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L'Économie politique

2005/1 (no 25)


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Après une période où la puissance du capital a dominé, pendant la plus grande partie des années1990, l'un des événements les plus importants, et dans un sens les plus porteurs d'espoir, dans la politique mondiale, est peut-être l'émergence de formes mondialisées de résistance, que l'on a pu appeler "antimondialistes", "altermondialistes", "anticapi talistes" ou mouvements de "justice sociale". De telles mobilisations cherchent à obtenir un ordre mondial plus juste, plus durable et plus démocratique. La variété des termes utilisés pour les décrire reflète la diversité des objectifs et des institutions qui forment les rangs progressistes. On a pu constater l'ampleur actuelle, et plus encore potentielle, de ces forces en février2003, lors de la plus grande manifestation politique qui a jamais eu lieu, impliquant 8 millions de personnes dans le monde entier pour s'opposer au projet d'invasion de l'Irak.

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Une démonstration aussi spectaculaire de puissance populaire semblait, à ce moment-là, confirmer dans l'esprit de beaucoup qu'une nouvelle force politique mondiale de première importance avait vu le jour. Nombre d'observateurs bien informés, dont le New York Times, organe de l'élite américaine, décrivirent ces mouvements comme reflétant l'émergence d'une "seconde superpuissance" cherchant à limiter et à défier la suprématie américaine et la mondialisation néolibérale. Malgré l'hyperbole du New York Times, ni le Conseil de sécurité de l'ONU, ni l'Otan, ni les mouvements antiguerre ne parvinrent à empêcher l'invasion et l'occupation de l'Irak par les Etats-Unis. Et entre le 11septembre 2001 et l'invasion de l'Irak, dans un climat beaucoup plus militant et politiquement conservateur, il sembla que le programme progressiste initial, qui voulait transformer les structures de gouvernance et d'accumulation dans l'économie politique mondiale, se délitait et perdait de son élan.

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Dans ce contexte, beaucoup ont avancé, avec une déception manifeste, que les mouvements sociaux se sont affaiblis devant l'attaque américaine, qu'ils n'ont pas réussi à empêcher la guerre, qu'en Europe ils ont eu peu d'influence sur leurs propres gouvernements, pour la plupart sociaux-démocrates, qui soutenaient en réalité la guerre. Ils n'ont pas pu obliger les nations les plus riches à tenir leurs engagements sur la réduction du fardeau de la dette des pays en développement. Ils n'ont arraché à leurs gouvernements que de bien faibles efforts -voire aucun- pour que ceux-ci tiennent leurs engagements, pris dans le cadre des "Objectifs du millénaire pour le développement". Ils n'ont été à l'origine que de peu de progrès -voire aucun - dans le traitement des problèmes économiques et sociaux internes, comme le chômage de masse en Europe. Tous ces développements semblent s'être combinés pour tracer des perspectives très pessimistes pour les forces progressistes, et ils ont accentué les divisions, par exemple entre ceux qui sont favorables à des méthodes insurrectionnelles et ceux qui cherchent à provoquer des réformes en travaillant dans le cadre des institutions dominantes.

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Il semble que nous ayons atteint un tournant, où beaucoup de gens considèrent maintenant que ces mouvements sont politiquement en perte de vitesse. Certains posent des questions : qu'est-ce qui est allé de travers ? que peut-on faire pour y remédier ? Si un mécanisme s'est enrayé, il nous faut savoir comment il fonctionne pour le remettre en marche. Pour y contribuer, je voudrais évoquer cinq séries de questions auxquelles nous devons prêter attention dans nos réflexions.

Un mouvement souple et varié

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En premier lieu, je pense qu'il nous faut prendre du recul sur les causes de l'émergence de ces forces, donc lier le passé, le présent et l'avenir dans nos évaluations politiques. Pour comprendre les mouvements progressistes contemporains, il faut étudier les réussites et les échecs d'une longue lignée de politiques progressistes, qui remontent au moins aux XVIe et XVIIe siècles, aux premières luttes pour la représentation politique et l'égalité -combat pour la représentation qui se poursuit et doit continuer dans son sens le plus élémentaire.

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La caractéristique la plus fondamentale des nouvelles forces de la politique mondiale est peut-être qu'elles vont bien au-delà des formes communistes ou socialistes de progressisme. Même si les mouvements socialistes du XIXe siècle ont permis de nombreuses avancées, une de leurs faiblesses était justement leur définition relativement étroite de la politique : la primauté était donnée à la politique de production et aux luttes entre le capital et le travail. Ce qui signifie que bien d'autres questions importantes -liées aux conditions de vie, à l'impérialisme, au racisme, aux relations entre les hommes et les femmes, et plus largement à ce que les féministes appellent la reproduction sociale, ainsi qu'aux relations entre les êtres humains et la nature- étaient reléguées au second plan. Les mouvements progressistes d'aujourd'hui, contrairement à leurs prédécesseurs socialistes et communistes des XIXe et XXe siècles, s'intéressent plus largement aux conditions de vie, aux structures et aux processus d'oppression, et à leur façon de se combiner, à l'intérieur de différentes communautés politiques et entre elles. Leur forme politique est beaucoup plus souple et variée que celle des partis politiques de l'ère moderne -en ce sens, nous faisons face à l'émergence d'une nouvelle forme politique postmoderne.

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Deuxièmement, nous devons continuer à nous demander en permanence comment les mouvements appréhendent les principaux aspects du monde dans lequel nous vivons, en particulier l'expérience quotidienne qu'ont les différentes communautés des problèmes et des contradictions liés aux structures dominantes de mondialisation et de mal-développement -celles déterminées par la puissance des entreprises et par les formes militantes de néolibéralisme disciplinaire [2][2] C'est-à-dire un ordre global dominant fondé sur la.... Je reviendrai sur cette question à propos du récent tsunami de l'océan Indien, qui a provoqué d'énormes pertes humaines et des dégâts considérables.

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Troisièmement, il nous faut éviter l'erreur de supposer que toutes les forces d'opposition devraient réagir ensemble et uniformément à tous les problèmes, ou constituer une organisation unifiée sous la forme d'un parti politique traditionnel avec une finalité, des objectifs et des conditions strictes à respecter pour y adhérer. Pour comprendre les forces altermondialistes, il vaut mieux les regarder comme un "mouvement de mouvements". Même s'il en résulte évidemment un manque d'organisation, le leadership appartient en réalité à l'ensemble des membres, qui sont non seulement très divers, mais dont le nombre est potentiellement illimité, ce qui les rend difficiles à récupérer politiquement ou à intimider.

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Quatrièmement, nous pouvons donc commencer à réinventer des formes d'organisation politique en termes de mouvements, et non d'institutions, dont les principales caractéristiques seraient la diversité et l'unité autour de l'identification de problèmes communs et de l'empathie avec la souffrance des autres. Ce sont fondamentalement des mouvements Nord-Sud, fondés sur l'équité et la reconnaissance mutuelle, et qui ne donnent pas une place prioritaire aux ouvriers d'usine considérés comme l'"avant-garde" du prolétariat, mais comprennent des paysans aussi bien que des travailleurs urbains, des féministes, des écologistes, des anarchistes, des peuples indigènes et une large palette de forces progressistes, dont des Eglises et de nombreux experts de haut niveau, scientifique et technique. De plus, ils sont reliés mondialement grâce à de puissants moyens de communication, comme Internet, et leur message, propagé par des innovations culturelles et communicationnelles, est popularisé par le canal de médias radicaux ayant également pour fonction de placer sous une surveillance vigilante les pratiques des pouvoirs dominants. Les critiques peuvent être communiquées instantanément dans le monde entier, et comme ces médias utilisent des structures exploitées par des entreprises commerciales, il est difficile, voire impossible au pouvoir en place de limiter ou d'interdire leur usage. Cette large base de connaissance, de capacité et d'action permet de constater l'évolution des conditions d'existence d'une grande majorité de la population mondiale, et de procurer les moyens qui pourront les transformer.

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Cinquièmement, pour comprendre les potentiels futurs de ces mouvements, nous devons non seulement regarder quelle est la crédibilité de leurs propositions politiques et de leurs principes d'action, mais plus fondamentalement dépasser les idées reçues sur la conception d'une organisation politique, et nous intéresser aux utopies ou aux mythes réalisables que ces mouvements peuvent traduire.

Quelle stratégie politique ?

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Dans ce contexte, comme pour toute force politique véritable, il y a besoin d'une stratégie crédible et d'un ensemble de propositions d'action qui aient un impact pratique. Comme ces mouvements cherchent à protéger à la fois les avantages sociaux durement acquis et les moyens d'existence de différentes communautés, un volet de cette stratégie est nécessairement défensif, étant donné la propension du capital à privatiser et à marchandiser les principaux aspects de la vie quotidienne et de la nature. Mais une stratégie politique efficace à long terme ne peut être purement défensive : il leur faut chercher à reconquérir le terrain en traitant efficacement de questions politiques précises -et s'efforcer de remporter des victoires ou des gains concrets qui montrent leur force politique, leur potentiel et leur attrait croissants. C'est pourquoi le programme et les débats des mouvements altermondialistes sont concentrés sur quelques questions d'intérêt général, telles que la politique de la dette, l'indépendance alimentaire et les droits fondamentaux à des conditions d'existence, conduisant à lutter contre la privatisation des services publics et des ressources vitales, comme l'approvisionnement en eau. Certains membres de ces mouvements proposent donc que, sous une forme ou une autre, un accord se fasse sur la définition de priorités et sur des actions coordonnées, afin de remporter une victoire mondiale ou régionale dans l'un de ces domaines.

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Pour l'instant, la façon de déterminer les priorités n'a pas encore été arrêtée : le débat est vif, dans les différents forums nationaux et régionaux, comme le Forum social mondial et le Forum social européen, et à l'intérieur des organisations plus spécialement consacrées aux questions économiques et financières, comme Attac. Les débats ne peuvent cependant être réduits à ces forums, car ils impliquent nombre de forces et de mouvements différents, par exemple le Mouvement des paysans sans-terre du Brésil, les groupes révo lutionnaires indigènes (comme les zapatistes au Mexique) et des organisations porteuses de propositions particulières (comme le Forum international sur la mondialisation), qui tous formulent des recommandations détaillées pour la réforme et la transformation du système financier et économique, comparables à celles d'Attac en matière de taxation et de redistribution équitables. Il faudra néanmoins décider, à propos de questions de long terme et d'autres plus immédiates, en particulier lorsque des victoires locales ou mondiales relanceront les mouvements et renforceront leur solidarité et l'optimisme de leur volonté. Dans le même temps, il faut se saisir des questions et des défis immédiats, de façon à redéfinir les problèmes mondiaux pour éclairer le public -dont une bonne partie est favorable aux finalités progressistes des mouvements et à leurs objectifs de réforme et de transformation de l'ordre mondial.

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Par exemple, face à l'énorme mouvement d'empathie populaire et d'empressement à apporter des secours significatifs aux victimes de la catastrophe tragique provoquée par le tsunami de décembre dernier dans l'océan Indien, il est important que les mouvements et leurs porte-parole participent au débat sur l'aide humanitaire internationale. Ils doivent s'efforcer d'expliquer la nature et les conséquences de la catastrophe, et montrer le lien avec les inégalités mondiales et la marginalisation des populations vulnérables dans le contexte de la mondialisation néolibérale.

