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L'Économie politique

2013/4 (n° 60)


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Les élections européennes qui s'annoncent devraient malheureusement voir progresser les partis à tendance nationaliste, et pas seulement en France. L'Allemagne a sa part de responsabilité dans cette dégradation du climat politique. En instaurant pour seul projet européen l'austérité budgétaire généralisée et le refus de la dette publique, le gouvernement de Mme Merkel suscite le rejet d'une Europe uniquement perçue comme une contrainte.

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L'erreur grossière d'une partie de la classe politique et économique française d'avoir érigé l'Allemagne en modèle participe aussi de ce rejet. Les partisans de l'austérité, de la flexibilisation du marché du travail et de la remise en cause de l'Etat social ont voulu faire de notre partenaire une référence à copier. Qui sait que nos voisins d'outre-Rhin sont passés de la 3e à la 7e place en termes de revenu par habitant en Europe ? Que le pays manque d'investissements, que les inégalités et les emplois au rabais y ont explosé ? Beau modèle en vérité.

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Et ce qui se dessine de l'Allemagne de demain n'est pas forcément mieux. Il faut être résolument optimiste pour croire que nos amis allemands réussiront leur transition énergétique sans trop détruire le pouvoir d'achat des salariés et sans perte de compétitivité. Qu'ils rattraperont leur retard en termes d'investissements privés et aussi publics - l'état de dégradation des infrastructures publiques a conduit le grand journal allemand Die Zeit à titrer, au début de l'été, "Deutschland geht kaputt". Qu'ils sauront régler leurs problèmes de hausse des prix des logements. Qu'ils sauront dynamiser la demande intérieure pour faire face à la faible croissance européenne et au ralentissement des émergents. Qu'ils prendront les mesures nécessaires à la réduction d'inégalités en hausse, ce qui a conduit le quotidien Der Spiegel à constater le retour d'une société d'ordres féodaux où l'ascenseur social est détruit. Et, enfin, qu'ils arriveront à gérer non seulement le vieillissement de leur population mais un effondrement démographique annoncé, déjà inscrit dans les chiffres.

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Chaque virage raté réduira le potentiel de croissance du pays. Or, une Allemagne malade est une mauvaise nouvelle car elle transmettra ses problèmes au reste de l'Europe. Qui continuera, demain comme aujourd'hui, à subir les errements de son pays leader. Au détriment de tous les citoyens de l'Union. Et au profit de ses partis les plus nationalistes.

Pour citer cet article

Chavagneux Christian, « Une Europe malade de l'Allemagne », L'Économie politique 4/2013 (n° 60) , p. 5-5
URL : www.cairn.info/revue-l-economie-politique-2013-4-page-5.htm.
DOI : 10.3917/leco.060.0005.


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