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L'Économie politique

2005/1 (no 25)


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Depuis 1999 et les manifestations de Seattle, la contestation de la mondialisation néolibérale semble en plein essor. Les manifestations, contre-sommets, forums sociaux mondiaux et européens, se multiplient, et une organisation " alter " comme Attac revendique aujourd'hui plusieurs dizaines de milliers d'adhérents en France. Comment comprendre l'émergence de cette nouvelle cause ? Qu'est-ce qui fait la spécificité de ce mouvement social ? Est-il durable ? Pour répondre à ces questions, il faut commencer par tordre le cou à un certain nombre d'idées reçues qui, le plus souvent, ne s'appuient sur aucune observation empirique.

Une logique nationale

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L'altermondialisme est souvent présenté comme le produit de la mondialisation qu'il combat. Il serait le reflet des transformations du capitalisme et de l'impuissance supposée croissante des Etats à contrôler les flux mondiaux des échanges économiques, mais aussi culturels et sociaux. Il manifesterait l'obsolescence de l'espace national comme cadre d'action collective et traduirait l'émergence d'une "société civile transnationale", facilitée par l'essor des moyens de transport et de communication comme Internet. En ce sens, c'est moins la tentation d'un repli sur le national, qui caractériserait ce mouvement, que l'extension des processus de mobilisation au niveau international et leur adaptation à un nouveau contexte, celui d'un monde "global" impliquant de nouvelles formes de régulation et de participation des citoyens.

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Cette analyse fournit un schéma intéressant pour penser les processus globaux qui sont au principe de la "transnationalisation" de la protestation. Elle fait écho au modèle de la "structure des opportunités politiques" développé par la sociologie américaine des mouvements sociaux, qui met l'accent sur l'influence déterminante des contextes socio-économiques, politiques et institutionnels sur la capacité de mobilisation des groupes sociaux. Mais elle repose sur des évidences trompeuses D'abord, l'idée que l'altermondialisme reflète l'émergence d'une société civile transna tionale se fonde sur un postulat contestable : les contre-sommets et les forums sociaux seraient le fait de coalitions internationales se développant largement au-delà des espaces nationaux.

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L'observation empirique des mouvements et des mobilisations altermondialistes conduit à nuancer fortement ce constat. S'ils attirent des participants de toute nationalité, les contre-sommets et les forums sociaux, en particulier européens, restent encore dominés par des logiques nationales. Leurs comités d'organisation sont pour l'essentiel composés de groupes et de militants fortement ancrés dans l'espace politique du pays organisateur. Les manifestations de Seattle en 1999, par exemple, furent moins un mouvement de contestation mondial qu'une mobilisation essentiellement nord-américaine. De la même manière, et plus près de nous, le deuxième Forum social européen (FSE) de Paris-Saint-Denis, en novembre 2003, a été pour l'essentiel organisé par des mouvements et des militants français  [2][2] Voir Eric Agrikoliansky et Isabelle Sommier (dir.),.... Les difficultés qui ont émaillé le déroulement du troisième FSE à Londres reflètent de même la structuration du champ altermondialiste britannique dominé par le Socialist Worker Party (SWP), groupe trotskiste non affilié à la IVe Internationale.

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Les différents mouvements altermondialistes européens, nord ou sud-américains se ressemblent peu, tant du point de vue des groupes mobilisés, des répertoires d'action utilisés, ou des références idéologiques sollicitées. En dehors des assemblées internationales de préparation des événements contestataires, occasions ponctuelles et rares, il n'existe pas de structures permanentes de coordination des mouvements altermondialistes au-delà du cadre national. Même s'il ambitionne de s'implanter à travers le monde, un mouvement comme Attac, créé en France en décembre 1998, reste encore aujourd'hui pour l'essentiel une structure hexagonale. S'il revendique sa présence dans 35 pays, l'ensemble s'apparente plus à une fédération d'unités autonomes qu'à une organisation réellement transnationale, à un "réseau sans tête de réseau", comme le définit Bernard Cassen, président d'honneur d'Attac-France. Comme le suggère Sidney Tarrow, les alters sont des " rooted cosmopolitan " [3][3] Sidney Tarrow, " Rooted Cosmopolitan. Transnational..., des cosmopolites fortement insérés dans les structures sociales nationales et mobilisant ces ressources locales pour se projeter dans l'international.

