2001
La clinique lacanienne
L’effet psychosomatique : un essai d’impossibiliser
l’impossible
Jean-Pierre Lebrun
« Chaque instant de mon passé porte en lui la capacité de me
tuer, de même que chaque cellule de mon corps porte en elle la possibilité de
détruire mon organisme. »
« Depuis que je suis malade, je vais beaucoup mieux qu’autrefois.
»
Fritz Zorn
Demandons-nous ici en quoi la prévalence que Lacan donne au
signifiant permet d’appréhender ce qu’il en est d’une atteinte
psychosomatique.
Faisons l’hypothèse qu’une telle pathologie vient signer une
atteinte liée au processus d’induction signifiante lui-même ; il s’agira, dans
le « phénomène psychosomatique », d’un échec de la mise en place du langage,
d’une manière particulière d’évitement de ce point d’impossible que le langage
véhicule avec lui. L’affection psychosomatique, au sens large comme au sens
restreint, équivaudrait à un ratage dans l’induction signifiante elle-même et
serait dès lors une maladie très spécifiquement humaine puisque organisée par
ce qui fait l’humanité de l’homme, son inscription dans le Signifiant.
Mais pour mieux préciser cela, nous pouvons suivre les diverses
indications que nous donne Lacan à ce propos, et ce dans trois champs
différents – dont nous allons montrer la convergence : ceux de l’holophrase du
signifiant, de la question du nombre et de la coupure en topologie.
L’holophrase est un terme peu utilisé, tiré de la linguistique,
qui désigne un mot-phrase, soit que toute une phrase s’exprime par un seul mot
long. C’est en reprenant la structure minimale – S
1,
S
2,

et a – que Lacan tente
de rendre compte de « l’effet psychosomatique » ; il propose le terme
d’holophrase pour « … nous permettre de situer ce qui est à concevoir de
l’effet psychosomatique. J’irai jusqu’à formuler que, lorsqu’il n’y a pas
d’intervalle entre S
1 et S
2, lorsque le
premier couple de signifiants se solidifie, s’holophrase, nous avons le modèle
de toute une série de cas – encore que dans chacun, le sujet n’y occupe pas la
même place
[1] ».
Et de citer alors aussi l’enfant débile et la psychose. Nous
pouvons donc repérer que, pour Lacan, l’holophrase équivaut à la solidification
du premier couple de signifiants ; un signifiant, en effet, ne peut se désigner
lui-même, il y a toujours une faille, un intervalle entre un signifiant et le
signifiant par lequel on désigne ce signifiant :
« Le signifiant avec lequel on désigne le même signifiant, ça
n’est évidemment pas le même signifiant que celui par lequel on désigne
l’autre, ça saute aux yeux. Le mot “obsolète” en tant qu’il peut signifier que
le mot “obsolète” est lui-même un mot “obsolète” n’est pas le même mot
“obsolète” d’un côté ou de l’autre [2]. »
Ce point d’impossible auto-désignation s’écrit aussi « objet
petit a », soit cet effet de perte
produit par l’écart entre les deux signifiants.
Concevoir que le premier couple de signifiants s’holophrase
équivaut donc à penser, non pas qu’il n’est pas là comme couple, mais qu’il
reste « agglutiné » au point même que cet effet de perte ne se produit pas. Du
même coup, rien de la disparité S1-S2 ne
trouve son assise ; et Lacan précise :
« La psychosomatique, c’est quelque chose qui n’est pas un
signifiant, mais qui, tout de même, n’est concevable que dans la mesure où
l’induction signifiante au niveau du sujet s’est passée d’une façon qui ne met
pas en jeu l’aphanisis du sujet [3]. »
Il s’agit donc d’un signifiant qui n’est pas un signifiant «
abouti », mais qui ne peut se concevoir que dans le cadre de l’induction
signifiante, aphanisis exclue. Précisément, cette « aphanisis » du sujet
consiste en ce moment de disparition, de fading du sujet, où celui-ci trouve dès lors son
appui non pas dans l’un ou l’autre des signifiants, mais seulement d’ex-sister
à la succession signifiante, car il ne peut s’assurer que de la perte, donc du
vide engendré par la discontinuité du Symbolique.
Nous pouvons imager – abusivement comme toujours – ces propos
en disant qu’après avoir éprouvé le mal-heur auquel va mener le fait de se
trouver pris dans les lois du langage, le psychosomatique objecte à l’ouverture
entraperçue en gelant la possible production de cette dernière. Une telle
formulation pourrait donner la part belle à la croyance qu’il s’agit là d’une
décision du sujet ; il n’en est évidemment rien, d’abord parce que cela se
passe à son insu, en plus cette organisation s’est construite à un moment où le
rapport à l’Autre est tel qu’il n’en est même pas psychiquement
séparé.
Néanmoins la question reste alors de savoir pourquoi parler de
S
1 et S
2 si ceux-ci sont vraiment confondus.
C’est pour lever cette ambiguïté que Melman proposera le fantasme d’une langue
sans signifiant phallique
[4], soit uniquement constituée de S
2,
sans constitution de S
1. Soit d’une langue incestueuse, où la
mère ne serait pas interdite. Le prix de la castration n’étant pas payé, ces
patients ne pourraient pas trouver d’abri dans la langue, et ils resteraient
terrorisés à l’idée de se dévoiler dès qu’ils ouvrent la bouche.
