La philosophie morale a-t-elle besoin des sciences sociales ?
Ruwen Ogien
RéSUMé. — La possibilité d’une coopération féconde entre philosophie morale et sciences humaines et sociales est exclue par certains philosophes et sociologues parce que, d’après eux, leurs disciplines sont orientées dans des directions complètement opposées. Les sciences humaines et sociales portent sur ce qui est ; la philosophie morale sur qui doit être. À mon avis, c’est une erreur qui provient du fait qu’ils ne tiennent pas compte de l’existence de principes du raisonnement moral (« devoir » implique « pouvoir » ; « pas de différence normative sans différence factuelle », etc.) et de théories morales (différentes variétés d’éthique des vertus ou de conséquentialisme) qui établissent des passages entre ce qui est et ce qui doit être.
ABSTRACT. — Some philosophers and social and human scientists rule out the possibility of a fruitful cooperation between moral philosophy and social and human sciences, because they believe that social and human sciences and moral philosophy are oriented in totally opposed directions. Social and human sciences are about what there is ; moral philosophy about what there ought to be. In my opinion, it is a mistake, which originates from the fact that they don’t take in account some basic principles of moral reasoning (« ought » implies « can » or « no normative difference without factual difference », etc.) and some moral theories (different varieties of virtue ethics or consequentialism) building bridges between what there is and what there ought to be.
• Arguments conceptuels contre le principe « de ce qui est, on ne peut tirer aucune conclusion relative à ce qui doit être »
— Survenance
— « Devoir implique pouvoir »
• Arguments normatifs contre le principe « de ce qui est, on ne peut tirer aucune conclusion relative à ce qui doit être »
• Conclusion.
• BIBLIOGRAPHIE.