 2 : l’attitude authentiquement affective (AAA) au lieu de la neutralité bienveillante

38

Il nous était arrivé directement de l’infirmerie de la prison, par suite de nombreuses tentatives de suicide. Le juge, pourtant connu pour sa bienveillance, l’avait fait incarcérer à titre tout à fait exceptionnel, à cause de ses délits à répétition.

39

Depuis sa dernière arrestation, son jeune âge, ses exploits d’autolyse [2]  Activité destructrice, suicidaire. [2] , inquiétaient le psychiatre de l’établissement pénitentiaire. Celui-ci lui avait donc prescrit des fortes doses de tranquillisants, d’autant plus que le jeune s’opposait obstinément à toute tentative psychothérapeutique.

40

Le juge pour enfants, pour tenter de « sauver » C. insistait pour que nous donnions « une ou deux dernières chances » à ce garçon, devenu, paraissait-il, « inintimidable ».

41

Dans cette situation d’urgence, particulièrement soutenue par Tom, C. n’avait donc pas pu visiter le CFDJ au préalable pour accepter son placement, comme le voulait notre tradition. Ce genre d’exception à nos propres règles, pourtant constamment améliorées, aurait pu lui faire déclarer plus tard à, à juste titre : « Vous ne m’avez pas tellement demandé mon avis pour venir dans ce Foyer… ».

42

Tom connaissait le drame du jeune par son « patron » médical du moment, consulté comme expert par le tribunal pour enfants. Ce psychiatre, sans doute influencé par la gravité des exploits délictueux et les réponses insolentes de l’adolescent, l’avait qualifié de « psychopathe incurable ».

43

Tom me demandait avec insistance, d’envisager l’admission de C. au CFDJ, en remarquant avec son humour noir habituel : « Le grand psychiatre expert se trompe. Ce garçon n’était nullement psychopathe : peut-être y avait-il chez lui un sentiment de culpabilité plus ou moins conscient par rapport à sa mère. Détérioré plutôt qu’aidé par les maladresses des adultes prétendu qualifiés, il finira par réussir son suicide, je le crains. C’est logique, après plusieurs tentatives échouées, il a de l’entraînement maintenant. Sans nous, il est fichu, c’est certain. Avec notre aide, il aurait 50,1/2 % de chances de s’en tirer ».

44

La présentation de la situation de ce garçon, explicitée par Tom pouvait donc se résumer ainsi : parents séparés ; depuis sa puberté, passages à l’acte à fleur de peau ; il se fait prendre presque à chaque exploit - on pourrait même parler de comportement autopunitif. - ; mère dominatrice, nocive. Ce n’était pas un ange, mais le diagnostic de dangereux psychopathe était sans doute erroné.

45

Aucun internat pour jeunes délinquants n’en voulait plus. En cas de refus de notre part, il ne resterait au magistrat que la solution d’un placement en établissement psychiatrique. C. avait dépassé les 15 ans de quelques jours. Ni la mère, ni le juge ne nous reprocheraient un échec fatal éventuel. Pour augmenter nos chances de réussite, nous ne pourrions pas éviter de prendre des risques énormes, inhabituels.

46

Il faudrait créer au Foyer, avant même l’arrivée du garçon, un climat de grande acceptation, en supprimant, dès son premier jour dans notre Maison, tous ses tranquillisants et autres menottes chimiques. Nous envisagions leur « remplacement » par notre disponibilité affective et temporelle la plus large possible, en plus des activités créatrices de haut niveau pour ce gars douée d’une intelligence exceptionnelle.

47

C’était, une fois encore un projet ambitieux, au-delà de nos possibilités réelles. Tom, pour me motiver, me disait sur un ton presque sérieux : « C’est un grand et beau garçon, finement intelligent, vif d’esprit, mais désespéré. Vous allez l’aimer, c’est tout à fait prévisible quand on vous connaît. Seule une amitié authentique nous laisserait des chances de lui éviter le pire. Mobilisons notre A.A.A. [3]  Attitude Authentiquement Affective. [3] à l’extrême limite ».