Il s’agit donc d’une manière encore différente de ne pas
consentir à l’impossible ; ce dernier est bel et bien inscrit, mais tout se
passe comme si le processus de cette inscription s’était enrayé, laissant le
processus d’induction signifiante comme en suspens, cela organisant ses effets
précisément à l’endroit de l’articulation du corps à l’organisme, là où le
registre du besoin aurait dû être radicalement subverti par le
Symbolique.
« Je commençais à pressentir que j’avais des défauts et que
tout mon univers était faussé et avarié, mais je reculais devant le mot
compromettant de “défaut [5]”… ».
Nous pouvons entendre que, dans une telle organisation
psychique, il n’est nullement impensable d’envisager que l’on puisse
re-rencontrer la satisfaction pleine et parfaite. Ainsi ce propos de Fritz Zorn
:
« Ce qu’on m’évitait dans ma jeunesse, ce n’était pas la
souffrance ou le malheur, c’étaient les problèmes et, par conséquent la
capacité d’affronter les problèmes. Paradoxalement, on pourrait formuler la
chose ainsi : le fait que je me trouvais dans ce meilleur des mondes possibles,
c’était justement cela qui était mal : le fait que dans ce meilleur des mondes
tout n’était jamais que délices, harmonie et bonheur, c’était justement cela le
malheur. […]
« On ne comprendra jamais assez à quel point la notion
d’harmonie était totale. […]
« La question hamlétienne qui menaçait ma famille se
présentait ainsi : être en harmonie ou ne pas être. Tout devait être harmonieux
; quelque chose qui posât un problème, cela ne devait pas exister car c’eût été
la fin du monde [6].
»
Ainsi, aussi, ce patient atteint de recto-colite
ulcéro-hémorragique qui se plaignait de ne pouvoir jouir « d’un bonheur sans
limites », d’éprouver une « intolérance absolue » à l’égard de toute règle,
sans toutefois pouvoir se rebeller. Tout se passe alors comme si ces patients
sont amenés à laisser à leur organisme la charge de cet impossible qu’ils ne «
veulent » assumer au travers de la castration. En lieu et place de cet
impossible, c’est un indécidable – étymologiquement un incoupable – qui
prévaut, indécidable entre corps et organisme dans la mesure où la voie de «
parler sans parler » reste toujours ouverte, et où il s’agit de laisser
s’utiliser l’organisme pour ce faire.
Mais Lacan propose encore d’autres approches de ces phénomènes
psychosomatiques ; ainsi sa référence au nombre.
Dans sa conférence de Genève, Lacan répond de manière
impromptue à une question sur la maladie psychosomatique en précisant
:
« […] quelle est la sorte de jouissance qui se trouve dans le
psychosomatique ? Si j’ai évoqué une métaphore comme celle du gelé, c’est bien
parce qu’il y a certainement cette espèce de fixation. Ce n’est pas pour rien
que Freud emploie le terme de Fixierung – c’est parce que
le corps se laisse aller à écrire quelque chose
de l’ordre du nombre [7]. »
Que peut bien vouloir dire cette formule ?
Dans ses Fondements de
l’arithmétique, Frege va tenter de déterminer ce qu’est exactement
un « nombre », et pour ce faire se démarquer de conceptions en
vigueur.
Un nombre ne peut être « une propriété qui appartient à
l’agrégat des choses que nous dénommons par ce nom ; cette propriété, c’est la
manière caractéristique dont l’agrégat est composé ou peut être partagé
[8] » (Stuart Mill).
Il n’est pas non plus à considérer comme réalité subjective
(Lipschitz) : « Le nombre n’est pas plus un objet de la psychologie ou un
produit de nos processus psychiques que ne l’est la mer du Nord. » « Le nombre
est objectif
[9] !
»
Enfin, Frege se démarquera aussi de la conception du nombre
selon laquelle ce dernier est définissable comme idée produite par la
répétition de l’idée d’unité (Leibnitz).
La critique qu’il adresse à cette dernière proposition est
particulièrement intéressante, car Frege précise que si tel était le cas, il
faudrait pouvoir reconnaître simultanément aux unités deux propriétés
contradictoires : l’identité et la discernabilité. Citant Stanley Jevons, il
précise :
« Si trois pièces de monnaie se ressemblaient au point
d’occuper le même espace au même moment, elles ne seraient pas trois pièces,
mais une seule [10].
»
Nous nous trouvons dès lors, ajoute Frege, devant la difficulté
suivante :
« Si nous voulons engendrer le nombre par la réunion d’objets
différents, nous obtenons un amoncellement d’objets ayant conservé exactement
toutes les propriétés par lesquelles ils se distinguent les uns des autres, et
ce n’est pas cela le nombre. Si d’autre part, nous voulons construire le nombre
par la réunion de l’identique, les identiques viennent immanquablement se
fondre ensemble, et nous ne parvenons pas à la pluralité [11]. »
Pour Frege, toute cette difficulté tient à ce que l’on
maintient la confusion entre unité et un, soit le « un » de l’unité comptable
et le « un » de l’unité unifiante, et il ajoute que le un comme nombre n’a rien
à voir avec le un comme unité unifiante.
