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L'en-je lacanien

2010/1 (n° 14)

  • Pages : 224
  • ISBN : 9782749212845
  • DOI : 10.3917/enje.014.0009
  • Éditeur : ERES


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Ce « pour quoi ? » vient du Wozu de Hölderlin, repris par Heidegger, dans l’élégie Pain et vin : Wozu Dichter ? Pour quoi les poètes ?

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« Ah ! que dire encor ? Que faire ?

Je ne sais plus, – et pour quoi, dans ce temps de détresse, des poètes ? »

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Pour quoi le poète ? À quoi sert-il ? À quoi bon l’être ?

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Pour quoi dire ? Pour quoi faire ?

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Pour rien ? Pour dire, pour faire kekchose [1]  Ainsi l’écrit Jacques Roubaud dans Poésie, etcetera... [1] , un(e) chose de langue ? Pour changer la langue, la maltraiter, en scier le bois ?

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Ce « pour quoi » résonne autrement depuis Auschwitz. Celan en témoigne, en tu-émoigne contre et avec Adorno. Quelle poésie est-il encore possible d’écrire après ça, cette impossible possibilité-là ? Quel chemin de l’impossible peut-elle encore faire pour témoigner de l’humain, de la parole, de sa majesté de l’absurde, de la contre-parole ?

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Le poète, pour Celan, serait celui qui, comme Lenz pour finir, marche sur la tête, avec la bouche dans la neige et le ciel – son vide en bleu adorable – en abîme sous lui.

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Qu’en est-il de cette expérience de la poésie aujourd’hui ? Y a-t-il encore de la poésie ? Est-elle encore aujourd’hui impossible, réelle ? Quel ménage est-il possible de faire dans notre tête pour marcher dessus sans se casser la gueule ? Y a-t-il une difficulté actuelle et essentielle de la poésie à se faire encore lire aujourd’hui ? Et si oui, laquelle est-ce ?

Qui est ce quelqu’un à qui le poème, un poème dit aujourd’hui encore kekchose ? Et dit-il, a-t-il encore kekchose à dire au psychanalyste, comme Le pavillon de la Grue jaune, de Cui Hao, avait kekchose à dire à Lacan, ainsi qu’en témoigne François Cheng [2]  Entretien de François Cheng avec Judith Miller, dans... [2] ?

Notes

[*]

Michel Bousseyroux, psychanalyste à Toulouse, membre de l’epfcl.

[1]

Ainsi l’écrit Jacques Roubaud dans Poésie, etcetera : ménage, Paris, Stock, 1995 : « La poésie ne dit pas “quelque chose” mais kekchose. Désignons par kekchose ce que la poésie dit et qui ne peut se dire. Kekchose est l’ombre intérieure de la poésie prise dans les poèmes. »

[2]

Entretien de François Cheng avec Judith Miller, dans L’âne, n° 48, oct.-déc. 1991.

Pour citer cet article

Bousseyroux Michel, « Pour quoi la poésie ? », L'en-je lacanien 1/ 2010 (n° 14), p. 9-9
URL : www.cairn.info/revue-l-en-je-lacanien-2010-1-page-9.htm.
DOI : 10.3917/enje.014.0009


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