Accueil Revues Revue Numéro Article

L'Économie politique

2006/1 (no 29)


ALERTES EMAIL - REVUE L'Économie politique

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 81 - 81 Article suivant
1

On peut effectivement se demander quel intérêt il y aurait à lire aujourd'hui un économiste qui a suggéré dans les années 1940 que le capitalisme allait s'écrouler! Comme le rappelle ici Fabrice Dannequin, Schumpeter ne se prenait pas pour un prophète. Quand il annonçait que "l'avenir peut fort bien révéler que la période 1930-1940 aura assisté aux derniers râles du capitalisme", il se dépêchait d'ajouter que "néanmoins, il est possible que les choses ne se passent pas de la sorte. En tout cas, il n'existe pas de raisons purement économiques interdisant au Capitalisme de franchir avec succès une nouvelle étape : c'est là tout ce que j'ai entendu établir".

2

Dans une introduction très pédagogique aux thèses de Schumpeter, Odile Lakomski-Laguerre montre en fait que l'intérêt des travaux de Schumpeter "réside dans une analyse économique, qui prend en compte le caractère dynamique et systémique du capitalisme et qui souligne les interactions entre le fonctionnement des mécanismes purement économiques et des institutions qui l'encadrent". Lire Schumpeter, c'est éprouver l'impression que, pour être un bon économiste, il faut faire de l'histoire et s'intéresser à la science politique, une démarche aux antipodes des canons de la réussite chez les professionnels contemporains de l'économie.

3

De ce fait, les économistes distingués n'ont pas manqué de critiquer une oeuvre approximative et intuitive. Odile Lakomski-Laguerre leur répond que "la pensée de Schumpeter pose de vrais défis à la discipline économique et à ses hypothèses de travail : elle suppose d'abandonner l'outillage traditionnel élaboré en statique et d'expliquer la dynamique de l'économie", un travail essentiel, disait l'économiste John Hicks et qui ne peut être que fragmentaire et incomplet. Après tout, comme l'écrivait Schumpeter lui-même, le travail de l'économiste n'est pas de fermer les portes, mais de les ouvrir.

Pour citer cet article

Chavagneux Christian, « Faut-il lire Schumpeter ? », L'Économie politique 1/2006 (no 29) , p. 81-81
URL : www.cairn.info/revue-l-economie-politique-2006-1-page-81.htm.
DOI : 10.3917/leco.029.0081.


Article précédent Pages 81 - 81 Article suivant
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback