2001
Journal Français de Psychiatrie
Du côté de l’Assemblée nationale et des politiques...
Michel Jeanvoine
[*]
À l’automne 1999, le Dr Accoyer (rpr) déposait une première proposition de loi à
l’Assemblée nationale, dont l’objet était la création et l’usage d’un « titre
de psychothérapeute ».
S’ouvrait alors un débat public dont l’un des temps forts a été
la réunion organisée à l’initiative du Dr Accoyer le jeudi 23 avril 2000 à
l’Assemblée nationale.
Une deuxième proposition de loi se trouvait déposée sur le
bureau de la présidence de l’Assemblée nationale en mars 2000 par J.-M.
Marchand (Verts), relative à « l’exercice de la profession de psychothérapeute
et à l’attribution et usage du titre ».
Cette proposition, longuement introduite par une analyse de la
situation, propose la création, dans le cadre à confirmer et à établir « des
professions de santé non médicales », d’un titre de psychothérapeute.
Et le 26 avril 2000, le Dr Accoyer tirait les conclusions des
débats qu’il avait lui-même engagés, en déposant une nouvelle proposition de
loi relative, cette fois-ci, à la « prescription et à la conduite des
psychothérapies », où il n’était plus question de la création d’un titre mais
d’une simple qualification réservée à un ensemble de professionnels.
Ce brusque intérêt des hommes politiques pour la réglementation
des pratiques de psychothérapie méritait notre attention ; nous avons pensé
qu’il était important de pouvoir les rencontrer et leur demander de prendre la
plume pour que nous leur fassions une place dans ce deuxième numéro consacré
aux « psychothérapies actuelles ».
En effet, que s’était-il passé pour que des représentants du
peuple, de deux bords politiques différents, se saisissent aujourd’hui de cette
question aussi ancienne qu’actuelle ? Quelles étaient leurs motivations ?
Comment et par quelles voies leur point de vue s’était-il formé ou transformé
?
Nous avons rencontré le Dr Accoyer, qui nous a adressé le texte
qui suit, et nous avons eu un entretien avec J.-M. Marchand, assisté de P.
Grauer, président du snppsy, son
conseiller habituel dans ces questions. Nous n’avons jamais reçu,
malheureusement, le texte pourtant promis. Il aurait très certainement
complété, voire infléchi, l’analyse faite de la situation et cette conception
très instructive de la psychothérapie exposée de fait dans cette proposition de
loi.
Il nous fallait, pour terminer ce parcours du signifiant «
psychothérapie » dans le champ du politique, rencontrer la composante
principale de la majorité qui, sur ce point, était restée jusqu’alors
silencieuse, à savoir le Parti socialiste. Nous avons rencontré le délégué
national aux questions de santé, Claude Pigement, qui, plutôt que nous faire
parvenir un texte, a préféré l’interview dont le contenu se trouve p.
6.
Nous les remercions tous pour le temps qu’ils ont bien voulu nous
consacrer et pour leur contribution écrite à ce numéro.
[*]
Psychiatre, psychanalyste.