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Journal du droit des jeunes

2011/9 (N° 309)


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« Nous voulons faire du placement une opportunité pour l’avenir de ces enfants. Cela passe notamment par un accompagnement scolaire ambitieux et de qualité ». « La finalité des mesures n’est pas seulement la protection de l’enfant, mais aussi son épanouissement personnel et son insertion sociale et professionnelle future »[1][1] Propos tenus au sein du groupe de travail de SOS Village....

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Dans le secteur de la protection de l’enfance, les études concernant la scolarité des enfants placés (peu nombreuses et souvent anciennes) montrent que ces enfants ont généralement des parcours scolaires difficiles. Les enfants pris en charge au sein de notre association n’échappent pas à cette statistique générale, et ce malgré un investissement important des équipes des villages d’enfants en matière d’accompagnement scolaire.

Le placement, source de difficultés supplémentaires pour la scolarité

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Au-delà des hypothèses sociologiques « classiques » sur le poids de l’héritage culturel dans l’échec scolaire, nous avons pris le parti, à SOS Villages d’Enfants, de postuler qu’une partie des difficultés scolaires des enfants placés était induite par la prise en charge en protection de l’enfance et donc évitable.

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Cette conviction trouve un étayage dans certains travaux de recherche comme ceux d’Annick-Camille Dumaret[2][2] « Parcours et devenir de fratries accueillies au village... ou encore ceux conduits par Catherine Sellenet dans les années 1990, auprès d’un échantillon de plus de 800 enfants placés en famille d’accueil [3][3] Sellenet Catherine, « La scolarité des enfants placés.... Elle y formulait l’hypothèse que les trajectoires scolaires chaotiques de ces enfants ne seraient pas seulement « la conséquence d’un héritage culturel difficile à endiguer pour l’ASE », mais également celle « d’un retard construit et acquis après le placement ». La chercheuse constatait en effet une forme de « résignation acquise », aussi bien du côté des professionnels de la protection de l’enfance et de l’école, que du côté des enfants eux-mêmes.

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Parallèlement, les recherches en psychologie cognitive nous enseignent que l’acquisition d’une sécurité affective chez l’enfant est nécessaire avant d’entreprendre les apprentissages fondamentaux. Les enfants placés sont de ce point de vue des élèves très vulnérables et certains aspects de leur situation (notamment psychologiques) doivent être résolus ou du moins pris en charge avant que la scolarité ne puisse être améliorée.

La démarche expérimentale de SOS Villages d’Enfants

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Forte de ces constats, l’association SOS Villages d’Enfants s’est lancée en 2011 dans une démarche expérimentale revisitant ses pratiques d’accompagnement scolaire. Elle repose sur l’idée que la finalité des mesures n’est pas seulement la protection de l’enfant, mais aussi son épanouissement personnel et son insertion sociale et professionnelle future. Et cela passe notamment par un accompagnement scolaire ambitieux et de qualité.

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Pour passer de l’ambition à l’action, un groupe de travail représentant les différents métiers en village a été mis en place au siège de l’association. Il est chargé de conduire une réflexion et de faire des recommandations en matière d’accompagnement scolaire des enfants accueillis en villages d’enfants SOS.

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Pour mener à bien cet ambitieux chantier, l’association a fait le choix de procéder par étapes. Le travail amorcé privilégie la scolarité primaire, conçue ici comme la période cruciale des apprentissages premiers, souvent déterminante pour la suite de la scolarité des enfants.

… autour de six axes de travail

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  • Guider l’ensemble des professionnels et bénévoles impliqués dans l’aide aux devoirs et le soutien scolaire autour d’un socle commun (éducatrices et aides familiales, éducateurs, éducateurs scolaires, intervenants extérieurs en soutien scolaire) ;

  • Mettre en place un dispositif pérenne d’accompagnement scolaire dans chaque village autour d’un professionnel « référent-scolarité » ;

  • Assurer une présence dans l’école tant pour le suivi individuel de chaque enfant que pour les temps forts de la vie scolaire (fêtes d’écoles, sorties scolaires etc.) ;

  • Développer le potentiel culturel de nos villages d’enfants par le biais de partenariats, mais également par des jumelages inter-villages d’enfants autour d’activités culturelles et sportives ;

  • Mieux prendre en compte la dimension psychologique dans l’évolution de la scolarité des enfants qui nous sont confiés ;

  • Travailler la scolarité en lien avec les parents.

Des recommandations expérimentées en 2012

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Chacun de ces axes est décliné en quelques recommandations concrètes qui vont être expérimentées dans nos villages d’enfants en 2012. Une méthodologie d’évaluation d’impact de ces nouvelles pratiques sur la scolarité des enfants est en cours d’élaboration.

SOS villages d’enfants

Depuis plus de 55 ans, SOS Villages d’Enfants, association reconnue d’utilité publique, accueille sur le long terme, dans ses 14 villages en France, des frères et sœurs dont la situation familiale nécessite leur placement.

Pouvant être accueillis dès leur plus jeune âge, les enfants sont confiés à une mère SOS qui leur donne la sécurité affective et l’éducation dont ils ont besoin pour grandir et s’épanouir. La mère SOS fait partie d’une équipe éducative pluridisciplinaire.

Pour répondre à des besoins plus spécifiques, SOS Villages d’Enfants gère un établissement d’insertion sociale et professionnelle pour les jeunes de 16 à 21 ans et soutient deux associations consacrées à l’insertion des jeunes majeurs en difficulté.

SOS Villages d’Enfants est membre de la fédération SOS Villages d’Enfants International. Cette fédération est présente dans 133 pays. Avec plus de 2 000 projets sociaux, éducatifs et de santé, elle vient en aide à un million de bénéficiaires.

SOS Villages d’Enfants-France participe au développement de cet important programme d’actions dans le monde.

Notes

[*]

Chargée de mission « Études et innovation » au siège de l’association française SOS Villages d’enfants et responsable du projet « Scolarité en village d’enfants SOS », depuis janvier 2011. Chargée d’études sur la protection de l’enfance à l’Observatoire national de l’action sociale décentralisée (ODAS) entre 2000 et 2010, elle a notamment été en charge de l’enquête nationale sur les signalements d’enfants en danger et de la recherche-action sur le parcours des enfants de la protection de l’enfance (voir « Entretien avec Sandrine Dottori, chargée d’études à l’ODAS », JDJ n°258, octobre 2006, pp. 24-25).

[1]

Propos tenus au sein du groupe de travail de SOS Village d’Enfants dédié à l’amélioration de la réussite scolaire des enfants placés.

[2]

« Parcours et devenir de fratries accueillies au village d’enfants SOS de Marseille : une recherche pour interroger un mode d’accueil singulier », les Cahiers de SOS villages d’enfants, n° 3, avril 2008, d ‘après son étude d’Annick-Camille Dumaret, « Devenir à l’âge adulte des jeunes placés avec leur fratrie au village d’enfants SOS de Marseille », rapport de recherche à l’association SOS Villages d’enfants, Villejuif, INSERM U750-CERMES.

[3]

Sellenet Catherine, « La scolarité des enfants placés à l’ASE », Nouvelle revue de l’AIS, Institutions et familles, n° 7, 1999.

Pour citer cet article

Dottori Sandrine, « Améliorer la réussite scolaire des enfants placés : l'exemple de SOS Villages d'enfants », Journal du droit des jeunes, 9/2011 (N° 309), p. 26-27.

URL : http://www.cairn.info/revue-journal-du-droit-des-jeunes-2011-9-page-26.htm
DOI : 10.3917/jdj.309.0026


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