L'Homme
Editions de l’E.H.E.S.S.

I.S.B.N.271321386X
494 pages

p. 35 à 52
doi: en cours

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Jazz et anthropologie – Le jazz comme anthropologie?

n° 158-159 2001/2-3

Le jazz à la lumière de Jean-Jacques Rousseau

Anne-Marie Mercier-Faivre Yannick Seité
Le discours tenu sur le jazz par les premiers témoins (journalistes, écrivains, musicologues...) de son arrivée en Europe est extrêmement proche de celui, qu’à l’Âge classique, les voyageurs et les philosophes qui compilèrent les récits de ces derniers produisirent à propos de la musique des Noirs africains ou des esclaves. Si on déplore très généralement le bruit et la cacophonie engendrés par des pratiques qu’il est presque impossible de tenir pour musicales, quelques voix s’avèrent plus inspirées. Or, quoi de véritablement commun entre les « tambours des Mandingos » ou le « chant du Nègre Arada » d’une part, la musique délivrée dans l’Europe de l’après Première Guerre mondiale par les grands orchestres de Will Marion Cook ou James Reese Europe de l’autre? Tout en interrogeant une permanence des discours que la différence des musiques rend problématique, on suggérera que c’est peut-être l’activité de penseurs des Lumières tels que Jean-Jacques Rousseau qui, en posant les bases de l’ethnomusicologie, a lointainement préparé nos esprits et nos oreilles à entendre les musiques autres ou, plus largement, à écouter autrement la musique.Mots-clés : ethnomusicologie, Jean-Jacques Rousseau, Lumières, sauvages, jazz. Firsthand reports written about jazz, when it arrived in Europe, by journalists, writers and musicologists closely resemble the accounts written, during the Classical Age, about Black African or slave music by travelers and the philosophers who set their words down in writing. Besides general lamentations about the noise and cacophony produced by practices that could hardly be called musical, a few more inspired voices were heard. What is really in common between « Manding drums » or the « Nègre Arada chant » and the music brought to Europe after the First World War by Will Marion Cook’s or James Reese’s bands? While inquiring into the constancy in these accounts, which does not hold up given the difference between the sorts of music in question, the authors suggest that thinkers during the Enlightenment, such as Jean-Jacques Rousseau (who laid the basis for ethnomusicology), helped prepare our minds and ears for other kinds of music or, in broader terms, prepared the way for us to listen to music in another way.Keywords : ethnomusicology, Jean-Jacques Rousseau, Enlightenment, savages, jazz.
• La convergence des discours
• La différence des musiques
• La simplicité comme puissance critique


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