“Il n’existe pas de pauvres chez nous”
De la supériorité des nomades sur les sédentaires
Jean-François Gossiaux
Selon quelle logique des populations nomades, a priori infériorisées par des représentations et des institutions politiques fondées sur la sédentarité, se retrouvent-elles dans une situation de suprématie locale lorsqu’elles sont passées à l’état d’ex-nomades ? À partir de trois exemples, les Valaques et les Karakatchans dans les Balkans, et les Bouriates d’Aga en Sibérie méridionale, l’article analyse les modalités d’une telle suprématie et montre comment le pastoralisme nomade sécrète un certain nombre de dispositions – techniques, économiques, politiques – globalement subsumables sous la notion d’opportunisme, qui peuvent s’actualiser en qualités efficientes dans les sociétés en transition où ce mode de vie s’achève.Mots-clés :
nomadisme, transition, Valaques, Saracatsans, Bouriates.
According to what « logic » do nomadic peoples, who are normally seen as inferior by political institutions grounded on a settled way of life, find themselves in a situation of local supremacy when they become « former nomads »? Three examples – the Vlach and Karakatchan in the Balkans and the Aga Buriat in southern Siberia – serve to analyze this supremacy and show how nomadic pastoralism secretes technical, economic and political conditions that, subsumed under the label of opportunism, can be activated as operational qualities in societies undergoing a transition from nomadism.Keywords :
nomadism, transition, Vlach, Karakatchan, Bouriat.
• Les Valaques
• Les Karakatchans
• Les Bouriates d’Aga
• Références bibliographiques