Les filiations lointaines

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La radicale nouveauté de l'altermondialisme constitue le second thème qui semble dominer les analyses de ce mouvement, perçu par de nombreux commentateurs comme jeune, innovant et marquant une nouvelle étape dans l'histoire de la contestation du capitalisme. Là encore, l'observation des conditions d'émergence et de développement des mouvements de protestation contre la globalisation invite à nuancer le constat. Le cas français est à cet égard exemplaire. L'altermondialisme qui s'y développe à partir de 1998 ne surgit pas du néant. Il s'ancre au contraire dans des traditions militantes anciennes, qui se reconfigurent au cours des années 1990 pour produire cette nouvelle cause.

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La lutte contre la mondialisation, telle qu'elle se développe et se structure dans la France contemporaine, ne constitue pas la révolte spontanée de sociétés civiles qui se dresseraient contre les effets néfastes de la globalisation. Elle reflète, au contraire, comme la plupart des mouvements sociaux, l'activité d'"entreprises" et d'"entrepreneurs de mobilisation" qui fournissent les ressources matérielles et cognitives nécessaires pour structurer la contestation. Comprendre le développement de l'altermondialisme implique d'analyser comment des organisations défendant des causes diverses - défenseurs des droits de l'homme, écologistes, militants de la solidarité internationale, mouvements de lutte contre l'exclusion et de défense des "sans", syndicats d'ouvriers et de paysans, etc. - ont été amenées à s'investir dans ce champ.

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Pour saisir comment s'est constituée cette coalition d'organisations, il faut d'abord remonter au rôle pionnier des groupes qui ont introduit dans l'espace politique hexagonal des revendications aujourd'hui centrales pour les altermondialistes, notamment celles relatives à la dette du tiers monde, et plus largement à la solidarité entre le Nord et le Sud. Ces mouvements appartiennent à la nébuleuse du tiers-mondisme qui se développe en France après la décolonisation et qui se structure autour de plusieurs pôles. Un premier ancrage est celui des mouvements anti-impérialistes issus de l'anticolonialisme de gauche, à l'image du Centre d'études et d'initiatives de solidarités internationales (Cedetim). Ce mouvement, créé au lendemain de la guerre d'Algérie, un temps rattaché au Parti socialiste unifié (PSU), a été l'un des principaux initiateurs du premier " contre-sommet " organisé en France, à Paris contre le G7, en 1989, et a participé en 1998 à la création d'Attac. L'un de ses dirigeants historiques, Gustave Massiah, en est toujours le vice-président.

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Un deuxième pôle est incarné par le tiers-mondisme intellectuel du Monde diplomatique. On connaît le rôle des animateurs du Diplo, comme Ignacio Ramonet et Bernard Cassen, dans la création d'Attac ou dans l'émergence des forums sociaux. Cet engagement de la part d'un journal créé en 1954, initialement destiné au monde feutré des ambassades et qui a toujours refusé un engagement partisan, s'inscrit en fait dans la logique de ses prises de position antérieures. Le Diplo est, dans les années 1970, l'une des principales tribunes critiques de l'"impérialisme" des "grandes puissances". Le militantisme chrétien de l'aide au développement constitue, enfin, un troisième pôle, aux facettes multiples, qui s'exprime ainsi dès l'après-guerre dans les milieux agricoles, notamment à la Jeunesse agricole chrétienne (JAC), ou encore au sein de groupes de solidarité et d'aide au développement, comme le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), créé en 1961.

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Bien avant Seattle et l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les questions de solidarité Nord-Sud ou d'interdépendance des nations sont donc au coeur de multiples courants politiques qui se préoccupent du sort du tiers monde. Mais les tiers-mondismes vont connaître à partir des années 1980 une période de reflux et de discrédit, caractérisée à la fois par la montée des critiques à leur égard et, surtout, par le sacre d'un courant concurrent : celui des humanitaires, qui privilégient une vision "désidéologisée" de l'aide aux victimes et centrée sur l'efficacité. Il faut attendre la fin des années 1990 pour que le mouvement s'inverse et que le tiers- mondisme resurgisse sous la figure des luttes contre la mondialisation néolibé rale. A contre-courant d'une assistance charitable, ignorant les causes profondes de la souffrance des pays du Sud et qui se limiterait à la soulager, "anti" et "alters" s'attaquent directement aux responsables des inégalités et des souffrances qu'ils dénoncent.

