2003
Journal Français de Psychiatrie
Les caractéristiques précoces des enfants à hautes
potentialités
Laurence Vaivre-Douret
[*]
Notre expérience depuis plus de vingt ans auprès de l’enfant et
en particulier du nouveau-né tout-venant nous permet d’apporter notre
contribution à la répertoriation des caractéristiques précoces de certains de
ces enfants qui ont été reconnus par la suite comme surdoués.
Rappelons brièvement quelques données maturationnelles. Il
existe une organisation neuronale cérébrale qui suit des processus de
maturation physiologique. Ces derniers résultent d’une part de modifications
morphologiques concernant les prolongements cellulaires, la formation des
connexions synaptiques, la multiplication des dendrites, etc., et d’autre part
de l’activité biochimique des neurones au niveau transmission et réception,
ainsi que de la myélinisation des axones qui jouent un rôle important dans la
vitesse de transmission des messages nerveux.
Dès le milieu intra-utérin, la vitesse de maturation
physiologique des systèmes nerveux et neuromusculaire peut se modifier sous
l’influence de l’environnement, des milieux interne et externe, des facteurs
génétiques et environnementaux extra-cellulaires pouvant interagir. Ces
processus se prolongent à partir de la naissance, en fonction de l’expérience
propre qui s’exerce à l’intérieur d’un environnement donné, des contraintes du
milieu ainsi que des attitudes éducatives de l’entourage (Vaivre-Douret,
1997).
Les données d’importants travaux établissent que, dès la
naissance, les systèmes sensoriels et moteurs sont fonctionnels à différents
degrés, avec un certain ordre de mise en jeu (sensibilité cutanée,
vestibulaire, gustative, olfactive, auditive, visuelle), avant même que la
maturation du système nerveux ne soit terminée. De même, l’origine des
comportements moteurs du nouveau-né s’inscrit dans une continuité depuis
l’ovulation. Un certain nombre de travaux pionniers ont décrit la motilité
fœtale (Minkowski, 1928 ; Gesell et Amatruda, 1945 ; Gesell, 1953 ; De Vries
et al., 1982) et l’activité motrice du
nouveau-né prématuré (Dreyfus-Brisac, 1968, 1970 ; Prechtl
et al., 1979 ; Hakamada
et al., 1982 ; Peirano
et al., 1988).
Avant la naissance, une activité biologique et maturative
existe de façon continue. Pendant la période de gestation, sont déjà mis en
œuvre des séquences de mouvements neuromoteurs et sensitivo-sensoriels tout à
fait opérationnels qui permettront chez le nouveau-né et le nourrisson la mise
en place de boucles ou de schèmes sensori-moteurs plus finalisés qui
s’intégreront progressivement, suivant l’évolution de la myélinisation des
voies motrices, la motricité se développant en interdépendance avec
l’affectivité.
L’intégration sensori-motrice se construit ainsi dès le début
de la vie in utero et de façon
graduelle et exponentielle, à tous les niveaux des fonctions cérébrales, en
réseaux neuronaux, constituant un enrichissement et aussi une réorganisation du
répertoire des compétences de l’humain (Vaivre-Douret et Burnod,
2001).
La notion de plasticité fonctionnelle cérébrale prend dès lors
toute son importance. Il existe ainsi une plasticité fonctionnelle
individuelle, garante de capacités d’adaptation et de régulation, rendant
unique chaque individu.
À cet égard, s’ouvrirait pour l’enfant à « hautes potentialités
» tout un champ de potentialités qui pourraient s’avérer directement liées à
l’organisation de ces réseaux neuronaux et à la vitesse de conduction. Nous
avons élaboré un modèle interne de la perception active (Vaivre-Douret, 1997)
fondé sur la notion de l’expérience propre de chaque fonction du système
nerveux instaurant progressivement la corticalisation de chaque système
sensoriel et moteur, et, à partir d’une carte corticale en jeu, mettant en
corrélation la commande motrice et l’effet sensoriel qui en résulte.
