Construction normative et féminité
Olympe de gouges, ou la portée du modèle déclaratif
Sophia Aboudrar
RéSUMé. — Quelle place occupe le féminin dans l’élaboration des dispositifs normatifs ? En 1791, Olympes de Gouges signe une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Pour la première fois dans l’histoire, le principe d’une égalité formelle et substantielle entre les sexes est affirmé, en même temps qu’est rappelée leur irréductible différence.
Le parallélisme des formes induit en effet un parallélisme des contenus. Mais la répétition du modèle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et son adaptation au sexe féminin témoignent de l’insuffisance du droit commun à saisir la spécificité des genres.
L’égalité doit se penser dans la différence : il faut dire le féminin, il faut le déclarer.
ABSTRACT. — What place does the feminine take in the elaboration of normative plans of action ? In 1791, Olympes de Gouges signs a Declaration of the Rights of Women and Women Citizens. For the first time in history, the principle of a formal and real equality between the sexes is asserted, while we are reminded of the irreducible difference between men and women.
The parallelism of forms indeed implies a parallelism of contents. But the repetition of the Declaration of the Rights of Man and Citizens, and its adaptation for the female sex bear witness to the inadequacy of common law to grasp the specificity of « genders ». Equality must be thought about in and through difference. The feminine must be spoke ; it must be declared.
• Le choix du modèle. La Déclaration des droits de l’homme de 1789 : égalité et spécificité
• La Déclaration des droits de la femme, ou comment « dire » le féminin
• La subversion du modèle du contrat social : droit et amour, ou la trace du féminin
• RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES