La clinique lacanienne
érès

I.S.B.N.2-86586-898-2
208 pages

p. 135 à 155
doi: 10.3917/cla.005.0135

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no 5 2001/1

2001 La clinique lacanienne

L’effet psychosomatique : un essai d’impossibiliser l’impossible

Jean-Pierre Lebrun
« Chaque instant de mon passé porte en lui la capacité de me tuer, de même que chaque cellule de mon corps porte en elle la possibilité de détruire mon organisme. »
« Depuis que je suis malade, je vais beaucoup mieux qu’autrefois. »
Fritz Zorn
Demandons-nous ici en quoi la prévalence que Lacan donne au signifiant permet d’appréhender ce qu’il en est d’une atteinte psychosomatique.
Faisons l’hypothèse qu’une telle pathologie vient signer une atteinte liée au processus d’induction signifiante lui-même ; il s’agira, dans le « phénomène psychosomatique », d’un échec de la mise en place du langage, d’une manière particulière d’évitement de ce point d’impossible que le langage véhicule avec lui. L’affection psychosomatique, au sens large comme au sens restreint, équivaudrait à un ratage dans l’induction signifiante elle-même et serait dès lors une maladie très spécifiquement humaine puisque organisée par ce qui fait l’humanité de l’homme, son inscription dans le Signifiant.
Mais pour mieux préciser cela, nous pouvons suivre les diverses indications que nous donne Lacan à ce propos, et ce dans trois champs différents – dont nous allons montrer la convergence : ceux de l’holophrase du signifiant, de la question du nombre et de la coupure en topologie.
 
L’holophrase
 
 
L’holophrase est un terme peu utilisé, tiré de la linguistique, qui désigne un mot-phrase, soit que toute une phrase s’exprime par un seul mot long. C’est en reprenant la structure minimale – S1, S2, et a – que Lacan tente de rendre compte de « l’effet psychosomatique » ; il propose le terme d’holophrase pour « … nous permettre de situer ce qui est à concevoir de l’effet psychosomatique. J’irai jusqu’à formuler que, lorsqu’il n’y a pas d’intervalle entre S1 et S2, lorsque le premier couple de signifiants se solidifie, s’holophrase, nous avons le modèle de toute une série de cas – encore que dans chacun, le sujet n’y occupe pas la même place [1] ».
Et de citer alors aussi l’enfant débile et la psychose. Nous pouvons donc repérer que, pour Lacan, l’holophrase équivaut à la solidification du premier couple de signifiants ; un signifiant, en effet, ne peut se désigner lui-même, il y a toujours une faille, un intervalle entre un signifiant et le signifiant par lequel on désigne ce signifiant :
« Le signifiant avec lequel on désigne le même signifiant, ça n’est évidemment pas le même signifiant que celui par lequel on désigne l’autre, ça saute aux yeux. Le mot “obsolète” en tant qu’il peut signifier que le mot “obsolète” est lui-même un mot “obsolète” n’est pas le même mot “obsolète” d’un côté ou de l’autre [2]. »
Ce point d’impossible auto-désignation s’écrit aussi « objet petit a », soit cet effet de perte produit par l’écart entre les deux signifiants.
Concevoir que le premier couple de signifiants s’holophrase équivaut donc à penser, non pas qu’il n’est pas là comme couple, mais qu’il reste « agglutiné » au point même que cet effet de perte ne se produit pas. Du même coup, rien de la disparité S1-S2 ne trouve son assise ; et Lacan précise :
« La psychosomatique, c’est quelque chose qui n’est pas un signifiant, mais qui, tout de même, n’est concevable que dans la mesure où l’induction signifiante au niveau du sujet s’est passée d’une façon qui ne met pas en jeu l’aphanisis du sujet [3]. »
Il s’agit donc d’un signifiant qui n’est pas un signifiant « abouti », mais qui ne peut se concevoir que dans le cadre de l’induction signifiante, aphanisis exclue. Précisément, cette « aphanisis » du sujet consiste en ce moment de disparition, de fading du sujet, où celui-ci trouve dès lors son appui non pas dans l’un ou l’autre des signifiants, mais seulement d’ex-sister à la succession signifiante, car il ne peut s’assurer que de la perte, donc du vide engendré par la discontinuité du Symbolique.
Nous pouvons imager – abusivement comme toujours – ces propos en disant qu’après avoir éprouvé le mal-heur auquel va mener le fait de se trouver pris dans les lois du langage, le psychosomatique objecte à l’ouverture entraperçue en gelant la possible production de cette dernière. Une telle formulation pourrait donner la part belle à la croyance qu’il s’agit là d’une décision du sujet ; il n’en est évidemment rien, d’abord parce que cela se passe à son insu, en plus cette organisation s’est construite à un moment où le rapport à l’Autre est tel qu’il n’en est même pas psychiquement séparé.
Néanmoins la question reste alors de savoir pourquoi parler de S1 et S2 si ceux-ci sont vraiment confondus. C’est pour lever cette ambiguïté que Melman proposera le fantasme d’une langue sans signifiant phallique [4], soit uniquement constituée de S2, sans constitution de S1. Soit d’une langue incestueuse, où la mère ne serait pas interdite. Le prix de la castration n’étant pas payé, ces patients ne pourraient pas trouver d’abri dans la langue, et ils resteraient terrorisés à l’idée de se dévoiler dès qu’ils ouvrent la bouche.
Il s’agit donc d’une manière encore différente de ne pas consentir à l’impossible ; ce dernier est bel et bien inscrit, mais tout se passe comme si le processus de cette inscription s’était enrayé, laissant le processus d’induction signifiante comme en suspens, cela organisant ses effets précisément à l’endroit de l’articulation du corps à l’organisme, là où le registre du besoin aurait dû être radicalement subverti par le Symbolique.
« Je commençais à pressentir que j’avais des défauts et que tout mon univers était faussé et avarié, mais je reculais devant le mot compromettant de “défaut [5]”… ».
Nous pouvons entendre que, dans une telle organisation psychique, il n’est nullement impensable d’envisager que l’on puisse re-rencontrer la satisfaction pleine et parfaite. Ainsi ce propos de Fritz Zorn :
« Ce qu’on m’évitait dans ma jeunesse, ce n’était pas la souffrance ou le malheur, c’étaient les problèmes et, par conséquent la capacité d’affronter les problèmes. Paradoxalement, on pourrait formuler la chose ainsi : le fait que je me trouvais dans ce meilleur des mondes possibles, c’était justement cela qui était mal : le fait que dans ce meilleur des mondes tout n’était jamais que délices, harmonie et bonheur, c’était justement cela le malheur. […]
« On ne comprendra jamais assez à quel point la notion d’harmonie était totale. […]
« La question hamlétienne qui menaçait ma famille se présentait ainsi : être en harmonie ou ne pas être. Tout devait être harmonieux ; quelque chose qui posât un problème, cela ne devait pas exister car c’eût été la fin du monde [6]. »
Ainsi, aussi, ce patient atteint de recto-colite ulcéro-hémorragique qui se plaignait de ne pouvoir jouir « d’un bonheur sans limites », d’éprouver une « intolérance absolue » à l’égard de toute règle, sans toutefois pouvoir se rebeller. Tout se passe alors comme si ces patients sont amenés à laisser à leur organisme la charge de cet impossible qu’ils ne « veulent » assumer au travers de la castration. En lieu et place de cet impossible, c’est un indécidable – étymologiquement un incoupable – qui prévaut, indécidable entre corps et organisme dans la mesure où la voie de « parler sans parler » reste toujours ouverte, et où il s’agit de laisser s’utiliser l’organisme pour ce faire.
Mais Lacan propose encore d’autres approches de ces phénomènes psychosomatiques ; ainsi sa référence au nombre.
 
Le nombre
 
 
Dans sa conférence de Genève, Lacan répond de manière impromptue à une question sur la maladie psychosomatique en précisant :
« […] quelle est la sorte de jouissance qui se trouve dans le psychosomatique ? Si j’ai évoqué une métaphore comme celle du gelé, c’est bien parce qu’il y a certainement cette espèce de fixation. Ce n’est pas pour rien que Freud emploie le terme de Fixierung – c’est parce que le corps se laisse aller à écrire quelque chose de l’ordre du nombre [7]. »
Que peut bien vouloir dire cette formule ?
Dans ses Fondements de l’arithmétique, Frege va tenter de déterminer ce qu’est exactement un « nombre », et pour ce faire se démarquer de conceptions en vigueur.
Un nombre ne peut être « une propriété qui appartient à l’agrégat des choses que nous dénommons par ce nom ; cette propriété, c’est la manière caractéristique dont l’agrégat est composé ou peut être partagé [8] » (Stuart Mill).
Il n’est pas non plus à considérer comme réalité subjective (Lipschitz) : « Le nombre n’est pas plus un objet de la psychologie ou un produit de nos processus psychiques que ne l’est la mer du Nord. » « Le nombre est objectif [9] ! »
Enfin, Frege se démarquera aussi de la conception du nombre selon laquelle ce dernier est définissable comme idée produite par la répétition de l’idée d’unité (Leibnitz).
La critique qu’il adresse à cette dernière proposition est particulièrement intéressante, car Frege précise que si tel était le cas, il faudrait pouvoir reconnaître simultanément aux unités deux propriétés contradictoires : l’identité et la discernabilité. Citant Stanley Jevons, il précise :
« Si trois pièces de monnaie se ressemblaient au point d’occuper le même espace au même moment, elles ne seraient pas trois pièces, mais une seule [10]. »
Nous nous trouvons dès lors, ajoute Frege, devant la difficulté suivante :
« Si nous voulons engendrer le nombre par la réunion d’objets différents, nous obtenons un amoncellement d’objets ayant conservé exactement toutes les propriétés par lesquelles ils se distinguent les uns des autres, et ce n’est pas cela le nombre. Si d’autre part, nous voulons construire le nombre par la réunion de l’identique, les identiques viennent immanquablement se fondre ensemble, et nous ne parvenons pas à la pluralité [11]. »
Pour Frege, toute cette difficulté tient à ce que l’on maintient la confusion entre unité et un, soit le « un » de l’unité comptable et le « un » de l’unité unifiante, et il ajoute que le un comme nombre n’a rien à voir avec le un comme unité unifiante.
En fait, le nombre n’est pas la propriété d’une chose, ni d’une représentation, ni d’un assemblage d’unités ; c’est à un concept que se rapporte le nombre. C’est donc à partir des concepts que l’on peut rendre compte de ce qu’est le nombre.
Cela va dans le sens général du projet de Frege qui souhaitait étendre les travaux de Wedekind et d’autres en démontrant que l’on pouvait reconstruire toutes les notions fondamentales de l’arithmétique, y compris les nombres naturels, à partir de la pure logique.
Il lui restera donc à construire ce qu’est le nombre et à rendre compte, à partir de sa notion générale du nombre, de ce qu’est la suite infinie des nombres naturels.
Un nombre, pour l’auteur des Fondements de l’arithmétique, « est ce que représente la classe de tous les ensembles équinumériques à un ensemble donné [12] ».
Un nombre est donc assigné à un concept qui subsume des objets.
Frege, pour établir que cette notion est opératoire, montre alors comment on obtient le zéro, et comment au moyen de la fonction successeur (+ 1), on peut engendrer la suite des nombres.
