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L'Économie politique

2009/2 (n° 42)


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La réunion du G20 qui s'est tenue à Londres le 2 avril dernier porte en germe un bouleversement assez radical du fonctionnement de la finance mondiale. Les grands pays ont mis en avant un objectif clair de régulation de la planète finance ; ils ont mis sur la table les instruments avec lesquels ils souhaitent y arriver, tout en fixant un calendrier afin de mesurer l'état de leurs progrès.

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Pour le comprendre, il ne fallait pas se contenter de lire les comptes-rendus de la presse économique sur le sujet, ni même le communiqué final du G20, mais la "Déclaration sur le renforcement du système financier" qui lui est annexée. Un texte de six pages, pas moins, qui détaille l'ambition et la volonté régulatrice du G20 dans plusieurs dossiers clés  [1][1] wwww. g20. utoronto. ca/ 2009/ 2009-london-ifi-090402.....

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Il pose les principes d'un changement majeur du rôle des banques centrales, à qui l'on demande de développer les outils et les politiques à même de contrer l'instabilité financière. Et de ne plus se contenter de se focaliser uniquement sur la lutte contre l'inflation des prix des biens.

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Il réclame la mise en oeuvre d'un contrôle serré de la distribution de crédits par les banques, pour qu'elles arrêtent de nourrir les bulles. Car toutes les crises financières d'importance, celles dont les conséquences négatives sur la croissance et l'emploi sont les plus fortes, sont issues de l'éclatement de bulles nourries par le crédit bancaire. Appliquer une telle politique ne sera pas facile. Cela signifierait par exemple que la Banque centrale européenne (BCE) pourrait venir dire à la France que le crédit progresse trop vite et qu'elle va pénaliser les banques françaises en leur demandant de mettre de côté plus de capital. Une situation politiquement délicate.

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Le G20 veut également encadrer les marchés de produits dérivés, ces allumettes spéculatives qui mettent souvent le feu à la finance. Ils ont pratiquement été de toutes les grandes crises financières ces dix dernières années. Mais les acteurs privés chercheront à maintenir un terrain de jeu spéculatif le plus ouvert possible, et les régulateurs devront se donner les moyens de suivre l'évolution des innovations financières.

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La déclaration du G20 appelle à une régulation des plus gros fonds spéculatifs, ceux dont les défaillances pourraient avoir des conséquences sur les banques qui les financent ou sur les investisseurs (assureurs, fonds de pension...) qui leur confient une partie de leur argent.

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Enfin, dossier ultramédiatisé, le G20 s'attaque aux paradis fiscaux. Il a fait un pas en avant en identifiant une liste de territoires aux comportements douteux : ceux qui facilitent l'évasion et la fraude fiscale et ceux qui permettent aux financiers de s'endetter pour prendre des risques sans aucune transparence. Et en actant, pour la première fois dans l'histoire, le principe de sanctions.

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Mais ce qui est demandé aux paradis fiscaux est loin de remettre en cause complètement le secret bancaire et, plus généralement, la fabrique d'opacité sur laquelle vivent ces territoires  [2][2] Voir "La fin des paradis fiscaux ?", Alternatives Economiques,.... Les pays du G20 sont-ils prêts à aller plus loin en ce domaine ? La réponse semble positive pour de nombreux pays. En Allemagne, aux Etats-Unis, en France et au Royaume-Uni, les dirigeants politiques ont tous envoyé le même message ces dernières semaines : ce qui s'est passé à Londres n'était qu'un début.

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Il va falloir maintenant transformer toutes ces bonnes intentions en actes. La bataille, contre les centres financiers offshore et pour une finance régulée, ne fait que commencer.

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Les premières versions des textes de William K. Black, Paul Davidson et Lord Eatwell de ce numéro sont issues de la conférence "The Financial Crisis, the US Economy, and International Security in the New Administration", organisée autour de James K. Galbraith par l'Initiative internationale pour repenser l'économie (IRE), Economists for Peace and Security, et le Levy Institute, qui s'est tenue à New York, le 14 novembre 2008 au Schwartz Center for Economic Policy Analysis, grâce au soutien de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l'homme (FPH). Les trois articles ont été mis à jour par les auteurs.

Notes

[2]

Voir "La fin des paradis fiscaux ?", Alternatives Economiques, n? 279, avril 2009.

Pour citer cet article

Chavagneux Christian, « Quelle finance après le G20 ? », L'Économie politique, 2/2009 (n° 42), p. 5-6.

URL : http://www.cairn.info/revue-l-economie-politique-2009-2-page-5.htm
DOI : 10.3917/leco.042.0005


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