48

Tom terminait sa publicité pour C. par ces phrases par lesquelles trop souvent il tentait de me manipuler en mobilisant mon affectivité hypertrophiée et plus encore mon orgueil : « J’ai confiance en vous. Je vous sais génial avec les ados les plus intelligents ». À ma grande surprise, il ajoutait pour la toute première fois : « Vous allez encore inventer je ne sais quelle nouveauté thérapeutique pour l’en sortir. Tant mieux. S’il ne claque pas ce gosse, si nous réussissons, à le tenir en vie, je vous promets qu’on en parlera dans les milieux scientifiques ».

49

Avant ma première rencontre avec C., pendant les quelques jours d’attente qui nous séparaient de son arrivée au CFDJ, je sentais ma crainte d’un échec éventuel monter en moi, à la vitesse d’un bolide sur une route déserte. Quel désastre s’il me rejetait, ce gamin… Je ne m’imaginais même pas l’éventualité d’un contre-transfert négatif de ma part. Un suicide réussi dans notre maison serait un échec irréparable, du moins pour moi. Saint Sigmund Freud, priez pour nous…

50

Deux personnes de la prison nous avaient conduit C. au Foyer. Elles ont fait signer une décharge par une l’éducatrice au bureau d’accueil et s’étaient éclipsés agilement.

51

Toute la maison avait été scrupuleusement préparée à cette arrivée. Quelques informations furent confiées « confidentiellement » aux deux plus âgés des garçons. Notamment sur le désespoir, sur les risques que présentaient pour lui (et pour nous) ses tentatives de suicide. Les deux garçons de sa chambre de trois, plus âgés que lui, avaient accepté leur mission de béquillage de bon cœur. J’avoue les avoir suppliés de m’aider, pour mieux lui venir en aide.

52

Afin d’éviter au maximum leurs réserves même involontaires, inconscientes, si le comportement de C. parvenait à les décourager, je n’avais pas hésité à exercer sur eux une petite pression affective, qui consistait à leur présenter la réalité avec brutalité : « Ce n’est pas vous qui avez pris la décision de l’accepter dans notre maison. J’en suis et je reste le seul responsable. Soit. Vous devez savoir que nous risquons gros. Si nous n’arrivions pas à l’en sortir, le moral de notre baraque bien-aimée ne s’en remettrait pas de si tôt. Je compte sur vous deux pour l’aider, en organisant son arrivée et son intégration avec quelques copains sûrs, avec la discrétion et l’intelligence qui s’imposent. C’est un gars d’une grande finesse d’esprit, malgré son air déprimé. Il sort de taule. Pour une fois, rien ne peut se faire sans votre aide. Sans vous deux, je suis certain que je n’y arriverais pas. J’ose croire que je peux compter sur vous deux, même si je ne le mérite pas tellement ».

53

Le soir de son arrivée au CFDJ, après avoir rencontré quelques jeunes éducateurs, poussé par les deux futurs co-chambristes, C. était monté, lentement, à petits pas, l’étroit escalier en bois qui menait à mon bureau au deuxième étage, surnommé le pigeonnier. L’adolescent répondit à peine à ma banale salutation de bienvenue. Selon mes habitudes, je m’étais levé de mon fauteuil pour le saluer. Un « salut » peu intelligible me répondit. C’est bête le premier mot qu’on se dit dans un Foyer pour des gamins affectivement écorchés et méfiants, surtout quand on ne les connaît pas encore.

54

Il bougonnait : -« Je peux m’asseoir ? Je suis crevé ».

55

- « Oui, dis-je », d’une voix que je voulais vigoureuse pour donner l’exemple d’un discours intelligible. Il s’apprêtait à s’installer sur un fauteuil en ruines depuis quelques jours. Je lui fis un signe négatif de la main : « mais pas sur le petit fauteuil bancal. Tu ne m’as fait aucun mal pour mériter de te casser la gueule dans mon bureau sur un siège qui s’effondre. Prends plutôt la chaise. Pour un gars grand et fort comme toi, c’est plus prudent. »

56

Je voulais commencer à débiter ma petite introduction de réassurance, de valorisation comme prévue. À ma grande contrariété, le téléphone intérieur coupa mon élan. Du bureau du rez-de-chaussée on m’appelait sur la ligne intérieure, malgré ma demande formelle de me déclarer absent ou mort pendant la durée de l’entretien avec C. Je me souviens, en décrochant le combiné d’avoir fait un « oui » agacé, pour bien montrer la totale priorité de la conversation engagée avec le nouvel arrivant.