En fait, le nombre n’est pas la propriété d’une chose, ni d’une
représentation, ni d’un assemblage d’unités ; c’est à un concept que se
rapporte le nombre. C’est donc à partir des concepts que l’on peut rendre
compte de ce qu’est le nombre.
Cela va dans le sens général du projet de Frege qui souhaitait
étendre les travaux de Wedekind et d’autres en démontrant que l’on pouvait
reconstruire toutes les notions fondamentales de l’arithmétique, y compris les
nombres naturels, à partir de la pure logique.
Il lui restera donc à construire ce qu’est le nombre et à
rendre compte, à partir de sa notion générale du nombre, de ce qu’est la suite
infinie des nombres naturels.
Un nombre, pour l’auteur des
Fondements de l’arithmétique, « est ce que
représente la classe de tous les ensembles équinumériques à un ensemble
donné
[12] ».
Un nombre est donc assigné à un concept qui subsume des
objets.
Frege, pour établir que cette notion est opératoire, montre
alors comment on obtient le zéro, et comment au moyen de la fonction successeur
(+ 1), on peut engendrer la suite des nombres.
Le nombre zéro appartient au concept : quel que soit a, il est
toujours vrai que a ne tombe pas sous ce concept. De ce fait, puisque rien ne
tombe sous le concept « non identique » à soi-même, Frege avance que zéro est
le nombre cardinal qui appartient au concept « non identique à soi-même ». Et
J.-A. Miller de commenter :
« Quant à cette place dessinée par la subsomption, où l’objet
manque, rien ne saurait y être écrit, et s’il faut tracer un zéro, ce n’est que
pour y figurer un blanc, rendre visible le manque [13]. »
À partir du zéro-nombre, venant lui-même du zéro-manque, se
construit le concept qui subsume comme son seul objet le nombre zéro ; le
nombre qui assigne ce concept, c’est le 1.
Le zéro compte ainsi paradoxalement pour 1 ; il est le premier
1 en quelque sorte, et fonde de ce fait la suite des nombres par succession,
soit de compter n + 1.
« Écrire quelque chose de l’ordre du nombre » doit donc être
entendu comme organiser une première répétition fondatrice à partir de laquelle
peut s’organiser la suite des nombre entiers.
Nous pouvons, pour en approcher le sens, suivre le
développement de Lacan, dans une conférence qu’il a faite à Baltimore, et où il
disait :
« Pendant longtemps, les penseurs, les chercheurs et même les
inventeurs qui s’occupaient de la question de l’esprit, ont mis en avant
l’idée de l’unité comme le trait le
plus important et le plus caractéristique de la structure.
« De toute façon, c’est toujours l’unité unifiante qui est au premier plan. C’est
quelque chose que je n’ai jamais pu comprendre, car pour être psychanalyste, je
suis aussi un homme et en tant qu’homme, mon expérience m’a montré que la
caractéristique principale de la vie humaine […] va, comme on le dit en
français, “à la dérive”. La vie descend la rivière, touchant une rive de temps
en temps, s’arrêtant un moment ici ou là, sans rien comprendre à rien. Et c’est
le principe de l’analyse que personne ne comprend rien à ce qui se passe.
L’idée de l’unité unifiante m’a toujours fait
l’effet d’un scandaleux mensonge.
« Nous pouvons chercher à introduire un autre principe pour
comprendre ces choses […]
« Je vous suggère de considérer l’unité sous un autre angle,
non plus celui de l’unité unifiante,
mais celui de l’unité comptable, un,
deux, trois.
« Ce à quoi nous avons affaire ici, c’est
la question des nombres entiers. La
question des nombres entiers n’est pas aussi simple que beaucoup le pensent.
Bien sûr, il n’est pas difficile de compter. Il suffit, par exemple, d’avoir
certains ensembles, et une correspondance terme à terme entre les éléments de
ces ensembles. Il est vrai, par exemple, qu’il y a autant de gens assis dans
cette salle qu’il y a de sièges. Mais il faut bien qu’il y ait la suite des
nombres entiers pour qu’on puisse constituer un nombre entier ou ce que l’on
appelle un nombre naturel
[…].
« Compter n’est pas un fait empirique et il est impossible de
déduire le fait de compter à partir des seules données empiriques […]. Frege a
démontré parfaitement l’ineptie d’une telle tentative. La véritable difficulté
tient au fait que tout nombre entier est lui-même une unité […].
« Si vous lisez les théories des mathématiciens concernant les
nombres, vous trouvez la formule n + 1 à la base
de toutes les théories. C’est cette question du 1 en + qui
représente la clef de la genèse des nombres et, au lieu de cette unité
unifiante que constituerait le deux dont je viens de vous parler, je vous
propose de considérer la genèse numérique du deux.
« Il faut que ce deux constitue le premier nombre entier qui
n’existe pas en tant que nombre avant l’apparition du deux. Ce qui rend la
chose possible, c’est le fait que deux est là pour garantir l’existence du
premier un. Mettez deux à la place de ce un. Aussitôt, à la place du deux, vous
voyez apparaître trois. Nous avons là quelque chose que j’appellerai la marque
avec quelque chose qui est marqué et quelque chose qui n’est pas marqué. C’est
avec la première marque que nous avons
le statut de ce quelque chose. C’est exactement de cette façon que Frege
explique la genèse du nombre […], le deux ne vient pas compléter le un pour
faire deux, mais doit répéter un pour permettre
au un d’exister. À elle seule, cette première répétition suffit à
expliquer la genèse des nombres entiers [14]. »
Il y a ainsi analogie, pourrait-on dire, entre les deux
absentifications que suppose le passage du signe au signifiant, en passant par
la trace, et le passage du zéro-manque au un comptable, en passant par le
zéro-nombre. La trace écrit la disparition du signe, comme le zéro-nombre écrit
l’absence du zéro-manque ; et le signifiant suppose l’effacement de la trace,
passage du pas de la trace au pas de la négation, de la même façon que le un
suppose la substitution au zéro.
C’est comme si la logique du nombre reprenait la préhistoire du
signifiant.
Nous pouvons dès lors rapprocher cela de l’holophrase
signifiante et penser cette dernière comme le maintien d’un « un » unifiant qui
ferait obstacle à la répétition que suppose le un comptable. Nous savons que le
ratage de l’objet par le signifiant va se trouver réintégré dans le signifiant
lui-même, en tant que ce signifiant ne peut se signifier lui-même ; cela se
passe donc de la même façon que dans la suite des nombres où le zéro va
s’inscrire comme marque et donc reprise du non identique à soi-même : de ce
fait S1 viendra vectoriser les S2, s’appuyant
pour ce faire sur ce trait de pure différence ; mais, dans l’effet
psychosomatique, il y aura blocage, suspens de cette fonction de
différenciation, et ce au nom du un unifiant.
Nous pouvons remarquer, si tant est qu’il s’agisse d’un tel
processus à l’œuvre, que nous serions avec les patients psychosomatiques,
proches des peuples sans écriture ; à ce propos, rappelons que Lacan formule
une hypothèse nouvelle sur la genèse de l’écriture. Soit que des marques
existent avant l’écriture, et que la pratique de cette dernière suppose une
lecture qui noue de telles marques avec l’usage du signifiant. Donc deux
lectures, l’une, celle que nous connaissons habituellement et qui peut être
dite lecture de l’écrit, mais qui en suppose une autre, plus primitive que l’on
peut qualifier de lecture « avec de l’écrit », puisqu’elle noue signifiant et
trace.
C’est cette seconde lecture, logiquement première, qui est
épinglée par le fameux tableau de Magritte, Ceci
n’est pas une pipe : en effet, une telle lecture, oubliée, suppose
le forçage d’un indécidable. Les deux propos, « ceci est une pipe » ou « ceci
n’est pas une pipe », pouvant être considérés comme vrais, à propos du
pictogramme de la pipe ; les deux versions sont bonnes, mais il s’agit
néanmoins de trancher pour pouvoir avancer ; ainsi, l’évocation faite par
l’artiste nous amène à devoir prendre en compte ce forçage oublié nécessaire
pour sortir de cet incontournable indécidable.
Reste alors à se demander pourquoi c’est « le corps qui se
laisse aller à écrire quelque chose de l’ordre du nombre » ? Précisément, c’est
le forçage de cet indécidable auquel le psychosomatique n’accepte pas de
consentir, se déchargeant sur l’Autre de cette assomption. Mais l’Autre,
qu’est-ce, sinon le corps ? « L’Autre, c’est le corps […] le premier lieu où
mettre des inscriptions
[15]. » Les y mettre, oui, mais pas pour qu’elles soient
lues ! Car qu’elles soient lues comme de l’écrit suppose déjà qu’elles aient
été lues avec de l’écrit, soit que l’Autre et le sujet, ça fasse deux.
Notons d’ailleurs que c’est à un tel indécidable que fait
référence Fritz Zorn :
« D’une façon générale, on pouvait noter chez ma mère, une
préférence marquée pour l’expression “ou bien”. Elle constatait quelque chose
puis ajoutait : ou bien, c’est autre chose. Ma pauvre mère avait coutume de
dire : “Je partirai vendredi prochain à dix heures et demie pour Zurich ; ou
bien je resterai à la maison. Ce soir, il y a des spaghettis pour dîner ; ou
bien il y a de la salade de cervelas.”
« Une question se pose : que devient ici la réalité ? Je m’en
vais ; ou bien je reste à la maison. Je suis là ; ou bien je ne suis justement
pas là. La terre est ronde ; ou bien elle est triangulaire. Quand on dit trop
de “ou bien”, les mots perdent tout leur poids et tout leur sens ; la langue se
décompose en une masse amorphe de particules privées de signification : plus
rien n’est solide et tout devient irréel [16]. »
Nous pouvons donc formuler l’hypothèse que c’est cette
indécidabilité structurale dont le psychosomatique tiendrait à ne pas sortir
par la voie de la castration. Cela permet d’entendre en quoi ces patients
peuvent être dits sans « histoire », au sens justement de peuple sans écriture.
Ce que résumait bien cette patiente qui disait : « Je ne sais pas lire ce qui
m’arrive, ou plutôt je n’ose pas le déchiffrer. »
Penser ce manque fondamental du sujet, penser sans exclure ce
point d’impossibilité, tel est le projet que se donne Lacan ; pour ce faire, il
fera aussi appel à cette partie des mathématiques qui s’appelle la topologie.
Et de la même façon qu’il subvertira la logique en y introduisant la catégorie
du pas-tout, il va nous amener à penser la topologie de « l’asphère
[17] ».
Cela nous semble d’autant plus important qu’il nous permettra
d’aborder d’une autre façon encore ce qu’il en est des phénomènes
psychosomatiques.
Lacan oppose très rapidement la topologie asphérique à celle
sur laquelle se fondait l’esthétique de Kant.
Précisons donc ce qu’il en est de cette topologie lacanienne :
celle de la sphère se caractérise d’être ce qui est complet, et même si nous
coupons un morceau, en le recollant, nous reconstituons notre totalité
momentanément perdue (figures 1 et
2).
Figure
1
Figure
2
Il n’en est pas de même si nous procédons à l’opération
suivante : soit que si nous coupons une rondelle de la sphère de départ, nous
obtenons une sphère trouée ; si ensuite, nous rapprochons les deux demi-cercles
de l’endroit découpé, en ayant soin de laisser un trou de chaque côté de notre
suture, nous nous trouvons avoir non plus « un » trou, mais « deux ». Si
ensuite, nous disposons d’un petit tube dont nous venons aboucher chacune des
extrémités à chacun des deux trous constitués, nous obtenons comme une sphère
adjointe d’une sorte de poignée. Nous obtiendrons d’ailleurs aussi cette forme,
en réabouchant simplement bout à bout les deux trous initialement délimités
sans adjonction du petit tube (figures 3 et
4).
Figure
3
Figure
4
En fait, ce que nous obtenons à ce moment là n’est plus une
sphère, mais un « tore » qui aurait dans une de ses parties un immense
enflement, une hernie correspondant à ce qui était initialement la sphère
(figure 5).
Figure
5
La différence est ici de taille, car au lieu de notre rondelle
qui reviendrait « complémenter » la sphère amputée du début, nous avons
maintenant un élément qui est venu « supplémenter » notre sphère de départ. La
différence entre complémenter et supplémenter, c’est que dans le premier cas,
le trou est supprimé, alors que dans le second, il ne l’est pas.
Cela peut paraître inattendu, mais est étudiable avec précision
si nous repérons les courbes de ce tore nouvellement construit suivant ce que
nous venons d’indiquer. En effet, si certaines courbes sont réductibles à un
point, d’autres ne peuvent l’être (figure
6) : ainsi celles qui font le tour du trou central – ce que Lacan a
appelé désir – ou celles qui font le tour du trou interne – ce que Lacan a
appelé demande.
Figure
6
Nous pouvons en prendre pour preuve le fait que parcourir les
tours du trou interne du tore et revenir au point de départ après x tours en
fera parcourir « un de plus » sans qu’on s’en rende compte, soit le tour du
vide central.
Si maintenant, pour aller plus loin, nous prenons sur le bord
d’une sphère amputée deux couples de points antipodiques, par exemple A-A’ et
B-B’, et que nous essayons de les coller de façon croisée, ce qui est
irreprésentable, nous obtenons une « sphère munie d’un cross-cap ». Soit en
quelque sorte que nous fassions la même opération que celle décrite plus haut,
mais en faisant une « torsion », nous obtenons une « asphère », soit une sphère
trouée recousue d’une « bande de Möbius » ; nous connaissons la propriété
essentielle de cette dernière figure : elle possède deux faces, mais si l’on se
promenait sur l’une de ses faces, on passerait insensiblement sur l’autre, sans
avoir à la traverser, et au lieu d’avoir deux bords, la bande de Möbius n’en
posséderait qu’un seul (figure
7).
Figure
7
La construction de l’asphère transforme une surface sphérique à
deux faces, une intérieure et une extérieure, en une surface unique sans bords,
bien qu’il y ait apparemment un envers et un endroit : cela équivaut aux
propriétés de la bande de Möbius, mais en les étendant à la double face d’une
sphère (figure 8).
Figure
8
Nous voyons dans une telle figure l’importance particulière du
point de croisement, point impossible à représenter sans forçage de la
représentation
[18].
Faisons l’hypothèse que c’est là le point d’impossible de la structure
langagière. Pour ce faire, nous nous appuyons sur le travail de Bernard
Vandermersch
[19]
:
« Deux axes suffisent à organiser le langage : synchronie et
diachronie, donc une surface.
« Nous n’atteignons jamais le bout du langage : entrez dans un
dictionnaire et vous n’en sortirez que par lassitude : chaque mot renvoie à
plusieurs mots et il n’y a pas de dernier mot […] donc une surface sans
bord.
« Ce monde de langage dans lequel nous sommes offre cependant à
l’intuition deux faces opposées : réalité, où suis-je, et désir qui apparaît
comme son opposé. […] Donc, deux faces.
« Cependant l’inconscient qui trame son désir sur une face fait
irruption dans la réalité, l’autre face, sans même que je m’en aperçoive, dans
le symptôme, le lapsus, etc., donc deux faces qui ne sont qu’apparemment deux
et qui n’en font qu’une puisque ça passe de l’une à l’autre sans barrière
infranchissable. Donc, surface unilatère sans bords.
« Nous utiliserons la plus simple, le
cross cap qui est une sphère trouée
recousue avec une bande de Möbius [20]. »
Remarquons d’emblée l’intérêt de cette propriété
d’unilatéralité du cross cap, car
celle-ci, contrairement à celle de la bande de Möbius, permet d’évoquer que
l’ordre intérieur d’un corps est en continuité avec l’ordre extérieur. Ce
volume serait fermé, et pourtant le milieu qui l’entoure est dedans, ou
inversement, ce milieu entoure un corps fermé dont il est pourtant le noyau le
plus intime.
Il en est bien ainsi de l’altérité qui constitue ce qui nous
est le plus étranger en même temps que le plus intime, soit l’Autre en nous. La
bande de Möbius est en quelque sorte à l’asphère ce que la bande simple est à
la sphère.
Cette figure – l’asphère – permet donc de « modéliser » l’Autre
et son manque, la structure du langage, soit un système marqué d’un manque
irréductible contrairement à une sphère simplement amputée, telle que nous
l’évoquions plus haut, toujours complémentarisable.
Si cette asphère explicite ce qu’il en est de la structure – «
la structure, c’est l’asphérique recelée dans l’articulation langagière en tant
qu’un effet de sujet s’en saisit
[21] » –, il est à noter que cet effet de sujet réside
dans la coupure elle-même.
Poursuivons avec Vandermersch : « Dans cette situation, à part
quelques points qui “fixent plus ou moins les choses” – les noms propres, les
coordonnées signifiants de temps et de lieu qui renvoient à la réalité commune
d’une communauté culturelle –, rien ne vient arrêter la dérive entre face désir
et face réalité. Or, généralement, un sujet garde son orientation même hors de
son pays natal. La réalité ne s’arrête pas aux frontières de sa communauté.
C’est qu’il s’est fait son trou ! Comment ? Par la métaphore paternelle.
Celle-ci est une coupure signifiante qui vient s’appuyer sur le “défaut” de la
structure, le point de réversion de la surface, et le refoule dans le réel ou,
mieux, vient découper un réel, c’est-à-dire un impossible, fabriquer un bond
infranchissable dans cette structure jusque-là sans bord. En outre, par cette
opération se fixe la signification phallique. Avec ce bord, le désir dans
l’inconscient se symbolise au prix de la perte d’un “objet” qui est le
véritable désir du sujet.
« Pour qu’il y ait métaphore, création d’un sujet comme effet
de sens, il faut deux signifiants, l’un refoulant l’autre : nous ferons ainsi
deux tours autour du point phallus, mais après ces deux tours, le trait rejoint
son origine pour accomplir cette première décision, ce premier acte qu’est la
venue au monde du sujet de l’inconscient comme interprétation du désir de
l’Autre.
« Nous avons maintenant un bord et donc une vectorisation :
la vie du sujet est orientée par un manque désormais fixé. Il y a quelque chose
à rattraper : c’est l’objet a, objet cause de désir. Voici, topologiquement,
l’état des lieux à la suite de cette coupure à double tour [22]. »
Et en effet, à propos de la bande de Möbius, nous savons que
l’endroit où se fait la coupure est déterminant pour ce qui va être produit. Il
existe en effet deux types de coupure : la coupure médiane et la coupure
möbienne. La coupure médiane coupe longitudinalement la bande au centre de
celle-ci, le point de départ de la coupure se rejoint au bout d’un seul tour
(figure 9) ; et ce qui est engendré à
partir d’une telle coupure, c’est une bande deux fois plus longue sans perte et
qui a un envers et un endroit, donc perd de ses qualités möbiennes, tout en
gardant ses torsions (figure
10).
Figure
9
Figure
10
La coupure möbienne quant à elle, soit une coupure sur l’un des
côtés de la bande, doit se poursuivre deux fois plus longtemps (figure 11) : elle doit faire deux tours pour
rejoindre son point d’origine, elle produira une perte et ce qui restera
gardera les propriétés möbiennes (figure
12).
Figure
11
Figure
12
Pour qu’une coupure fasse se différencier deux portions –
S1 et S2 aussi bien que S et a -, il faut
donc qu’elle se redouble, autre manière d’aborder ce que Lacan nous suggère du
« réel du nombre » :
« Le un comptable ne peut être le un qu’à se répéter au moins
une fois, et, se refermant sur lui-même, à instaurer à l’origine le manque dont
il s’agit d’instituer le sujet [23]. »
Si en revanche cette coupure est unique comme l’est la coupure
médiane, elle ne produira pas de perte. Il s’agira dès lors d’une coupure sans
production de perte.
Ce même schéma est applicable dans l’espace de l’asphère –
ainsi que l’évoque Vandermersch –, où deux coupures différentes peuvent avoir
lieu, l’une sans perte, l’autre avec perte, cela bien que le point
d’impossibilité ait été inscrit dans les deux types de coupure, sans qu’il y
ait pour autant forclusion.
C’est cette coupure sans perte que l’on peut penser dans ce que
désigne l’holophrase, produisant ce que Vandermersch appelle alors une «
catastrophe topologique », avec les conséquences que nous savons.
Ainsi, par ces trois voies différentes, nous arrivons à cerner
ce qui est l’enjeu du phénomène psychosomatique, soit une perte sans perte. Une
tentative « d’impossibiliser » le point d’impossible.
« À la plupart des questions qu’on me posait, j’avais coutume
de répondre que je ne savais pas, que je ne pouvais pas juger ou que cela
m’était égal ; je ne pouvais donner de réponse que lorsque je savais d’avance
qu’elle pouvait correspondre au canon salvateur [24]. »
« Je me conduisais comme quelqu’un qui a à la fois mal aux
dents et peur du dentiste [25]. »
Et cela nous permet de formuler une hypothèse concernant les
apparentes contradictions qui existent entre les différentes théories
psychosomatiques.
C’est en effet un tel indécidable que nous retrouvons dans les
deux grands axes qui structurent les tentatives de théoriser les affections
psychosomatiques ; et il convient peut-être d’entendre cela autrement que comme
une querelle d’écoles, mais bien plutôt comme l’effet de cette pathologie : car
il s’y présente toujours deux modalités contradictoires entre lesquelles il
semble ne pas pouvoir être tranché.
D’aucuns en effet font prévaloir que les phénomènes
psychosomatiques ont un sens : ainsi les conceptions de Groddeck
[26], Alexander
[27] ou encore Garma
[28]. De telles conceptions où l’on voyait des
interprétations rapides aussi bien qu’hasardeuses – comme par exemple, une
péricardite est une grossesse cardiaque – sont aujourd’hui tombées en désuétude
; pourtant, il est vrai que dans ces affections, il arrive bien souvent que
nous soyons marqués par le caractère évident de l’interprétation, sans pour
autant d’ailleurs que celle-ci soit efficace.
D’autres conceptions, en revanche, ne reconnaissent aucun sens
à l’événement psychosomatique ; mais sont alors évoqués des concepts tels que
ceux de « pensée opératoire » introduite par Marty
[29], M’uzan
[30] et l’École psychosomatique de Paris ou
encore « d’alexithymie » selon l’École de Boston. Les auteurs désignant par ces
concepts « l’incapacité de pouvoir exprimer ses émotions ».
Et il est vrai que le travail thérapeutique avec les patients
psychosomatiques confronte bien aux deux dimensions : parfois des situations
évidentes à interpréter, mais sans aucun accès possible pour le sujet ou alors
des effets stupéfiants, mais sans aucune interprétation possible.
Il nous faudrait prendre en compte que cet apparent choix de
théorisations, mais où d’un côté comme de l’autre des résultats analogues
peuvent se rencontrer, est comme idoine avec la structure même de ces
affections. Il ne s’agit précisément pas de choix, il s’agit de rester dans cet
indécidable en tant qu’il protège le mieux de la confrontation à ce point
d’impossible, mais il ne s’agit pas pour autant d’un doute obsessionnel,
celui-ci étant entièrement pris dans le signifiant. Il s’agit de vouloir « dire
sans dire », de ne pas consentir à la sortie de l’indécidable par la
castration, et pour ce faire, de laisser « l’organisme » s’en charger.
« Le phénomène psychosomatique est, par suite d’une
résistance imaginaire spécifique à la constitution de la métaphore
subjectivante, le résultat d’une situation ou le rappel d’une situation, dans
laquelle un être parlant est contraint de fournir en urgence une réponse
symbolique articulée au désir, non articulée dans le discours de l’Autre. Cette
réponse excède les capacité de l’ordre symbolique, parce qu’elle veut tout
garder : et la jouissance imaginaire de l’objet dans l’innocence prétendue de
l’être in-fans et l’accès à une position symbolique. Elle ne paie pas le prix
de la castration [31].
»
Nous pouvons évoquer ici un exemple rapporté par René Dupuis :
« [Celui d’une patiente qui avait] un eczéma généralisé traité depuis des
années sans succès. Finalement on découvrit que la première localisation était
située […] au niveau de l’annulaire gauche. Cet eczéma guérit lorsque la
patiente retira son alliance.
« La cause de cet eczéma fut attribué à une allergie à l’or,
c’est probablement exact. Peut-être une alliance en fer aurait été bien tolérée
?
« Mais on est en droit d’évoquer un autre type d’intolérance
si l’on veut bien noter que c’est justement au moment du port de l’alliance,
c’est-à-dire du mariage, que l’eczéma a commencé et que, par ailleurs, des
boucles d’oreille en or avaient été jusque-là bien tolérées [32]. »
Nous pouvons ici saisir en quoi c’est l’organe – ici la peau –
qui a la charge de dire ; mais, contrairement à l’hystérie, de dire précisément
sans dire, ce qui évidemment suppose que la modalité de jouir du sujet soit du
côté de cette jouissance Autre, du côté d’un refus de cette jouissance
phallique préconisée par l’entrée dans le langage.