Le nombre zéro appartient au concept : quel que soit a, il est toujours vrai que a ne tombe pas sous ce concept. De ce fait, puisque rien ne tombe sous le concept « non identique » à soi-même, Frege avance que zéro est le nombre cardinal qui appartient au concept « non identique à soi-même ». Et J.-A. Miller de commenter :
« Quant à cette place dessinée par la subsomption, où l’objet manque, rien ne saurait y être écrit, et s’il faut tracer un zéro, ce n’est que pour y figurer un blanc, rendre visible le manque [13]. »
À partir du zéro-nombre, venant lui-même du zéro-manque, se construit le concept qui subsume comme son seul objet le nombre zéro ; le nombre qui assigne ce concept, c’est le 1.
Le zéro compte ainsi paradoxalement pour 1 ; il est le premier 1 en quelque sorte, et fonde de ce fait la suite des nombres par succession, soit de compter n + 1.
« Écrire quelque chose de l’ordre du nombre » doit donc être entendu comme organiser une première répétition fondatrice à partir de laquelle peut s’organiser la suite des nombre entiers.
Nous pouvons, pour en approcher le sens, suivre le développement de Lacan, dans une conférence qu’il a faite à Baltimore, et où il disait :
« Pendant longtemps, les penseurs, les chercheurs et même les inventeurs qui s’occupaient de la question de l’esprit, ont mis en avant l’idée de l’unité comme le trait le plus important et le plus caractéristique de la structure.
« De toute façon, c’est toujours l’unité unifiante qui est au premier plan. C’est quelque chose que je n’ai jamais pu comprendre, car pour être psychanalyste, je suis aussi un homme et en tant qu’homme, mon expérience m’a montré que la caractéristique principale de la vie humaine […] va, comme on le dit en français, “à la dérive”. La vie descend la rivière, touchant une rive de temps en temps, s’arrêtant un moment ici ou là, sans rien comprendre à rien. Et c’est le principe de l’analyse que personne ne comprend rien à ce qui se passe. L’idée de l’unité unifiante m’a toujours fait l’effet d’un scandaleux mensonge.
« Nous pouvons chercher à introduire un autre principe pour comprendre ces choses […]
« Je vous suggère de considérer l’unité sous un autre angle, non plus celui de l’unité unifiante, mais celui de l’unité comptable, un, deux, trois.
« Ce à quoi nous avons affaire ici, c’est la question des nombres entiers. La question des nombres entiers n’est pas aussi simple que beaucoup le pensent. Bien sûr, il n’est pas difficile de compter. Il suffit, par exemple, d’avoir certains ensembles, et une correspondance terme à terme entre les éléments de ces ensembles. Il est vrai, par exemple, qu’il y a autant de gens assis dans cette salle qu’il y a de sièges. Mais il faut bien qu’il y ait la suite des nombres entiers pour qu’on puisse constituer un nombre entier ou ce que l’on appelle un nombre naturel […].
« Compter n’est pas un fait empirique et il est impossible de déduire le fait de compter à partir des seules données empiriques […]. Frege a démontré parfaitement l’ineptie d’une telle tentative. La véritable difficulté tient au fait que tout nombre entier est lui-même une unité […].
« Si vous lisez les théories des mathématiciens concernant les nombres, vous trouvez la formule n + 1 à la base de toutes les théories. C’est cette question du 1 en + qui représente la clef de la genèse des nombres et, au lieu de cette unité unifiante que constituerait le deux dont je viens de vous parler, je vous propose de considérer la genèse numérique du deux.
