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L'Économie politique

2004/3 (no 23)


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Pour comprendre le rôle et l'importance du concours d'agrégation du supérieur en sciences économiques, il faut revenir à l'histoire longue de l'enseignement de l'économie en France  [1][1] Voir à ce sujet l'ouvrage de Lucette Le Van-Lemesle,.... Un premier système d'enseignement (1815-1877) est resté longtemps informel. Tourné en direction des adultes soucieux de compléter eux-mêmes volontairement leur formation, il est aux mains des seuls libéraux. Ceux-ci se sont voués, en militants, à la promotion d'une discipline qui se confondait avec leur idéologie, la doctrine libérale. Déçus par les gouvernements successifs, soumis jusqu'en 1860 à la pression majoritaire des milieux protectionnistes, les libéraux s'étaient construit un solide lobby, appuyé sur une maison d'édition (la maison Guillaumin), une société de pensée (la Société d'économie politique) et quelques grandes revues. Entièrement dominée par eux, l'Académie des sciences morales et politiques jouait le rôle d'instance de recrutement. Si 1860 marque pour eux la victoire du libre-échange, s'ils retrouvent un droit à la parole qu'ils n'avaient en fait pas tout à fait perdu, ils sont déçus par l'aspect très limité de leurs conquêtes institutionnelles de lieux d'enseignement : encouragés mais surveillés par l'Empire libéral, ils n'obtiennent qu'un bouillonnement de conférences, de cours libres et, en 1864, une seule chaire en faculté de droit à Paris, dont l'enseignement reste facultatif et s'avère précaire. Ils reviennent alors à leur stratégie de créations privées, et fondent des écoles de commerce. Mais leur véritable réussite reste la création, avec des capitaux privés, de l'Ecole libre des sciences politiques. Là seulement, malgré des débuts difficiles, existe un enseignement d'économie politique associant l'histoire économique, la statistique, les finances et l'histoire des doctrines. Dans cette école privée, fragile et chère, l'enseignement fait appel à la fois à des praticiens et à des théoriciens. Elle devient l'école qui prépare aux grands corps, et la discipline économique y a toujours gardé une place de choix.

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Un deuxième système d'enseignement s'est peu à peu structuré autour des facultés de droit (1877-1945). L'économie politique y a pris place à côté du droit dans un cursus nouveau destiné à former les fonctionnaires et, éventuellement, les hommes politiques. La nouvelle discipline a partiellement réussi son assimilation. Malgré cela, elle reste une discipline annexe, tolérée plus qu'acceptée. L'étape suivante sera celle d'une autre démarche, non plus d'assimilation, mais d'une revendication d'un droit à la différence. Avec des nouvelles institutions, un doctorat et une agrégation spécifiques, les professeurs d'économie politique obtiendront une autonomisation progressive de leur recrutement. Lente, cette démarche n'en représente pas moins la première étape de la professionnalisation de la discipline économique à l'intérieur des facultés de droit.

Le fonctionnement du concours

Les conditions

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Pour se présenter à l'agrégation, il faut d'abord avoir satisfait aux épreuves de la licence et du doctorat. A partir du 30 avril 1885, ce dernier est modifié. Il officialise deux filières, l'une juridique, l'autre de sciences politiques. La seconde mention, sciences politiques, associe le droit public à l'économie politique. Sa dénomination a provoqué un débat : "Quant à la mention sciences politiques, elle a un sens complexe, mais dès maintenant suffisamment précisé pour que personne ne puisse en méconnaître la portée. Il a été fait cependant à l'emploi de cette formule une objection tirée de la convenance qu'il peut y avoir à ne point paraître emprunter, à un établissement libre, son pavillon pour lui faire concurrence. Votre commission, devant qui cette objection a été particulièrement développée, n'a pas cru devoir s'y arrêter. Il y a longtemps que ces expressions sont entrées dans la langue scientifique, et tout esprit non prévenu reconnaîtra sans peine que, même sous cette dénomination, il n'y a rien qui puisse créer aucune confusion, ni faire ombrage à qui que ce soit"[2][2] Rapport de Poincaré au président de la République,.... Il est vrai que le rapport se situe explicitement dans la filiation des tentatives du XIXe siècle, en particulier celles de Salvandy et de Duruy. Comme l'autre, le doctorat de "sciences politiques" se compose de deux examens oraux et d'une thèse. Le programme du premier examen concerne trois axes : l'histoire du droit public français et l'étude de ses principes ; le droit constitutionnel comparé; et il laisse les candidats choisir entre le droit administratif ou le droit international public. Dans ce doctorat, la formation de droit reste importante, mais elle met l'accent sur le droit public.

