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L'Économie politique

2002/4 (no 16)


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Jacques Sapir vient de publier un livre radical intitulé Les économistes contre la démocratie. Son propos est simple : le processus de transition russe a été un laboratoire des méfaits de " l'expertisme ", forme actuelle de confiscation du pouvoir du peuple par une élite autoproclamée d'économistes standard. Les autorités non élues prolongent dans l'ordre institutionnel la tyrannie de l'expertisme, puisqu'elles traitent, hors de la sanction du peuple souverain, de questions aussi politiques que les régimes monétaires, fiscaux, de change, de propriété ou de prix. Sa conclusion est nette : les économistes standard adeptes de l'expertisme sont en fait des idéologues incompétents, parfois corrompus, voire totalitaires. Ils sont responsables des malheurs, de la misère et des morts russes, et accessoirement du déclin latino-américain et du chômage en France. Le propos peut paraître outré, caricatural, et surtout faux ; le lecteur doit savoir pourtant que le verbatim est encore plus violent, puisque notre auteur s'en prend nommément à Jeffrey Sachs, Olivier Blanchard, Richard Layard ou à l'auteur de ces lignes, qu'il traite de divers noms d'oiseau  [1][1] L'abjection est atteinte par l'auteur avec des propos....

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On pourrait s'en tenir là et considérer que ce texte ne mérite ni critique, ni débat, ni publicité. La difficulté tient au fait que Jacques Sapir mêle en permanence trois positions et donc trois types de discours : celui de l'expert ès Russie et pays ex-soviétiques qu'il est légitimement, celui de l'introuvable économiste hétérodoxe qu'il aimerait incarner, et celui de l'idéologue qu'il est sans conteste. La légitimité de l'expert est ainsi mise au service de l'idéologue pour dénoncer, pourfendre et réclamer les têtes de ceux qui pensent mal, et jeter un pont vers les nouveaux radicaux à qui il veut offrir une théorie et une politique alternatives. Il faut donc, malgré l'auteur, faire oeuvre critique en faisant le tri entre ce qui est objet de débat et ce qui relève de l'invective stérile, non sans revenir au préalable sur les procédés utilisés.

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Jacques Sapir consacre l'essentiel de son ouvrage à tenter de nous convaincre de ce dont tout économiste est convaincu par avance depuis vingt ans, à savoir que les marchés ne sont pas parfaits, que les agents sont inégalement et imparfaitement informés et que leur rationalité est limitée, que les contrats et les mandats sont incomplets et qu'il n'y a pas de " one best way ". Un si violent effort le conduit à énoncer des lieux communs sur la diversité des préférences collectives et sur la nécessité des controverses pour servir le pluralisme démocratique. Mais plus le propos est convenu et plus la contestation de l'adversaire - l'hydre libérale-sociale - doit être péremptoire  [2][2] Un exemple parmi d'autres du mépris dans lequel Sapir.... Dès lors, la méthode Sapir peut se déployer dans toute son ampleur. On peut la résumer ainsi : fabriquez un adversaire imaginaire en lui prêtant un discours économique standard à partir de citations soigneusement tronquées ; stigmatisez-le ensuite en accumulant les " preuves " de son incompétence, de son inculture, voire de sa " malignité ", pour ce faire multipliez les références abstraites, et évitez le débat de fond au nom du rejet de la " technique ". Une fois l'adepte de l'expertisme à terre, le démocrate sincère, ami du peuple, peut s'avancer sous les traits avenants de l'auteur, militant souverainiste et stratège. Des illustrations de la méthode Sapir, en voici un florilège.

La fabrication de l'adversaire imaginaire :

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Imputez une thèse caricaturale à un auteur - par exemple, le libre-échange est la condition du développement -, réfutez-la avec force - tâche particulièrement aisée, puisque ni la théorie ni l'expérience historique ne valident cette proposition - et, sur cette base, instruisez un procès en disqualification intellectuelle et politique de l'adversaire - Elie Cohen est naïf, incompétent ou manipulateur, à vous de choisir. Cette démarche trouve vite ses limites, car le lecteur est moins inculte que ne le pense Sapir ; il sait en particulier que je travaille depuis vingt ans sur le mercantilisme et le colbertisme et que me faire passer pour un libre-échangiste doctrinaire est simplement une contre-vérité.

