2003
Journal Français de Psychiatrie
Interview de Jean-Pierre Delaubier
Inspecteur d’académie
Marika Bergès-Bounes
[*]
Sandrine Calmettes-Jean
[**]
JFP : Nous vous
remercions d’avoir accepté de nous recevoir pour parler du rapport sur la «
scolarisation des élèves intellectuellement précoces » que vous avez réalisé à
l’Éducation nationale, avec un groupe de travail, durant les années 2001-2002.
Quelle est l’origine de ce rapport ?
J.-P. Delaubier : Il
m’a été proposé d’animer un groupe de travail, à la demande du ministre
précédent, Jack Lang : l’objectif était de rassembler les informations
disponibles et d’interviewer les personnes compétentes sur le sujet. Ce travail
a donc été fait par un groupe, composé de personnes ayant des responsabilités
diverses dans le système éducatif ; nous avons reçu des cadres de l’Éducation
nationale, des enseignants, des associations, des chercheurs universitaires,
qui nous ont apporté des données propres à faire réfléchir sur le sujet, ce qui
nous a permis de déboucher sur des conclusions – mais qui ne restent que des
propositions ; cependant, pour une partie, elles ont été validées. Ma
participation s’est arrêtée là et je ne me présente pas comme un spécialiste
sur la question.
JFP : En tout cas,
vous avez été l’artisan de ce rapport qui manifestement fait autorité, puisque,
lorsque nous nous sommes adressées au ministère, c’est vers vous que nous avons
été orientées.
JPD : Autorité, je ne
sais pas, mais c’est l’une des rares initiatives officielles des dix dernières
années, c’est la publication la plus récente faite par les services de
l’Éducation nationale.
JFP : Nous venons vous
rencontrer car, dans la pratique quotidienne, nous recevons de plus en plus
d’enfants surdoués et nous avons donc commencé à réfléchir sur ce terme «
surdoué » : qu’est-ce qu’il cache ? Qu’est-ce que ces enfants viennent nous
demander ? Qu’attendent les familles ?
Nous avons, dans ce sens, organisé une Journée sur les enfants
surdoués en novembre 2002, dans le cadre du Journal français de psychiatrie.
Comme vous le dites dans votre rapport, les associations de
parents étaient déjà actives depuis quinze ans environ ; dans la majorité des
pays, l’intérêt pour ces enfants va croissant ; les médias ont pris un relais
important…
JPD : Ce n’est pas le
fait qui augmente, c’est la conscience du fait. Objectivement, c’est la
distribution gaussienne d’une population et c’est l’une des deux parties
extrêmes de la courbe de Gauss, qui a bien sûr toujours existé. La cause du
problème n’est pas nouvelle mais le fait de le poser l’est.
JFP : Quelles ont été
les motivations du gouvernement, finalement, à initier ce rapport-là ?
JPD : Il y a deux
origines à la demande de Jack Lang : la demande des familles regroupées en
associations et les constats en interne sur un certain nombre d’enfants qui ont
été « signalés », comme vous le faites vous-mêmes.
Les enseignants et les professionnels spécialisés ont une
approche plus fine des difficultés scolaires et se posent des questions
nouvelles. Depuis sept ans, huit ans, dix ans, comme dans les autres pays
européens, on s’interroge sur une « typologie » des difficultés. Il y a par
ailleurs une attention actuelle très forte aux problèmes de concentration des
élèves qui fait que les enseignants sont sensibilisés à ce type de difficultés
et que ces enfants précoces constituent une des nombreuses catégories d’élèves
qui présentent des difficultés comportementales – je ne sais pas si on peut
parler de troubles graves pour eux : ils sont instables en classe, par exemple,
parmi des cas beaucoup plus pathologiques et beaucoup plus graves qui
perturbent les classes. C’est par cette conjonction d’une prise de conscience
externe par les parents et interne par certains enseignants démunis que le
ministre et son équipe ont souhaité, en 2000, lancer cette réflexion. Nous
avons été sollicités et pour ce rapport et pour formuler quelques propositions.