Les enfants à « hautes potentialités », dénommés plus
communément « surdoués » ou « enfants intellectuellement précoces », sont
souvent dépistés vers la fin de leur scolarité primaire, par des tests de
qi.
Nous avons pu systématiser une étude développementale dans
l’intérêt de mieux connaître le comportement néonatal du bébé, en lien avec les
premières années de vie. Ainsi, dès la maternité (groupe hospitalier
Cochin-Port-Royal), nous avons noté des critères neurocomportementaux chez des
nouveau-nés à terme tout-venant sans troubles neurologiques ou du
développement. La plupart ont été suivis tout-venant sur la consultation
pmi attachée à la maternité. Nous
avons pu tirer au sort un certain nombre de dossiers (N = 60) d’enfants testés
à l’âge scolaire (entre 4 et 7 ans) avec un qi d’au moins 130 et qui n’ont pas présenté de
problème particulier dans leur développement avant 3 ans.
Au point où en sont nos élaborations de ces données, il semble
exister un développement maturatif propre à ces enfants à « hautes
potentialités » sans aucun problème relevé dans leur petite enfance aux divers
plans de la maturation neuro-motrice et neurosensorielle, du tonus actif
permettant les émergences précoces des acquisitions posturo-locomotrices et de
la coordination visuo-manuelle, du langage et des processus cognitifs.
Cependant, cela ne préjuge pas du devenir de ces fonctions à l’âge
scolaire.
Nous relevons que, dès la naissance, ces enfants présentent une
mobilité d’exploration très active, par le regard, sur leur environnement. Leur
oculo-motricité est efficace avec une fixation et une poursuite
oculo-céphalogyre, c’est-à-dire un mouvement des yeux et de la tête ensemble
sur 90° de chaque côté, ou des saccades oculaires rapides qui donnent cette
continuité au mouvement. Leur neuromotricité axiale est déjà mature.
On constate entre le premier mois de vie et 2 ans :
- une disparition précoce des réflexes archaïques, après un
mois de vie, tels que le réflexe de Moro et de la marche automatique ;
- une avance de la maturation axiale céphalo-caudale et de la
maturation proximo-distale, respectant le passage rapide par les différentes
acquisitions des coordinations transitoires séquentielles qui permettent une
autonomie de mouvement (Vaivre-Douret, 1997 et 1999).
Apparaissent en moyenne (Vaivre-Douret, 2003) :
- la tenue de la tête à 4 semaines ;
- une préhension volontaire acquise à 3 mois ;
- la station assise autour de 6 mois ;
- la faculté de se mettre assis vers 7 mois ;
- le quatre-pattes vers 8 mois ;
- la capacité de se hisser debout avec appui vers 8 mois
;
- le début du manger à la cuiller à 12 mois ;
- la marche autonome vers 12 mois ;
- la montée et la descente d’un escalier avec aide, sans
changer de pied autour de 16 mois ;
- la construction d’une tour de 8 cubes à 23 mois ;
- la montée seul sans support un escalier en changeant de
pied vers 24 mois ;
- la possibilité de faire du tricycle ou du vélo vers 24 mois
;
- la mise des chaussons seul à 24 mois.
Ces données confrontées aux échelles d’évaluation
développementale (Brunet, Lézine, 1951-1997) et à l’échelle de développement
moteur fonctionnel (Vaivre-Douret, 1997, 1999) montrent une précocité du
développement moteur, avec respectivement une avance moyenne d’au moins 1 à 2
mois et de 1 à 2 écarts types par rapport à la moyenne. Il existe une
variabilité autour de la moyenne (Vaivre-Douret, 2003, à paraître) qui n’exclut
pas des cas particuliers de déviation du développement. Cette avance apparaît
développementale, sans stimulation spécifique, ce qui n’est pas à comparer avec
l’avance sensori-motrice des enfants africains. En effet, l’avance des enfants
africains notamment concerne seulement quelques items valorisés par le contexte
et les pratiques culturelles (de soins, d’apprentissage moteur spécifique en
fonction des normes culturelles attendues, etc.), selon Valantin (1970), Warren
et Parkin (1974), Werner (1972), Kilbride (1980), Super (1976, 1981), Bril et
Lehalle (1988).