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Le deuxième examen est plus orienté vers l'économie elle-même. En effet, le programme obligatoire concerne l'économie politique et l'histoire des doctrines économiques, à quoi s'ajoutent la législation financière de la France et la science financière. Enfin, il reste au choix du candidat, et selon les facultés, soit la législation et l'éco nomie industrielles, soit la législation et l'économie rurales, soit la législation et l'économie coloniales. Le décret ajoute que cette dernière option peut aussi porter sur une des matières d'ordre historique ou d'ordre économique enseignées dans d'autres facultés du même corps, mais admises par le Conseil général des facultés comme enseignement commun à la faculté de droit ou à une autre faculté.

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A ces interrogations orales, s'ajoute la thèse écrite, dont la fonction est de révéler les qualités personnelles du candidat dans la manière de réunir une documentation et d'en faire la synthèse. Elle n'exige pas spécifiquement une optique neuve, mais plutôt une présentation du bilan de ce qui est connu sur le sujet. Les termes thèse et dissertation sont présentés comme synonymes. Le travail écrit est complété par une soutenance orale d'une heure et demie, devant trois examinateurs.

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L'arrêté du 23 juillet 1896 exige que les candidats aux nouvelles agrégations soient en possession des deux doctorats, qu'ils aient "la double mention sur leur diplôme : sciences juridiques, sciences politiques et économiques. C'est ce que proposent onze facultés. Ce n'est point trop exiger, car, par l'application de l'article 7 du décret du 30 avril 1895, les docteurs peuvent obtenir la double mention avec trois examens (oraux) et deux thèses en tout". Le double doctorat est considéré comme une garantie de qualité. En aucun cas, on ne pourra accuser les candidats à l'agrégation de sciences économiques d'être ignorants du droit, compte tenu de l'ampleur - pour ne pas dire de la lourdeur - du niveau de droit exigible : "Le doctorat avec la double mention, avec les deux thèses qu'il comporte, est une garantie parfaitement sûre et efficace. La spécialisation de nos agrégés, quelle qu'elle soit, reposera désormais sur un fond large et solide", stipule l'arrêté.

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A ces conditions de diplôme, s'ajoutent des conditions légales et morales. Il faut être français ou naturalisé français, avoir 25 ans accomplis (mais on peut avoir une dispense d'âge) et être pourvu des diplômes correspondant à l'ordre d'agrégation pour lequel on se présente. Mais ces conditions ne suffisent pas. Les règlements de l'agrégation précisent que la liste des concurrents est arrêtée par le ministre, après avis des facultés et du recteur de l'Académie où résident les candidats. En effet, le ministre peut parfaitement refuser un candidat pour "défaut de moralité". L'inscription sur la liste des candidats n'est pas un droit pour tous ceux qui réunissent les conditions réglementaires. Il y a une différence, disent les textes, entre admissibles et admis au titre de candidats. Ceux-ci s'inscrivent deux mois à l'avance et, pendant ce temps, le recteur et le Conseil supérieur doivent vérifier leur aptitude morale.

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Bien entendu, ils ne peuvent être refusés que pour des motifs graves. Le ministre aurait le droit de refuser l'agrégation à un candidat qui en a subi avec succès les épreuves. Dans un tel cas, il vaut mieux éviter à ce candidat les efforts inutiles de l'agrégation, lui refuser son inscription sur la liste des candidats. Quels sont les critères d'indignité ? Il va de soi que cela concerne tous les délits éventuels de droit commun : "le titre d'agrégé constitue, par lui seul, une recommandation de confiance", et il n'est pas question d'induire le public en erreur sur la valeur morale d'un individu pourvu de ce titre. Le concours d'agrégation commence donc, le premier jour, par l'élection du jury et, immédiatement après, le jury arrête et cautionne la liste des candidats qui ont le droit de concourir.

Le déroulement du concours

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L'écrit

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Le jury commence par l'analyse des travaux écrits des candidats. Ensuite a lieu la composition écrite en sept heures, avec le secours des seuls documents que le jury met à la disposition des candidats. Cette composition diffère sensiblement de ce qui était exigé jusqu'en 1891. Depuis cette date, la composition de droit romain, écrite en latin, et les argumentations entre concurrents ont été supprimées de toutes les agrégations.

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L'épreuve écrite se déroule en deux temps. Le premier jour, les candidats composent, à partir de midi, en lieu clos et sous surveillance. Ils écrivent leur dissertation à la main. A la fin de l'épreuve, ces dissertations sont relevées par les membres du jury, qui les surveillent en personne, et elles sont enfermées dans une enveloppe cachetée avec le sceau du jury. Le lendemain, les candidats reviennent. Avec une encre différente, qui leur est fournie individuellement, ils recopient en une heure de moins, soit six heures, et mettent au propre la copie qu'ils ont rédigée la veille. Ils rendent cette copie manuscrite mais bien écrite au jury <Strong> [3][3] Ces copies sont conservées et consultables à la bibliothèque...</Strong>. Par la suite, cette deuxième copie, dont la similitude avec la première est naturellement vérifiée, est susceptible d'être dactylographiée et communiquée à plusieurs des membres du jury. Cette épreuve écrite n'est plus désormais éliminatoire.

