Au maghreb un contre-pouvoir du côté des femmes : l’enfant endormi dans le ventre de sa mère
Joël Colin
RéSUMé. — Au Maghreb, dans la vie quotidienne comme dans la législation, l’égalité entre les hommes et les femmes n’était pas recherchée : jusqu’à une période récente, la différenciation des rôles et des statuts selon le sexe passait pour être équitable.
C’est dans ces conditions que les femmes ont élaboré les moyens de s’accommoder du pouvoir patriarcal. Parmi ces moyens, il y la croyance en l’enfant endormi dans le ventre de sa mère. Selon cette croyance, durant la grossesse, le fœtus humain peut cesser de se développer et rester ainsi dans la matrice de la femme jusqu’au décès de celle-ci ou bien reprendre ultérieurement sa croissance et naître enfant vivant. L’analyse des situations connues par les textes juridiques ou observées sur le terrain montre le parti que les populations peuvent tirer de telles vues, en particulier les femmes.
ABSTRACT. — In Maghreb, in the everyday life as well as in the law, equality between men and women was not much sought-after : until a recent period, differentiation of the roles and of the status according to the sex looked equitable.
It was in these conditions that women developed means to put up with patriarchal power. Among these means, there is the belief in the child asleep in its mother’s bosom. According to this belief, during the pregnancy, the human foetus can stop its development and remain in a woman’s womb until her death or, successively, resume growth and be born. Analysis of such views, recorded in legal texts as well as in field work, suggests advantages which can be drawn from them by the given populations, particularly by the women.