Sur le plan du langage, la précocité est parallèlement notable.
Les premiers mots apparaissent autour de 9 mois, avec une répétition de mots de
façon exponentielle par la suite. Première phrase (associant deux mots) vers 18
mois. Capacité d’imiter des bruits d’animaux vers 22 mois. Vers 2 ans 4 mois,
il existe une jouissance à préciser des synonymes ou des contraires. Vers 2 ans
et demi, le « je » apparaît. Le vocabulaire devient vite précis. Ces enfants ne
passent pas par un langage bébé. À 22 mois, ils parlent déjà très bien,
utilisant précocement les temps verbaux. Il existe une identification précoce
des lettres et des chiffres que l’enfant relève spontanément autour de lui dans
son environnement vers 24 mois, ainsi que des simulacres d’écriture qui sont
élaborés spontanément par l’enfant, sans pour autant connaître les lettres vers
34 mois.
Autour de 2 ans 4 mois, on constate une connaissance des
notions de base de la structuration spatiale, avec les notions de
dedans-dehors, dessus-dessous, grand-petit, etc., ainsi que de la structuration
temporelle : vite-doucement, hier-demain, etc. Et entre 2 ans et demi et 4 ans,
la latéralité tonique et fonctionnelle est mise en place, avec une prédominance
segmentaire de l’hémicorps droit.
Les étapes du développement psychoaffectif se référant aux
principaux repères freudiens vont se succéder rapidement avec une certaine
avance. Parallèlement, des questions existentielles les préoccupent sur la vie
et la mort, la sexualité. Souvent seul face à ses questionnements, l’enfant à «
hautes potentialités » risque de rester dans un désarroi préoccupant, jusqu’à
l’anxiété, pouvant engendrer des affects dépressifs ou un déni de ses propres
sentiments.
Sur le plan perceptif et cognitif : toutes les sensorialités et
les perceptions (épidermiques, tactiles, gustatives, olfactives, auditives et
visuelles) semblent à fleur de peau du fait de mécanismes endogènes très
développés et d’une réceptivité importante, alimentant la réactivité sensitive
émotionnelle et affective, ainsi qu’un sens de l’intuition comme sixième
sens.
Il est capital d’observer de quelle manière toutes ces
caractéristiques de l’enfant à « hautes potentialités » modèlent les premières
interactions et prennent leur place, se négocient par rapport aux
caractéristiques maternelles qui ne vont pas obligatoirement dans le même sens
(Lebovici et al., 1989), jusqu’à leur
paraître étrangères.
Ces enfants semblent souvent devancer et anticiper les données
objectives de la tâche, avec une sorte d’acuité qui leur donne intuitivement
une solution globale, freinant parfois l’élan de l’action et la réalisation.
Cela d’autant plus qu’ils sont sensibles à leur différence, ce qu’ils éprouvent
à l’égard de l’autre les rendant hostiles à toute prise de risque.
Comportements qui peuvent ainsi être à tort interprétés comme une immaturité
affective alors qu’on pourrait parler d’hypermaturité.
Il est intéressant de prendre connaissance de travaux
neurophysiologiques sur les enfants précoces qui peuvent alimenter la réflexion
du point de vue du développement cognitif. L’activité oculo-motrice serait chez
eux élevée pendant le sommeil paradoxal, d’après les travaux de Petre-Quadens
(1969 et 1972). À l’aide de potentiels évoqués, il a été démontré une
transmission rapide de l’influx nerveux (Eysenck, 1982). Les travaux sur
l’habituation montrent qu’elle est plus rapide pour ces enfants, selon
Bornstein et Sigman (1985). De plus, il existerait une augmentation des phases
et de la durée du sommeil paradoxal, selon Grubar (1997), ce qui peut favoriser
la mémorisation.