57

L’éducatrice, standardiste pour l’occasion chuchota : « Pardonnez-moi d’oser vous interrompre. C’est l’infirmerie de la prison, c’est très important, urgent, vital ». Le téléphone intérieur du Foyer était d’une puissance sonore insupportable. J’étais certain que C. avait entendu, au moins partiellement, ce message gênant en la circonstance. Il ne me restait plus qu’à mettre de côté ma grande préparation pour limiter mes erreurs et jouer cartes sur table. La situation me semblait trop dramatique pour permettre la moindre lâcheté de ma part.

58

- « C’est l’infirmière de la prison », disais-je à haute voix, en bouchant le micro de la main.

59

- « Passez-moi la communication. Merci ». Ce que j’entendis paraissait plutôt surprenant :

60

- « Nous avons omis de joindre au dossier du jeune C. la dernière ordonnance du docteur X. Je vous donne le nom et la quantité des médicaments anti-dépressifs que votre infirmière devra lui administrer d’urgence ».

61

Je profitai d’un petit silence pour l’interrompre : « Vos précisions sur les soins à donner à C. s’avèrent inutiles. De toute façon, nous n’avons ni infirmière ni neuroleptiques dans notre Foyer. Notre psychiatre, S. Tomkiewicz a décidé d’interrompre dans l’immédiat toute administration de tranquillisants. Nous payerons de notre personne à la place des médicaments, par une présence 24 heures sur 24. Nous avons pris la décision de faire confiance totale à C ». Je lui lançais un clignement d’œil complice.

62

- « Mais monsieur le directeur, vous prenez là des risques graves, sans doute irréparables ».

63

Après un court silence, je repris toute mon assurance et coupai court :

64

-« Je regrette, Madame, Nous avons la conviction qu’on prend encore davantage de risques quand, dans un climat comme celui de notre Foyer, on refuse la confiance à un adolescent intelligent. Je suivrai scrupuleusement les prescriptions de notre médecin comme vous respectez sûrement celles du vôtre. En cas de contestation, veuillez prendre directement contact avec notre psychiatre. Il est directeur de recherches à l’INSERM, U 69. Je suis débordé de travail et vous prie de m’excuser, d’être bref, Madame. Au revoir ».

65

J’avais observé les réactions de C. pendant ma rapide conversation téléphonique. Ses joues pâles avaient rougi imperceptiblement. Il se passait quelque chose d’important en lui. Peut-être déjà entre lui et moi, qui sait ? La grande gêne du début semblait céder sa place à un petit sourire malicieux.

66

L’appel téléphonique de la prison m’avait forcé à présenter brutalement le premier point de notre décision. En même temps, le ton angoissé de l’infirmière, vers la fin de notre conversation téléphonique avait provoqué en moi, par une sorte de contagion, un court passage d’anxiété. Aucune phrase censée ne me vint à l’esprit immédiatement pour reprendre la conversation.

67

Méthodiquement, quand je crains de ne pas trouver les phrases qui conviennent à une situation délicate, je raconte plein de bêtises pour gagner du temps, pour dédramatiser. Il fallait rompre le silence, ne pas rester passif face à un adolescent qui souffre aussi gravement. Me souvenant de vieilles blagues stupides, je me redressai et lui demandai, avec un air qui se voulait subtil : « Dis-moi, C., as-tu fait la guerre de 14-18 ? ».

68

Il me lança un regard surpris, hochait la tête, se montra irrité, sans doute par le bas niveau de ma question. Il était désorienté. C. répliquait sur le ton exaspéré qu’on utilise avec les simples d’esprit qui se croient intelligents : « Bof, Bien sûr que non. Quelle question de con. Pardon.

69

-Con et pardon ça rime. Il faudrait qu’on fasse un poème ensemble. »

70

J’avais l’impression que pour détendre l’atmosphère, il n’était pas inutile de poursuivre mes inepties : « -Alors, il serait temps d’y penser ».

71

Tout cela devait lui sembler tellement « lourd » qu’il finit par sourire pour de bon. J’avais perdu un peu de mon prestige, mais sûrement réussi à rompre la glace tant redoutée, par chacun de nous, me semblait-il. Je repris aussitôt sur un ton plus affectif, heureux de mieux dominer mes propres inquiétudes, en faisant semblant de n’avoir rien dit de débile : « Le coup de téléphone a dû te confirmer ce que les autres gars du Foyer ont dû te raconter. Nous faisons réellement confiance aux jeunes. Je t’en donne ma parole de voleur ».

72

Cette dernière ineptie lui arracha un grand sourire.

73

- « Désormais, sans opposition de ta part, tu seras un gars du CFDJ, avec tout ce que cela comporte de droits et d’emmerdements. Tu as pigé, j’en suis sûr. Tu m’inspires confiance. Notre toubib que tu connais, m’a parlé de toi. Il m’a dit pour vanter l’article, que tu étais un gars très intelligent. Est-ce vrai ?

74

- Je n’en sais rien. On ne m’a jamais demandé mon avis là-dessus.

75

- J’ai l’impression en te regardant de plus près que pour une fois Tom n’a pas exagéré. Tu es beau et très intelligent.

76

- Vous dites ça à tout le monde, pas vrai ?

77

- Seulement quand ça correspond à la vérité. Sinon, je garde le silence surtout dans l’appréciation de l’intelligence. C’est aussi mauvais de traiter un débile d’intelligent que de parler à un adolescent subtil dans un langage de bébé.

78

-Comment me trouves-tu ? Ma sale gueule t’inquiète-t-elle ?

79

- Je n’en sais rien. Pas trop.

80

- Es-tu capable de faire confiance à quelqu’un ?

81

- Ca dépend. Je ne sais pas. Je me méfie. J’en ai tellement vu des faux jetons.

82

- Que faut-il faire pour avoir droit à ta confiance ?

83

- Sais pas.

84

- Je n’ai encore rien fait pour toi, donc en principe je ne mérite pas ta confiance. Je te demande malgré tout de me faire crédit pendant quinze jours. Sans preuve du contraire essaye de me prendre pour quelqu’un d’honnête. D’accord ou pas ? » Il me fixa du regard, puis se met à me tutoyer :

85

- Si, tu as fait quelque chose pour moi. Tu m’as sorti de tôle. Ce n’était pas trop tôt.

86

- Non, tu te trompes, ce n’est pas moi, c’est notre toubib. Je ne te connaissais même pas. C’est lui qui m’a demandé de te filer un coup de mains. ». Quelques instants de silence.

87

- Alors ce crédit de deux semaines tu veux me l’accorder, oui ou non ? Tu as le pouvoir de nous flanquer tous dans la merde et de refuser. Tu le sais bien.

88

- Je veux bien essayer de te faire confiance. Je dis bien essayer. Je ne suis sûr de rien. Je ne comprends pas très bien en quoi ça consiste ? Je n’ai rien à raconter. Mon crâne, il est vide. Avec leurs putains de drogues ils m’ont vidé la tête.

89

- Je ne te demande pas de me raconter ta vie. Veux-tu bien t’engager à ne pas faire le con avec ta santé pendant quinze jours, du moins ne pas bouffer des saloperies pour te ficher en l’air ?

90

- Je veux bien essayer, mais j’ai des coups de cafard, je ne sais pas si je vais pouvoir tenir deux semaines.

91

- D’accord. Mettons-nous d’accord pour une semaine. On en reparlera la semaine prochaine. Promets-moi de m’avertir quand tu sentiras que tu commences à avoir le cafard. Tu peux venir me voir quand tu veux. À n’importe quelle heure, même venir me réveiller la nuit. Il te faudra frapper fort à la porte, c’est tout.

92

- D’accord.

93

- Merci.

94

- Est-ce j’ai le droit de fumer ?

95

- Tu as bien vu que je fume moi. Je n’ai donc aucun conseil à te donner dans ce domaine.

96

- Aurai-je le droit de sortir ?

97

- Bien sûr, dès que tu auras passé une bonne nuit à cuver les médicaments qu’on t’a fait ingurgiter. À moins que tu ne sois très pressé. Dans ce cas, descends vite, fais un tour en ville, et nous reprendrons notre discussion à ton retour. Vas-y.