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L'oral

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Les candidats passent ensuite quatre épreuves orales, toutes les quatre, alors, préparées en 24 heures. La première leçon porte sur un sujet tiré en économie politique, la seconde sur l'histoire des doctrines économiques, la troisième est une leçon orale de science et de législation financières, la quatrième est l'objet d'un tirage au sort opéré en séance publique par le jury du concours précédent, et porte soit sur l'économie et la législation industrielles, soit sur l'économie et la législation coloniales, soit sur l'économie et la législation rurales. Chaque leçon dure trois quarts d'heure.

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La justification de la préparation en 24 heures est donnée par le rapport Eismein  [4][4] Ce rapport est reproduit en intégralité dans le livre... : on cherche à mettre les candidats dans la situation normale de préparation d'un cours et, dit-il, il faut bien 24 heures pour préparer un cours normal en faculté de droit. L'objection qui consiste à dire que cette préparation en 24 heures n'est pas sous surveillance, et qu'il peut être fait appel à des personnes extérieures, est jugée non valable. L'appel aux gens de l'extérieur, d'ailleurs égal pour tous, implique que le candidat reste capable de maîtriser et de gérer cet apport extérieur.

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Cette agrégation se compose donc d'une épreuve écrite et de quatre épreuves orales. Elle se déroule avec solennité et implique le respect du rituel qui est normal dans les facultés de droit. Ce rituel implique naturellement que les membres du jury portent la robe, soient en toge. Les appariteurs leur ouvrent la porte. A chaque début de session, en général au mois d'octobre, on lit les arrêtés ministériels qui à la fois gouvernent le déroulement de l'agrégation et instituent les membres du jury. Ensuite, l'appel aux candidats est fait, toujours solennellement. Chaque candidat accepté sur la liste vient inscrire son nom et son adresse, personnellement, devant les membres du jury. Tout contribue donc à la solennité de l'épreuve, solennité partagée avec les autres agrégations de droit et avec l'ensemble du monde juridique, qui a nettement donné sa tonalité à la nouvelle agrégation spécialisée. Ce ritualisme cherche à associer l'économie politique au monde de la justice, plus qu'au monde de l'utile ou de l'entreprise, donc à faire des nouveaux agrégés des experts, qui donnent des avis au nom du juste plus qu'au nom du profit ou de l'utilité économique stricto sensu.

Les jurys : conquête et pouvoirs

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Les cinq juges du concours d'agrégation sont désignés par le ministre. Naturellement, ne peuvent siéger dans un même concours deux parents ou alliés jusqu'au degré de cousin germain inclusivement. Doit se récuser tout parent ou allié, au même degré, d'un des candidats. A chaque début du déroulement de l'agrégation, les conditions de choix des membres du jury sont rappelées avec gravité. On répète que doit sortir tout membre du jury ou tout candidat qui risque d'avoir un parent dans le jury.

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Les juges du concours, pour le droit et pour la section sciences économiques, peuvent être pris parmi les membres du Conseil supérieur de l'instruction publique. Ils peuvent être inspecteurs généraux de l'enseignement supérieur, professeurs ou agrégés des facultés. En général, l'un d'eux est choisi parmi les membres de l'Institut. En ce qui concerne l'agrégation de droit, les juges peuvent être choisis, en outre, parmi les conseillers d'Etat et parmi les magistrats des cours suprêmes.

La conquête des jurys

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Etudions maintenant la composition réelle des jurys, et leur lente conquête par les enseignants nouveaux issus de l'agrégation spécialisée. Chaque jury se compose de cinq juges, dont l'un est le président. Il est complété par deux ou quatre suppléants. Les quatre premiers jurys, en 1897, 1899, 1901 et 1903, sont tous présidés par Jules Léveillé, professeur de droit criminel et de législation pénale comparée, qui a comme principale qualification d'être chargé d'un cours d'économie coloniale à la faculté de droit de Paris. Les juristes ont maintenu leur vigilance. Les autres juges du premier concours, Emile Levasseur, Paul Louis Cauwès, Edmond Villey et Charles Gide, sont des enseignants d'économie et témoignent d'un savant dosage entre le libéralisme pur (Villey et Levasseur) et le souci des questions sociales (tous).

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A partir de 1906, la présidence est donnée à des enseignants d'économie. Cauwès préside les agrégations de 1906 et de 1910, Gide celle de 1908. Ce dernier, à la rencontre des réseaux du protestantisme social et du coopératisme, a appelé au jury le professeur Raoul Jay, spécialiste de droit social à Lyon. Mais il a aussi recommandé à la bienveillance du ministre le premier enseignant issu de la nouvelle agrégation (1899), Charles Rist, son collègue et collaborateur à Montpellier, protestant comme lui. Le jury de ces agrégations du premier avant-guerre reflète bien les préoccupations sociales des économistes universitaires de l'époque. En 1910, Brouilhet (agrégation 1899) et Allix (agrégation 1901) représentent la nouvelle génération d'économistes : au nombre de deux sur cinq, ils sont minoritaires et ne peuvent, pour des raisons de prestige et d'ancienneté universitaire, accéder à la présidence. En 1912, l'agrégation n'est pas organisée.

