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L'Économie politique

2013/2 (n° 58)


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A propos de :

Jeremy Rifkin, La Troisième Révolution industrielle, Paris, Les liens qui libèrent, 2012.

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JEREMY RIFKIN A PUBLIÉ L'AN DERNIER UN NOUVEL OUVRAGE intitulé La Troisième Révolution industrielle . La thèse qu'il défend dans ce livre est que la transition écologique que nous allons vivre est bien plus qu'une évolution technologique. Il y voit le début d'une nouvelle ère industrielle bouleversant nos modes de production et de consommation et nos rapports sociaux .

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Rifkin fut l'un des premiers, dans les années 1980, à faire campagne sur le thème du changement climatique. A l'époque, les plus grandes sommités du monde scientifique ricanaient. En France, l'Académie des sciences et le corps des Mines affirmaient que ce pauvre Rifkin et ses pareils s'appuyaient sur des hypothèses fantaisistes, qu'ils se fondaient sur trois années de sécheresse exceptionnelles aux Etats-Unis pour tirer des conclusions définitives, que leurs modèles n'avaient aucune valeur scientifique. C'était vrai, d'ailleurs : Rifkin affirmait la réalité du changement climatique de manière aussi péremptoire que ses contradicteurs, sans aucune preuve sérieuse. L'histoire ou plus exactement les progrès de l'analyse scientifique lui ont donné raison a posteriori, l'installant durablement dans son rôle de prophète inspiré. Jeremy Rifkin est donc devenu l'un des prospectivistes les plus renommés, l'un des plus invités dans les colloques, conférences et séminaires de réflexion sur l'avenir de la planète. Et il publie régulièrement des livres sur ce qui nous attend et que nous ne voyons pas venir.

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Dans La Troisième Révolution industrielle , Jeremy Rifkin affirme que nos sociétés vont être bouleversées par la conjonction de trois révolutions technologiques :

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- la révolution des technologies de l'information et de la communication, qui permet l'échange de milliards d'informations de manière totalement décentralisée entre des milliards d'ordinateurs, de smartphones, de GPS, de capteurs, de compteurs, de collecteurs d'information sur tout et n'importe quoi ;

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- la révolution énergétique, qui substitue aux systèmes de production d'énergie centralisés, à partir de combustibles fossiles ou nucléaires, des formes nouvelles et totalement décentralisées de production d'énergie renouvelable, chaque logement se transformant en une petite centrale de production grâce à son architecture bioclimatique, ses capteurs solaires, voire son éolienne de poche ;

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- la révolution du stockage de l'électricité, qui devrait permettre d'ici quelques années de pallier le principal défaut des énergies éolienne et solaire qui est leur caractère aléatoire, et donc de recueillir les petites quantités d'énergie produites par chacun de ces millions de capteurs à des moments creux pour les utiliser au moment et dans le lieu où l'on en aura besoin.

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La conjonction de ces trois révolutions va déboucher sur la réalisation d'un énorme réseau d'échange d'informations et d'énergie, un "smart grid" (un "réseau intelligent") géant, permettant une optimisation globale du système, mais également une transformation profonde des rapports sociaux . Jeremy Rifkin remarque que la plupart des prospectivistes et des politiques qui les écoutent n'ont jusqu'à présent pensé ces révolutions technologiques que séparément, en fonction de leur compétences, les uns sur l'énergie, les autres sur les technologies de l'information. Mais que l'on ne saisit "the big picture", l'ampleur des changements qui nous attendent, qu'en les considérant ensemble et en mesurant leurs implications sur le mode de production et sur la société. Rifkin commence donc par décrire les changements technologiques qui vont bouleverser notre vie.

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La révolution de l'information et des communications, d'abord. Elle a déjà eu lieu. En le lisant, on prend conscience de la vitesse incroyable avec laquelle elle s'est propagée. Il était totalement inimaginable il y a quinze ans que des milliards d'ordinateurs à travers le monde seraient interconnectés, que cette révolution nous offrirait une quantité innombrable de services, de capacités d'information sur n'importe quel sujet, de communication audiovisuelle instantanée gratuite avec n'importe qui à travers le monde, de réservation de places d'avions ou de trains, de comparaison et d'achat de tout objet de consommation, de géolocalisation, mais également d'optimisation à distance et à très bas coût par des logiciels hyperperformants de n'importe quel système technologique ou industriel, qu'il s'agisse de votre chauffage individuel ou d'une usine chimique ou métallurgique. A tel point qu'on ne pourrait plus vivre sans. L'exploitation de cette révolution technologique est loin d'être achevée. Elle continue de donner à chacun plus de services, plus de liberté, plus d'autonomie.

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La deuxième révolution technologique est en train d'arriver. Il s'agit du basculement radical des énergies centralisées, fossiles et nucléaires, vers les énergies renouvelables décentralisées. L'ère des énergies fossiles et des systèmes centralisés est finie, affirme Rifkin. S'y opposent encore de puissants intérêts, les multinationales du pétrole et du gaz et les entreprises de production d'électricité, au premier rang desquelles, en Europe, EDF. Mais le monde vient de connaître un saut technologique majeur dans le domaine du photovoltaïque. La baisse spectaculaire du prix des cellules a ouvert les vannes d'une production de masse. Et, prédit l'auteur, cette baisse accélérée va se poursuivre et vaincre les dernières résistances. On peut avoir des doutes sur cette vision en blanc et noir et sur la disparition accélérée de la production centralisée d'énergie conventionnelle ou nucléaire. Mais le fait est que les productions d'énergies renouvelables bouleversent les bilans énergétiques de tous les pays. Le mouvement va se poursuivre et entraîner des changements très importants dans la manière de produire et de gérer l'énergie. Le plus important est sans doute que chaque famille, chaque petite collectivité pourra devenir productrice d'énergie grâce à des capteurs solaires installés sur les toits, grâce aux mini-éoliennes que l'on pourra acheter pas cher, et donc que les citoyens pourront se réapproprier un pouvoir, une capacité d'initiative qui avaient été confisqués par les grandes entreprises à l'époque où la production était centralisée. Chaque logement deviendra en quelque sorte une microcentrale électrique qui produira en fonction du vent et du soleil, consommera peu grâce aux efforts de maîtrise de l'énergie que chacun aura décidé de faire et qui vendra le surplus par de microtransactions organisées sur le Net entre citoyens libres. Les grandes entreprises centralisées et hégémoniques devraient dès lors perdre de leur pouvoir et, dit Rifkin, on comprend bien qu'elles résistent.

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Mais pour que le système fonctionne, il y faut une troisième révolution technologique qui est en train d'arriver, celle du stockage de l'électricité. Pendant cinquante ans, les chercheurs ont piétiné et les seuls stockages de masse et relativement peu coûteux étaient les réserves hydrauliques en amont des barrages. Depuis quelques années, de nouveaux types de stockage recourant à l'hydrogène, de nouvelles batteries ont fait des progrès fulgurants et vont permettre d'accumuler l'énergie solaire ou éolienne quand la nature nous l'offre et de l'utiliser au moment où nous en aurons besoin.

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Des productions décentralisées, des stockages décentralisés, des réseaux interactifs d'information, des réseaux intelligents d'échange et d'optimisation de l'énergie. Le monde est prêt pour la troisième révolution industrielle .

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Mais Rifkin n'est pas seulement un penseur. Il a créé un bureau de consultants qui conseille les Etats et aide les collectivités locales à passer à l'acte et à élaborer une planification énergétique de leur ville. Planification énergétique est un terme trop étroit : Rifkin parle d'aménagement visant à respecter les équilibres de la biosphère, car il s'agit à chaque fois d'un projet urbanistique et écologique autant qu'énergétique. Il élabore une telle planification pour des villes aussi différentes que San Antonio au Texas, Rome, Utrecht, et décrit les difficultés qu'il rencontre avec des responsables pleins de bonne volonté mais encroûtés dans leurs schémas de pensée obsolètes. Il relance des opérations qui avaient été faites il y a trente ans, après le choc pétrolier de 1974, et que l'on avait complètement oubliées. Ainsi, avec la ville d'Utrecht, il mène une opération pilote d'économie d'énergie identique aux opérations menées dans le cadre de l'Ademe  [1][1] Ademe : Agence de l'environnement et de la maîtrise... de l'époque par Michel Rolant et Bernard Laponche sur les villes de Meaux, Saint-Quentin-en-Yvelines, Blois. Il s'agissait de faire des diagnostics énergétiques gratuits de tous les logements et bâtiments de ces villes, des thermographies infrarouges de nuit pour voir les fuites de chaleur et de définir pour chaque logement un programme de travaux rentable en cinq ans. L'Ademe avait négocié avec les artisans et entreprises du bâtiment de la ville : en échange d'un chiffre d'affaires assuré et de chantiers répétitifs encadrés par ses équipes, ils acceptaient de réduire leurs prix de 20 ou 30 % par rapport aux prix communément pratiqués et d'embaucher des jeunes sur le marché local du travail. Les particuliers, rassurés par cette présence, convaincus de la rentabilité des travaux par des études objectives et impartiales, soutenus par les aides aux économies d'énergie mises en place par le gouvernement, s'étaient massivement engagés, avec pour résultats une rénovation énergétique de quartiers entiers, une économie de la facture énergétique pour la population, un surcroît d'activité pour les entreprises et des créations d'emplois...

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Rifkin aurait pu s'arrêter là, et nous aurions lu une description un peu idéalisée mais passionnante des possibilités nouvelles qu'ouvrent les nouvelles technologies de la communication et de l'énergie, illustrée d'exemples d'opérations concrètes invitant à l'action. Mais nous ne sommes qu'à la moitié de son livre et l'auteur élargit son propos.

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La troisième révolution industrielle n'est pas seulement technologique, pas seulement industrielle, elle est également et surtout sociale. Depuis la première révolution industrielle , nous vivions dans une société centralisée et hiérarchisée parce que la concentration engendrait des gains de productivité énormes. Cette concentration de la production pour réduire les coûts a conduit à son tour à la concentration du capital et du pouvoir. Les services fournis par les nouvelles technologies, qui seront les moteurs de la nouvelle croissance, ne comportent pas d'effets d'échelle. La production d'énergie renouvelable et décentralisée, mais également les multiples services qui se développent grâce au Net ne nécessitent pas de concentration de capital, pas d'organisation hiérarchique et pyramidale. Ils seront le fait de réseaux horizontaux de producteurs individuels interactifs et coopératifs. Les échanges n'auront plus besoin de circuits centralisés de distribution, lesquels seront doublés, court-circuités par des rapports directs entre producteurs individuels et consommateurs.

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A l'appui de sa thèse, Rifkin cite de nombreux exemples d'entreprises de cette nouvelle économie , tels Etsy, bazar mondial de l'artisanat faisant de la vente directe sur Internet qui va, selon lui, ruiner "les firmes mondiales géantes qui fabriquent en série des produits standardisés sur des chaînes de montage servies par un personnel anonyme", ou Zipcar, première société mondiale d'autopartage, qui croît au rythme de 30 % par an en faisant des profits considérables à partir d'un principe coopératif qui va rendre inutile la production effrénée de voitures. Et Rifkin de conclure : "Le jour où des millions de petits acteurs seront connectés dans des réseaux distribués et coopéreront à travers les secteurs et les industries, c'est une force économique considérable qui apparaîtra [...], qui éclipsera les gains économiques réalisés par les firmes centralisées et hiérarchiques qui ont dominé la deuxième révolution industrielle ."

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On aurait envie d'objecter que, jusqu'à présent, la révolution Internet a peut-être été initiée par des individus ou de multiples petites start-up "latérales" mais que, dès qu'elles ont réussi, elles ont intégré les schémas capitalistes les plus traditionnels, le casual Friday (le code "vendredi sans cravate") en plus. Elles ont drainé des masses de capital et constituent des oligopoles de taille planétaire. Quant aux énergies renouvelables, elles sont progressivement "trustées" par les grands groupes, chinois dans la production de capteurs solaires, européens ou américains dans l'éolien. Le capitalisme a fait la preuve au cours des derniers siècles de sa capacité d'adaptation et on a plutôt l'impression qu'il n'a jamais été aussi dynamique en Chine, en Inde ou aux Etats-Unis. De plus, ce nouveau capitalisme "distribué", même s'il reste diffus, n'en fonctionne pas moins selon la logique du profit. Google est gratuit, pas pour autant sans but lucratif, et la société fait plus de 70 % de ses profits grâce aux annonces publicitaires dont le site vous bourre le crâne insidieusement. Jeremy Rifkin ne prend-il pas ses désirs pour la réalité ?

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La dernière partie du livre donne la réponse : les bouleversements technologiques ne sont rien sans un bouleversement des valeurs. L'humanité prend conscience des dégâts sociaux et écologiques de l'activité industrielle et de la consommation de masse . Les êtres ne cherchent plus le pouvoir et l'argent, mais ont "besoin de convivialité et sont en quête de communauté" (sic). Suit un long dégagement sur l'éducation qui doit privilégier l'enseignement des nouvelles technologies mais surtout renoncer au bourrage de crâne et au rapport d'autorité pour favoriser l'échange égalitaire. Et l'on arrive aux conclusions majeures : "Il faut insuffler à nos vies une conscience biosphérique afin de pouvoir rétablir nos liens avec la nature, guérir la terre, sauver notre espèce... Il faut élargir notre sens du temps pour y inclure le souvenir de notre passé le plus archaïque et l'anticipation d'un avenir lointain", seule solution pour éviter la catastrophe finale.

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Rifkin est confiant. La révolution sociale est en marche, les jeunes sont déjà convertis aux nouvelles valeurs de coopération et d'entraide, le monde va renoncer aux rapports de pouvoir et d'argent. D'ailleurs, il est reçu par tous les hommes politiques européens, qui se gargarisent de cette troisième révolution industrielle . Il suffit qu'il parle et les yeux se dessillent. Lisez-le raconter ses rendez-vous avec son héros préféré, Zapatero, ou avec Angela Merkel : je lui ai dit "Angela, il faut mettre en oeuvre la troisième révolution industrielle ." Angela m'a répondu : "Bon sang mais c'est bien sûr, Jeremy, tu m'as ouvert les yeux." Et le lendemain une loi a été votée au Bundestag.

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On ne peut s'empêcher de penser que Rifkin se berce d'illusions. Il nous a démontré avec brio et passion que les bouleversements technologiques en cours ouvraient des espaces de liberté et pouvaient autoriser certains changements sociaux qu'il appelle de ses voeux. Mais il n'y a aucune nécessité, aucun sens de l'histoire qui lui permette de dire que, oui, inévitablement, ce changement de société va se produire. Et quand il le fait, parce qu'il le souhaite, il n'est plus prospectiviste, il devient prédicateur.

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Il y a plus grave. Les nouvelles technologies ouvrent à coup sûr des espaces de liberté nouveaux pour les individus mais elles comportent des risques et des dangers.

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Rifkin monte en épingle Linux ou Wikipedia comme des premiers bourgeons de la troisième révolution industrielle et les oppose à Microsoft et à l'Encyclopædia Britannica, qu'il juge condamnés par l'histoire. L'Encyclopædia Britannica a d'ailleurs déjà disparu. Mais ces outils nouveaux, construits de manière coopérative et désintéressée, sont produits et développés par une communauté anonyme contre laquelle, si l'on n'est pas satisfait, s'il y a des erreurs graves, des malfaçons, des manipulations, on ne peut rien. On pouvait faire un procès à Microsoft ou au producteur de l'encyclopédie, pas à Wikipedia. Dans le domaine de l'énergie, Rifkin nous dit que chaque logement va devenir une petite centrale électrique qui, grâce à un réseau d'information et d'énergie hyperfin, va échanger en permanence avec ses voisins de manière à optimiser les plus et les moins d'énergie des uns et des autres. Mais ce réseau, qui le gère ? Cette optimisation, qui en développe le logiciel ? Qui le contrôle et l'exploite ? Paradoxalement, au moment où les technologies devraient permettre aux gens de produire leur propre énergie et de se réapproprier la gestion de celle-ci, elle leur sera confisquée par un réseau certes coopératif et convivial, mais qui s'occupera de tout. Ce sympathique Big Brother saura tout de vos habitudes de consommation : si vous allumez la nuit parce que vous avez des insomnies, si vous vous levez tard, le nombre de lessives que vous lancez chaque semaine, et utilisera ces données pour optimiser le système. Peut-être vous collera-t-il des malus quand vous consommerez trop selon ses critères ou des bonus si vous vous conformez à ses règles. On peut compter sur lui pour tenter d'exploiter ces données au mieux de ses intérêts, et dans un respect tout relatif de votre vie privée, comme le font déjà les Google ou autres pieuvres du Net. Mais en pire : il n'aura même plus de visage, puisqu'il aura été développé de manière coopérative , c'est-à-dire anonyme.

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De plus, nous savons désormais à quel point ces réseaux ouverts sont non seulement manipulables, mais également vulnérables. Le virus Stuxnet a réussi à détruire sans coup férir 1 000 centrifugeuses iraniennes dans une usine de production d'uranium enrichi archisurveillée. Ce même virus est aujourd'hui en vente libre et les experts de la cybercriminalité considèrent que, lancé sur le réseau électrique américain, il pourrait provoquer une panne gigantesque que les opérateurs mettraient plusieurs semaines à surmonter. Or, les réseaux d'échange énergétique que considère Rifkin sont beaucoup plus ouverts et interactifs, donc encore beaucoup plus vulnérables que les réseaux actuels de transport d'énergie.

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Après avoir lu les dernières pages du livre de Rifkin, je me suis endormi et j'ai rêvé. J'étais dans ma maison bioclimatique à température et hygrométrie contrôlées et j'avais du mal à respirer. Alors je sortais dans le jardin et je m'apercevais que j'avais un masque sur le visage qui m'étouffait. Et j'entendais la voix de Rifkin qui disait : "C'est la quatrième révolution industrielle ! Chaque être humain est une petite centrale thermique qui fait partie d'un grand tout. Nous avons trouvé le moyen de régler définitivement le problème de l'effet de serre en optimisant votre production de CO2 grâce à ce masque relié à un système d'échange d'information planétaire." Je me suis réveillé en nage et je me suis mis à écrire cet article.

Notes

[1]

Ademe : Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, créée en 1992 à partir de la fusion de plusieurs agences environnementales [NDLR].

Pour citer cet article

Pierre Michel, « Rifkin, entre rêves et prédictions », L'Économie politique 2/2013 (n° 58) , p. 105-112
URL : www.cairn.info/revue-l-economie-politique-2013-2-page-105.htm.
DOI : 10.3917/leco.058.0105.


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