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L'Économie politique

2005/3 (no 27)


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L'article publié dans le numéro 23 de L'Economie Politique, au ton et au titre "polémiques"  [1][1] "Contre Amartya Sen" (Bénicourt, 2004). Je tiens à..., a suscité de nombreuses réactions et donné lieu à un débat jusque-là quasiment inexistant en France sur les écrits et les thèses d'Amartya Sen. Je me propose ici de répondre à certaines critiques qui m'ont été adressées depuis et que résume la contribution de Nicolas Farvaque et Ingrid Robeyns dans ce numéro.

1. Une faible connaissance de la littérature ayant critiqué Sen

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Farvaque et Robeyns commencent par me reprocher ma "faible connaissance de la littérature sur les travaux de Sen" (Farvaque et Robeyns, 2005, p. 39), puisque j'affirme qu'"il n'existe pratiquement aucune critique des thèses qu'il avance" (Bénicourt, 2004, p. 72) (je note au passage que le mot "pratiquement" disparaît du titre de leur première section). Or, dans l'ensemble des critiques auxquelles il est fait référence, un très petit nombre soulève des questions de fond quant à l'apport de la théorie de Sen pour une analyse alternative du bien-être.

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Hormis celle de Srinivasan (1994), qui porte sur l'approche du développement humain et non directement sur celle avancée par Sen [2][2] La seule remarque concernant Amartya Sen, dans l'article..., presque toutes demandent que l'approche par les capabilités soit affinée ou complétée, afin qu'elle puisse "s'appliquer" de façon plus large (par exemple, aux relations de pouvoir entre pays du Nord et du Sud, ou aux inégalités hommes-femmes). Ces auteurs ne remettent nullement en cause la théorie de Sen. Ce n'est donc pas par "faible connaissance de la littérature" que l'article précédent faisait référence à la quasi-inexistence de critiques.

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Il est vrai qu'il y a celle de Sugden (1993), la plus citée, qui pose la question de la pertinence de la théorie de Sen pour analyser des situations concrètes (en raison de l'incomplétude des classements de fonctionnements auxquels Sen aboutit ou, pour faire plus simple, de l'absence de norme pour juger des différences de bien-être entre individus dans tous les cas possibles). On peut toutefois noter que Sugden écrit, malgré tout, que "les réflexions qu'elle suscite fournissent la preuve de l'utilité de l'approche par la capabilité" et qu'"il n'y a aucun doute sur le fait que la théorie des capabilités est une contribution brillante à l'économie normative" (Sugden, 1993, p. 1962). Peut-être que ces propos relèvent de la bienséance, mais ils atténuent fortement la portée de la critique - et confirment ce que je dis sur les réticences à critiquer Sen.

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Reste Cohen (1993), qui attire l'attention sur l'"obscurité" et l'"ambiguïté" des concepts de fonctionnement et de capabilité, mais surtout sur l'usage ambigu de la notion de liberté dans l'approche proposée par Sen. Il écrit à ce propos : "A mon sens, Sen a exagéré la place donnée à la liberté dans la norme égalitaire" (Cohen, 1993, p. 25-28). On peut voir là une critique de Sen sur le fond. Mais on est loin de l'abondante "littérature" critique dont on nous parle. Si j'ai écrit cet article, c'est justement parce que je n'ai rien trouvé de tel.

2. Une approche à la fois néoclassique et obscure

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S'il est vrai que les termes de "capability" et de "functioning" existent en anglais, Sen leur donne toutefois un contenu bien différent de celui qui figure dans les dictionnaires de cette langue. En effet, pour lui, la "capabilité" est l'ensemble (au sens mathématique) des fonctionnements qu'un individu est en mesure de réaliser, les fonctionnements étant conçus comme des "états et actions". Selon Farvaque et Robeyns, tout cela est simple et clair, mais je constate qu'ils ne citent jamais Sen à ce propos (et à d'autres non plus, d'ailleurs). Comme je le note dans mon article, Sen invente tout un vocabulaire pour donner un contenu aux concepts qu'il avance : il dote ainsi chaque individu d'un "ensemble de ressources" (entitlement set) et d'un "ensemble de fonctions d'usage" (utiliza tion functions set), le choix d'un panier de ressources (transformé en "caractéristiques") et d'une fonction d'usage donnant les "fonctionnements". Les fonctions d'usage traduisent, paraît-il, les diffé rences de "conversion" entre les individus, mais Sen ne donne jamais d'exemple concret, de la même façon que les microéconomistes ne donnent jamais d'exemple concret de fonction d'utilité (ils se contentent d'une formule mathématique). L'approche formelle qu'utilise Sen pour définir ses concepts est complètement coupée de la réalité, et je persiste à croire que ce sont là des concepts qui rendent l'analyse encore plus obscure, sans portée pratique.

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On m'objecte aussi que Sen a critiqué la "rationalité néo classique", et qu'il entend prendre en compte des éléments autres que les "biens consommés" et la "contrainte de revenu" dans l'approche qu'il propose  [3][3] Peut-être faut-il préciser, contrairement à ce que.... Ce que je n'ignore pas. Mais Farvaque et Robeyns écrivent ironiquement que ce qui ferait de Sen un économiste orthodoxe tient à l'importance qu'il accorde (entre autres) aux revenus. C'est là un argument tout à fait étrange. L'intérêt porté aux revenus dans l'analyse économique n'a jamais été une particularité néoclassique, fort heureusement! Sinon, tous les économistes, dont le revenu est un des éléments cruciaux de l'analyse, seraient des économistes orthodoxes.

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En revanche, le fait de prendre pour référence le modèle d'Arrow et Debreu de l'équilibre général concurrentiel est tout à fait sympto matique d'une absence de démarcation dans le fond (termes également omis par Farvaque et Robeyns lorsqu'ils concluent sur la "profondeur" de ma critique) entre Sen et la théorie néoclassique, en entendant par là la théorie qui cherche à expliquer les phénomènes économiques à partir d'individus effectuant un choix (de "fonctionnements" ou de toute autre chose).

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Bien sûr, la forme change, et l'on constate en lisant Sen des différences non négligeables entre lui et les autres économistes du courant dominant. Tel est le cas des références aux philosophes (même si, sans doute à cause de mon ignorance, je n'arrive pas à trouver l'origine des capabilités et des fonctionnements chez Aristote ou Marx). C'est peut-être parce que Sen revendique une "identité hybride", qui serait à la source de la richesse de son approche, qu'il suscite un tel consensus (qui va de la Banque mondiale aux économistes critiques, dont Farvaque et Robeyns, je suppose). Se revendiquant à la fois de Smith, Marx, Mill, Arrow et Debreu, Barro ou Lucas, entre autres, il fait fi de leurs différences de méthode, mais aussi idéologiques et politiques. Il suffirait de prendre chez chacun ce qu'il a de bon.

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Dans la réponse faite à un article précédent, en 2002, Ingrid Robeyns expliquait que "Sen se définit volontiers comme un économiste "mainstream", à condition d'attribuer un sens large et non étroit à ce mot, et considère que l'économie "mainstream" est l'économie dans la tradition de Joan Robinson, Marx, Kaldor, etc." (Robeyns, 2002). Je n'avais pas répondu à ce point, tant il me semblait contradictoire : d'une part, parce que les approches théoriques de ces trois auteurs sont loin de consti tuer ce que l'on appelle habituellement le courant "mainstream" (i.e. les pratiques ou valeurs les plus répandues en économie); d'autre part, parce que l'approche de Sen est également présentée comme une "alternative" aux approches usuelles (et donc mainstream, si l'on s'en tient à la définition de ce mot [4][4] A la remarque faite par Farvaque et Robeyns : "Bénicourt...)...

3. Approche théorique et études empiriques

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Farvaque et Robeyns expliquent qu'il existe une multitude de travaux empiriques "se réclam ant de l'approche de Sen (qui) montrent des différences significatives avec l'économie standard" (p. 44, c'est moi qui souligne). Certes. Je n'ai jamais dit le contraire. Mon propos était seulement de signaler que les études empiriques (dont je n'ai critiqué ni le contenu ni les apports) ne faisaient pas directement référence au cadre théorique élaboré par Sen. Farvaque et Robeyns ont sans doute mal interprété ce que je disais, en considé rant que je critiquais toutes ces études empiriques "se réclamant" ou "s'inspirant" de Sen (aucune d'entre-elles n'en étant une application), ce qui n'est pas le cas.

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Il est d'ailleurs intéressant de constater que, dans les exemples avancés pour montrer que la théorie de Sen se démarque de l'approche usuelle, seul celui de Tania Burchardt parle de mesurer les "capabilités" (il s'agit d'évaluer la question de l'emploi "en faisant tomber l'hypothèse de rationalité maximisatrice" et en s'intéressant aux "libertés réelles" des individus... On aimerait en savoir plus!). Tous les autres exemples ne font pas directement référence aux concepts de Sen (il est question d'une "méthode d'évaluation socio-économique", ou d'"étudier l'insertion professionnelle sans se limiter à une classique évaluation des gains salariaux", etc.).

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L'absence de rapport entre le système théorique de Sen et les études empiriques qui "s'en inspirent" n'est pas seulement une "interprétation dogmatique" de ma part. Dans l'article de Robert Sugden, que semblent pourtant connaître Farvaque et Robeyns, il est en effet écrit que Sen (dans Repenser l'inégalité) "emploie sa théorie seulement de manière informelle. Ceci rend difficile la réponse à la question de savoir dans quelle mesure ses conclusions dépendent de la théorie formelle" (Sugden, 1993, p. 1954). Passons...

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L'argument mis en avant par Farvaque et Robeyns pour contester cette "coupure" consiste, en fait, à affirmer que Sen est un "théoricien avant tout (...) indiquant des pistes de recherche possibles". Ceci le dédouanerait de mener des études empiriques poussées qui seraient une application de sa théorie. Les apports "théoriques" de Sen pour les analyses empiriques sont toutefois d'une trivialité affligeante, si l'on s'en tient à ce que disent Farvaque et Robeyns : réfléchir "sur le statut de l'information utilisée (...), décrire les personnes en utilisant telle ou telle donnée, c'est faire des choix. Retenir une base d'information n'est donc pas neutre" (p. 46-47). Avait-on réellement besoin d'Amartya Sen pour se rendre compte de cela ?

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Pour finir, il est avancé que le recours à des indicateurs usuels de santé ou d'éducation (ayant un "lien", non précisé par les auteurs, "avec le système théorique en dépassant l'évaluation des revenus") traduit un "changement de paradigme dans l'étude du développement que les travaux de Sen ont contribué à permettre" (p. 47). Farvaque et Robeyns font, en fait, reposer leur argument sur une idée reçue selon laquelle les analyses usuelles du développement ne se limitent qu'à une étude du niveau de PIB par habitant. Pourtant, dès 1978, dans le premier Rapport sur le développement dans le monde de la Banque mondiale (qui classe les pays selon le PIB par habitant), il était fait référence à un ensemble de domaines (dont l'éducation et la santé) dans le système d'évaluation des programmes de développement : "un système de suivi et de contrôle doit également inclure une évaluation des programmes spécifiques de développement afin de vérifier le degré dans lequel leurs bienfaits atteignent effectivement les pauvres. Dans chaque pays, il existe une multitude de programmes et d'activités de ce type qui requièrent une évaluation, parmi lesquels les projets de développement rural, les travaux d'irrigation, les institutions de crédit, les travaux publics, la fourniture de moyens scolaires, les subventions alimentaires, les cliniques de santé, les projets de logement, et la formation professionnelle" (World Bank, 1978, p. 36). Qui peut croire qu'il a fallu attendre Sen pour se poser la question d'une évaluation selon plusieurs critères du développement et du bien être ?

4. Sen, éthique et politique économique

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J'en viens maintenant à la dimension "pluralité des critères éthiques" (non hiérarchisés) de l'approche proposée par Amartya Sen. Farvaque et Robeyns contestent l'idée selon laquelle tous les grands philosophes ont rejeté cette perspective. Ils mettent en avant le cas de John Rawls, qui proposerait de faire des "comparaisons interindividuelles au moyen du concept multidimensionnel des "biens premiers sociaux"" (p. 45). Mal leur en prend, puisque la position de Rawls va dans le sens de ce que j'affirme. Car, s'il retient deux critères éthiques, il établit sans ambiguïté une hierarchie entre eux : d'abord, il y a le système de la liberté la plus étendue, puis, dans le cas où deux situations sont équivalentes selon ce premier critère, la priorité donnée à l'individu le plus désavantagé.

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Rawls critique d'ailleurs les doctrines à critères multiples non hiérarchisés, qu'il qualifie d'intuitionnistes. C'est ainsi qu'il écrit, dans sa Théorie de la justice, parue en 1971: "Les théories intuitionnistes ont deux caractéristiques, tout d'abord, elles consistent en une plura lité de principes premiers, qui peuvent entrer en conflit et donner des directives contraires dans certains types de situation ; ensuite, elles ne comprennent aucune méthode explicite, aucune règle de priorité, pour mettre en balance ces principes les uns par rapport aux autres : nous devons procéder intuitivement, de sorte à décider ce qui semble être le plus juste (...). Le fait de classer les principes premiers est une partie essentielle, et non secondaire, de toute théorie de la justice. Si on ne peut expliquer comment ce classement est fait selon des critères éthiques raisonnables, il n'y a plus de discussion rationnelle possible. Les conceptions intuitionnistes de la justice ne sont que des demi-conceptions" (1973, p.34-41; p. 60 de l'édition française). Voilà qui est clair - et qui remet également en cause la critique qui m'est faite par Jean-Michel Bonvin dans ce numéro.

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Cette absence de critère est précisément ce qui empêche Sen d'avoir une quelconque position sur la politique économique - contrairement à ce que Farvaque et Robeyns laissent entendre lorsqu'ils font référence à un entretien dans lequel Sen aurait pris position pour une intervention étendue de l'Etat en matière d'"éducation publique" (jusqu'où?), de "services de santé" (lesquels et combien ?), de "revenus d'assistance" (de quels montants ?), etc. Le vague habituel, auquel tout le monde, ou presque, peut souscrire. Quant à savoir qui paye, c'est toujours la grande inconnue. Pourtant, c'est une question importante, puisqu'elle a trait à la liberté des uns et des autres - et elle est loin de faire l'objet d'un consensus.

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5. Une exigence minimale pour un débat sérieux

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Il paraît que ma critique "réunissait très peu des exigence minimales requises pour une contribution académique sérieuse" (p. 49). Peut être, mais la réponse des "académiciens sérieux" est très décevante. Une "exigence minimale" aurait été qu'ils citent l'auteur qu'ils défendent, de manière à ce que le lecteur se fasse sa propre opinion, en jugeant cartes sur table. J'ai, pour ma part, longuement cité Sen, et j'aurai pu le faire plus, si on m'en avait donné la place. Ceux qui me critiquent se contentent d'avancer leurs interprétations de Sen, en vantant ses "apports". Ce qui ne fait que confirmer ma conclusion : "Si (Sen) recueille le consensus, c'est parce que chacun peut trouver ce qu'il veut dans son discours confus" (Bénicourt, 2004, p. 84).


Bibliographie

  • Bénicourt E., 2004, "Contre Amartya Sen", L'Economie Politique, n? 23, juillet, p.72-84.
  • Cohen G. A., 1993, "Equality of what ? On welfare, goods and capabilities", in Nussbaum M. et Sen A. (eds.), The Quality of Life, Oxford, Clarendon Press, p. 9-29.
  • Farvaque N. et Robeyns I., 2005, "L'approche alternative d'Amartya Sen. Réponse à Emmanuelle Bénicourt", L'Economie Politique, n?27, juillet, p. 38-51.
  • Rawls J., 1971, A Theory of Justice, Cambridge, MA, Harvard University Press ; Oxford University Press, 1973. Trad. française : Théorie de la justice, coll. " Points ", Seuil, 1997.
  • Robeyns I., 2002, "In defence of Amartya Sen", Post-Autistic Economics Review, n? 17, art. 5, 4 déc. (http ://www.btinternet.com/~pae_news/review/issue17.htm).
  • Srinivasan T., 1994, "Human development : a new paradigm or reinvention of the wheel ?", American Economic Review, vol. 84, n? 2, p. 238-243.
  • Sugden R., 1993, "Welfare, resources and capabilities : a review of inequality re-examined by Amartya Sen", Journal of Economic Literature, XXXVI, p. 1947-1962.
  • World Bank, 1978, World Development Report, Washington DC, WorldBank.

Notes

[1]

"Contre Amartya Sen" (Bénicourt, 2004). Je tiens à préciser que je n'ai bien entendu rien contre l'auteur lui-même, et que ma critique s'adresse aux seules idées qu'il défend.

[2]

La seule remarque concernant Amartya Sen, dans l'article auquel il est fait référence, concerne l'absence de fondements théoriques senniens dans l'approche du développement humain - "les fondements conceptuels de l'IDH (indicateur de développement humain) ne peuvent être trouvés dans l'approche par les capabilités de Sen (1992) du niveau de vie et de la pauvreté" (Srinivasan, 1994, p. 240) -, le reste de l'article étant consacré à l'approche du Pnud.

[3]

Peut-être faut-il préciser, contrairement à ce que croient Farvaque et Robeyns, que l'approche néoclassique ne suppose pas une égale "capacité de jouissance" entre les individus. Pour reprendre un exemple cher à Amartya Sen, un individu invalide n'aura pas les mêmes préférences qu'un individu valide. Si l'approche de Sen mène à s'interroger sur les capacités et incapacités réelles des individus (p. 42), il ne donne jamais de réponse aux questions qu'il pose dans sa critique des approches standards en économie du bien-être (i.e. que faire pour l'individu unijambiste : lui proposer une prothèse ? un vélomoteur ?, ces deux éléments permettant d'augmenter son utilité de manière beaucoup plus importante que si on les donnait à l'individu valide...).

[4]

A la remarque faite par Farvaque et Robeyns : "Bénicourt a beau jeu de ne pas rappeler la question qui était alors posée à Sen et qui a suscité cette réponse" (p. 44), je ne puis que répondre que la question était : "Etes-vous un économiste mainstream?" C'est pourquoi j'avais trouvé cette précision superflue...

Plan de l'article

  1. 1. Une faible connaissance de la littérature ayant critiqué Sen
  2. 2. Une approche à la fois néoclassique et obscure
  3. 3. Approche théorique et études empiriques
  4. 4. Sen, éthique et politique économique

Pour citer cet article

Bénicourt Emmanuelle, « Sen : du texte à ses interprétations », L'Économie politique 3/2005 (no 27) , p. 52-59
URL : www.cairn.info/revue-l-economie-politique-2005-3-page-52.htm.
DOI : 10.3917/leco.027.0052.


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