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Le tournant, en matière de domination du jury par les nouveaux agrégés, ne se produit pas encore en 1919, même si Albert Aftalion (agrégation 1901) en fait partie. Il a lieu seulement en 1920. Sous la présidence du vieux juriste pionnier de la statistique Fernand Faure, les quatre juges Allix (1907), Dubois (1903), Aftalion (1901) et Lescure (1910) sont tous issus de la nouvelle agrégation. Quant à la présidence du jury, elle est conquise pour la première fois en 1922, en la personne d'Allix (1901). Par conséquent, le jury de l'agrégation spécialisée, instaurée en 1896 et fonctionnant pour la première fois en 1897, a mis vingt-cinq ans pour être dominé par les reçus de la nouvelle agrégation. Les vingt et un reçus des cinq premiers concours ont tous été recrutés par des enseignants de l'ancienne formation.

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De 1924 à 1936, les jurys sont tous dominés par les nouveaux agrégés, mais il devient courtois d'en donner la présidence aux juristes pionniers de l'enseignement de l'économie politique. C'est le cas en 1924, avec le professeur rennais partisan du catholicisme social Charles Bodin, mais aussi en 1926, avec le libéral Henri Truchy, et en 1930 et 1934, avec le pionnier libéral Camille Perreau. Le jury de 1924 témoigne d'une recherche d'équilibre politique. A côté du professeur catholique Charles Bodin, qui préside cette agrégation, on trouve Paul Pic, professeur à la faculté de droit de Lyon, spécialiste de droit du travail. Il a beaucoup contribué à l'élaboration et à la diffusion de la nouvelle législation. On sent très bien, en 1924, l'influence du ministre du Cartel des gauches sur le recrutement de cette nouvelle agrégation.

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Mais l'année 1926 témoigne d'un retour en arrière. Truchy, libéral, juriste pionnier de l'économie politique, membre de l'Institut, est à nouveau président. Il a associé Clément Colson, libéral intransi geant et favorable à l'économie mathématique. Enseignant à l'Ecole polytechnique et à l'Ecole libre des sciences politiques, ce dernier est nommé par le ministre, au titre de membre de l'Institut. Il ne siège d'ailleurs pas réellement.

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Les jurys suivants sont désormais tous dominés par les nouveaux agrégés, ce qui a des conséquences sur la nature des questions posées aux candidats. Nous les analyserons en dernière partie de cet article. Signalons toutefois la particularité du jury de l'année 1936. En effet, si le président est Lescure, issu de l'agrégation de 1910 et spécialiste de l'analyse des crises, le ministère a nommé membre du jury, au titre de l'Institut, Albert Aupetit. Or, Aupetit a une histoire singulière. Il a été refusé deux fois de suite à l'agrégation, en 1901 et 1903, parce qu'il était walrasien, partisan de l'économie mathématique. Sa thèse sur la monnaie fait date en ce qui concerne l'analyse quantitative de la monnaie, et en même temps, c'est un libéral pur, alors que les autres membres du jury sont plus divers. Le fait d'introduire au jury de l'agrégation un spécialiste de l'écono mie mathématique non agrégé, une personnalité qui a été écartée justement à cause de ses prises de position en faveur de l'économie mathématique, indique bien le tournant de l'agrégation en 1936. On peut dire que, à partir de cette date, il est inexact de prétendre que les jurys de l'agrégation sont, sur le plan de la pensée scientifique, systématiquement hostiles à l'économie mathématique.

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Pour résumer, les agrégés d'économie n'obtiennent la majorité dans les jurys d'agrégation - c'est-à-dire trois sur cinq - qu'en 1922, soit vingt-cinq ans après le premier concours spécialisé. Cette constatation permet de mesurer la lenteur des résultats, sur l'ensei gnement, d'une réforme du recrutement. Et surtout, elle nuance fortement les affirmations péremptoires sur la décisive professionnalisation de l'économie politique dès 1896...

L'exercice du pouvoir

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Il faut ajouter que ce jury a de grands pouvoirs. Nommé par le ministre, investi du droit de recruter les nouveaux agrégés par la puissance publique, il peut modifier le nombre des places attribuées. En général, c'est un arrêté ministériel qui décrète, après consultation, qu'il y aura par exemple quatre places pour le nouveau concours. C'est le cas la première année, en 1897, et le jury sélectionne les quatre candidats. Mais en 1901, alors que le ministère avait attribué trois postes, le jury en demande et en obtient un quatrième. En somme, s'érigeant en interprète des besoins, il a assez de pouvoir pour contraindre le ministère à concéder des créations de postes d'agrégé supplémentaires. Les exemples en sont extrêmement nombreux sur la quantité d'agrégations que nous avons pu étudier en détail.

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Le jury a donc le pouvoir de solliciter et d'imposer au ministère les créations qu'il juge utiles. Ce jury a également le pouvoir de pressentir les candidats pour les jurys suivants. Il est assez puissant, à la fois pour faire créer des postes, et pour pressentir, à deux ans de distance, les candidats qu'il juge dignes d'être cooptés. Cette cooptation peut être synonyme de rejet. Ainsi, lors du concours de 1910, le président du jury Cauwès déclare ouvertement que, tant qu'il sera président du jury d'agrégation, le candidat Antonelli ne pourra jamais avoir l'agrégation, parce qu'il oriente l'économie politique dans un sens contraire à l'évolution scientifique. Rappelons qu'Antonelli, fervent admirateur de Walras, n'avait pu s'empêcher de faire, à l'oral, un discours de principe en faveur de l'économie mathématique. Cauwès, partisan de l'économie historique, y avait été particulièrement hostile. C'est aussi le cas d'Aupetit, candidat malheureux en 1901 et 1903, toujours à cause de ses prises de position walrasiennes. Ce jury, qui peut choisir le nombre des agrégés, sélectionne sans état d'âme, en fonction de ce qu'il estime être l'économie politique.

La sélection

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L'agrégation d'économie a la réputation d'être difficile. L'examen du taux de sélection, calculé en divisant le nombre de candidats reçus par le nombre de candidats inscrits, confirme que la difficulté est variable. Les deux premières agrégations, de 1897 et 1899, reçoivent 30 et 31 % des inscrits. En effet, les besoins sont grands, et des candidats malheureux à l'agrégation de droit se sont reportés sur la nouvelle agrégation. Ensuite, le taux de sélection se stabilise entre 20 et 25 %, puis tombe même à 11 et 13 % dans l'immédiat avant-guerre. Le taux de 1919, avec 50 %, est évidemment anormal : il s'agit de l'agrégation de l'après-guerre, et certains se sont préparés depuis 1910, tandis que d'autres ont disparu. Par la suite, les taux de sélection s'établissent entre 12 % et 30 %, 12 % correspondant à la déflation de 1934, et 30 % à la générosité de Tardieu. Mais si l'on retire du calcul l'agrégation exceptionnelle de 1919, le taux moyen s'établit autour de 20 %. Un candidat sur cinq aurait donc sa chance, si l'on en croit les chiffres.

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En réalité, il faut faire intervenir d'autres éléments qui n'apparaissent pas dans ces données générales. On peut se présenter à partir de 25 ans, et toute sa vie si l'on veut. Mais au bout de deux tentatives, si le jury manifeste son rejet au candidat, il a très peu de chances, dans les conditions normales, d'avoir jamais le concours. Les autoéliminations sont donc importantes, parfois même après l'inscription (265 candidats réels pour 288 inscrits entre 1897 et 1936).

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Le concours renforce ou confirme la centralisation universitaire. Au début, en 1897, le tiers environ (4 sur 13) des candidats s'est préparé à Paris, alors que Grenoble, Lyon et Montpellier en présentaient chacun trois. Dès 1906, la moitié (8 sur 16) est atteinte pour Paris. Jusqu'à la guerre de 1914-1918, quelques facultés de droit réussissaient à garder leurs agrégatifs : Aix, Bordeaux, Dijon, Lille, Montpellier et, dans une moindre mesure, Poitiers et Toulouse. Mais le mouvement de concentration à Paris se confirme dans les années 1920 et, sauf années exceptionnelles, se stabilise entre 50 et 60 %. Alger, Bordeaux, Nancy et Poitiers gardent une préparation. La seule ville qui tente, pendant toute la période, de résister à Paris, est Lyon, avec, bon an mal an, entre 1 et 3 candidats. Mais en 1936, sur 30 candidats, 18 se présentent sous la rubrique "Université de Paris". La suprématie de Paris s'est accentuée pendant la période.

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L'âge moyen des reçus est d'environ 31 ans. Comme toutes les moyennes, il est infléchi par quelques cas âgés et non typiques. L'âge le plus fréquent, l'âge modal, pour se présenter à l'agrégation, est 28 ans.

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En 1926, de jeunes candidats se présentent, puisque l'on a l'âge moyen le plus bas, 26 ans, qui s'explique en particulier par la candidature d'André Philip et de Garrigou-Lagrange, qui ont tous les deux tout juste 25 ans. D'autres cas de jeunes reçus, et du premier coup, sont François Perroux en 1928, âgé de 25 ans, et Daniel Villey, lui aussi premier pour son premier concours, à 25 ans, à l'agrégation de 1938. Même si leur carrière scientifique est très différente, leur carrière académique est longue et brillante, dans la logique de l'époque.