L’intérêt de ces affections est de montrer que de par la
subversion introduite par le signifiant, un organisme humain se transforme en
corps, mais qu’à cette transformation un sujet peut venir à faire défaut, et
que de ce fait, il laisse à son organisme la charge de payer le prix de cet
impossible auquel ainsi il se soustrait. Certaines affections reconnues comme
spécifiquement psychosomatiques semblent bien relever d’une telle modalité en
œuvre et rendent compte de ce que ces maladies sont littéralement induites par
le langage, ou en tout cas par les défenses qu’un sujet est à même d’organiser
contre la prise en compte de ses conséquences.
Ainsi donc le plus étonnant de tout, c’est que, de la même
façon que « l’écrivain écrit pour se faire une colonne vertébrale » (Michel
Butor), l’être humain peut tomber malade pour se faire une santé.
[1]
J. Lacan,
Le Séminaire
(1964),
Les quatre concepts fondamentaux de la
psychanalyse, livre XI, Paris, Le Seuil, 1973, p.
215.
[2]
Ibid., p.
225.
[3]
Ibid., p.
206.
[4]
Ch. Melman, « Conclusion » des Journées consacrées aux états du
symptôme, dans
Le Trimestre
psychanalytique, nº 2, Paris, 1988, p. 71.
[5]
F. Zorn,
Mars, Paris,
Gallimard, 1979, p. 48. Le fait de renvoyer à ce livre ne doit laisser aucune
ambiguïté : il ne s’agit pas de prétendre que le cancer est une maladie
psychosomatique, encore moins de penser que par une psychothérapie, on puisse
en guérir ! Nous espérons que la nuance pourra être entendue : il s’agit de ne
pas exclure que dans certains cas, pourtant, cette hypothèse est pensable ;
c’est une invitation à nous mettre au travail pour « penser » une telle «
potentialité psychosomatique ». Cf. à ce sujet J.-P. Lebrun, « La potentialité
psychosomatique », dans
Le Trimestre
psychanalytique, nº 5, 1988, p. 89-100.
[6]
F. Zorn,
ibid., p.
31-32.
[7]
J. Lacan, « Conférence à Genève sur le symptôme », 4 octobre
1975, dans
Bloc-notes de la
psychanalyse, nº 5, p. 20 ; c’est nous qui
soulignons.
[8]
G. Frege,
Les Fondements de
l’arithmétique (1884), Paris, Le Seuil, 1969, p.
149.
[9]
Ibid., p.
153.
[13]
J.-A. Miller, « La Suture – Éléments de la logique du
signifiant », dans
Cahiers pour
l’analyse, n
os 1-2,
février-avril 1966, p. 43.
[14]
J. Lacan, « De la Structure en tant qu’immixtion d’un Autre
préalable à tout sujet possible » (1966), dans
Bulletin de l’Association freudienne, nº 41,
1991, p. 8. C’est nous qui soulignons.
[15]
J. Lacan,
Le Séminaire, livre
XIV (1966-67), « La Logique du fantasme », inédit, séance du 10 mai
1967.
[16]
F. Zorn,
Mars,
op. cit., p. 47.
[17]
Ce terme apparaît dans « L’Étourdit »,
Scilicet, nº 4, Le Seuil, Paris, 1973,
p. 27.
[18]
Ces figures sont reprises à l’ouvrage de J.-D. Nasio,
Les Yeux de Laure, le concept d’objet a dans la
théorie de Lacan, Paris, Aubier, 1987.
[19]
B. Vandermersch, « Le phénomène psychosomatique a-t-il un sens
? », dans
Le Langage et l’inconscient,
Grenoble-Paris, Publication de l’Association freudienne, 1989.
[21]
J. Lacan, « L’Étourdit »,
op.
cit., p. 40.
[22]
B. Vandermersch, « Le phénomène psychosomatique a-t-il un sens
? »,
op. cit., p. 226.
[23]
J. Lacan, « De la Structure en tant qu’immixtion d’un Autre
préalable à tout sujet possible »,
op.
cit., p. 9.
[24]
F. Zorn,
Mars,
op. cit., p. 63.
[26]
G. Groddeck,
La Maladie, l’art et
le symbole, Paris, Gallimard, 1969 et
Au fond de l’homme, cela, Paris, Gallimard,
1963.
[27]
F. Alexander,
La Médecine
psychosomatique, Paris, Petite Bibliothèque Payot,
1967.
[28]
A. Garma,
Les Maux de
tête, Paris,
puf,
1962.
[29]
P. Marty,
Les Mouvements
individuels de vie et de mort, Paris, Payot, 1976.
[30]
M. M’uzan et P. Marty, « La pensée opératoire », dans
Revue française de psychanalyse, vol.
27, p. 345-346.
[31]
B. Vandermersch, « Le phénomène psychosomatique a-t-il un sens
? »,
op. cit., p. 225.
[32]
R. Dupuis, « Une tentative de classification des manifestations
somatiques », dans
Le Trimestre
psychanalytique, nº 5, 1988, p. 42.