Les facteurs de convergence

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L'altermondialisme ne constitue pas non plus la simple résurgence d'un mouvement de solidarité du tiers monde. Il traduit plutôt les profondes reconfigurations qui affectent l'espace militant dans la France contemporaine. A trop vouloir relativiser la nouveauté, on prend le risque de perdre de vue ce qui fait la spécificité de l'altermondialisme. Si la constitution de mobilisations autour du tiers monde constitue une étape importante, elle reste un maillon d'un processus plus large et plus complexe. Une association comme Attac est le produit de la convergence d'organisations diverses et multiples qui dépassent largement la sphère du tiers-mondisme : syndicats de salariés (comme SUD et le Groupe des 10) et de paysans (avec la Confédération paysanne), ou encore de mouvements de " sans " (comme AC !). Et l'on peut se demander par quels mécanismes un ensemble aussi disparate d'acteurs a pu s'agréger autour d'une critique du néolibéralisme global à la fin des années 1990.

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Par-delà des dissemblances apparentes, ces organisations partagent peut-être des caractéristiques qui facilitent leur rapprochement, telles que l'ancrage commun dans des cercles d'affinités sociales et militantes liées à la gauche non gouvernementale, une socialisation commune au PSU pour les plus âgés des militants qui participent à la fondation d'Attac, ou leur multipositionnalité. Ces groupes partagent en outre des positions qui éclairent mieux leur intérêt pour l'international. Ceux qui participent à la fondation d'Attac se caractérisent par la marginalité de la place qu'ils occupent dans leurs sphères respectives. Ce sont des outsiders, au sens où ils sont souvent des nouveaux protagonistes dans leurs secteurs d'activité, peu dotés en ressources et en légitimité, et fréquemment marqués par leur statut de minorités. Ce sont ainsi les syndicats dissidents de la CFDT (les SUD, créés en 1989 à la SNCF et aux PTT) et le Groupe des 10 (structure interprofessionnelle qui accueille, outre les syndicats SUD, d'autres syndicats non confédérés) qui sont les artisans les plus actifs du développement d'Attac dans le monde syndical français. C'est de la même manière un syndicat paysan occupant une position secondaire dans le champ de la représentation des intérêts agricoles, la Confédération paysanne, qui fut l'un des premiers porte-drapeau de l'" antimondialisation ". Les mouvements de " sans " fortement investis dans Attac, comme AC !, Droit devant ou Droit au logement (DAL), font, eux aussi, doublement figure de marginaux, à la fois parce qu'ils défendent les populations les plus démunies et les plus stigmatisées (chômeurs, étrangers sans papiers) et qu'ils restent peu institutionnalisés et faiblement dotés en ressources, surtout si on les compare aux grandes associations caritatives qui se développent au cours des années 1980 pour prendre en charge les " exclus " (des Restos du coeur à ATD-Quart Monde).

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Pour ces militants souvent marginaux dans l'espace national, les questions internationales représentent un thème alternatif de revendication. Elles ouvrent d'abord un nouvel espace d'action et de coopération. Les contre-sommets ou les forums sociaux constituent, pour des groupes aux ressources faibles ou très spécialisées, des occasions de se régénérer, de constituer de nouvelles coalitions et de gagner en audience et en reconnaissance sans perdre leur spécificité ou leur autonomie d'action. S'engager dans l'international, c'est ensuite et inséparablement ennoblir les luttes en les portant à un niveau supérieur. Faire de la solidarité internationale ou de l'environnement un enjeu syndical, par exemple, c'est ainsi renvoyer les grandes confédérations à l'étroitesse supposée de leurs revendications. C'est signifier aux concurrents que leur terrain de force, le national, est obsolète.

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L'altermondialisme est enfin porté par un mouvement plus vaste qui l'englobe. La France des années 1990 est marquée par l'autonomisation progressive d'un espace d'action qui revendique la représentation de la " vraie " gauche, tout en affirmant son indépendance à l'égard des partis. Entre 1990 et 1998, les initiatives et les tentatives d'association se multiplient sur des terrains divers : lutte contre le sida, sans-papiers, droit au logement, mouvements de chômeurs. L'émergence d'un acteur collectif identifié par le terme de "mouvement social" et l'ébauche d'un nouveau principe de clivages, la "gauche de la gauche", signent cette autonomisation d'un secteur contestataire polymorphe. Ce mouvement traduit moins la globalisation économique politique ou culturelle que l'évo lution et les recompositions internes à l'espace politique français. La décennie 1980 se caractérise par une crise de l'engagement qui va paradoxalement produire les conditions du renouveau d'un mouvement social. Ce qui est perçu comme le tournant gestionnaire de la gauche au pouvoir, et plus généralement la dévalorisation de la référence révolutionnaire et contestataire, a engendré les dissidences qui constitueront les piliers de la contestation dans la décennie suivante, comme en témoignent par faitement l'exemple de SUD ou des mouvements de chômeurs. Dans un contexte de raréfaction des ressources et de stigmatisation des engagements " politiques ", les organisations vont être contraintes à des rapprochements annonciateurs des recompositions ultérieures : marxistes et chrétiens, communistes et trotskistes, etc. Enfin, dans une période d'atonie des structures partisanes et syndicales, les militants trouvent dans le monde associatif des voies de reconversion temporaires. La mosaïque actuelle du mouvement alter est la résultante de ces transformations.

Un mouvement qui se cherche

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L'impression qui résulte de ces sédimentations successives est celle d'une nébuleuse hétérogène, aux contours mal définis, qui n'existerait au fond que le temps des forums et des contre- sommets. Bernard Cassen, à la dernière université d'été d'Attac, en août 2004, la qualifiait de "gros poisson sans colonne vertébrale". Et l'insuccès relatif du FSE de Londres, qui n'a drainé que quelque 20 000 participants, a relancé les commentaires des médias sur l'essoufflement du mouvement et son incapacité à changer le monde  [4][4] Voir Le Monde, " Cinq ans après Seattle le mouvement.... Là encore, le constat est à nuancer.

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Tout mouvement social est hétérogène. Son archétype, le mouvement ouvrier, l'était aussi. Il suffit pour s'en convaincre de se reporter aux 44 tomes du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, allant des anars aux communistes en passant par les socialistes utopistes  [5][5] Jean Maitron et Claude Pennetier, cédérom, L'Atelier,.... Le foisonnement du mouvement alter évoque à bien des égards celui du mouvement ouvrier naissant, comme le montre bien Danielle Tartakowsky dans le parallèle qu'elle fait entre Attac et l'Association internationale des travailleurs (AIT), un siècle et demi plus tôt, face à la première mondialisation économique  [6][6] Danielle Tartakowsky, " Attac ou les échelles temps.... Mais l'hétérogénéité est peut-être plus marquée encore chez les alters, parce que le respect de la diversité et le refus de tout encadrement idéologique ou partisan sont leur raison d'être. Les clivages qui les traversent sont multiples. Ils touchent aux objectifs du mouvement : réforme ou révolution ? Aux moyens à privilégier : action directe, voire violente, ou lobbying? Aux alliances à passer : sélectives ou étendues à l'ensemble du camp anti-impérialiste, islamistes compris ? Jusqu'ici, leur souplesse même, leur structure en réseau, leur mode de fonctionnement en forums, avec ses scènes parallèles, ses "in" et ses "off", permettaient de gérer cette diversité. Mais depuis deux ans, des critiques s'élèvent au sein même du mouvement. A l'issue du FSE de Londres, Susan George l'appelait à devenir force de proposition, et non seulement d'opposition : "C'est très simple, disait-elle. Si le mouvement, de façon unie, ne se fixe pas très rapidement un combat possible à remporter, il risque de disparaître. J'ai déjà vu des mouvements disparaître. Je sens de la lassitude et du découragement chez les militants. Il faut sortir de ces rituels où on hurle contre le capitalisme. Nous ne faisons peur à personne " (Libération, 19 octobre 2004).

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Bernard Cassen, l'un des " inventeurs " de la formule pourtant, va encore plus loin, qualifiant les forums mondiaux de "sorte de fête de l'Humanité itinérante avec ses bons côtés (le "tous ensemble" internationaliste) et ses limites : chacun de nous a toujours le plus grand mal à expliquer ce qui est "sorti" d'un forum"[7][7] Bernard Cassen, dans son ouvrage paru à la veille de.... Pour y remédier, il suggère d'en diminuer la fréquence, de constituer une mémoire des débats, pour leur donner une dimension cumulative, et surtout d'élaborer des "socles de propositions" issus des forums, sorte de " consensus de Porto Alegre ", à opposer au "consensus de Washington", mais élaborés dans d'autres instances, à définir ! Propositions par ailleurs contestées par d'autres fondateurs de Porto Alegre, tel Chico Whitaker, fermement opposé à tout document final synthétisant les débats  [8][8] L'Humanité, 15 octobre 2004..

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Toutefois, l'unique manière de " changer le monde " n'est pas de faire des programmes et d'intervenir dans le jeu électoral et partisan. La question fait toujours débat au sein du mouvement, comme le montre, à Attac, la tentative finalement avortée de présenter des listes 100 % altermondialistes aux dernières élections européennes, ou le choix des militants à 72 % de donner des consignes de vote "non" au prochain référendum sur la Constitution européenne, tout en se prononçant à 85 % pour la résolution " rappelant qu'Attac n'a pas vocation à devenir un parti politique ni à s'engager lors des élections "[9][9] Le Monde, 13 décembre 2004.. Mais déjà tel qu'il est, le mouvement alter a son efficacité. Il joue d'abord un rôle de vigie, il alerte sur les problèmes, sensibilise les opinions publiques sur les enjeux de la pollution, de l'environnement, sur les injustices et les méfaits de la mondialisation sans entraves, contribuant à inscrire ces problèmes sur les agendas politiques. Surtout, c'est un laboratoire d'idées pour changer la vie au quotidien, par la subversion douce, simplement en montrant qu'on peut produire et consommer autrement, informer autrement, en sortant d'une logique marchande. Commerce équitable, système d'échange local (SEL), logiciels libres, produits financiers éthiques, médicaments génériques, médias alternatifs, écotourisme ont le vent en poupe. Cette puissance-là ne se mesure pas à l'aune du bulletin de vote. Mais elle ouvre un immense champ d'action aux alters, sur le terrain même de la mondialisation néolibé rale qu'ils combattent : l'économie.

Notes

[1]

Notre analyse est développée dans l'ouvrage que nous avons dirigé, L'Altermondialisme en France. La longue histoire d'une nouvelle cause, Flammarion, 2005.

[2]

Voir Eric Agrikoliansky et Isabelle Sommier (dir.), Radiographie du mouvement altermondialiste. Le deuxième Forum social européen, La Dispute, 2005.

[3]

Sidney Tarrow, " Rooted Cosmopolitan. Transnational Activists in a World of States" (disponible sur http ://falcon.arts.cornell.edu/sgt2/contention/documents/tarrow.doc). Voir aussi Donatella Della Porta et Sidney Tarrow, Transnational Protest and Global Activism, Lanham, Rowman & Littlefield Publishers Inc., 2004.

[4]

Voir Le Monde, " Cinq ans après Seattle le mouvement s'essouffle faute de trouver une unité de ton ", 18 octobre 2004 ; ou encore l'article de Christian Losson, " Après la formidable pression, un début de dépression ? ", Libération, 15 octobre 2004.

[5]

Jean Maitron et Claude Pennetier, cédérom, L'Atelier, 1997.

[6]

Danielle Tartakowsky, " Attac ou les échelles temps du libéralisme ", in Claire Andrieu, Gilles Le Béguec et Danielle Tartakowsky (dir.), Associations et champ politique. La loi de 1901 à l'épreuve du siècle, Publications de la Sorbonne, 2001, p. 643-657.

[7]

Bernard Cassen, dans son ouvrage paru à la veille de la tenue du deuxième FSE, Tout a commencé à Porto Alegre, Mille et Une Nuits, 2003, et dans une tribune remarquée à Libération du 12 janvier 2004, " Repenser le format des forums sociaux, passer à l'acte politique ".

[8]

L'Humanité, 15 octobre 2004.

[9]

Le Monde, 13 décembre 2004.

Plan de l'article

  1. Une logique nationale
  2. Les filiations lointaines
  3. Les facteurs de convergence
  4. Un mouvement qui se cherche

Pour citer cet article

Agrikoliansky Éric, Fillieule Olivier, Mayer Nonna, « La dynamique altermondialiste en France », L'Économie politique, 1/2005 (no 25), p. 82-90.

URL : http://www.cairn.info/revue-l-economie-politique-2005-1-page-82.htm
DOI : 10.3917/leco.025.0082


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