Fuite en avant théorique et incompétence technique

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Tonnez contre le libre-échange et l'action de l'OMC en matière alimentaire ou contre certaines clauses liant les Etats dans le cadre de l'accord multilatéral sur l'investissement (AMI) - posture parfaitement acceptable chez le militant ou l'intellectuel critique -, évoquez pompeusement le principe de précaution ou la souveraineté indivisible - notions élémentaires que nul n'ignore et pas même l'auteur de ces lignes -, écartez d'un revers de la main le débat technique - mais le principe de précaution, pour être opposable, doit pouvoir être défini, il doit donner lieu à un accord entre parties, il doit enfin être porté par une instance internationale à même de contester l'universel marchand, faute de quoi le commerce international devient la guerre commerciale. Là aussi, le lecteur n'est pas dupe des rodomontades sapiriennes. Il sait que ce principe érigé en absolu aboutit à un protectionnisme vert. Il sait aussi que la caractérisation du principe est fort complexe, comme l'illustrent les travaux d'Olivier Godard.

Un goût avéré pour les paradoxes

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Là où le commun des mortels trace, sur la base de l'expérience historique, des lignes de clivage nettes, notre Pic de la Mirandole moderne nous explique que : Hayek et Trotski, c'est pareil : ils constituent les deux facettes du libéral-stalinisme... idéologie de la technicisation de la politique. Il y a dans la surenchère paradoxale de Sapir une volonté étrange de choisir les mauvais terrains de débat, car après tout, il n'est nul besoin de recourir à la catégorie du " libéral-stalinisme " pour débattre des conditions historiques et théoriques d'apparition des autorités administratives indépendantes. Comprendre pourquoi, au tournant des années 70, les thèses monétaristes finissent par s'imposer, expliquer pourquoi des entrepreneurs politiques comme Reagan et Thatcher lancent ensuite les politiques de désinflation et de déréglementation, rendre compte enfin de la conversion de l'Europe à ces politiques, tout cela n'est pas sans intérêt. Mais à la réflexion, on comprend que l'auteur n'ait pas traité de ces questions, puisque c'est exactement l'objet de mon livre L'ordre économique mondial[3][3] Elie Cohen, L'ordre économique mondial. Essai sur les....

L'argument d'autorité et l'usage immodéré du jargon

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Pour faire " scientifique ", convoquez les grands auteurs, montrez votre familiarité avec leur pensée, écrasez au passage l'adversaire imaginaire et pour finir faites oeuvre de pensée en multipliant si possible les définitions jargonnantes. La démocratie, nous annonce Sapir d'un ton profond, c'est un " système emboîté d'espaces de controverses ". Venant après les railleries de l'auteur sur mon incapacité à comprendre la souveraineté, cela ne peut que faire sourire le lecteur pris à témoin. Mais il y a plus grave. Sapir entend fonder son choix politique - souverainiste, protectionniste, antieuropéen - sur la base de considérations théoriques infalsifiables, puisqu'il est seul armé de la bonne théorie de la souveraineté et de la démocratie. L'argument d'autorité, lorsqu'il est assis sur une inculture abyssale, tourne parfois à l'arrogance pure et simple. Ecarter d'un revers de la main les travaux des régulationnistes américains sur les échecs de l'Etat sans même mentionner pour les réfuter les travaux de George Stigler, Louis Brandeis, Alfred Kahn ou James Landis laisse sans voix.

