L'Homme
Editions de l’E.H.E.S.S.

I.S.B.N.2713221279
264 pages

p. 29 à 53
doi: en cours

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n° 183 2007/3

La gestation pour autrui

Un bricolage des représentations de la paternité et de la maternité euro-américaines

Geneviève Delaisi de Parseval Chantal Collard
La gestation pour autrui recouvre trois situations différentes les unes des autres et souvent confondues : dans le premier cas, la mère de substitution renonce à la naissance à ses droits parentaux sur un bébé qui a été conçu par insémination artificielle avec son ovocyte et le sperme du père d’intention après que ce dernier ait effectué une reconnaissance ante natale. Dans le second cas, une mère seulement gestatrice porte un embryon conçu in vitro par les parents génétiques du bébé à qui elle remettra l’enfant à la naissance. Dans le troisième cas, la mère gestatrice porte un embryon conçu cette fois avec les ovocytes d’une donneuse – anonyme ou pas – et le sperme du père d’intention. Cet article s’attache aux multiples conséquences qui découlent de ces différentes situations du point de vue de la parenté (symbolique, légale, pratique) ainsi qu’aux bricolages effectués. La maternité pour autrui gestationnelle dans laquelle la gestatrice n’est pensée que comme une nourrice du fœtus des parents d’intention s’inscrit très bien dans notre idéologie de parenté actuelle. Quand il y a don d’ovocytes, la situation nous semble en revanche plus difficile à penser car elle comporte des implications à plus long terme.Mots-clés : gestation pour autrui, parenté occidentale, procréation médicalement assistée. Gestational surrogacy covers three different and often entangled reproductive situations. In the first case (that of full surrogacy), the surrogate mother carries a baby conceived with her ovocyte and the intended father’s sperm ; she renounce her parental rights at birth. In the second case (gestational surrogacy), the gestational mother carries an embryo conceived in vitro with the gametes of the intended parents to whom she will give the newborn baby. In the third case, the surrogate mother carries an embryo, the result of in vitro fertilization with the ovum of a donor – anonymous or not – and the intended father’s sperm. This article looks at the consequences of these different procedures from the point of view of kinship (symbolic, legal, practical) and at subsequent admixtures or « bricolages ». Gestational surrogacy, in which the gestational mother is represented only as the « guardian » or « wet nurse » of the intended parent’s foetus, fits very well with Western current kinship ideologies. However, in cases of ova donations, the situation is more difficult because of the long terms implications of shared genetic ties.Keywords : gestional surrogacy, occidental kinship, assisted medical procreation.
• La gestation pour autrui dans les sociétés “exotiques”
• La gestation pour autrui dans le monde contemporain
• Présentation de cas
— Histoire de Jane deux fois mère de substitution gestationnelle(une fois aux États-Unis, une fois au Canada) et directrice d’une agence de surrogacy ontarienne
— Le cas du couple Salion, parents génétiques et d’intention français
— Le cas des Vanier, parents d’intention français : une GPA avec don d’ovocytes
• Analyse
— Distribution de la parentalité dans la gestation pour autrui
— Les parents d’intention
— Les parents génétiques
— Le cas particulier de la donneuse d’ovocytes
— La gestatrice
— “We are pregnant” : une grossesse hybride et souvent multiple
• BIBLIOGRAPHIE


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