Voilà donc l’origine.
Je vois un progrès dans cette demande qui nous a été faite, une
volonté d’affiner la connaissance du type de difficultés rencontrées par nos
élèves. Parmi tous les facteurs qui font qu’un élève ne réussit pas, on relève
la précocité, la précocité ou un certain type de précocité, puisque certains de
ces enfants n’ont aucune difficulté et sont bien intégrés.
JFP : Nous avons
trouvé le dossier extrêmement complet, avec des analyses fines et nuancées, la
remise en situation du phénomène, la relativisation ; mais on voit bien que
vous avez été confrontés à certaines difficultés pour définir cette population
d’enfants. Vous montrez aussi l’hétérogénéité des recherches, vous constatez
l’imprécision scientifique et clinique des critères d’intelligence et vous
concluez sur une appréhension beaucoup plus globale et multifactorielle des
critères de réussite et d’intelligence d’un enfant. Nous nous retrouvons dans
cette position de l’Éducation nationale, notamment quand vous faites valoir
qu’il convient de ne pas faire une logique exclusive de classe, de ne pas
individualiser une population.
JPD : Nous étions
unanimes sur ce point, dans le groupe de travail ; il nous semblait que ces
élèves n’avaient pas besoin qu’on les isole des autres, surtout à un moment où,
pour toutes les autres difficultés, l’Éducation nationale vise à l’intégration.
À partir du moment où on dit : toute forme de difficulté, toute forme de
handicap a sa place à l’école, avec les autres, et si possible dans les mêmes
classes – à l’exception des problèmes de comportement non maîtrisables ou des
difficultés d’apprentissage telles qu’elles amènent à un besoin de prise en
charge par petits groupes – il aurait été aberrant d’envisager que cette
catégorie d’enfants puisse être isolée. Par ailleurs, on pouvait s’attendre à
des ambiguïtés avec ces élèves ; on constate que, pour certains élèves «
précoces », les familles font pression pour qu’ils soient scolarisés en groupes
restreints et isolés, mais nous pensons que ce n’est pas rendre service à ces
enfants que d’agir ainsi ; car nous constatons que, comme les autres enfants,
plus que les autres peut-être, ils ont besoin d’une vie sociale normale, de se
sentir le plus « normaux » possible.
JFP : D’autant que
vous faites valoir aussi que 95 % d’enfants précoces ne posent pas
problème…
JPD : Nous ne
disposons pas d’échantillons représentatifs, donc notre propos n’est pas
scientifique. Nous relevons les manifestations d’« enfants à problèmes » : nous
pouvons tenter de les recenser à partir de diverses sources, en particulier à
travers les associations elles-mêmes ; elles ne représentent qu’une faible
partie des parents des 200 000 élèves de 6 à 16 ans dont le
qi est supérieur à 130. Le nombre de
ces enfants qui associent des problèmes pathologiques et des potentiels hors du
commun me paraît, par exemple, peu élevé dans mon département : j’ai vu à peu
près dix dossiers, cinq ou six familles l’an dernier ; cela représente donc peu
de « cas reconnus ».
JFP : Ce qui est
intéressant, c’est que l’on retrouve toujours à peu près les mêmes difficultés
scolaires dans ces « cas à problèmes », alors qu’il existe une très grande
hétérogénéité chez ces enfants et que l’on ne peut pas établir un profil
commun. Vous faites valoir que la précocité n’est pas le seul facteur à
interroger et que ce qui est à l’origine de ces difficultés est
multifactoriel.
JPD : Ce que
j’observe, c’est que le wisc rend
compte en général d’une moyenne, d’une double moyenne des résultats de deux
séries de sous-tests (qi verbal,
qi performance), ce qui écrase les
profils. Ce que ces enfants ont en commun, c’est une capacité de mémoire
au-dessus de la moyenne, une rapidité du traitement de l’information, donc
certains paramètres généraux de l’intelligence ; mais lorsque l’on regarde la
personnalité dans son ensemble, ce facteur général ne se manifeste pas dans
tous les secteurs de la même manière : dans certains domaines, ils sont
surperformants et dans d’autres, sous-performants. On a donc des profils divers
: ces potentiels plus performants exacerbent leur personnalité, parfois du côté
de la créativité, par exemple.
JFP : Nous avons bien
aimé ce passage autour des points forts et des points faibles, lorsque vous
dites que l’aide doit s’inscrire dans une stratégie globale de prise en compte
de la diversité et que la pédagogie ne doit pas seulement repérer les points
faibles d’un enfant mais d’abord ses points forts. C’est ce qui nous mène aussi
en clinique constamment : comment l’enfant compense-t-il ses embarras ? Que
trouve-t-il comme stratégies de contournement ? Quels mécanismes de
substitution utilise-t-il devant ses échecs ?
JPD : Faire ce travail
m’a amené à voir autrement ce qu’on peut appeler « l’élève en difficulté ». En
fait, il ne faudrait plus parler, me semble-t-il, d’« élève en difficulté » ni
d’« élève handicapé » mais parler d’un élève à part entière, et reconnaître que
cette personne qu’est l’élève a des points forts, des points faibles et
présente des traits caractéristiques – c’est un principe de travail. À partir
de là, je m’aperçois que tout élève, surtout si on veut l’engager dans une voie
de réussite, doit être traité comme une personne complexe et non comme un élève
à qui on donne une étiquette : il doit être appréhendé comme un être ayant des
atouts et des points faibles. Il peut à la fois porter un handicap, avoir une
maladie, un qi très fort et une
difficulté ou un manque de goût pour un domaine de la connaissance
intellectuelle : tout cela chez le même enfant. On doit avoir le même regard
pour tous et s’abstenir de toute étiquette, donc ne pas développer des réseaux
de classes spéciales où sont rejetés les élèves qui ont des points faibles sans
prendre en compte leurs points forts. C’est autour de cette idée-là que nous
nous sommes retrouvés pour ce rapport.
JFP : Cette position
rejoint tout à fait nos préoccupations cliniques qui consistent à considérer
les enfants dans leur singularité, en nous abstenant de tout préjugé. Il est
intéressant que l’Éducation nationale s’engage dans une approche au cas par cas
de l’enfant, tout en poursuivant une politique affirmée, clairement
intégrative, avec le respect de la différence.
JPD : Oui, pas
d’étiquette. On doit donner à l’enfant un prénom et un nom qui permettent de
l’identifier, mais on ne le caractérise pas à travers un seul de ses traits,
une seule dominante. On fait avancer un élève à partir du moment où on évite de
le réduire à une dimension de sa personnalité.
JFP : Sur ce point, le
rapport est très clair. Il se réfère à la déclaration de Salamanque qui est
vraiment intéressante.
JPD : En me promenant
à travers Internet d’un pays à l’autre, de l’Europe au Canada, je m’aperçois
qu’en France, nous avons du retard pour ce qui est du regard porté sur les
difficultés des élèves. Les praticiens auraient besoin de s’ouvrir davantage à
cette réflexion internationale qui appréhende l’enfant dans sa singularité.
Nous ne sommes pas le pays le plus intégratif, qui est allé le plus loin dans
la différenciation pédagogique et éducative. Nous ne sommes pas le pays le plus
accueillant à la diversité, et nous aurions intérêt à regarder comment les
autres font sur ce point. Le vocabulaire lui-même des autres pays évoque
beaucoup plus les « besoins spécifiques », la « prise en compte de la diversité
». Le concept de « l’intégration des handicapés » paraît déjà ancien – et a
pour première conséquence d’étiqueter et de typer cette partie de la
population. Il en va de même avec les « surdoués ». Ce terme de « surdoué »
d’ailleurs ne convient pas.
JFP : Pour ces
enfants-là, vous définissez quatre besoins : besoin de reconnaissance, besoin
de prévention, besoin de motivation et besoin d’équilibre. Est-ce que vous
pouvez nous en dire en peu plus ?