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Un tel effort méthodologique et théorique, une telle hargne contre des auteurs mal pensants ne peuvent qu'être mis au service d'une grande cause politique ; on attend donc de Jacques Sapir qu'il nous éclaire sur les politiques alternatives qu'il tire de ces analyses radicales. Or, il n'a en stock que les idées reçues - et donc non démontrées - du syndicat Sud, véritable prêt-à-penser de la gauche de la gauche. Jacques Sapir est contre les " licenciements boursiers ", contre les méfaits du " libre-échange ", il est pour la défense des " statuts publics ", contre les " privatisations ", il veut même réhabiliter les " nationalisations ", il est contre la tyrannie des marchés financiers et des actionnaires, il sacralise le mouvement antimondialisation, c'est un adepte déterminé du " décisionnisme ", du volontarisme, du souverainisme et du constructivisme...

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Sapir ouvre toutefois trois débats théoriques qui ne sont pas sans conséquences politiques et qu'il importe donc d'aborder.

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Pour Sapir, à partir du moment où il est établi macroéconomiquement que la théorie de l'équilibre général est inopérante et que, micoéconomiquement, nous ne connaissons que des situations d'imparfaite information, il s'ensuit que les économistes ne sont pas fondés à avancer quelque proposition que ce soit en matière de politiques publiques et que la décision politique souveraine doit prendre le pas sur la règle. Notre auteur entend ainsi lancer une passerelle théorique entre Joseph Stiglitz, Gérard Debreu, Friedrich von Hayek et Carl Schmitt pour disqualifier le rôle des économistes en matière de définition des politiques publiques. Schmitt, en particulier, dénonce l'illusion du rationalisme et du légalisme : les lois ne peuvent couvrir tous les Etats, d'où le régime de l'exception et donc de la décision souveraine. Le discrétionnaire est l'essence même du politique. Puisque tous les cas sont singuliers et que les constitutions économiques, pour être opératoires, supposent que tous les Etats soient connus et décrits à l'avance, alors la décision populaire est préférable à toute constitution économique, assène Sapir.

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Le problème est qu'une fois de plus les propos de Sapir sont au mieux suggestifs - la relation entre l'imparfaite information et la décision démocratique -, au pire à côté du sujet - le problème est d'expliquer comment des démocraties en viennent à limiter volontairement le champ de la démocratie représentative. Mais nous reviendrons plus loin sur la constitution des autorités indépendantes. A ce stade, deux points méritent considération. D'une part, il ne faut pas confondre - ce que fait allègrement notre auteur - la prescription de politiques publiques par des économistes, les choix et non-choix effectués ainsi que leur mise en oeuvre, nécessairement politiques, et l'analyse des politiques publiques. S'il s'agit de rendre compte des logiques qui président aux choix de politiques publiques, alors l'économiste n'est qu'une des parties à la décision. Les spécialistes des politiques publiques classent les analyses en trois grandes catégories : celles qui mettent en avant, pour l'essentiel, les intérêts, les institutions, ou les idéologies. D'autre part, il y a chez l'auteur à la fois une fascination pour Schmitt - brillant antidémocrate - et une affirmation démocratique souverainiste et basiste. Celui-ci oscille donc entre un " formalisme " démocratique sacralisé et une fascination élitiste, ce qui l'empêche de prendre la pleine mesure des crises de la représentation et de la légitimité dans des systèmes démocratiques complexes. Un exemple des impasses de la réflexion de l'auteur nous est donné par ses considérations sur l'Europe. Sapir nous somme de choisir : fédération ou confédération, et pour finir nous invite à privilégier les coopérations renforcées et à préparer la prochaine crise salutaire. L'indigence de la pensée n'est pas en cause ici ; ce qui est plus grave c'est l'ignorance même de ce qui fait problème. La méthode Monnet a consisté à poursuivre des finalités politiques par une intégration économique sans cesse grandissante, tout en dotant l'Europe d'institutions démocratiques quasi fédérales. Cela s'est certes fait au prix de la lisibilité et de la visibilité, mais aujourd'hui, force est de constater que les transferts de compétences sont tels qu'il nous faut penser la cosouveraineté, alors que les élites politiques nationales continuent à s'accrocher aux formes démocratiques de l'Etat-nation classique.

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Le deuxième débat a trait à la notion de constitution économique ; il comporte des effets spécifiques en termes d'institutions politiques : gagne-t-on vraiment à mettre hors de portée des organes politiques élus des domaines d'action politique comme la monnaie, dans l'ordre intérieur, et les échanges commerciaux, dans l'ordre extérieur ? Paradoxalement, Sapir concentre ses attaques sur l'OMC. Il est par contre d'une modération inattendue sur les banques centrales. Si bien que l'on se perd en conjectures : les banques centrales indépendantes étant les figures marquantes de la dépossession du politique par des experts conservateurs, et l'OMC n'étant qu'un Gatt amélioré, expression d'un ordre international des traités fondé sur le principe un pays = une voix, l'ire de l'auteur est-elle proportionnelle à ses amitiés politiques ou découle-t-elle de ses analyses ? Mais qu'importe, venons-en au fond.

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L'OMC a été instituée par un traité. C'est une assemblée qui procède de gouvernements souverains. L'organe de règlement des différends (ORD) est un organe arbitral délégataire. Les membres des autorités de régulation appliquent une loi ou un traité qu'ils n'ont pas conçus, qui ont été élaborés et votés dans les cadres classiques de la démocratie représentative ou des relations internationales. Ces institutions sont par définition dotées de mandats incomplets, soumis à révision périodique (les cycles du Gatt-OMC et les traités qui en découlent). Ces autorités appliquent des procédures contradictoires et transparentes pour instruire leurs dossiers et rendre des décisions impartiales. Elles le font non par vertu, mais par nécessité. Leur crédibilité, leur actif le plus essentiel, en dépend. Enfin, elles motivent leurs décisions : c'est ainsi qu'elles peuvent recueillir le consentement des parties et qu'elles contribuent à rendre lisibles et prévisibles leurs orientations. Les autorités non élues ne sont l'expression ni d'un déficit démocratique grandissant, ni d'un nécessaire traitement technique de sujets dépolitisés, car ne comportant pas d'enjeux redistributifs. Elles sont l'une des manifestations d'un gouvernement que le partage de compétences, la multiplication des niveaux, la différenciation des responsabilités ont rendu plus complexe. La coopération par la règle est un choix discrétionnaire de pouvoirs souverains.

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Mais, nous objectera notre auteur, ce qui est légal n'est pas nécessairement juste, et de citer Schmitt. Il aurait pu se contenter de citer Sophocle, la belle affaire ! Le vrai problème, une fois de plus, n'est pas là. Face aux trois ordres internationaux possibles en matière économique - le régime hégémonique, le régime de l'autorégulation par les marchés et le régime multilatéral avec toutes ses imperfections -, que choisit-on ? La thèse que nous défendons, sans en faire un absolu, est qu'il y a plus à gagner au multilatéralisme organisé qu'à la guerre de tous contre tous, et que, à tout prendre, un système ouvert qui crée des irréversibilités partielles - ne serait-ce qu'à cause du coût croissant de la défection - est préférable. Pourquoi des pouvoirs élus légitimes acceptent-ils de se dessaisir au profit d'autorités non élues indépendantes ? Lorsqu'on renonce à la théorie du complot ou de la malfaisance intrinsèque des économistes standard, on est confronté à des explications historiques - la plupart des pays développés se sont ralliés à un modèle qui a longtemps été celui de la Buba, la banque centrale allemande, et dans une moindre mesure de la Fed, la banque centrale américaine, au tournant des années 80 et 90 - ou à des explications politico-économiques - les effets de la globalisation financière, la volonté de prévenir les effets " courtermistes " des alternances politiques... Or Jacques Sapir ne traite d'aucune de ces questions. Et si l'on veut en traiter, il ne faut se réfugier ni derrière les facilités des distinctions Fed-BCE, ni derrière les proclamations creuses sur le souverainisme monétaire.