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Le nombre moyen de concours passés par candidat reçu est de 2,1 pour les dix-huit agrégations étudiées. Les reçus dès la première fois restent une exception, et leur réussite est parfois davantage synonyme de conformité à ce qu'attend le jury que d'originalité scientifique. François Perroux est, là encore, une exception.

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Majoritairement, on se présente deux fois à l'agrégation, ce qui implique une préparation de quatre ans. Au nombre des reçus appelés à faire de grandes carrières, Albert Aftalion, Bertrand Nogaro ou Gaétan Pirou se sont présentés deux fois. L'originalité d'une prestation orale peut être source de rejet ou de pénalité en matière de place.

Répartition des agrégés par âge (1897-1936)Illustration 1
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L'agrégation instaurée en 1896 a donc réussi à autonomiser le recrutement d'un corps enseignant. Mais elle a eu d'autres conséquences : par les questions qu'elle a choisi de poser aux candidats, elle a conduit une évolution de la formation à laquelle s'astreignaient les agrégatifs. Il nous faut voir maintenant dans quel sens et dans quelle mesure les jurys ont choisi d'agir.

L'agrégation et l'évolution de la formation

Les sujets de l'écrit : méthodologie et conjoncture

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Les sujets des compositions écrites de 1899 à 1936 nous sont connus par les dossiers d'archives. Pour ceux de 1938, nous avons dû avoir recours à une autre source, le programme des facultés de droit.

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Jusqu'en 1919, les sujets ont plutôt un caractère social ou économico-social. Ils concernent l'assurance (deux sujets sur six), la participation aux bénéfices ou encore le rôle de la petite propriété rurale (ce qui est tout à fait un sujet proche du droit, puisqu'il s'agit d'en justifier ou d'en limiter le rôle), les plus-values foncières dans les villes, ou, enfin, la législation et les pratiques des sociétés de secours mutuels. Il faut noter le sujet de 1901 : "Y a-t-il lieu de protéger le travail national contre l'immigration étrangère ?". Là encore, on provoque une réflexion sur l'attitude à trouver face à l'hostilité spontanée vis-à-vis des immigrants, réaction qui pourrait menacer le consensus. On reste dans la tradition de la finalité du droit, c'est-à-dire de tout ce qui contribue à une réflexion sur le ciment social. Mais cette réflexion sur les formes sociales a un caractère réformiste.

Les sujets de l'écrit (1899-1910)

De 1899 à 1910, les sujets des compositions écrites sont les suivants. En 1899 : "Sur quels principes économiques repose la théorie de l'assurance ?". En 1901 : "Y a-t-il lieu de protéger le travail national en France contre l'immigration étrangère ?". En 1903 : "Les plus-values foncières dans les villes". En 1906 : "La participation aux bénéfices dans l'industrie et le commerce". En 1908 : "De la petite propriété rurale dans les peuples modernes, les idées, les faits, les lois". En 1910 : "Rechercher dans quelle mesure la législation et les pratiques des sociétés françaises de secours mutuels sont conformes aux principes de l'assurance".

Les 71 premiers agrégés, 1897-1938Tableau2
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L'immédiat après-guerre correspond à un temps de rupture, dans le domaine de la méthodologie. Ce n'est pas seulement la composition des jurys, qui marque un tournant irréversible, mais aussi le choix des sujets. Le sujet de la composition écrite de 1919 demande aux candidats de "Classer et apprécier les principales catégories de documents officiels de statistiques économiques publiés actuellement en France, en tenant compte notamment des méthodes employées dans le dénombrement et le dépouillement". En 1920, cette orientation se confirme : "Définir et démontrer, en l'illustrant autant que possible par des exemples, le rôle de la statistique dans l'étude des phénomènes économiques et la recherche des rapports existants entre eux". Aucun candidat à l'enseignement de l'économie en faculté de droit ne pourra plus, à partir de 1920, se désintéresser de l'initiation à la méthode statistique. Tous les membres du jury sont intéressés par le problème. Faure en est le pionnier, Aftalion et Lescure ont déjà, individuellement, dans leurs analyses des crises, mis en oeuvre ces techniques. Mais ils sont maintenant en situation de pouvoir, et ils s'en servent pour rendre ces méthodes indispensables à tous ceux qui veulent l'agrégation. Allix les a utilisées pour réfléchir sur les finances publiques. Seul Dubois, plutôt spécialiste de la pensée économique au XVIIIe siècle, y est indifférent. La présence d'Aftalion dans le jury montre que l'on a dépassé la simple statistique descriptive pour intégrer une véritable réflexion statistique, à l'image de celle du monde anglo-saxon. Les sujets intégrant de la méthodologie statistique obligent désormais les candidats à une information méthodique en ce domaine.

