L'Année sociologique
P.U.F.

I.S.B.N.9782130545064
256 pages

p. 15 à 81
doi: 10.3917/anso.021.0015

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Vol. 52 2002/1

L’horizon du spectateur équitable : un modèle pour comprendre l’opinion

Michel ForsÉ Maxime Parodi
L’opinion dérive de l’intérêt, mais aussi d’un point de vue moral qui peut être appréhendé en spécifiant la position d’un spectateur qui, n’ayant pas de parti pris pour tel ou tel acteur ou telle ou telle conception de la vie bonne, entreprend de ne juger qu’avec équité. Tel est du moins l’un des principaux enseignements qui ressort de l’analyse entreprise ici d’un sondage (DREES, IFOP, 2000) sur les opinions à l’égard de l’État-providence et de ses œuvres. En général, et en particulier à propos des opinions sur le RMI, sur lesquelles nous nous sommes focalisés, dès que l’intérêt n’est plus en jeu, ou même moins il l’est, plus la voix du spectateur équitable se fait entendre. Ses justifications sont efficientes pour la simple raison qu’elles s’appuient sur des arguments susceptibles d’être endossés par tous. Autrement dit, elles ont valeur d’objectivité. Opinions derive from personal interest, but also from a moral point of view which may be grasped by examining the position of a spectator who, neither in favor of that actor nor that particular conception of what a good life is, tries to judge the situation put before him or her fairly. This is what can be concluded from the analysis of a survey (DREES/IFOP, 2000) of opinions on the welfare state and its programs. Overall, and in particular for opinions on the French state’s minimum revenue program (Revenue Minimum d’Insertion [minimum revenue for integration]), it can be affirmed that when personal interest is no longer at stake, indeed, the less it is, the stronger the fair spectator’s voice makes itself heard. His/her justifications are effective for the simple reason that they are based on arguments that can be endorsed by all. In other words, they are objective.
• 1. L’hypothèse du spectateur équitable
— 1 . 1.La priorité du juste dans le cadred’une raison pratique non restreinte
— 1 . 2. Le libéralisme face au perfectionnisme
— 1 . 3. La justice comme équité
— 1 . 4. La position d’un spectateur
• 2.L’émergence d’une position moraleface à l’intérêt économique
— 2 . 1. Des jugements sur ce qui est et sur ce qui devrait être
— 2 . 2. Trois classes d’opinions
— 2 . 3.Un décalage vers l’universalismequand l’intérêt économique immédiat devient moindre
• 3. Le rôle explicatif de la dimension morale
— 3 . 1. Les interprétations usuelles de l’opinion
— 3 . 2. Les deux principes à l’œuvre dans le modèle moral
— 3 . 3. Estimation de l’impact des différentes interprétations de l’opinion
— 3 . 4. Le revenu « vital » et l’aversion au risque
— 3 . 5. Un modèle moral susceptible de plusieurs lectures divergentes
• 4. L’horizon du spectateur équitable
— 4 . 1. Les effets de la morale et de l’intérêt économique
— 4 . 2.Un spectateur universaliste a tendance à être engagé plutôt que compatissant
— 4 . 3.Un spectateur universaliste, notamment engagé, n’est pas cynique
— 4 . 4.À la différence du particulariste,le spectateur universaliste ne raisonneni en fonction de son intérêt économique,ni en fonction de sa conception de la vie bonnepour juger du sort des défavorisés : il est équitable
— 4 . 5. L’interprétation holiste échoue à rendre compte des données
— 4 . 6. L’universaliste spectateur n’est pas angélique
• Conclusion
• ANNEXE
• RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES


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