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L'Économie politique

2003/1 (no 17)


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La cause est entendue : soit on est pour le libre jeu des forces du marché, et on soutient la forme contemporaine de la mondialisation libérale, soit on pense que l'Etat doit jouer un rôle économique central, et on appartient au camp des " altermondialistes ". Promarché ou pro-Etat, il faut choisir son camp entre deux modes d'organisation sociale et économique antinomiques. Le malheur, avec cette représentation, c'est qu'elle n'est pas corroborée par les faits.

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Comme le résume d'une phrase Charles Lindblom, professeur d'économie et de science politique à Yale, " si le système de marché est une danse, c'est l'Etat qui fournit la piste et l'orchestre " ! Nul doute que nombre des transformations que connaît l'économie mondiale depuis une quarantaine d'années puisent leur inspiration dans le corpus libéral, de l'ouverture financière aux privatisations, en passant par les réformes imposées par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. De plus, comme le montre de manière originale Jean Coussy dans l'article que nous publions, le libéralisme appelle le libéralisme, par un engrenage présenté comme inéluctable : la mobilité des capitaux et du travail qualifié est devenue l'argument le plus utilisé par les partisans de l'allégement de la fiscalité, ce qui permet de justifier la nécessité de diminuer les interventions de l'Etat-providence, etc.

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Pourtant, les politiques publiques, non seulement n'ont jamais disparu, mais, comme le démontre encore Coussy, elles connaissent aujourd'hui une réhabilitation certaine, partout dans le monde. Aux Etats-Unis, en Europe, dans les pays émergents, dans les pays les plus pauvres, la nécessité de l'action publique connaît un regain d'attention. Ce ne sont plus les politiques d'intervention traditionnelles d'après-guerre dans les secteurs sociaux et productifs. Et les acteurs privés y jouent un rôle croissant, dans une osmose ambiguë entre le privé et le public. Pourtant, l'Etat semble bien de retour, à l'image de la quasi-renationalisation du transport ferroviaire par le gouvernement britannique.

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Deux questions restent cependant posées : celle du niveau pertinent auquel les politiques publiques doivent être mises en oeuvre, et celle de savoir à qui elles profitent. L'association Attac, avec sa proposition de taxe sur les mouvements de capitaux, a suggéré une intervention publique cherchant à conjuguer effi cacité économique (réduire l'instabilité financière) et justice sociale (redistribution du produit de la taxe aux pays les plus pauvres). Dominique Plihon, le président de son conseil scientifique, élargit aujourd'hui la position de l'association, dans ce numéro de L'Economie politique, en posant d'emblée la question de la nécessité de taxes mondiales. Les pays européens redistribuent nationalement par l'impôt environ 45 % de leur richesse, le budget européen 1,2 % du PIB de la région, l'aide internationale 0,2 % du PIB mondial. Un rééquilibrage est-il souhaitable dans une économie mondialisée, ou bien la redistribution ne peut-elle s'exercer qu'au sein d'espaces dont la légitimité démocratique ne peut être pour l'instant que nationale ? Le débat est ici ouvert par les contributions de Michel Husson, Pierre-Noël Giraud et Anton Brender. Il souligne, en tout cas, que la question des politiques publiques est bien d'actualité.

Pour citer cet article

Chavagneux Christian, « Le libéralisme existe-t-il ? », L'Économie politique, 1/2003 (no 17), p. 5-6.

URL : http://www.cairn.info/revue-l-economie-politique-2003-1-page-5.htm
DOI : 10.3917/leco.017.0005


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