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L'Économie politique

2002/1 (no 13)


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Un large mouvement citoyen s'est mobilisé pour questionner la mondialisation et mettre en cause son cours dominant. Il puise ses formes et ses réflexions dans des mobilisations quelquefois anciennes et, dans le même temps, il les renouvelle. On peut parler, à partir de la convergence des résistances, d'une mobilisation citoyenne mondiale.

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Celle-ci est devenue visible à Seattle, en 1999. On y a assisté à la convergence des mouvements de travailleurs salariés, de paysans, des mouvements écologistes, de consommateurs et de solidarité internationale. Le tournant de Seattle ne tient pas à l'échec des négociations, mais à ce que cet échec a révélé. Il a mis en évidence les positions de tous ceux qui, de la contestation de l'Accord multilatéral sur l'investissement (AMI) à celle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), des manifestations de Washington aux rencontres de Porto Alegre, remettent en cause le cours dominant de la mondialisation, et non pas forcément la mondialisation elle-même. Il a légitimé la recherche d'alternatives, donné un nouveau souffle aux mobilisations et accru la confiance des mouvements porteurs d'initiatives et de propositions. Les événements dramatiques de Gênes, l'an dernier, ont montré le déficit de légitimité, auprès de l'opinion mondiale, des dirigeants des pays riches, de ce bloc majoritaire d'actionnaires de l'économie mondiale.

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Depuis quelques années, les forces sociales qui portent la volonté de chercher un autre mode de développement défi nissent leurs actions directement dans le champ de la mondia lisation. Quatre campagnes internationales actives délimitent aujourd'hui l'espace de cette mobilisation. Il s'agit des campagnes pour l'annulation de la dette, pour la remise en cause de l'OMC, pour la réforme des institutions financières internationales (IFI) - dite, dans certains pays, " Bretton Woods Project " - et de celle pour la contestation des marchés financiers, pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne, portée par l'association Attac.

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La convergence de ces campagnes a modifié la scène internationale depuis 1995. De Madrid, avec les manifestations " Cinquante ans, ça suffit ! ", à l'occasion du cinquantenaire de Bretton Woods, à Seattle, Washington, Prague, Göteborg, Nice, Porto Alegre ou Gênes, la contestation a obligé les grands de ce monde à ravaler leur autosatisfaction.

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Cette convergence se lit dans les pratiques et dans les formes de mobilisation. Elle est forte dans chaque pays et dans les grandes régions, comme au niveau international. Ce sont les mêmes mouvements, les mêmes associations, les mêmes personnes qui participent à ces différentes campagnes. Mais cette mobilisation est aussi marquée par sa diversité. Chaque campagne garde sa spécificité, visible dans les mots d'ordre et surtout au niveau des alliances et des associations qui se mobilisent. Ainsi, la campagne sur la dette, à partir des mouvements de solidarité internationale, s'est élargie aux différentes églises et mobilise aujourd'hui les syndicats. La réforme des institutions internationales mobilise les mouvements de solidarité internationale et les écologistes. La remise en cause des marchés financiers et de la spéculation financière s'organise autour des syndicats, des mouvements politiques et de ceux de lutte contre les exclusions. La mise en cause de l'OMC met en scène de manière nouvelle la relation entre, d'une part, les mouvements écologistes et de consommateurs, et d'autre part, les associations de travailleurs et de producteurs, notamment paysans.

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Ces campagnes n'épuisent pas les mobilisations relatives à la mondialisation. D'autres sont à mettre en avant : par exemple, pour le droit international et contre l'impunité, pour la liberté de circulation des personnes, pour l'égalité entre les genres, pour la lutte contre le sida, pour la résolution pacifique des conflits et contre les guerres, pour les libertés et contre les atteintes aux droits de l'homme, etc.

La mise en évidence des responsabilités

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Cette mobilisation citoyenne mondiale résulte de la radicalisation des mouvements sociaux, à partir de la prise de conscience de la situation insupportable de l'évolution mondiale et de l'échec du modèle dominant.

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L'évolution du système semble prendre un malin plaisir à confirmer les analyses de Marx, en mariant l'accumulation des richesses d'un côté et de la misère de l'autre. Cette évolution est à l'oeuvre dans chacune des sociétés, au Sud comme au Nord. Les disparités entre les sociétés du Nord et celles du Sud ont atteint un niveau difficile à imaginer. La croissance - réelle à l'échelle mondiale et dans certains pays - s'est accompagnée d'une montée de la pauvreté et des inégalités, de l'approfondissement des discriminations et des exclusions. Le rapport du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) rappelle que 1,2 milliard de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, 1 milliard sont analphabètes, 1 milliard n'ont pas accès à l'eau potable et plus de 2,4 milliards sont privées d'infrastructures sanitaires de base.

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Les stratégies et les politiques économiques et sociales dominantes ne sont pas difficiles à analyser. Elles sont caractérisées par la libéralisation, qui résume le credo des dirigeants économiques et politiques. Celle-ci se définit à partir de la croyance dans les bienfaits de l'élargissement des marchés nationaux et de la constitution d'un marché mondial, et se traduit par les privatisations et l'élimination de tout ce qui est censé freiner la concurrence. Ces politiques ont plusieurs implications : la régulation est abandonnée au monopole des marchés financiers, le marché mondial devient la référence des normes de consommation et de production, le travail est la variable quasi unique d'ajustement.

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L'échec des politiques libérales qui ont prétendu régner sans partage sur l'économie mondiale est maintenant largement admis. Dans les rapports du Pnud, l'Organisation des Nations unies (ONU) dresse un bilan critique de l'évolution du monde : " En vingt ans, dans plus d'une centaine de pays du tiers monde et de l'ex-Europe de l'Est, on assiste à un effondrement de la croissance et à des baisses de niveau de vie plus importantes et plus durables que tout ce qu'ont pu connaître les pays industrialisés lors de la grande crise des années 30. [...] Près de 1,6 milliard de personnes vivent plus mal qu'au début des années 80, souvent avec moins d'un dollar par jour. [...] Le remboursement de la dette absorbe souvent entre un quart et un tiers des recettes publiques, déjà limitées, et empêche les inves tissements publics, pourtant cruciaux. "

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Dès le début, les résistances ont montré les limites de ces politiques : les émeutes de la faim se sont multipliées, les luttes contre les politiques d'ajustement structurel se sont généralisées. A partir de 1994-1995, la crise du modèle s'amorce et s'amplifie. Il s'agit d'une crise majeure de régulation. La régulation par les marchés financiers révèle ses limites : les crises financières en Asie, en Amérique latine et centrale et en Russie sont venues le démontrer. La remise en cause de la régulation publique bouleverse le système lui-même : la corruption a pris des proportions gigantesques, elle est devenue structurelle ; les capitaux maffieux se sont infiltrés partout. La régulation politique est déficiente : l'affaiblissement des Etats a accru les conflits armés. L'hégémonie politique et militaire des Etats-Unis est pesante ; elle n'annule pas les conflits d'intérêts avec l'Europe, le Japon, la Russie, les pays du Sud.

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Le modèle néolibéral n'a pas réussi à définir et à imposer le cadre institutionnel et politique correspondant à la mondialisation. La Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI), l'OMC sont de plus en plus contestés par les mouvements populaires et certains Etats du Sud. Les conséquences de la dérégulation systématique ont mis en évidence la fragilité du système et les limites des institutions financières internationales. Après les luttes des peuples du Sud, les luttes sociales contre les politiques de précarisation en Europe, aux Etats-Unis ou en Corée modifient les équilibres politiques. La convergence des mouvements écologistes, de consommateurs et de travailleurs à Seattle marque une étape dans la remise en cause de la direction néolibérale de la mondialisation.

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Les crises financières et les résistances des mouvements sociaux ont conduit à une crise majeure de la pensée libérale. Le débat sur les politiques s'ouvre, à la Banque mondiale, entre les ultralibéraux et les néokeynésiens. L'affrontement a commencé avec l'analyse des crises financières et la contestation du rôle des institutions financières internationales, les tenants de la régulation par les marchés financiers allant jusqu'à proposer de restreindre leur rôle. Le débat se focalise sur le rôle de l'Etat et les politiques sociales. Le raidissement des Etats, avec l'arrivée au pouvoir de coalitions clairement conservatrices, comme on peut le voir aux Etats-Unis ou en Italie, donne l'avantage aux ultralibéraux. L'âpreté du débat, au-delà du durcissement, montre toutefois que la direction néolibérale de la mondialisation n'est pas une fatalité. La dérégulation totale est un moyen, elle n'est pas forcément le but. Les marchés financiers ont leur logique, mais ce n'est pas celle de l'ensemble des groupes financiers et industriels.

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Le mouvement citoyen mondial a déjà obtenu des résultats. Il a permis d'éclairer la mondialisation. Dans un premier temps, il a mis l'accent sur ses effets néfastes et placé sur la défensive ceux qui se flattaient d'être les hérauts de cette nouvelle modernité. Ensuite, il s'est attelé, à travers des débats parfois difficiles, à faire le tri, dans la mondialisation, entre ce qui relève d'une tendance de l'évolution, lourde et contradictoire, et les conséquences de l'idéologie dominante, néolibérale et revancharde, qui caractérise la phase actuelle de cette mondialisation. Enfin, il s'est attaché à soumettre à un débat public, critique et international, les systèmes et les mécanismes qui structurent le monde, sur les plans économiques et sociaux, politiques et militaires, culturels et idéologiques.

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Le large mouvement de mobilisation et de contestation a aussi eu le mérite de dépasser le sentiment de fatalité et de souligner les responsabi lités. Il a mis en lumière les centres de décision et les responsables : les institutions financières internationales, leurs dirigeants et leurs techniciens, qui définissent et imposent les politiques et les modes de régulation ; les Etats du Nord, et particulièrement les gouvernements des pays dominants qui se retrouvent au G7 et à l'OCDE, qui orientent et contrôlent les institutions internationales dans le sens des intérêts des couches dirigeantes de leur pays ; ceux des gouvernants des pays du Sud qui se maintiennent au pouvoir par des régimes répressifs, qui participent de la corruption généralisée dans le monde et qui partagent les convictions de leurs aînés du Nord ; les marchés financiers et leurs opérateurs, qui ont réussi à imposer leur logique de profit et de rentabilité dans les modes de pensée ; les entreprises multinationales, qui tentent de réduire le pouvoir des Etats au maintien de l'ordre et à la protection de leurs seuls intérêts.

Le passage des résistances aux propositions

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En mettant l'accent sur les responsabilités, la mobilisation a recréé un vaste élan d'espoir. Elle a redonné souffle à l'idée qu'un autre monde est possible. Cette évolution est perceptible dans la floraison d'idées et de propositions. Elle s'appuie sur la montée d'une expertise citoyenne qui s'ancre dans les mouvements, comme celle qui transparaît dans les conseils scientifiques - celui d'Attac, par exemple -, les observatoires - comme l'Observatoire de la mondialisation, qui travaille sur l'OMC -, les comités d'orientation et de pilotage de la campagne IFI, le comité de partenariat avec des responsables du Sud dans la campagne sur la dette... Cette mobilisation est porteuse d'une demande sociale et politique qui commence à peser sur les institutions de recherche, dans les universités et sur le débat intellectuel à travers les médias.

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Les propositions avancées par chacune des campagnes font partie du débat public. Leur reprise par les autres campagnes permet de les approfondir et de les compléter. La campagne sur la dette a ainsi mis en avant les propositions d'annulation, partielle ou totale, la reconnaissance d'illégitimité des créances et la coresponsabilité des créanciers et des emprunteurs, la limitation du service de la dette à une proportion des exportations, la reconversion sous contrôle citoyen, etc. La campagne d'Attac insiste sur la taxe sur les transactions financières spéculatives, sur l'utilisation de cette taxe pour l'accès aux services de base, sur l'interdiction des paradis fiscaux, sur la lutte contre la criminalité financière, etc. La campagne sur les institutions financières internationales a mis l'accent sur le contrôle démocratique et la transparence, sur l'évaluation indépendante et contradictoire (confiée au système des Nations unies) de l'intervention des IFI, sur le refus des programmes d'ajustement structurel et des cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté, sur le refus des conditionnalités et de l'imposition de l'extérieur et par le haut des politiques économiques et sociales, sur la réforme radicale des IFI, etc. La campagne contre l'OMC avance le refus de la primauté de la marchandise, la prééminence de la Déclaration des droits de l'homme sur le droit commercial, le refus du rôle de l'Organe de règlement des différends, la nécessité d'une instance de recours avec un droit de saisine des citoyens, etc.

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Ces campagnes sur la mondialisation s'inscrivent dans un mouvement beaucoup plus global. Les groupes Attac, par exemple, se mobilisent sur les fonds de pension, les retraites, la santé ; d'une manière générale, sur tous les thèmes sociaux et culturels. Il y a là une logique, puisque la mondialisation se présente comme la tendance générale : tous les problèmes peuvent s'y référer et chaque question d'importance est une manière d'interpeller la mondialisation et de montrer qu'on peut agir sur son évolution. Dans cette mobilisation, certaines couches sociales sont particulièrement actives, notamment parmi les jeunes, les femmes, les paysans, etc.

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Dans les deux années à venir, plusieurs occasions, sur la scène internationale, permettront d'approfondir encore les propositions, de renforcer leur cohérence. La conférence sur le financement du développement, en mars prochain, permettra de décliner les questions centrales du débat : l'impossibilité de financer le développement compte tenu du poids de la dette, la liaison entre le commerce international et le financement, le rôle des institutions financières, le poids déterminant des marchés financiers, le rôle des entreprises multinationales dans l'investis sement, la discussion sur l'aide publique au développement, la nécessité des taxes sur les transactions financières et des écotaxes, la place des politiques fiscales dans l'égalité des droits, l'importance de la corruption, des paradis fiscaux et de la criminalité financière... De même, en septembre 2002, la conférence " Rio +10 ", devenue conférence de Johannesburg sur le développement durable, sera l'occasion d'un débat international sur la nature du développement et les politiques qui l'accompagnent.

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Le passage des résistances aux propositions pose toute une série de questions au mouvement citoyen mondial. Parmi celles-ci, l'articulation entre les échelles d'intervention : le niveau local, le niveau national, le niveau des grandes régions et le niveau mondial.

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Le niveau international, et peut-être mondial, est déjà déterminant sur les plans économique et militaire. C'est là que se formalisent la contra diction majeure entre le Nord et le Sud et celles qui tiennent au rôle des institutions internationales. La construction d'une opinion publique mondiale est indispensable à une progression politique qui ne se réduise pas aux institutions interétatiques et aux représentants du pouvoir économique. Cette importance de l'échelle mondiale n'annule pourtant pas les autres niveaux d'action. L'intervention à l'échelle mondiale passe aussi par des mobili sations locales et nationales.

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Le niveau local est celui de la démocratie de proximité, du développement local, de l'égalité d'accès aux services publics locaux. Il est aussi l'espace de la rencontre entre les mouvements citoyens et des acteurs nouveaux, telles les municipalités et les collectivités locales. Le niveau national des mobilisations présente quant à lui un double intérêt : c'est l'espace des politiques publiques et des péréquations nécessaires à l'égalité. D'une part, il permet une liaison directe entre les campagnes et les différents mouvements sociaux ; d'autre part, il permet de mettre en cause de manière plus efficace la responsabilité des gouvernements nationaux.

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Les discussions menées à partir des campagnes ont enfin confirmé la pertinence de l'échelle européenne. Entre le niveau national et le niveau mondial, les grandes régions géopolitiques occupent une position contradictoire. Elles sont, par bien des manières, des vecteurs de la mondialisation dans sa version dominante néolibérale ; mais elles sont aussi le support d'une contre-tendance, porteuses de possibles alternatives. L'Union européenne - la plus avancée, dans son intégration politique, de toutes les grandes régions géo-culturelles - illustre particulièrement cette contradiction ; d'où l'intérêt particulier de l'échelle européenne pour les mobilisations.

Des propositions aux alternatives

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Cette force de proposition démontre l'importance du mouvement citoyen, de son inventivité et de ses capacités sociales, politiques, intellectuelles et citoyennes. Mais une multitude de propositions ne constitue en aucun cas un programme et ne suffit pas pour esquisser une alternative. C'est le sens qu'il faut donner au passage de Seattle à Porto Alegre : la volonté de créer l'espace international de l'articulation entre mobilisations et élaboration.

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Le débat sur les propositions est d'autant plus ouvert que la crise de la pensée libérale ouvre un nouvel espace de réforme du système dominant. A chaque période, il y a des réponses aux conceptions dominantes et aux politiques de développement qui leur correspondent. Elles vont des luttes et des résistances, à des contre-propositions de différente nature ; de l'aménagement du système à des réformes radicales, voire alternatives. Les propositions ne sont pas récupératrices ou révolutionnaires en elles-mêmes : ce sont les situations qui permettent de juger de leur intérêt et de leur nature, c'est leur inscription dans une stratégie qui les caractérise et leur donne un sens. La discussion des propositions relève du débat politique, et non de la théologie. Elles trouvent leur écho dans le débat international. En outre, elles sont recyclées par les institutions dominantes, après avoir été soulagées de leur charge subversive, et servent à faire évoluer et à adapter les politiques de développement. Mais ces récupérations, si elles permettent d'affiner les politiques, peuvent aussi affaiblir la cohérence du modèle et légitimer la recherche de conceptions alternatives.

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Dans la construction des alternatives, il faut revenir aux fondements du modèle dominant néolibéral. Pourquoi et comment s'est-il imposé ? Il est nécessaire, pour le comprendre, de partir du modèle social-libéral dominant à partir de 1945. Il est élaboré dans la période qui sépare les deux guerres mondiales. Le capitalisme est alors confronté à quatre défis : par rapport à la révolution de 1917, il lui faut trouver d'autres méthodes que la répression pour faire face à la montée des luttes ouvrières ; par rapport à la crise de 1929, il doit trouver de nouvelles formes de régulation du capitalisme ; par rapport à la montée des luttes de libération coloniales, il lui faut accepter un nouveau système international ; par rapport à la montée du fascisme, il lui faut imaginer un autre horizon que le totalitarisme.

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Le modèle néolibéral est en fait un modèle de reconquête. Il démontre que la bataille intellectuelle est une des formes de la lutte sociale. Il a tiré les leçons des échecs et des faiblesses des modèles précédents, pour proposer une nouvelle cohérence. Il a tiré profit de la contestation géopolitique du modèle soviétique qui s'est effondré définitivement en 1989 ; il a réduit, à travers la gestion de la crise de la dette, les marges d'indépendance obtenues par la décolonisation ; il a remis en cause les avancées sociales du salariat, à travers les politiques de précarisation et la mise en crise des systèmes de protection sociale. Cette évolution a démontré que les dynamiques à l'oeuvre dans les sociétés ne sont pas seulement économiques, elles sont aussi sociales, politiques, idéologiques, culturelles, militaires.

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De son côté, le mouvement citoyen mondial construit une alternative autour d'une ligne directrice, celle du respect des droits. Dans chaque société et au niveau mondial, on voit progresser la prise de conscience de l'impasse portée par le modèle néolibéral et l'ajustement structurel. Une contre-tendance chemine dans le droit international : l'idée qu'il est possible de réguler l'économie et les échanges à partir du respect des droits, des droits civils et politiques autant que des droits économiques, sociaux et culturels.

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Cette référence aux droits est de plus en plus centrale. Elle s'impose dès que l'on admet que l'objectif des mobilisations n'est pas de définir les politiques et les institutions idéales, de mimer le pouvoir alors qu'on ne l'a pas. Il est de rappeler les valeurs et les principes, d'exiger des garanties, de contrôler la mise en oeuvre. Il est aussi de prendre des initiatives et de protéger l'autonomie des mouvements et des pratiques populaires.

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L'universalité des droits est reconnue. En tenant compte de la spécificité des situations, tous les droits, dans leur principe, devraient être considérés comme d'application immédiate. Concrètement, assurer le respect des droits économiques, sociaux et culturels commence en garantissant à tous l'égalité d'accès aux services collectifs de base. Ce qui implique la prise en compte des différents niveaux : locaux, nationaux et mondiaux. La discussion ne porte pas tant sur l'importance et sur l'existence des services collectifs - admise par tous -, que sur les politiques d'accès, les formes d'organisation, l'articulation avec le marché et le rôle des différents acteurs, le financement des services de base, dans l'hypothèse de l'égalité d'accès.

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C'est à Seattle, dans la remise en cause de l'OMC, qu'une idée simple s'est dégagée : le droit international ne peut pas être subordonné au droit des affaires. Cette évidence est issue de la remise en cause de l'Organe de règlement des différends (ORD), qui est au coeur de l'OMC. En particulier, le fait que l'ORD puisse juger en dehors des accords multilatéraux sans qu'il y ait de recours possible. La proposition qui se dégage est de soumettre toutes les institutions internationales au droit international et d'obtenir la mise en place d'un système international de plaintes, d'un recours pour les citoyens.

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Le fondement du droit international ne peut être que la Déclaration universelle des droits de l'homme. A cette condition, le droit international peut être porteur d'une nouvelle modernité. Il permettrait alors aux mouvements citoyens, dans chaque pays, de se mobiliser pour faire avancer les situations. Il permettrait aux citoyens d'avoir un recours si leurs droits sont violés. Les Nations unies peuvent s'ouvrir à la complexité dessociétés, reconnaître les acteurs émergents, leur donner une légitimité. Elles peuvent encourager les Etats à garantir les droits et à renforcer par làmême leur légitimité. Telle est la base d'une refondation des Nations unies.

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Le mouvement citoyen mondial a, chemin faisant, défini les principes nouveaux qui doivent fonder les politiques économiques et sociales : le refus de subordonner l'égalité et la lutte contre les discriminations à la croissance. La prise en compte des différences de situation, des iné galités, des formes de domination et d'oppression n'est pas une question secondaire, une conséquence malheureuse qu'il faudrait corriger. Elle fait partie des objectifs de la transformation sociale et la caractérise. Pour les atteindre, les orientations qui concrétisent les principes d'une alternative sont : la redistribution internationale des richesses, le droit international et la possibilité de recours pour les citoyens, le contrôle démocratique des instances de régulation, la coresponsabilité entre le Nord et le Sud, la subordination de la logique des marchés aux respects des droits de l'homme.

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A l'idée simple, voire simpliste, que la libéralisation permet de répondre à tout, qu'il suffit de faire confiance au marché, de privatiser et de favoriser le capital international, seul porteur d'efficacité et de modernité, on peut répondre que la modernisation progressiste est celle du respect, de la garantie et de l'approfondissement des droits fondamentaux. Que les droits économiques, sociaux et culturels permettent la régulation la plus inté ressante des marchés. Que la nouvelle politique économique est celle qui organise l'accès de tous aux services de base, la satisfaction des besoins fondamentaux et des aspirations populaires.

L'ancrage du mouvement citoyen mondial

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Le mouvement citoyen mondial s'inscrit dans l'histoire longue, celle de l'émancipation des peuples. Avec les mouvements des peuples du Sud et ceux de solidarité internationale, il se situe dans les luttes de la décolonisation inachevée et de la reprise en main par les pays dominants, qui sont - certainement par une simple coïncidence... - les héritiers des anciens empires coloniaux. C'est à Bakou, en 1920, au premier Congrès des peuples d'Orient, qu'est ébauchée la stratégie d'alliance entre les mouvements ouvriers et les mouvements de libération nationale. Aujourd'hui, la relation entre la question nationale et la question sociale est toujours d'actualité, même si la question mondiale vient en modifier l'articulation.

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Rappelons cette citation d'Aimé Césaire, extraite du magistral Discours sur le colonialisme, de 1955 : " Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. Le fait est que la civilisation dite "européenne", la civilisation "occidentale" telle que l'ont façonnée deux siècles de régime bourgeois, est incapable de résoudre les deux problèmes majeurs auxquels son existence a donné naissance : le problème du prolétariat et le problème colonial. "

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La mobilisation citoyenne redonne une place stratégique aux syndicats de travailleurs et aux mouvements de solidarité sur les droits, le chômage, le logement, la santé, l'éducation. La situation a beaucoup changé depuis 1995, avec les grandes grèves en France, qui s'inscrivaient dans un mouvement international, ainsi que l'ont montré les mobilisations sur les retraites en Italie et en Allemagne, sur les emplois en Corée du Sud et aux Etats-Unis. Depuis, l'opinion publique a régulièrement refusé de se démarquer des travailleurs en lutte, que ce soit contre les licenciements ou contre la remise en cause des entreprises publiques. L'opinion publique, au-delà des syndicats, se retrouve dans le refus de la précarisation de l'emploi et de la remise en cause de la protection sociale.

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La place des consommateurs et des écologistes est nouvelle. Leur convergence renouvelle les mots d'ordre et les formes de lutte, comme on a pu le voir avec le boycott des compagnies pétrolières et les campagnes sur les conditions de travail et d'exploitation dans le Sud (" Ethique sur l'étiquette ", commerce équitable, etc.). Les mouvements de femmes jouent aussi un rôle déterminant pour les droits, contre l'impunité, contre la guerre, contre les discriminations. Le mouvement paysan invente une nouvelle modernité en questionnant le progrès et les organismes génétiquement modifiés (OGM), la sécurité alimentaire et la santé ; il renouvelle la stratégie de l'alliance entre ouvriers et paysans, centrale depuis la Commune, en la transposant à l'alliance entre les couches sociales rurales et les couches sociales urbaines.

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Plusieurs questions sont en discussion dans le mouvement citoyen mondial, confronté à de nouvelles situations. Après Gênes, le débat sur la violence et la nature des affrontements a pris un tour aigu. De Prague à Göteborg, le mouvement a dû affronter une répression croissante de ses manifestations, qui a pris à Gênes la forme d'une stratégie de criminali sation à l'italienne. Cette situation a ouvert une discussion sur la nature du mouvement, la cohabitation entre ses différentes composantes, sa capacité de construire son unité à travers sa diversité sociale et idéologique.

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Dans le rapport entre l'ancrage historique et les nouvelles situations, plusieurs radicalités s'affirment dans le mouvement citoyen mondial. Il ne s'agit pas de courants, mais de références qui sont souvent partagées par les mêmes composantes. A Porto Alegre, en 2001, on a vu s'affirmer une radicalité qui, pour répondre à la mondialisation libérale, propose de mettre en avant la régulation publique et le renforcement des Etats par rapport aux marchés. Cette référence, très forte en Europe du Sud et en Amérique latine, mêle des conceptions différentes du rôle de l'Etat et de ses responsabilités sociales, qui vont des références marquées aux identités nationales jusqu'à l'internationalisme. Une autre radicalité avance l'importance du " pouvoir des pauvres " (en anglais, " empowerment of the poors "). Particulièrement implantée dans les cultures anglo-saxonnes et en Asie, elle met l'accent sur l'autonomie par rapport aux Etats et sur l'innovation locale et associative ; elle mêle des conceptions différentes sur le rapport aux marchés, à la régulation publique et aux institutions. Une troisième radicalité avance la nécessité de se situer dans une conception clairement anti-impérialiste et antiraciste. Elle est très présente dans la culture afro-asiatique, qui avait donné naissance au non-alignement, et mêle des conceptions très différentes sur la nature du système international, la nature des Etats et des régimes dans les pays du Sud, les références culturelles, religieuses et idéologiques. Le Forum social mondial de Porto Alegre, en janvier 2002, sera l'occasion de confronter ces différents points de vue.

Le mouvement citoyen mondial après le 11 septembre 2001

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Les événements depuis le 11 septembre 2001 ont créé une nouvelle situation, marquée par l'incertitude. Quelles en seront les conséquences pour le mouvement citoyen mondial et, corrélativement, qu'est-ce que celui-ci peut apporter ?

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Il est porteur d'une perspective qui est antagonique avec la représen tation binaire et mortelle de guerre des civilisations. Il ne peut que refuser la vision de mondes fermés, homogènes et uniformisés, et doit rappeler la richesse des civilisations, la diversité des peuples du monde et de leurs cultures, la complexité des situations, des géographies et des histoires. Du point de vue géopolitique, cette bataille n'est pas perdue d'avance. Elle pourrait rencontrer l'intérêt de l'Europe et des grands pays du Sud.

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Ces derniers, en effet, ont tout intérêt à refuser quelque alignement que ce soit. L'Inde, le Brésil ou l'Afrique du Sud ont démontré, sur la question des médicaments contre le sida, qu'ils refusaient de subordonner le droit à la santé au droit des affaires et à l'OMC. On ne voit pas pourquoi ces pays, de même que la Chine et encore bien d'autres, accepteraient de se laisser enfermer dans une représentation bipolaire, opposant l'occidentalisme à l'islamisme. Pour les pays du Sud, un réaménagement géopolitique général s'impose, qu'il faudra bien accepter de négocier. Le processus qui pourrait contribuer à une sortie positive des incertitudes repose sur quatre propositions : la réduction des inégalités sociales et la redistribution des richesses, la lutte contre les discriminations et pour une dignité reconnue, la démocratisation des Etats et la régulation publique en fonction de l'intérêt général, la démocratie participative et la consolidation de ce que l'on appelle, faute de mieux, les sociétés civiles. La négociation peut être ouverte à partir des propositions avancées par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) et les mouvements citoyens, en marge des grandes conférences des Nations unies : redistribution, fiscalité mondiale, taxation des capitaux spéculatifs, instances de recours, accès aux services de base, annulation de la dette, prévention et règlement des conflits...

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L'Europe est à la croisée des chemins. Elle peut, en s'alignant et en participant à une croisade occidentale, donner raison au pire. Au contraire, elle peut, en réaffirmant son autonomie, participer pour le meilleur à la reconstruction d'un nouvel équilibre géopolitique et à une réforme ouverte des Nations unies. C'est dans ces conditions qu'elle surmontera sa crise et qu'elle construira sa légitimité auprès des peuples du monde, y compris les peuples de l'Europe. Ce serait l'intérêt de l'Europe, instruite après les guerres du Golfe et du Kosovo des inconvénients de l'unilatéralisme. Pour l'instant, ce n'est pas la voie qu'a choisie l'Europe : elle a toujours préféré l'alliance atlantique par rapport au Sud, et a surtout été soucieuse de tirer profit de sa position dominante dans l'économie mondiale néolibérale.

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Le mouvement citoyen mondial est porteur d'une perspective qui est confirmée par l'évolution actuelle. Il oppose le droit à la force, à la domination et à l'injustice. Or, le droit peut l'emporter, dans chaque société et au niveau international. Les campagnes internationales qui associent directement le Nord et le Sud proposent des alternatives dont on peut mesurer aujourd'hui la pertinence. Les choix dépendent de la mobilisation citoyenne et de sa capacité à s'inscrire dans un mouvement international, à se saisir des questions en débat, à fédérer les résistances au cours libéral de la mondialisation pour les articuler à la construction d'un projet social. La question difficile, pour le mouvement citoyen, est celle de sa capacité à se situer à l'échelle des enjeux, à l'échelle du monde. Il doit pour cela construire un nouveau rapport entre les institutions publiques et les mouvements sociaux, accepter de prendre en charge la paix du monde et sa reconstruction.

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Le mouvement citoyen mondial a remporté un premier succès. Les mobilisations des dernières années ont permis une prise de conscience de la réalité du monde et ont mis en évidence les inégalités et les injustices. Elles ont contribué à ouvrir des perspectives et des espoirs. Aux yeux des peuples et de l'opinion mondiale, d'autres solutions sont possibles, et la méfiance par rapport aux sollicitations désespérées est plus grande. Ces mobilisations ont aussi affaibli la légitimité des dirigeants du monde et les ont contraints, pour l'instant, à prendre en compte leurs limites et à ne pas adopter de solutions extrêmes. La référence au droit, dans le règlement des conflits, se réfère à la justice, par opposition à la vengeance et à la punition collective.

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Pour la première fois depuis bien longtemps, des mouvements citoyens se saisissent directement des enjeux mondiaux. Ils sont à la recherche d'une citoyenneté mondiale, d'une opinion publique internationale, d'une conscience universelle. Leur exigence intellectuelle et politique peut être déterminante. La solidarité internationale entre les peuples est une réponse à l'idée absurde - et mortelle - de la guerre des civilisations. Un progrès peut naître dans la capacité de surmonter une épreuve. Pour faire avancer la civilisation, il faut s'attaquer d'abord à la barbarie que constitue l'ordre injuste du monde.

Plan de l'article

  1. La mise en évidence des responsabilités
  2. Le passage des résistances aux propositions
  3. Des propositions aux alternatives
  4. L'ancrage du mouvement citoyen mondial
  5. Le mouvement citoyen mondial après le 11 septembre 2001

Pour citer cet article

Massiah Gustave, « Le mouvement citoyen mondial », L'Économie politique, 1/2002 (no 13), p. 22-37.

URL : http://www.cairn.info/revue-l-economie-politique-2002-1-page-22.htm
DOI : 10.3917/leco.013.0022


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