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Le troisième débat porte sur la notion de traité dans les relations internationales, ainsi que sur les effets comparés du traité et de la dissuasion dans la stabilité de l'ordre géopolitique (et par extension géo-économique). L'enjeu, ici, est celui des vertus comparées du multilatéralisme commercial incarné par l'OMC et du bilatéralisme stratégique. La thèse est intéressante dans l'ordre géopolitique, elle est de surcroît documentée aux meilleures sources. Le traité de désarmement, en excluant certains vecteurs et en en autorisant d'autres, crée une incitation à la fraude et à l'innovation permettant de tourner les interdits, là où l'équilibre de la terreur a des effets stabilisants. Fort bien. Mais quel rapport tout ceci a-t-il avec l'organisation des échanges ? Sapir ignorerait-il que la guerre commerciale, les surenchères tarifaires, les rétorsions massives ont été l'ordinaire des relations commerciales ? La dissuasion et les représailles massives ont été largement expérimentées. Tiendrait-il pour quantité négligeable l'oeuvre du Gatt, qui a permis un développement significatif des échanges et une ouverture progressive des économies ? Aurait-il oublié les effets, en termes de spécialisation intrabranche, de l'ouverture des échanges au niveau communautaire ? L'ORD, aujourd'hui, avec les règles procédurales dont il a été doté, vise, à défaut de sanctionner directement les manquements aux règles communément acceptées, à rendre possibles les incriminations et à ouvrir un droit à des mesures proportionnées de rétorsion, avant élimination de la source de conflit : cf. l'affaire récente des FSC  [4][4] Le système américain de Foreign Sales Corporations..., où l'Union européenne a obtenu le droit de sanctionner les Etats-Unis, dont le système fiscal favorisait les exportations des multinationales installées sur leur territoire.

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Ces trois débats sont bien sûr liés, puisque l'auteur entend démontrer une thèse et une seule, à savoir que le roi (l'économiste) est nu, et qu'il ne peut donc se targuer de sa science pour prédéterminer des choix politiques qui doivent rester au souverain (le peuple enraciné dans une nation). Encore faut-il ne pas desservir sa cause, et discréditer les intérêts qu'on entend promouvoir, par une rhétorique d'un autre temps.

Notes

[1]

L'abjection est atteinte par l'auteur avec des propos du genre : " Faut-il donc, M. Cohen, vous faire un dessin ? Ce serait une belle moustache sur un sourire qui se voulait paternel et qui ne fut qu'assassin. Ce serait ce mirador que certains avaient confondu avec le phare de l'humanité ", précédant un sous-chapitre intitulé " Le libéral-stalinisme, stade suprême de la pensée unique ".

[2]

Un exemple parmi d'autres du mépris dans lequel Sapir tient ses collègues (p. 158) : " L'espace de discussion est ici entièrement absorbé soit par la logique technique (et donc la fameuse ingénierie institutionnelle chère à Elie Cohen), soit par la compassion morale devant l'effet des mesures (et l'on retrouve les pleurs d'Olivier Blanchard). "

[3]

Elie Cohen, L'ordre économique mondial. Essai sur les autorités de régulation, Fayard, 2000.

[4]

Le système américain de Foreign Sales Corporations (FSC) permet aux entreprises installées sur le territoire américain d'échapper à l'impôt sur leurs opérations d'exportation. Un moyen déguisé d'accorder des subventions à l'exportation et condamné comme tel par l'OMC qui, en août dernier, a autorisé l'Union européenne à prendre des sanctions pour un montant de 4,043 milliards de dollars par an, tant que les Etats-Unis n'auront pas abrogé ce régime [NDLR].

Plan de l'article

  1. La fabrication de l'adversaire imaginaire :
  2. Fuite en avant théorique et incompétence technique
  3. Un goût avéré pour les paradoxes
  4. L'argument d'autorité et l'usage immodéré du jargon

Pour citer cet article

Cohen Élie, « Sapir ou l'archange exterminateur », L'Économie politique, 4/2002 (no 16), p. 22-31.

URL : http://www.cairn.info/revue-l-economie-politique-2002-4-page-22.htm
DOI : 10.3917/leco.016.0022


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