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L'Économie politique

2014/3 (n° 63)


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Rompant avec les prises de position rooseveltiennes de sa campagne de 2012, le président de la République a choisi d'assumer depuis janvier dernier un nouveau cap économique. Il est fondé sur la vieille idée du chancelier allemand Helmut Schmidt selon laquelle les profits d'aujourd'hui font les investissements de demain et les emplois d'après-demain. Ce qui conduit le gouvernement à lâcher sans quasiment aucune contrepartie plus de 40 milliards d'euros de baisses de prélèvements obligatoires aux entreprises. Moins imposées, celles-ci pourront se refaire une santé, et donc investir et embaucher. Tel est le credo.

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Cette orientation a été trop vite qualifiée de "socialisme de l'offre". Dans le plus pur style libéral, le gouvernement pense orienter les comportements des entreprises par le seul mécanisme des prix : un coût du travail moins cher se transformera forcément en plus d'emplois. Rien de bien "socialiste" là-dedans ! C'eût été le cas si le président avait plaidé pour un renforcement des droits des salariés, pour une fiscalité privilégiant l'investissement à la distribution de dividendes ou pour une politique d'innovation financée par des investissements publics en faveur de la transition écologique. Mais il n'en est pas question.

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En faisant le choix d'assumer une droitisation de sa politique économique, le président a provoqué une conséquence inattendue : il a ouvert un boulevard aux réflexions pour une autre gauche de gouvernement. Elles ont pris la forme du mouvement des frondeurs du PS défendant à court terme une autre politique budgétaire. Mais aussi celle d'une mobilisation d'économistes qui proposent un autre récit pour la gauche que celui de la course à l'austérité et à la compétitivité par le bas [1][1] Voir les contributions du dossier spécial de ce nu.... Ce n'est pas encore un programme - nous ne sommes pas en 2017 -, plutôt des orientations générales. Mais la conclusion est claire : en matière de réflexion économique, l'après-Hollande a déjà commencé.

Notes

[1]

Voir les contributions du dossier spécial de ce numéro.

Pour citer cet article

Chavagneux Christian, « L'après-Hollande a déjà commencé », L'Économie politique, 3/2014 (n° 63), p. 5-5.

URL : http://www.cairn.info/revue-l-economie-politique-2014-3-page-5.htm
DOI : 10.3917/leco.063.0005


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