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Les sujets des années suivantes supposent acquise cette exigence, et collent d'assez près à la conjoncture. L'année 1922, au coeur de la polémique sur les réparations, pose comme sujet : "De l'importation et de l'exportation des capitaux comme élément du commerce international". L'année 1924 questionne les candidats sur "Les moyens de résistance de la petite industrie". La reconstruction en France commençait à modifier le paysage économique, et les contemporains se demandaient si l'on devait reconstruire à l'identique ou, avec l'effort de rationalisation, accentuer la concentration de l'industrie. En 1926, la réflexion porte sur les statistiques douanières : "Les statistiques douanières, leur mode d'établissement et leur degré de certitude, et l'influence à ces deux points de vue des perturbations monétaires". Là encore, les préoccupations du présent se répercutent très directement sur le sujet d'agrégation, puisque les Français ont les yeux fixés sur l'évolution du franc et sur la baisse de sa valeur, à laquelle ils attribuent un rôle extrêmement négatif, sans poser d'ailleurs le problème de savoir si cette baisse n'est pas justement la cause du développement du commerce extérieur.

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Le sujet de 1928, "Dans quelle mesure, les dernières réformes monétaires ont-elles, dans leurs mécanismes et leurs conséquences, infirmé ou confirmé les deux grandes théories relatives au change, l'une fondée sur la balance des comptes, l'autre sur la quantité de monnaie en circulation ?", fait réfléchir les candidats sur la réforme Poincaré, sur la stabilisation du franc.

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En 1930, la crise, mieux perçue qu'on ne le dit habituellement, conduit le jury à interroger sur "La solidarité internationale des marchés financiers et ses limites". En 1932, alors que la baisse du commerce extérieur devient une évidence, les candidats sont invités à réfléchir sur "Le tableau du commerce extérieur français depuis 1880, et ses relations statistiques avec le tableau des indices des prix de gros". Là encore, une réflexion historique, à partir de la statistique descriptive, doit aboutir à une analyse théorique de l'évolution du commerce extérieur, dans ses rapports avec le mouvement des prix de gros. En 1934, on invite à une réflexion sur l'expérience américaine : "Etudier, commenter, expliquer les mouvements essentiels de l'indice général des prix aux Etats-Unis de 1860 à 1884 (index général des prix aux Etats-Unis 1926 base 100)". En 1936, on demande aux candidats de "préciser s'il existe des relations entre le niveau des salaires et l'ampleur du chômage involontaire en utilisant toute statistique appropriée". En arrière-plan, la polémique suscitée par Jacques Rueff dans la Revue d'économie politique, où il avait défendu la thèse selon laquelle seule une baisse des salaires pourrait faire sortir de la crise. La relance par la demande n'est pas un thème ignoré dans les milieux politiques. En 1938, le sujet pose le rapport de "l'influence des facteurs économiques sur l'évolution démographique, à partir de tableaux et de courbes statistiques fournis aux candidats".

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Analyser les faits à la double lumière de la méthode historique et de la statistique, repenser les théories à partir de ces analyses, et utiliser l'ensemble de la démarche pour régler les problèmes du présent, tout ce qui caractérise l'économie telle qu'on la pratique dans les facultés de droit se dessine dans le choix des questions d'écrit de l'agrégation.

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Les outils mis à la disposition des candidats confirment cette évolution. Jusqu'en 1910, les candidats avaient, comme seuls outils de travail, des codes : le Code de Tripier et Carpentier, le Recueil de lois de Duvergier et Les Lois sociales de Challey-Bert et A. Fontaine. A partir de 1919, ils disposent de l'Annuaire statistique de la France et, en 1935-1936, du Bulletin mensuel de la SDN. Les sujets impliquent toujours, désormais, le maniement des statistiques. De 1897 à 1910, en gros jusqu'à la guerre de 1914, l'économie politique est conçue comme une réflexion sur ce qui permet l'équilibre social, sur l'inven tion de lois sociales permettant de gérer les difficultés sociales liées à la révolution industrielle. Il faut inventer une nouvelle législation tenant compte des nouveaux problèmes sociaux. L'usage des statistiques est exigé à partir de 1919, si bien que l'agrégation a joué un rôle tout à fait évident, non seulement comme révélatrice des préoccupations dominantes du moment, mais aussi comme instigatrice des préoccupations qui devaient être celles des candidats soucieux de leur réussite.

Les sujets de l'oral et le champ de la discipline

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Nous avons étudié en détail les leçons d'oral de 1899 et de 1910, et celles de 1936 et de 1938. Pour les deux premières agrégations considérées, on perçoit le passage des préoccupations de droit social à un début d'analyse de la seconde révolution industrielle. On retrouve en 1899 la réflexion sur les assurances, sur une bonne législation et sur le rôle de l'autorité publique sur les prix, sur l'innovation, sur les sociétés par actions et, en même temps, sur les droits de douane. En 1910, les sujets commencent à prendre une dimension plus économique. Il y a une certaine continuité (par exemple sur le syndicalisme). Les sujets introduisent une réflexion sur la relation entre la monnaie métallique et le cours forcé, sur la natalité, sur le fonctionnarisme, sur les traités de commerce. Les aspects les plus actuels doivent retenir l'attention des candidats : la publicité, ou encore cette production décisive de la seconde révolution industrielle qu'est l'automobile.

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En 1936, les sujets ont une tonalité beaucoup plus économique. Naturellement, la réflexion sur l'idée de faire face à la crise par les possessions coloniales préoccupe obligatoirement les candidats. Mais les lois économiques en rapport avec le système de propriété, la notion de classe en économie politique, la réflexion sur le concept de capital reflètent les préoccupations politiques du moment ; l'étude du régime corporatif aussi. Des questions nettement plus économiques s'y ajoutent : l'analyse de la politique de Roosevelt, comment prévenir les crises économiques et faut-il pour cela refuser l'innovation et le progrès techniques ; et bien entendu les classiques préoccupations monétaires. Tout cela concerne les leçons d'économie politique et, là encore, les candidats sont invités à mener leur réflexion théorique à partir du réel.

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Les questions de 1938 confirment cette évolution. Au nombre de 32, elles se regroupent autour de quatre types de sujets : l'économie sociale (5 sujets), le rôle de l'Etat dans l'économie (5), des monographies (3), mais, cette fois, les questions économiques l'emportent (19 sur 32). Les leçons d'explication de textes confirment l'ouverture aux aspects modernes de l'économie : 10 leçons sur 32 portent sur des oeuvres de Walras. L'influence d'Aupetit a été décisive. Il est donc impossible de soutenir, comme on le dit trop souvent, à la "lumière" du refus de la vérification historique, que les enseignants économistes des facultés de droit ignoraient les faits et niaient l'existence de l'économie mathématique. La place relative qu'ils lui attribuaient est un autre débat.

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En somme, le concours a joué son rôle. Il a induit la production d'un personnel spécialisé et a permis à la discipline de dessiner son champ. Sans y renoncer, elle s'est écartée peu à peu des seules préoccupations juridico-sociales du début du siècle, pour se dessiner un domaine spécifique. La compétence est liée à l'usage d'une méthode, appuyée sur l'histoire et la statistique. La discipline s'est différenciée du droit. Ces deux aspects, un recrutement particulier et une compétence spécifique, correspondent bien à la définition de la professionnalisation.

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Mais la discipline tient à sa relation avec le concret et avec les préoccupations du moment. La gestion de la Cité, l'aspect politique de l'économie constituent son domaine. L'économie mathématique n'est pas ignorée, en tout cas des jeunes agrégés de la fin des années 1930, mais ils vont faire leurs premières armes dans les facultés de province. L'agrégation est à la fois la source et le révélateur de la démarche qui assure, en dépit des critiques de quelques jeunes ingénieurs isolés, ce qui, en cette fin des années 1930, est considéré comme la véritable compétence. Mais dans quelle mesure peut-on l'exercer quand on est jeune et en province, dans une société universitaire si hiérarchisée, dans une France encore si jacobine ?

Notes

[1]

Voir à ce sujet l'ouvrage de Lucette Le Van-Lemesle, Le Juste ou le Riche. L'enseignement de l'économie politique, 1815-1950, Comité pour l'histoire économique et financière de la France (tél : 01 58 28 98 18 ; courriel : comite-histoire@institut.minefi.gouv.fr), 787 p., 35 e. Merci à l'auteur et au Comité de nous avoir permis d'en reprendre le chapitre 10, dont cet article est une version légèrement raccourcie et remaniée [NDLR].

[2]

Rapport de Poincaré au président de la République, 30 avril 1885.

[3]

Ces copies sont conservées et consultables à la bibliothèque Cujas.

[4]

Ce rapport est reproduit en intégralité dans le livre de Lucette Le Van-Lemesle [NDLR].

Plan de l'article

  1. Le fonctionnement du concours
    1. Les conditions
    2. Le déroulement du concours
  2. Les jurys : conquête et pouvoirs
    1. La conquête des jurys
    2. L'exercice du pouvoir
  3. La sélection
  4. L'agrégation et l'évolution de la formation
    1. Les sujets de l'écrit : méthodologie et conjoncture
    2. Les sujets de l'oral et le champ de la discipline

Pour citer cet article

Le Van-Lemesle Lucette, « 1897 : l'agrégation comme outil de professionnalisation », L'Économie politique, 3/2004 (no 23), p. 52-71.

URL : http://www.cairn.info/revue-l-economie-politique-2004-3-page-52.htm
DOI : 10.3917/leco.023.0052


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