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L'Économie politique

2011/1 (n° 49)


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Il est parfaitement légitime qu'un économiste qui consulte pour telle ou telle entreprise [...] participe aussi au débat public, à condition qu'il soit transparent sur ses activités et se fixe la discipline de signaler tout conflit d'intérêts potentiel. Ce n'est pas toujours le cas. " C'est peu dire que cet appel à plus de déontologie chez les économistes, exprimé il y a un an par Jean Pisani-Ferry, directeur du Centre Bruegel et membre du Conseil d'analyse économique  [1][1] Voir Alternatives Economiques n? 287, janvier 2010, n'a pas suscité un grand débat.

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Il a finalement débuté en janvier 2011 aux Etats-Unis, à l'occasion de la réunion annuelle de l'American Economic Association, qui rassemble les économistes américains. Deux d'entre eux, Gerald Epstein et Jessica Carrick-Hagenbarth, ont écrit une lettre signée par 300 de leurs confrères - dont le prix de la Banque de Suède George Akerlof et l'ancienne conseillère économique de Barack Obama, Christina Romer - réclamant une plus grande transparence de la part des économistes rémunérés par le secteur privé. Les deux chercheurs ont montré  [2][2] " Financial economists, financial interests and dark... que sur 19 économistes présents dans le débat public américain, 13 étaient susceptibles de conflits d'intérêts mais que 5 seulement mentionnaient clairement leurs travaux payés par les entreprises.

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On pourrait baptiser ce réveil des Américains l'effet Inside Job, du nom du remarquable documentaire de Charles Ferguson sorti sur les écrans à la fin 2010. On y voit Frederic Mishkin, ancien membre de la banque centrale des Etats-Unis, et Richard Portes, président d'un think tank britannique prestigieux, mis en cause après avoir touché de l'argent pour écrire un rapport louant la régulation financière en Islande peu de temps avant l'effondrement du pays. On y subit Glenn Hubbard, ancien conseiller économique de George W. Bush, qui, mis devant le fait accompli de ses collusions avec le monde de la finance, devient très agressif.

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Un peu plus d'éthique chez les économistes ne les rendra pas forcément plus pertinents. Mais cela permettrait au moins de se faire une idée sur les intérêts qu'ils sont susceptibles de défendre.

Notes

[1]

Voir Alternatives Economiques n? 287, janvier 2010.

[2]

" Financial economists, financial interests and dark corners of the meltdown : it's time to set ethical standards for the economics profession ", Political Economy Research Institute (PERI), Workingpaper Series n? 239, oct. 2010.

Pour citer cet article

Chavagneux Christian, « Sur la déontologie des économistes », L'Économie politique 1/2011 (n° 49) , p. 5-5
URL : www.cairn.info/revue-l-economie-politique-2011-1-page-5.htm.
DOI : 10.3917/leco.049.0005.


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