98

- Non je n’ai pas envie. De toute façon, j’ai perdu l’habitude de me promener seul… Tu es un drôle de type. Des comme ça je n’en ai jamais vu.

99

- Il faut de tout pour faire un monde. Que voudrais-tu faire pendant toute la journée en attendant la fin de la huitaine de confiance ? J’aimerais mieux connaître tes goûts et tes souhaits.

100

- Je n’en sais rien. J’ai vu qu’il y en a ici d’autres qui n’ont pas de travail. Qu’est-ce qu’ils font eux ? Ils s’emmerdent, non ?

101

- Ce qu’ils font ? Ne t’en fais pas, ils ne tournent pas en rond. Nous avons de quoi passionner des gars intelligents. Ils ont dû t’en parler. »

102

C. une fois de plus hocha la tête comme agacé. Puis il sourit en silence.

103

- Tu es vraiment un mec impossible. Des fois tu dois être chiant.

104

- C’est vrai, mais j’essaye de faire des progrès. On m’a dit que tu t’intéressais à la photo. Nous avons deux labos, et pleins d’appareils.

105

- Les renseignements vont vite dans ta baraque.

106

- Dès demain, tu viendras prendre un appareil et des films pour faire des photos de notre ville. Il y pas mal de jolies filles dans notre coin. Donc demain matin, grande sortie armé d’un appareil pro. Et de films à volonté. Du noir et blanc. Un seul film couleur par gars pour une sortie. On n’est pas très riche.

107

- Sais pas trop. Je crois que j’aurais une espèce de peur dans la rue. Je ne suis plus habitué.

108

- Demande pour la première sortie photo, à un copain de ta chambre de t’accompagner. Ils adorent le reportage tous les deux. O.K. ? Il faut que tu sortes dès demain, je saurai en même temps ce que tu vaux en photo. Tu es dans la piaule des meilleurs photographes de notre foyer. Ils ont gagné des concours, pas seulement au Foyer ».

109

Il sourit franchement : - « Dac. Je vais essayer.

110

- Quels sont tes besoins, tes désirs immédiats, bien sûr, à notre portée ?

111

- Je n’en sais rien. Je n’ai pas de sous. Je voudrais acheter des clopes.

112

- Ne t’inquiète pas. Chaque nouvel arrivant a droit à 50,00 F d’argent de poche, le jour même de son arrivée…Ce n’est pas une fortune, mais ça dépanne. Nous ne sommes pas trop riches en ce moment. Ça changera quand on sera grand. ». Il sourit de ma nouvelle bêtise.

113

- Que te faut-il encore ?

114

- À part ça… je ne sais pas très bien ce qu’il me faut.

115

- À qui faut-il demander, pour savoir ce dont tu as besoin ? »

116

Il se redressa comme indigné :

117

- Quelle question ! Ce n’est pas ma faute si je me sens la tête vide. Je suis crevé. C’est tout.

118

- Elle n’est pas si vide que ça ta caboche, puisque tu te rends compte quand je déraille. Alors, tu viendras me voir, juste avant de te coucher, en me disant que tu n’as rien à dire, envie de rien, absolument de rien. Je te donnerai, le cas échéant quelques idées bêtes et méchantes en attendant. Puis, à l’occasion, je t’expliquerai aussi comment faire pour tenter d’éviter les cauchemars. Ça peut servir. Une raison de plus pour venir me revoir le plus souvent possible. Pour être sincère, à titre exceptionnel et publicitaire : cela me ferait plaisir que tu viennes me voir.

119

- Je veux bien venir te voir avant d’aller me coucher. J’ai du mal à dormir sans cachets.

120

- Tu n’en auras plus besoin. Avec mon baratin, tu m’appelleras bientôt le somnifère ambulant. Je commence à croire, en prenant mes désirs pour la réalité, que tous les deux on ne s’entendra pas trop mal, qu’en penses-tu ? Fais un bon geste. Rassure-moi.

121

- Pourquoi pas. On verra bien… »

122

L’évolution de C. parsemée de périodes de crises a été assez favorable. Au cours de l’un de ces passages difficiles, le garçon envisagea même de me tuer à cause de mes allusions à son problème œdipien. Tomkiewicz assumait avec humour le rôle du bureau des pleurs des adolescents du CFDJ en cure de R.E.D. [4]  Rêve éveillé dirigé. [4] Ce soir-là, C., en colère contre moi, justifia longuement son désir de me tuer pour se venger. Notre psychiatre, avec sa méthode de l’injonction paradoxale devint rapidement son conseiller sur les meilleures méthodes pour me supprimer sans laisser de traces, si possible sans se faire prendre. Ce mardi, après 23 heures, après un entretien de plus d’une heure, C. se trouvait toujours dans le bureau du psychiatre. Tom m’appelait par le téléphone intérieur, C. assis en face de lui :

123

« Mon cher Joe, je vais quitter le Foyer. Il se fait tard. C. est en face moi, il va monter vous parler durement. Vous avez été très maladroit avec lui. Vous lui avez fait des allusions par rapport à sa mère qu’il n’a pas supportées. Il a terriblement envie de vous tuer. Ne pouvant pas le convaincre d’y renoncer, je lui ai donné les meilleurs conseils pour vous supprimer sans trop vous faire souffrir. De toute façon, il est d’autant plus grand temps de m’en aller. Tout le monde ici exploite le pauvre toubib que je suis. L’administration me paye pour deux heures et cela fait plus de quatre heures que je suis là. Avec moi, C. se sent à l’aise, au point où il a mis son pied sur mon bureau (on entend un grognement de mécontentement de l’adolescent). Cela ne me gêne pas. Du moment qu’il ne risque pas de se casser la gueule sur la chaise et se faire mal. Conclusion : Ou bien il vous tue réellement, alors ma présence médicale est totalement inutile pour le cadavre que vous serez. En plus, je ne suis pas médecin légiste. Ou encore il ne vous tue pas. Dans ce dernier cas, je serai aussi complètement inutile. Donc, je m’en vais. Je prends mon manteau et je fais une grosse bise à C. Bonsoir. »

124

Lorsque je tente à travers mes notes, de résumer plus de quarante années d’entretiens avec les jeunes, supervisés ou non par mon maître et ami Tom, j’en arrive à une définition à l’emporte-pièce, quelque peu déroutante. Elle dépasse la montagne de mon manque de sérieux habituel. En me remémorant avec une paire de jumelles à l’envers pour prendre de la distance, mes discours tendres, mes colères, mes « vannes », mes bêtises, mes envies de conquête affective ou encore mon blablabla, mes scrupules et mes angoisses, je pourrais présenter ma façon de leur parler par la boutade suivante : mes dialogues avec les jeunes se situent entre une prestation de clown, une oraison funèbre (lorsque je suis contraint d’admettre mes erreurs) et une déclaration d’amour à peine dissimulée.

125

Même pour ceux qui contestaient notre manière insupportable de parler aux jeunes, cet écrit pourra rendre des services. Ne fut-ce que pour illustrer une expérience peut-être dangereuse pour le prestige des adultes dominateurs et pour tous les étudiants en psychopédagogie convaincus de la valeur de la neutralité bienveillante : un exemple de ce qu’il ne faudrait surtout ni dire ni faire…

Notes

[*]

Directeur du Centre familial de jeunes de Vitry-sur-Seine et du Plessis-Trévise (ci-après CFDJ), éducateur et psychothérapeute. Cet article a été écrit en 2004.

[1]

Ndlr : Pour plus d’information sur S. Tomkiewicz, consulter le site internet « Les Amis de Tom » http://www.amisdetom.org.

[2]

Activité destructrice, suicidaire.

[3]

Attitude Authentiquement Affective.

[4]

Rêve éveillé dirigé.

Plan de l'article

  1. Exemple 1 : l’humour plutôt que la punition
  2. Exemple 2 : l’attitude authentiquement affective (AAA) au lieu de la neutralité bienveillante

Pour citer cet article

Finder Joe, « Comment parler aux petits et grands adolescents ? », Journal du droit des jeunes, 6/2011 (N° 306), p. 60-66.

URL : http://www.cairn.info/revue-journal-du-droit-des-jeunes-2011-6-page-60.htm
DOI : 10.3917/jdj.306.0060


Article précédent Pages 60 - 66 Article suivant
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback