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L'Économie politique

2007/2 (n° 34)


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La crise écologique est désormais reconnue comme crise profonde mettant en jeu l'équilibre des sociétés. C'est une crise globale qui engage le devenir de l'humanité et la possibilité d'une vie humaine et sociale sur la planète. Le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) considère comme quasiment certaine l'hypothèse d'un réchauffement climatique qui ne serait pas dû seulement à des cycles naturels mais également à des causes humaines. Cette crise reste pourtant souvent invoquée comme menace anonyme, voire comme une punition qui exigerait une mobilisation de tous sans distinction pour " sauver la planète ". Ou bien encore elle est présentée comme une opportunité pour la conquête d'une nouvelle frontière et la mise en oeuvre de nouvelles prouesses techniques destinées à nous sauver de ce qui apparaît comme un destin. Sa mise en scène peut effectivement conduire à la fatalité, tant que des mesures à la hauteur des enjeux ne sont pas réellement prises. Or, les politiques économiques inspirées par la volonté de résoudre la " question sociale " ont surtout mis l'accent jusqu'à maintenant sur l'amélioration de la répartition des richesses et sur la défense des droits sociaux, sans poser la question du modèle de production et de consommation du point de vue des impératifs écologiques. La question écologique était seconde, voire absente, par rapport aux objectifs économiques et sociaux.

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Face à la crise écologique, une autre conception des politiques de transformation sociale s'impose pour articuler et faire converger les impératifs sociaux et écologiques, profondément liés entre eux. Elle suppose en préalable une critique des conceptions dominantes, afin de refonder théoriquement et politiquement d'autres voies. Comme l'aggravation des dégâts écologiques et la dégradation des systèmes sociaux sont corrélées à la marchandisation des activités humaines que le capitalisme néo-libéral a accélérée depuis la fin du XXe siècle, inverser cette tendance suppose de réhabiliter théoriquement l'existence d'une sphère non marchande et de réunir les conditions politiques de son développement et de sa pérennité. L'un des buts des nouvelles politiques auxquelles nous aspirons est de concilier emploi et contraintes écologiques. Pour y parvenir, la construction d'un ordre international plus juste est indispensable, dans lequel les productions seront adaptées aux territoires.

Pour une nouvelle approche économique de l'écologie

Selon l'approche économique traditionnelle, au sein de laquelle domine la théorie néo-classique, la prise en compte des enjeux environnementaux s'effectue à partir de la notion d'externalité, externalité négative ici puisqu'il s'agit de pollution. Selon cette vision, l'impact environnemental des activités se traduit ex post par des coûts que l'on avait pensé pouvoir externaliser et placer à la charge de la collectivité. Or, l'ampleur de la crise écologique, les pressions sociales et la multiplication des normes réglementaires exigent une prise en compte réelle de l'environnement.

Les analyses économiques traditionnelles ont en commun de subordonner les enjeux écologiques aux enjeux économiques, plus précisément à la recherche du profit dans un capitalisme de plus en plus libéral. Ce rapport de subordination illustre la domination des objectifs à court terme sur ceux du long terme. Là où l'écologie parle de biosphère et d'écosystème, l'économie dominante - en tant que discipline - parle d'efficience ou de rentabilité ; là où l'écologie suppose la prise en compte de l'irréversibilité et de l'incertitude, l'économie développe une vision mécanique de l'ordre du monde, fondée sur l'idée de réversibilité, de répétition des phénomènes ; là où l'écologie déploie le temps long, l'économie - en tant qu'activité - déploie le temps court, voire très court. En somme, quand l'économie considère l'environnement comme son cadre, voire son paysage, et la nature comme objet extérieur à son activité, stock de ressources et dépotoir pour ses déchets, l'écologie impose de replacer les activités économiques dans la biosphère. Ces analyses ont en commun également l'ignorance des limites écologiques à l'accumulation infinie du capital, fût-il vert. Dans ces conditions, la nature est une ressource à s'approprier et à gérer de la manière la plus rationnelle possible, selon les règles d'une rationalité instrumentale, d'un économisme qui n'a pas à se poser la question des finalités. Une nouvelle approche économique de l'écologie est plus que jamais nécessaire.

Réorienter les modes de production et de consommation

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L'emploi est un des verrous essentiels à lever pour la réorientation des modes de production et de consommation. La théorie économique libérale, en postulant que valeur d'échange et valeur d'usage sont réductibles l'une à l'autre, considère que seule l'activité marchande est créatrice de richesse. De ce fait, elle est conduite à ne voir dans la sphère non marchande qu'une activité parasitaire, vivant aux dépens de la sphère marchande. Le secteur non marchand étant par hypothèse déclaré improductif, les seuls vrais emplois se situeraient dans le secteur marchand. Dès lors, les impôts et cotisations sociales, appelés prélèvements obligatoires, ne peuvent engendrer que lourdeur ou effet d'éviction. Remarquons qu'il existe une variante de cette vulgate dans le marxisme orthodoxe, qui ne voit dans les services non marchands que le résultat d'un prélèvement sur la plus-value produite dans le secteur capitaliste. Or, ces visions sont spécieuses dès lors que l'on considère comme fondatrice la distinction entre richesse et valeur, ou entre valeur d'usage et valeur d'échange. Le secteur non marchand produit d'authentiques richesses, qui sont certes improductives de capital, mais sont productives de valeurs d'usage, comme l'éducation, la santé publique, la justice, etc. Il est donc possible de fonder en théorie le refus de la marchandisation du monde et de légitimer les politiques alternatives au néo-libéralisme. Le développement de nombreux emplois dans le secteur non marchand est parfaitement envisageable pour créer de la richesse socialisée, les impôts et les cotisations sociales en étant le paiement mutualisé, et non une ponction sans contrepartie. En repensant et en modifiant le contenu de la richesse et les moyens pour la produire, on ne se contente plus simplement d'une amélioration de sa répartition. Dès lors, le plein-emploi peut être conçu non comme la résultante de la seule croissance économique, mais comme celle d'une réorientation de l'activité, alliant réduction du temps de travail et production socialement utile et écologiquement soutenable.

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Un autre verrou est constitué par la croyance en la possibilité d'une fuite en avant technologique et de politiques compensatoires destinées à corriger ex post les effets négatifs d'un système de production, en continuant de subordonner les politiques écologiques à la pure logique marchande. Or l'écosystème ne peut plus être considéré comme l'extérieur du système socio-économique, et il est nécessaire de coupler les exigences sociales et écologiques à toutes les étapes des luttes et des transformations sociales. Enfin, les inégalités ne sont pas seulement monétaires, car, aux inégalités de revenus et de patrimoine, s'ajoutent les inégalités environnementales et les inégalités d'accès aux biens communs. Et aucune mesure en matière de redistribution ne pourra compenser les effets irréversibles d'une destruction systématique de la socio-diversité et de la biodiversité et de l'épuisement des ressources non renouvelables.

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De nouvelles formes de régulation publique s'imposent donc aux niveaux national (Etat et collectivités locales), régional (Europe) et international. De ce point de vue, la fiscalité, comme outil politique, doit jouer un triple rôle : instrument de solidarité et de financement des biens publics, instrument de régulation et instrument de réorientation des choix de production. Ainsi les taxes écologiques sur les transports, la production et la consommation doivent être développées non seulement comme instruments d'incitation et de redistribution, mais aussi comme moyens d'une politique de transports collectifs, de reconversion d'activités polluantes et de financement de programmes de recherche pour les énergies alternatives.

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Il est souhaitable que les politiques publiques soient fondées sur de nouveaux instruments et de nouvelles normes. Ainsi est-il essentiel de développer un système de comptabilité permettant d'approcher notamment la " vérité des prix " des ressources non renouvelables ou de la pollution (cas des déchets radioactifs), que le marché ne sait pas évaluer. De même, la réduction de l'empreinte écologique doit être au centre des choix politiques et économiques. La création d'observatoires indépendants de suivi et de surveillance de l'empreinte écologique, aux niveaux national, régional et international, peut contribuer à placer la question écologique au centre des préoccupations citoyennes et politiques.

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La régulation des entreprises, et notamment des groupes transnationaux, est évidemment essentielle pour que les objectifs sociaux et écologiques ne soient pas subordonnés aux impératifs de rendement financier. L'intervention des salariés, en liaison avec les collectivités territoriales où sont implantées les entreprises et avec les usagers, est indispensable, non seulement pour que les choix soient conformes aux besoins mais aussi pour que la démocratie pénètre au coeur des entreprises. Outre les instruments de régulation réglementaires et fiscaux, il faut mobiliser le levier de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) mise en avant par les entreprises - le plus souvent pour de simples raisons d'image - et les organisations non gouvernementales (ONG). Ce peut être un moyen d'obliger les entreprises à respecter des objectifs en matière sociale et écologique. Dans cette perspective, la RSE ne doit pas être considérée comme de la " soft law ", définie sur une base volontaire par les entreprises, mais doit faire l'objet d'engagements contraignants dont le non-respect serait soumis à sanctions. On peut aussi envisager de supprimer les stock-options comme système de rémunération des managers, et de le remplacer par des rémunérations indexées sur les performances des entreprises en matière sociale (emploi) et écologique (minimisation de l'empreinte écologique).

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Le comportement des citoyens - comme producteurs, usagers et consommateurs - est central pour permettre une évolution du système de production, de distribution et de consommation. Il est essentiel que puisse se développer une consommation " responsable ", éloignée du consumérisme dominant et soucieuse de ses effets sociaux et écologiques. Une aide publique aux organisations de consommateurs, de même qu'une éducation sensibilisant les jeunes aux questions écologiques et sociales, paraissent primordiales. Des instruments tels que les " actions de groupe " (class actions), peu prisés des entreprises et non reconnus (un projet de loi à ce sujet a été récemment retiré de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale), constituent des contre-pouvoirs nécessaires dans la société.

Jeter les bases d'un autre ordre international

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La globalité de la crise écologique et sociale a fait grandir la conscience que les transformations sociales, écologiques et politiques passent par une action à l'échelle internationale. C'est ce dont témoigne le mouvement altermondialiste. Construire un monde écologique et solidaire suppose que les peuples retrouvent leur capacité de penser collectivement et simultanément la satisfaction des besoins essentiels et les limites écologiques et sociales à la production illimitée de richesses matérielles. C'est la condition pour que puisse se réaliser l'impératif de justice sociale dans la répartition et l'accès aux ressources et aux richesses produites, de même que l'impératif de solidarité avec les générations futures. Cela signifie qu'il leur faut pouvoir retrouver la voie des choix politiques et de la démocratie, confisquée par la tentative de domination exclusive de la loi du marché. L'immensité des besoins élémentaires qui restent à couvrir, d'un côté, et le gaspillage frénétique des ressources, de l'autre, exigent la mise en oeuvre urgente de nouvelles formes de coopération économique et politique internationale. Cette coopération doit être fondée sur la reconnaissance du droit des peuples à disposer de leur destin, sur le principe de l'égalité des droits d'accès aux ressources et aux biens communs, sur la reconnaissance de la diversité de leurs modes de production et de consommation, sans lesquels il n'y aurait pas de véritable développement des sociétés. Ce sont les conditions pour que la conscience d'un monde fini puisse rouvrir les possibilités de choix et d'alternatives, au lieu de la mise en place de formes régressives et inégalitaires de gestion des contraintes.

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Cela suppose une réforme profonde du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui ont une lourde responsabilité dans la crise actuelle. Elle ne saurait porter seulement sur des changements institutionnels, mais exige la remise en cause du libre-échange généralisé et de la libre circulation des capitaux, érigés en dogme. En effet, le projet néo-libéral consiste à mettre en concurrence non seulement les producteurs, mais également les systèmes sociaux, selon la règle du " moins-disant social " ; il vise à affranchir les entreprises transnationales des contraintes sociales, environnementales et fiscales, c'est-à-dire des " barrières non tarifaires " aux échanges, selon les termes de l'OMC. Le libre-échange généralisé affaiblit les plus pauvres, et les inégalités se creusent à la fois à l'intérieur des sociétés et entre les sociétés du Nord et celles du Sud. Ces dernières sont soumises à de nouvelles formes de colonialisme, particulièrement illustrées par la perpétuation de la dette, par la mise en place de bagnes capitalistes dans des sociétés sous-protégées, par le pillage des ressources, véritable bio-piraterie rendue légale dans le cadre de l'OMC, et par la négation des droits des peuples indigènes. Il y a bien une dette écologique et sociale vis-à-vis des peuples du Sud, pour beaucoup appauvris par une exploitation d'eux-mêmes et de leurs ressources, contraints à l'émigration et subissant les discriminations sur les migrants. La perspective d'épuisement des ressources non renouvelables amplifie cette situation. C'est notamment le cas de la transformation des terres cultivables et de la production vivrière des pays du Sud en chantiers de production de biocarburants. Il en est de même lorsque les pays du Nord, au nom de leur interprétation de l'intérêt général de l'humanité et pour s'acquitter de leurs obligations en matière de droits à polluer, financent des " puits de carbone " dans les pays du Sud. Ces derniers prennent la forme de plantations en monoculture à une très grande échelle, transformant ces pays en réceptacles de carbone émis ailleurs, après y avoir accumulé nombre d'autres déchets, au mépris de toutes les conventions internationales.