Nos propres données montrent que l’une des caractéristiques
fondamentales, à côté des aptitudes sensori-perceptives très développées des
enfants à « hautes potentialités », consiste en un réel besoin de s’investir
pour s’approprier des savoirs qui fait qu’ils ne s’engluent pas dans l’ennui,
étant en perpétuelle activité mentale. Ils élaborent des évocations mentales
sous divers registres (kinesthésique, visuel, auditif) qui peuvent être
associés. Un état d’alerte continu, une quête du monde environnant de façon
très soutenue, captivante, s’organise en activités de type attentionnel dès le
début de la vie.
« Mémoire d’éléphant » et « œil de lynx », ils présentent des
aptitudes au raisonnement, s’appuyant sur de hautes capacités de traitement de
l’information (détection, discrimination perceptive, stockage et rappel). Les
processus analytiques sont puissants (comparaisons et mises en relation de
traits, configuration mentale). Tout cela leur confère facilité et rapidité de
compréhension qui favorisent la mémoire de travail, remarquable selon de Groot
(1974).
Sans se présenter comme des adultes hypersérieux en miniature,
ces enfants recherchent les jeux compliqués, les défis intellectuels, ils
aiment « se prendre la tête » à comprendre, sorte d’auto-émulation fonctionnant
à l’intérieur de leur processus de traitement de l’information, et nécessaire à
leur investissement personnel qui lui-même permet ou facilite la réalisation du
fonctionnement orienté vers un but. Mais ils peuvent alors très tôt apparaître
comme des touche-à-tout, avides, curieux, allant, par exemple, jusqu’à démonter
tout objet et épuisant leur entourage, d’autant plus qu’ils se désintéressent
des activités routinières. Ils recherchent la présence d’enfants plus âgés
qu’eux et celle des adultes pour susciter des interactions actives, sources de
nouvelles connaissances. Toujours prêts à expérimenter et à innover, ils
s’intéressent aussi dès 2 ans aux sciences de la vie et de la terre, à
l’astronomie, aux questions de métaphysique (vie et mort), etc.
Ils ont un sens critique et autocritique pertinent, un sens de
l’humour significatif d’un plaisir intellectuel et développent aussi une
certaine générosité envers l’autre, fondée sur l’empathie et sur leur désir
d’être acceptés en faisant partager.
Nous constatons que les enfants à « hautes potentialités »
peuvent en bas âge présenter une synchronie relative à un niveau de la
précocité des fonctionnements du développement psychomoteur et psychologique
(motricité, langage, cognitif, socio-affectif). Ainsi, la notion de
dyssynchronie (dyssynchronie
intellectuelle/psychomotricité/affectivité/sociabilité (Terrassier 1979, 1999)
– qui est souvent relevée plus tardivement chez l’enfant scolarisé n’apparaît
pas à nos yeux comme un fait primaire de développement, mais plutôt en tant que
dégradation, détérioration des fonctions non exercées et non reconnues
socialement par la famille, ou/et par l’école, ou/et par les pairs. En outre,
la non-reconnaissance de ses capacités ou la non-optimisation de ses
compétences induisent un sentiment d’incompréhension accompagné de souffrance
psychique, voire un désordre psycho-affectif suscité par l’impossibilité de se
réaliser et de produire. Le mal-être peut se manifester par des troubles du
comportement et le désintérêt pour les apprentissages, qui peut aller jusqu’à
l’inhibition intellectuelle et à la perte du goût de l’effort.
Si l’entourage ne valorise que l’avance de l’enfant sur le plan
intellectuel, dans une sorte de sublimation, s’il l’entraîne dans ce sens et
l’alimente exclusivement sur ce plan, l’enfant deviendra d’autant plus «
boulimique » que ses capacités peuvent répondre, que son plaisir de
fonctionnement se trouve renforcé par la fascination ainsi que par l’image
positive du plaisir éprouvé par l’entourage. Cela au détriment de préserver ses
capacités psychomotrices et ses capacités de réalisation créatives, ce qui
l’amènera à s’isoler dans sa bulle intellectuelle, laissant la place royale à
son imaginaire en toute-puissance.
Très tôt va s’installer ce sentiment de toute-puissance,
facilité par un imaginaire grandiose qui devient souvent source d’angoisse si
l’enfant n’est pas rassuré par l’entourage et si des limites ne sont pas
posées. L’enfant paraîtra alors très exigeant, très autoritaire, du genre « je
sais tout », ayant même tendance à transgresser les limites qu’il a du mal à
connaître et à accepter. Il est donc nécessaire de poser très tôt des lois
intransposables, intangibles, qui posent des limites, car la vie sociale en est
pourvue et la construction du « moi » l’exige. S’adaptant difficilement à la
frustration, il pourra répondre par l’agressivité, la colère, une angoisse
débordante, etc. Ce sont des enfants particulièrement sensibles à l’injustice.
Ils ont d’autant plus besoin de reconnaissance qu’ils se sentent souvent
rejetés par leurs pairs ou bien pris comme boucs émissaires. Ces enfants
déploient beaucoup d’énergie et en monopolisent autant de leur entourage, « ils
nous bouffent ».
En résumé, l’enfant à « hautes potentialités » dispose d’un
fonctionnement cérébral spécifique avec de hautes capacités de traitement de
l’information à son service et qui lui donne des atouts considérables sur le
plan de la plasticité, mais il n’en est pas moins vrai qu’il est d’autant plus
vulnérable.
Il a été décrit qu’une cinétique du développement présente des
périodes sensibles de capacités optimales d’apprentissage, qualifiées de
périodes critiques, où il y a une focalisation maturative de tel réseau
cortical, selon Changeux (1997). Ces périodes sont celles où un comportement
peut être acquis avec le minimum d’effort et le maximum d’efficacité, alors que
ce n’est pas le cas pour d’autres périodes.
Ainsi, d’après les données développementales dont nous
disposons, nous émettons l’hypothèse que pour ces enfants ces périodes
sensibles marquées par le désir et la volonté d’agir semblent plus
précoces.
Mais cela ne préjuge pas du devenir de ces enfants, tout
façonnage ou inadéquation de l’environnement (famille, crèche, pairs) étant
possible. Cela pourrait expliquer les difficultés d’apprentissage à l’âge
scolaire ou la dégradation de la forme utilisée trop tardivement (comme
l’écriture ou l’orientation spatiale). Il existe aussi des formes de précocité
associées à une comorbidité de troubles neuropsychologiques ou
psychopathologiques plus au moins génétique.
Cela mérite de s’interroger sur l’ajustement de l’environnement
dès le début de la vie en prenant en compte la maturation développementale
précoce et les processus de traitement de l’information spécifiques. Des
perspectives de recherche clinique devraient s’ouvrir, systématisées,
rigoureuses et coordonnées en précisant soigneusement les populations étudiées.
Les enfants qui restent en détresse gagneraient ainsi à être identifiés le plus
tôt possible, avant d’entrer plus au moins dans des orientations
pathologiques.
Toute la difficulté pour ces enfants est aussi de conserver un
développement sans morcellement précoce des fonctions cérébrales sollicitées ou
d’hypertrophie d’une seule fonction, notamment cognitive, qui risquerait
d’entraîner la dissociation du corps et de l’esprit.
·
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Laurence Vaivre-Douret, professeur d’université en psychologie
du développement et directeur de recherche,
inserm U-483, neuropsychologue
clinicienne.