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L'Économie politique

2009/4 (n° 44)


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A la fin du XIXe siècle, les excès du capitalisme sauvage ont remis en cause les idées économiques libérales. Certains penseurs ont alors voulu inventer un " nouveau libéralisme ", plus social, plus démocratique, moins confiant dans les vertus du marché. Keynes a été l'un de ceux-là, se revendiquant du " socialisme libéral ", mais il est loin d'avoir été le seul  [1][1] Serge Audier, Le Socialisme libéral, La Découverte,.... D'autres n'ont eu de cesse de réinventer le vieux libéralisme inégalitaire et de mettre l'Etat au service des marchés. Hayek a été à la pointe de ce combat, qu'il a fini par gagner.

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Qu'en sera-t-il du libéralisme contemporain ? La pensée libérale est assurément en crise. Bien avant les subprimes, elle avait déjà perdu ses héros. Il faut désormais remonter au moins trente ans en arrière pour lire les ouvrages clés de penseurs libéraux  [2][2] Voir James K. Galbraith, L'Etat prédateur. Comment.... Le renouvellement intellectuel n'a pas eu lieu.

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Comme au XXe siècle, quelques libéraux purs et durs refusent de voir la réalité et se rêvent peut-être en Hayek de demain, hérauts de marchés dérégulés. Le contexte actuel, pour le dire a minima, ne leur est guère favorable, et on a encore de la peine à pointer dans la jeune génération les penseurs qui auraient emprunté ce long chemin. Si la Société du Mont-Pèlerin devait être fondée aujourd'hui, ses promoteurs auraient du mal à faire la liste de ses membres...

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En face, les Paul Krugman et les Joseph Stiglitz, partisans affirmés d'une intervention intrusive et régulatrice de l'Etat dans l'économie, tiennent désormais le haut du pavé. Mais, passés directement de la modélisation pointue, réservée aux initiés, au commentaire grand public de l'actualité, ils jouent plus le rôle de brillants éditorialistes agitateurs d'idées que de piliers pour la refondation d'une nouvelle pensée économique du monde. Ils ne sont pas (encore ?) les Keynes d'aujourd'hui.

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L'après-libéralisme est sûrement déjà en marche. Mais il reste encore obscurci par les remous de la crise, ce moment, comme disait le philosophe italien Antonio Gramsci, " quand le vieux meurt et que le neuf hésite à naître ".

Notes

[1]

Serge Audier, Le Socialisme libéral, La Découverte, 2006.

[2]

Voir James K. Galbraith, L'Etat prédateur. Comment la droite a renoncé au marché libre et pourquoi la gauche devrait en faire autant, Seuil, 2009.

Pour citer cet article

Chavagneux Christian, « Après le libéralisme », L'Économie politique 4/2009 (n° 44) , p. 5-5
URL : www.cairn.info/revue-l-economie-politique-2009-4-page-5.htm.
DOI : 10.3917/leco.044.0005.


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