JPD : Commençons par
le besoin de prévention. D’abord, un besoin de repérage des difficultés. C’est
valable aussi pour la dyslexie, par exemple. Le repérage des difficultés est
premier : quel que soit le sujet abordé, il faut repérer une difficulté
rencontrée par un enfant, de manière à faire, non pas de la prévention de la
précocité, ce qui n’a aucun sens, mais de la prévention des difficultés qui
pourraient en résulter, y compris dans la famille, qu’il faut accompagner
également. Donc, besoin de prévention de manière à ce que cet enfant suive son
chemin dans le système éducatif en y étant bien et en allant aussi loin que
possible dans les voies qui lui conviennent le mieux, le tout avec un équilibre
global de sa personnalité.
Besoin de reconnaissance. Ce dont cet élève souffre le plus, et
alors qu’il a un sentiment de supériorité à certains moments, tient au fait
qu’on le traite comme un mauvais élève alors qu’il sait des choses et qu’il a
envie d’avancer : le maître le blesse en ignorant ce qu’il est, les autres
élèves le font souffrir en lui renvoyant une image négative.
Le besoin, une fois la phase de prévention passée, c’est qu’il
sente qu’un adulte le reconnaît pour ce qu’il est et qu’il lui dise : tu as des
points forts et on va t’aider à les valoriser, mais dans le même temps, tu dois
reconnaître que tu as des faiblesses, comme les autres, comme les petits
copains ; tu n’es pas un surhomme et tu dois travailler comme les autres,
notamment dans les domaines où tu es moins bon, par exemple en éducation
physique. Ce travail, l’enseignant est capable de le faire, et il peut se faire
aider par le psychologue scolaire. L’enfant précoce a besoin qu’on le
reconnaisse pour ce qu’il est, pour lui-même, comme personnalité complexe, et
qu’on l’aide à assumer ce qu’il a envie de faire.
Besoin de motivation. À partir du moment où on l’a reconnu pour
ce qu’il est, on va lui donner des activités – même si on ne le change pas de
classe – qui correspondent pour une part à des besoins qu’il ressent. On lui
donne à l’école de la matière pour avancer dans ce qu’il aime : par exemple, la
préhistoire, l’histoire gréco-romaine, l’astronomie… S’il avance dans ces
espaces-là, il trouvera une « remobilisation », une motivation, car ces
activités l’attirent. On retrouve cela dans les jeux d’échecs, par exemple.
Motivation pour ce qu’il aime, mais il faut aussi construire une motivation
pour les autres activités qui l’attirent moins, mais qui sont indispensables
pour l’équilibre de sa formation. Retrouver le goût de l’école dans une école
où, s’il n’est pas reconnu, il s’ennuie et peut fuir, s’absenter, comme on peut
le voir au collège. Les élèves précoces sont mieux, semble-t-il, au lycée, où
le chemin est plus ouvert qu’en élémentaire ou surtout au collège. Le collège
est la période critique chez tout élève : l’ennui y est fréquent et le besoin
de motivation est plus fort.
Besoin d’équilibre. Pour ces élèves, certaines performances
intellectuelles sont associées a
contrario à des difficultés lourdes dans d’autres domaines : une
incapacité à écrire, par exemple, peut provoquer un déséquilibre, ou encore un
malaise social, ils se sentent gauches… Il y a plusieurs scénarios. Il faut
mettre en place pour ces enfants-là des activités de compensation. Ce n’est pas
parce qu’ils sont mal à l’aise dans leur corps qu’il faut supprimer l’éducation
physique, surtout pas ! Il faut peut-être, quand ils sont jeunes, prévoir un
travail sur la psychomotricité, et aussi dans la relation à l’autre, d’où ma
peur qu’on les enferme dans des classes spécifiques. Plus on renforcerait cette
différence, et plus ils susciteraient l’agressivité des autres à leur égard,
car les élèves ne sont pas tendres : racket, jeux violents fondés sur la
domination : l’enfant « précoce » est une victime désignée. D’où la nécessité
de recréer cet équilibre pour qu’il soit à l’aise avec les autres, à l’aise sur
un terrain de football, à l’aise pour dessiner ou peindre : c’est aussi le rôle
de l’école.
Parmi les élèves qui ont des potentiels importants, on
rencontre ceux qui ont peut-être les plus grands déséquilibres, car leur profil
est dissymétrique.
C’est à l’école d’en tenir compte, avec l’aide des
psychologues, en interne et en externe, et avec la famille : le
surinvestissement de certaines familles peut être terrible et il faut dire aux
parents que ce n’est pas en mettant une pression, en accusant l’école devant
l’enfant, en le singularisant davantage, en irritant les enseignants démunis
qui parfois se sentent coupables de ne pas réussir avec cet enfant, qu’on
aidera cet enfant.
Le rôle de la famille est donc capital. Ces enfants ont besoin,
comme les autres, de prendre du temps, de se reposer, qu’on les laisse vivre
par moments…
JFP : Une dernière
question : sur nos lieux de travail, nous recevons de plus en plus des demandes
concernant des enfants présumés précoces, soit de la part des familles, soit de
la part de l’école : les enseignants repèrent l’ennui, l’agitation, l’isolement
et posent la question d’une précocité éventuelle. La famille vient auprès de
nous confirmer ou non ce diagnostic. Parfois, nous semble-t-il, celui-ci est
posé un peu vite. En effet, à la fin du bilan, il peut y avoir la désillusion,
ou la revendication (autour du chiffre du fameux qi notamment). Ces familles arrivent flattées
ou surprises d’avoir un enfant probablement précoce, dont les difficultés
peuvent trouver là une explication ; l’enfant, lui, métabolise l’information à
sa manière. Mais nous nous sommes aperçus que seulement 30 % des enfants
consultant pour une possible précocité le sont vraiment. Il reste alors à faire
tout un travail autour de la déception, de la perte, avec la famille, l’enfant,
l’enseignant aussi.
JPD : Nous n’avons pas
approfondi cet aspect de la révélation.
JFP : C’est une
promesse non tenue et cette promesse est souvent évoquée par l’enseignant –
celui-ci ne va-t-il pas un peu trop vite parfois ? Ne faudrait-il pas qu’il
soit mieux informé des risques qu’il fait prendre à l’enfant et à sa famille en
formulant cette hypothèse de douance ?
JPD : Je défends les
enseignants bien sûr ! Les enseignants sont, comme sur les autres sujets,
consciencieux et responsables. Pendant longtemps, on a cru que l’enseignant ne
voulait pas s’occuper de ce problème. À partir du moment où l’institution s’y
est intéressée, où des associations proches des enseignants s’y sont
intéressées, où des psychologues scolaires ont commencé à dire que le problème
était sérieux, les enseignants, comme pour les autres types de difficultés, ont
pris en compte ce phénomène et se sont montrés attentifs. Les professionnels de
l’enseignement en France changent sur ce point, on constate une prise de
conscience.
Ensuite, l’enseignant peut repérer des signes avec plus ou
moins de finesse, mais il n’a pas compétence pour faire passer un
wisc ou pour poser un diagnostic, il
peut simplement dire : ici, il y a quelque chose qui me paraît mériter un
examen plus approfondi. Dans cette phase de signalement, il faut que
l’enseignant, comme pour les autres difficultés, procède avec une certaine
méthode : lorsqu’il y a un repérage, il faut qu’il puisse s’entretenir avec le
psychologue scolaire qui prend le relais du problème et voir quelles réponses
peuvent être apportées. Cela doit se faire sans « pré-révélation » à l’enfant
d’une éventuelle précocité. Enfin, il ne faut pas ramener à cette problématique
toutes sortes de difficultés de comportement et d’apprentissage qui ont
d’autres causes.
JFP : Nous vous
remercions de nous avoir accordé tout ce temps d’interview autour des enfants
précoces et nous avoir éclairés sur la position actuelle de l’Éducation
nationale à leur sujet.
[*]
Marika Bergès-Bounes, psychologue, psychanalyste.
[**]
Sandrine Calmettes-Jean, psychiatre, psychanalyste.