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Même si l'on peut applaudir le geste des gouvernements qui ont promis des sommes importantes pour secourir les victimes et pour traiter des problèmes urgents, comme la fourniture d'eau chlorée et d'installations sanitaires efficaces, il appartient aux mouvements de montrer pour quelles raisons les régions les plus touchées en Indonésie et au Sri Lanka ont tant souffert. Situées en marge des intérêts des gouvernements centraux, elles ont supporté le fardeau des politiques d'ajustement structurel et du service de la dette. Des ressources qui auraient dû être consacrées aux besoins sociaux fondamentaux de fourniture d'eau potable, d'abris et d'installations sanitaires efficaces ont été détournées pour rembourser des dettes extérieures toujours croissantes, transférant d'énormes ressources des pauvres vers les riches. Dans le cas de l'Indonésie, beaucoup de ces dettes ont été contractées sous la dictature de Suharto et ont servi à alimenter les comptes bancaires en Suisse de sa famille et de ses réseaux de copains et de coquins. D'autres emprunts ont financé des équipements militaires utilisés pour réprimer la population indonésienne, par exemple au Timor oriental. L'ironie de la chose, c'est que lorsque l'ampleur du désastre impose que l'armée intervienne pour apporter du secours, les militaires indonésiens paraissent déplorablement défaillants. En outre, beaucoup de gouvernements riches, par exemple celui du Royaume-Uni, qui ont proposé un moratoire sur le remboursement de l'énorme dette de l'Indonésie, le font en se référant à des emprunts contractés secrètement pour équiper et entraîner l'armée de ce pays.

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Il faut également souligner, comme le notait le Financial Times dans un éditorial du 31décembre 2004, que la catastrophe provoquée par le tsunami a laissé l'économie mondiale "impassible", et que "les marchés financiers ont affiché une indifférence calculée" à l'horreur, principalement parce que les communautés affectées sont extrêmement marginales par rapport aux processus globaux d'accumulation et de création de profit. Les dommages qu'elles ont subis représentent une proportion infime du PIB annuel de chacun des pays touchés, et l'industrie mondiale de l'assurance n'a pas grand-chose à craindre, dans la mesure où les plus pauvres, par définition, ne sont pas ou peu assurés.

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Ce cas montre aussi la complicité des élites locales et des classes dirigeantes avec les institutions financières et les patrons de firme qu'elles servent. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international(FMI) ont fait pression pour que des services de première nécessité soient privatisés, provoquant la hausse des prix de produits vitaux, comme l'eau potable, ce qui la rend inaccessible aux plus pauvres et aux plus vulnérables et signifie que peu de réserves sont sauvegardées. Il ne suffit pas d'affirmer que bien des inefficacités de ces pays illustrent le mauvais usage de l'aide au développement, qui est en fait utilisée au profit des investissements étrangers et des programmes de privatisation, dont beaucoup dépossèdent les communautés les plus pauvres de leurs moyens d'existence.

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Il est donc important, pour les nouveaux mouvements, de tenter de reformuler les débats mondiaux, pour reprendre l'offensive politique après le retour de la domination des forces conservatrices, qui se sont appuyées sur la guerre contre le terrorisme, à la suite du 11-Septembre. Dans cette voie, les promesses fallacieuses des pays riches de réduction de la dette des pays les plus pauvres doivent être dénoncées. Une nouvelle dynamique doit être trouvée sur cette question, qui peut changer beaucoup de choses pour les pauvres, à condition que des formes réellement démocratiques de conditionnalité (dont la participation aux décisions des forces populaires, par opposition aux classes dominantes et aux élites mondialisées) soient liées à la réduction de la dette et par conséquent à toute attribution d'aide à la suite de la catastrophe. De cette façon, les économistes, les responsables de la santé publique et les scientifiques progressistes pourront être associés aux forces de démocratisation dans les projets de reconstruction.

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En conclusion, la vraie question, pour l'avenir des mouvements altermondialistes, est de savoir s'il est possible d'identifier et d'ima giner de nouvelles formes d'organisation politique démocratique en mesure de s'attaquer aux problèmes urgents de notre époque, dans une perspective de long terme liée à la prise de conscience de l'énorme potentiel des hommes. J'entends par organisation politique la capacité d'une action collective qui conduise à une transformation de la société, de l'économie politique et des relations entre les êtres humains et la nature.

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Cette capacité exige non seulement une organisation politique efficace, mais aussi des aspirations ou des mythes politiques fondateurs qui donnent une identité et une impulsion aux diverses forces politiques nationales et transnationales. Les mythes dominants des nouveaux mouvements altermondialistes sont liés à la tentative de garantir une sécurité humaine et intergénérationnelle sur et pour la planète, ainsi qu'un développement démocratique de l'humanité et des droits de l'homme. Cette nouvelle forme dpolitique cherche et doit continuer à chercher à créer un nouveau langage politique qui permette de traduire les divers points de vue et traditions, pour les rendre mutuellement compréhensibles par les peuples des différentes nations et communautés dans une nouvelle forme d'internationalisme.

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Dans ce contexte, il faut souligner que d'importantes innovations, en matière d'organisation politique, viennent de groupes qui n'ont apparemment aucun pouvoir, notamment lorsqu'ils sont reliés et associés avec d'autres forces et d'autres mouvements dans le monde. Par exemple, les paysans sans-terre du Brésil ont réussi non seulement à s'emparer de terres et à les rendre productives, mais aussi à développer une nouvelle forme de société et de culture impliquant de nouveaux concepts de pouvoir, de production et de reproduction sociale, grâce à l'action collective. Les paysans brésiliens -alliés à des travailleurs des villes, à des intellectuels, à d'autres forces progressistes et à des Eglises- ont donc pris le contrôle non seulement de terres non exploitées de propriétaires absentéistes, mais de leur propre vie et de leur propre destin. De tels mouvements, pédagogiques, politiques et populaires, s'étendent et touchent d'autres groupes, en Amérique latine et ailleurs, non seulement pour résister aux politiques de spoliation, mais aussi pour créer de nouvelles formes d'identité et de communauté politiques, par exemple les zapatistes ou les Indiens U'Wa en Colombie. Leurs exemples inspirent d'autres groupes dans leur lutte pour affirmer leur identité, leur dignité et leur droit à l'existence. Ils offrent aussi une alternative épistémologique aux modes dominants de voir et d'interpréter le monde. Dans le même temps, ils sont en relation avec des regroupements politiques plus larges, tels ceux qui se réunissent à Porto Alegre (ville connue pour son autogestion par et pour le peuple). Ils ont un poids significatif dans les réseaux constitués autour du Forum social mondial et peuvent à la longue influencer leurs gouvernements nationaux, les institutions régionales, et servir d'exemple et de référence à l'échelle internationale.

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Nombre de ces groupes sont en train de s'unir pour former un nouveau parti politique transnational divers dans sa forme, un ensemble de forces en mouvement montrant qu'il existe des alternatives à un ordre politique ordinaire ligoté par la loi constitutionnelle et par les "nouveaux cadres constitutionnels" de l'Organisation mondiale du commerce(OMC), de la Commission européenne, de l'Accord de libre-échange nord-américain(Alena) et de nombre d'autres structures de régulation qui soutiennent le pouvoir dominant des possédants et des élites globales, c'est-à-dire le Forum économique mondial de Davos. Dans ce nouvel ordre global, les mondialisations se confrontent donc de façon croissante sur les questions fondamentales de politique économique, de sécurité humaine et de droits de l'homme, et finalement sur la question de ce que signifie "être civilisé".

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Traduction de Marc Mousli

Notes

[1]

Auteur de Power and Resistance in the New World Order, Palgrave Macmillan, 2003. Dernier ouvrage paru, en codirection avec Isabella Bakker : Power, Production and Social Reproduction : Human In/Security in the Global Political Economy, Palgrave Macmillan, 2004.

[2]

C'est-à-dire un ordre global dominant fondé sur la primauté des relations de marché, imposées dans toutes les formes de relations sociales, et une marchandisation du monde confortée par un " nouveau constitutionnalisme " qui empêche le contrôle démocratique des classes dominantes. Sur toutes ces notions présentes dans l'oeuvre de Stephen Gill, voir son texte dans L'Economie Politique n?2, 2etrim.1999 [NDLR].

Plan de l'article

  1. Un mouvement souple et varié
  2. Quelle stratégie politique ?

Pour citer cet article

Gill Stephen, « Le choc des mondialisations et l'avenir des mouvements progressistes », L'Économie politique, 1/2005 (no 25), p. 67-75.

URL : http://www.cairn.info/revue-l-economie-politique-2005-1-page-67.htm
DOI : 10.3917/leco.025.0067


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