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L'Organisation des Nations unies (ONU), malgré ses graves insuffisances, ses dysfonctionnements et sa mise sous tutelle par les principales puissances, doit rester l'institution la plus légitime pour s'opposer à l'unilatéralisme des grandes puissances et faire prévaloir le multilatéralisme dans les relations internationales. Le système des Nations unies, conçu sur la base de l'équilibre des forces après la Seconde Guerre mondiale, ne correspond plus à l'état du monde au début du XXIe siècle. Il doit être réformé de manière globale, à tous les niveaux du système : Conseil de sécurité, Assemblée générale et Secrétariat. Cette réforme doit donner au système onusien les moyens de défendre une nouvelle hiérarchie des normes internationales, donnant aux droits écologiques et sociaux la priorité sur les objectifs financiers et marchands défendus par le FMI et l'OMC.

Promouvoir la relocalisation des activités économiques

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L'une des priorités du mouvement altermondialiste, et d'Attac en particulier, est d'articuler le local au global. Car la promotion du libre-échange généralisé et la construction d'un marché mondial, la financiarisation du capitalisme couplée avec les technologies de l'information et de la communication, ont modifié le sens et le rôle des territoires, nationaux ou locaux. En effet, les politiques néo-libérales sont fondées sur la tentative d'affranchissement des activités économiques vis-à-vis des contraintes sociales, politiques ou écologiques. Le territoire, sous la forme des Etats ou des collectivités territoriales, lieu traditionnel d'exercice du pouvoir politique et de la démocratie, est considéré comme un archaïsme, un obstacle à l'" u-topie " du Marché, utopie au sens de non-lieu (a-topie), d'absence de lieu de pouvoir identifié.

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Voilà pourquoi, dans un premier sens, l'exigence de relocalisation des activités économiques relève d'une décision politique visant à recréer du territoire et rouvrir l'espace du politique, c'est-à-dire des choix. Cette exigence renvoie à l'idée, souvent avancée dans le mouvement altermondialiste, d'une économie comme moyen au service des besoins humains, et non plus d'une économie obéissant à la seule logique de la rentabilité, considérant le territoire comme simple lieu géographique et support d'activités dont le but est ailleurs.

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Plus concrètement, la relocalisation répond à trois défis à relever simultanément :

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  • l'arrêt de la dévalorisation généralisée du travail humain : le chantage aux délocalisations et les délocalisations effectives participent de la mise en concurrence des systèmes sociaux, fiscaux, écologiques et démocratiques et conduisent à une régression générale des droits collectifs. Même si, temporairement, les délocalisations peuvent créer des emplois dans certains pays capitalistes du Sud, ces derniers sont toujours menacés également de moins-disant social, environnemental ou fiscal ;

  • le droit des peuples à la souveraineté alimentaire et à une alimentation saine : cela suppose la reconquête de l'agriculture vivrière au Sud et de l'agriculture paysanne au Nord, et donc la protection vis-à-vis des intérêts des transnationales de l'agroalimentaire. La relocalisation de l'agriculture et des industries de transformation agroalimentaires est la première condition de la souveraineté alimentaire ;

  • la relocalisation de l'économie : c'est une réponse urgente à l'augmentation continue des transports de marchandises, des nuisances environnementales et de la consommation d'énergies non renouvelables et en voie d'épuisement. La part croissante des échanges croisés de produits similaires, notamment dans de grandes zones régionales comme l'Union européenne, illustre à quel point l'augmentation des transports de marchandises a souvent peu à voir avec l'amélioration du bien-être des populations, comme le laisse entendre l'idéologie libre-échangiste.

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La déterritorialisation des activités tend à faire du local une subdivision de l'ordre global, une déclinaison de cet ordre. Pour autant, à travers la relocalisation des activités, le local, quelle que soit sa taille, ne peut être envisagé en soi, comme entité fermée, autonome et autosuffisante, mais doit l'être dans son rapport avec le global.

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C'est dans ce cadre-là que doivent être pensés les outils politiques de la relocalisation :

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  • les politiques commerciales : l'objectif doit être de remplacer le principe de libéralisation générale des échanges commerciaux par une ouverture extérieure sélective et négociée, destinée à favoriser les productions locales, à protéger les secteurs prioritaires (par exemple, l'agriculture et les biens culturels), et à promouvoir des objectifs sociaux et environnementaux. Ce qui suppose une réforme radicale non seulement de l'OMC, mais aussi de la politique agricole et commerciale de l'Union européenne ;

  • l'harmonisation progressive des systèmes sociaux, fiscaux et environnementaux : elle doit être un préalable à la libéralisation des mouvements de capitaux, de services et de marchandises, qui mettent ces systèmes en concurrence et les nivellent par le bas ;

  • les services publics : ils ont contribué à nourrir les territoires. Leur affaiblissement et la disparition de services publics de proximité dévitalisent les régions rurales et les périphéries urbaines, renforçant le double mouvement de polarisation des activités dans certaines zones et de désertification pour le reste. Reconquérir les services publics, en créer de nouveaux (par exemple un service public du logement) et en assurer une véritable gestion démocratique constituent également des préalables pour une relocalisation de l'économie.

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Des expériences de relocalisation de l'économie et de sa démocratisation ont vu le jour depuis une trentaine d'années et sont regroupées en France sous le terme d'économie solidaire ou d'économie alternative. Articulées avec le renforcement des services publics, auxquels ces activités ne sauraient se substituer, des aides publiques devraient être dégagées pour soutenir ces initiatives. Le succès des Associations pour le maintien de l'agriculture paysanne (Amap) témoigne de cette nécessité, tout comme la vitalité de certaines coopératives engagées dans la reconstruction d'un tissu économique local.

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Ces propositions, mises en débat avec le Manifeste altermondialiste d'Attac, répondent à des revendications ou des expériences portées déjà par des mouvements sociaux et des mouvements écologistes. Elles constituent un socle à partir duquel pourrait s'amorcer un véritable débat démocratique pour répondre aux défis écologiques et sociaux que doivent affronter, sans tarder davantage, les sociétés humaines contemporaines.

Bibliographie

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Attac, 2003, Quand les femmes se heurtent à la mondialisation, Paris, Mille et Une Nuits.

22

Attac, 2004, Le développement a-t-il un avenir ? Pour une société solidaire et économe, Paris, Mille et Une Nuits.

23

Attac, 2005, Vivent les impôts !, Paris, Mille et Une Nuits.

24

Attac, 2006, Pauvreté et inégalités, Paris, Mille et Une Nuits.

25

Attac, 2006, Le Petit Alter. Dictionnaire altermondialiste, Paris, Mille et Une Nuits.

26

Attac, 2007, Manifeste altermondialiste. Construire un monde solidaire, écologique et démocratique, Paris, Mille et Une Nuits.

Plan de l'article

  1. Réorienter les modes de production et de consommation
  2. Jeter les bases d'un autre ordre international
  3. Promouvoir la relocalisation des activités économiques
  4. Bibliographie

Pour citer cet article

Azam Geneviève, Harribey Jean-Marie, Plihon Dominique, « Construire un monde écologique et solidaire », L'Économie politique, 2/2007 (n° 34), p. 60-71.

URL : http://www.cairn.info/revue-l-economie-politique-2007-2-page-60.htm
DOI : 10.3917/leco.034.0060


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