« Il faut que ce deux constitue le premier nombre entier qui n’existe pas en tant que nombre avant l’apparition du deux. Ce qui rend la chose possible, c’est le fait que deux est là pour garantir l’existence du premier un. Mettez deux à la place de ce un. Aussitôt, à la place du deux, vous voyez apparaître trois. Nous avons là quelque chose que j’appellerai la marque avec quelque chose qui est marqué et quelque chose qui n’est pas marqué. C’est avec la première marque que nous avons le statut de ce quelque chose. C’est exactement de cette façon que Frege explique la genèse du nombre […], le deux ne vient pas compléter le un pour faire deux, mais doit répéter un pour permettre au un d’exister. À elle seule, cette première répétition suffit à expliquer la genèse des nombres entiers [14]. »
Il y a ainsi analogie, pourrait-on dire, entre les deux absentifications que suppose le passage du signe au signifiant, en passant par la trace, et le passage du zéro-manque au un comptable, en passant par le zéro-nombre. La trace écrit la disparition du signe, comme le zéro-nombre écrit l’absence du zéro-manque ; et le signifiant suppose l’effacement de la trace, passage du pas de la trace au pas de la négation, de la même façon que le un suppose la substitution au zéro.
C’est comme si la logique du nombre reprenait la préhistoire du signifiant.
Nous pouvons dès lors rapprocher cela de l’holophrase signifiante et penser cette dernière comme le maintien d’un « un » unifiant qui ferait obstacle à la répétition que suppose le un comptable. Nous savons que le ratage de l’objet par le signifiant va se trouver réintégré dans le signifiant lui-même, en tant que ce signifiant ne peut se signifier lui-même ; cela se passe donc de la même façon que dans la suite des nombres où le zéro va s’inscrire comme marque et donc reprise du non identique à soi-même : de ce fait S1 viendra vectoriser les S2, s’appuyant pour ce faire sur ce trait de pure différence ; mais, dans l’effet psychosomatique, il y aura blocage, suspens de cette fonction de différenciation, et ce au nom du un unifiant.
Nous pouvons remarquer, si tant est qu’il s’agisse d’un tel processus à l’œuvre, que nous serions avec les patients psychosomatiques, proches des peuples sans écriture ; à ce propos, rappelons que Lacan formule une hypothèse nouvelle sur la genèse de l’écriture. Soit que des marques existent avant l’écriture, et que la pratique de cette dernière suppose une lecture qui noue de telles marques avec l’usage du signifiant. Donc deux lectures, l’une, celle que nous connaissons habituellement et qui peut être dite lecture de l’écrit, mais qui en suppose une autre, plus primitive que l’on peut qualifier de lecture « avec de l’écrit », puisqu’elle noue signifiant et trace.
C’est cette seconde lecture, logiquement première, qui est épinglée par le fameux tableau de Magritte, Ceci n’est pas une pipe : en effet, une telle lecture, oubliée, suppose le forçage d’un indécidable. Les deux propos, « ceci est une pipe » ou « ceci n’est pas une pipe », pouvant être considérés comme vrais, à propos du pictogramme de la pipe ; les deux versions sont bonnes, mais il s’agit néanmoins de trancher pour pouvoir avancer ; ainsi, l’évocation faite par l’artiste nous amène à devoir prendre en compte ce forçage oublié nécessaire pour sortir de cet incontournable indécidable.
Reste alors à se demander pourquoi c’est « le corps qui se laisse aller à écrire quelque chose de l’ordre du nombre » ? Précisément, c’est le forçage de cet indécidable auquel le psychosomatique n’accepte pas de consentir, se déchargeant sur l’Autre de cette assomption. Mais l’Autre, qu’est-ce, sinon le corps ? « L’Autre, c’est le corps […] le premier lieu où mettre des inscriptions [15]. » Les y mettre, oui, mais pas pour qu’elles soient lues ! Car qu’elles soient lues comme de l’écrit suppose déjà qu’elles aient été lues avec de l’écrit, soit que l’Autre et le sujet, ça fasse deux.
Notons d’ailleurs que c’est à un tel indécidable que fait référence Fritz Zorn :
« D’une façon générale, on pouvait noter chez ma mère, une préférence marquée pour l’expression “ou bien”. Elle constatait quelque chose puis ajoutait : ou bien, c’est autre chose. Ma pauvre mère avait coutume de dire : “Je partirai vendredi prochain à dix heures et demie pour Zurich ; ou bien je resterai à la maison. Ce soir, il y a des spaghettis pour dîner ; ou bien il y a de la salade de cervelas.”
« Une question se pose : que devient ici la réalité ? Je m’en vais ; ou bien je reste à la maison. Je suis là ; ou bien je ne suis justement pas là. La terre est ronde ; ou bien elle est triangulaire. Quand on dit trop de “ou bien”, les mots perdent tout leur poids et tout leur sens ; la langue se décompose en une masse amorphe de particules privées de signification : plus rien n’est solide et tout devient irréel [16]. »
Nous pouvons donc formuler l’hypothèse que c’est cette indécidabilité structurale dont le psychosomatique tiendrait à ne pas sortir par la voie de la castration. Cela permet d’entendre en quoi ces patients peuvent être dits sans « histoire », au sens justement de peuple sans écriture. Ce que résumait bien cette patiente qui disait : « Je ne sais pas lire ce qui m’arrive, ou plutôt je n’ose pas le déchiffrer. »
 
La topologie
 
 
Penser ce manque fondamental du sujet, penser sans exclure ce point d’impossibilité, tel est le projet que se donne Lacan ; pour ce faire, il fera aussi appel à cette partie des mathématiques qui s’appelle la topologie. Et de la même façon qu’il subvertira la logique en y introduisant la catégorie du pas-tout, il va nous amener à penser la topologie de « l’asphère [17] ».
Cela nous semble d’autant plus important qu’il nous permettra d’aborder d’une autre façon encore ce qu’il en est des phénomènes psychosomatiques.
Lacan oppose très rapidement la topologie asphérique à celle sur laquelle se fondait l’esthétique de Kant.
Précisons donc ce qu’il en est de cette topologie lacanienne : celle de la sphère se caractérise d’être ce qui est complet, et même si nous coupons un morceau, en le recollant, nous reconstituons notre totalité momentanément perdue (figures 1 et 2).
Figure 1
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Figure 2
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Il n’en est pas de même si nous procédons à l’opération suivante : soit que si nous coupons une rondelle de la sphère de départ, nous obtenons une sphère trouée ; si ensuite, nous rapprochons les deux demi-cercles de l’endroit découpé, en ayant soin de laisser un trou de chaque côté de notre suture, nous nous trouvons avoir non plus « un » trou, mais « deux ». Si ensuite, nous disposons d’un petit tube dont nous venons aboucher chacune des extrémités à chacun des deux trous constitués, nous obtenons comme une sphère adjointe d’une sorte de poignée. Nous obtiendrons d’ailleurs aussi cette forme, en réabouchant simplement bout à bout les deux trous initialement délimités sans adjonction du petit tube (figures 3 et 4).
Figure 3
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Figure 4
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En fait, ce que nous obtenons à ce moment là n’est plus une sphère, mais un « tore » qui aurait dans une de ses parties un immense enflement, une hernie correspondant à ce qui était initialement la sphère (figure 5).
Figure 5
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La différence est ici de taille, car au lieu de notre rondelle qui reviendrait « complémenter » la sphère amputée du début, nous avons maintenant un élément qui est venu « supplémenter » notre sphère de départ. La différence entre complémenter et supplémenter, c’est que dans le premier cas, le trou est supprimé, alors que dans le second, il ne l’est pas.
Cela peut paraître inattendu, mais est étudiable avec précision si nous repérons les courbes de ce tore nouvellement construit suivant ce que nous venons d’indiquer. En effet, si certaines courbes sont réductibles à un point, d’autres ne peuvent l’être (figure 6) : ainsi celles qui font le tour du trou central – ce que Lacan a appelé désir – ou celles qui font le tour du trou interne – ce que Lacan a appelé demande.
Figure 6
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Nous pouvons en prendre pour preuve le fait que parcourir les tours du trou interne du tore et revenir au point de départ après x tours en fera parcourir « un de plus » sans qu’on s’en rende compte, soit le tour du vide central.
Si maintenant, pour aller plus loin, nous prenons sur le bord d’une sphère amputée deux couples de points antipodiques, par exemple A-A’ et B-B’, et que nous essayons de les coller de façon croisée, ce qui est irreprésentable, nous obtenons une « sphère munie d’un cross-cap ». Soit en quelque sorte que nous fassions la même opération que celle décrite plus haut, mais en faisant une « torsion », nous obtenons une « asphère », soit une sphère trouée recousue d’une « bande de Möbius » ; nous connaissons la propriété essentielle de cette dernière figure : elle possède deux faces, mais si l’on se promenait sur l’une de ses faces, on passerait insensiblement sur l’autre, sans avoir à la traverser, et au lieu d’avoir deux bords, la bande de Möbius n’en posséderait qu’un seul (figure 7).
Figure 7
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La construction de l’asphère transforme une surface sphérique à deux faces, une intérieure et une extérieure, en une surface unique sans bords, bien qu’il y ait apparemment un envers et un endroit : cela équivaut aux propriétés de la bande de Möbius, mais en les étendant à la double face d’une sphère (figure 8).
Figure 8
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Nous voyons dans une telle figure l’importance particulière du point de croisement, point impossible à représenter sans forçage de la représentation [18]. Faisons l’hypothèse que c’est là le point d’impossible de la structure langagière. Pour ce faire, nous nous appuyons sur le travail de Bernard Vandermersch [19] :
« Deux axes suffisent à organiser le langage : synchronie et diachronie, donc une surface.
« Nous n’atteignons jamais le bout du langage : entrez dans un dictionnaire et vous n’en sortirez que par lassitude : chaque mot renvoie à plusieurs mots et il n’y a pas de dernier mot […] donc une surface sans bord.
« Ce monde de langage dans lequel nous sommes offre cependant à l’intuition deux faces opposées : réalité, où suis-je, et désir qui apparaît comme son opposé. […] Donc, deux faces.
« Cependant l’inconscient qui trame son désir sur une face fait irruption dans la réalité, l’autre face, sans même que je m’en aperçoive, dans le symptôme, le lapsus, etc., donc deux faces qui ne sont qu’apparemment deux et qui n’en font qu’une puisque ça passe de l’une à l’autre sans barrière infranchissable. Donc, surface unilatère sans bords.
« Nous utiliserons la plus simple, le cross cap qui est une sphère trouée recousue avec une bande de Möbius [20]. »
Remarquons d’emblée l’intérêt de cette propriété d’unilatéralité du cross cap, car celle-ci, contrairement à celle de la bande de Möbius, permet d’évoquer que l’ordre intérieur d’un corps est en continuité avec l’ordre extérieur. Ce volume serait fermé, et pourtant le milieu qui l’entoure est dedans, ou inversement, ce milieu entoure un corps fermé dont il est pourtant le noyau le plus intime.
Il en est bien ainsi de l’altérité qui constitue ce qui nous est le plus étranger en même temps que le plus intime, soit l’Autre en nous. La bande de Möbius est en quelque sorte à l’asphère ce que la bande simple est à la sphère.
Cette figure – l’asphère – permet donc de « modéliser » l’Autre et son manque, la structure du langage, soit un système marqué d’un manque irréductible contrairement à une sphère simplement amputée, telle que nous l’évoquions plus haut, toujours complémentarisable.
Si cette asphère explicite ce qu’il en est de la structure – « la structure, c’est l’asphérique recelée dans l’articulation langagière en tant qu’un effet de sujet s’en saisit [21] » –, il est à noter que cet effet de sujet réside dans la coupure elle-même.
Poursuivons avec Vandermersch : « Dans cette situation, à part quelques points qui “fixent plus ou moins les choses” – les noms propres, les coordonnées signifiants de temps et de lieu qui renvoient à la réalité commune d’une communauté culturelle –, rien ne vient arrêter la dérive entre face désir et face réalité. Or, généralement, un sujet garde son orientation même hors de son pays natal. La réalité ne s’arrête pas aux frontières de sa communauté. C’est qu’il s’est fait son trou ! Comment ? Par la métaphore paternelle. Celle-ci est une coupure signifiante qui vient s’appuyer sur le “défaut” de la structure, le point de réversion de la surface, et le refoule dans le réel ou, mieux, vient découper un réel, c’est-à-dire un impossible, fabriquer un bond infranchissable dans cette structure jusque-là sans bord. En outre, par cette opération se fixe la signification phallique. Avec ce bord, le désir dans l’inconscient se symbolise au prix de la perte d’un “objet” qui est le véritable désir du sujet.
« Pour qu’il y ait métaphore, création d’un sujet comme effet de sens, il faut deux signifiants, l’un refoulant l’autre : nous ferons ainsi deux tours autour du point phallus, mais après ces deux tours, le trait rejoint son origine pour accomplir cette première décision, ce premier acte qu’est la venue au monde du sujet de l’inconscient comme interprétation du désir de l’Autre.
« Nous avons maintenant un bord et donc une vectorisation : la vie du sujet est orientée par un manque désormais fixé. Il y a quelque chose à rattraper : c’est l’objet a, objet cause de désir. Voici, topologiquement, l’état des lieux à la suite de cette coupure à double tour [22]. »
Et en effet, à propos de la bande de Möbius, nous savons que l’endroit où se fait la coupure est déterminant pour ce qui va être produit. Il existe en effet deux types de coupure : la coupure médiane et la coupure möbienne. La coupure médiane coupe longitudinalement la bande au centre de celle-ci, le point de départ de la coupure se rejoint au bout d’un seul tour (figure 9) ; et ce qui est engendré à partir d’une telle coupure, c’est une bande deux fois plus longue sans perte et qui a un envers et un endroit, donc perd de ses qualités möbiennes, tout en gardant ses torsions (figure 10).
Figure 9
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Figure 10
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La coupure möbienne quant à elle, soit une coupure sur l’un des côtés de la bande, doit se poursuivre deux fois plus longtemps (figure 11) : elle doit faire deux tours pour rejoindre son point d’origine, elle produira une perte et ce qui restera gardera les propriétés möbiennes (figure 12).
Figure 11
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Figure 12
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Pour qu’une coupure fasse se différencier deux portions – S1 et S2 aussi bien que S et a -, il faut donc qu’elle se redouble, autre manière d’aborder ce que Lacan nous suggère du « réel du nombre » :
« Le un comptable ne peut être le un qu’à se répéter au moins une fois, et, se refermant sur lui-même, à instaurer à l’origine le manque dont il s’agit d’instituer le sujet [23]. »
Si en revanche cette coupure est unique comme l’est la coupure médiane, elle ne produira pas de perte. Il s’agira dès lors d’une coupure sans production de perte.
Ce même schéma est applicable dans l’espace de l’asphère – ainsi que l’évoque Vandermersch –, où deux coupures différentes peuvent avoir lieu, l’une sans perte, l’autre avec perte, cela bien que le point d’impossibilité ait été inscrit dans les deux types de coupure, sans qu’il y ait pour autant forclusion.
C’est cette coupure sans perte que l’on peut penser dans ce que désigne l’holophrase, produisant ce que Vandermersch appelle alors une « catastrophe topologique », avec les conséquences que nous savons.
Ainsi, par ces trois voies différentes, nous arrivons à cerner ce qui est l’enjeu du phénomène psychosomatique, soit une perte sans perte. Une tentative « d’impossibiliser » le point d’impossible.
« À la plupart des questions qu’on me posait, j’avais coutume de répondre que je ne savais pas, que je ne pouvais pas juger ou que cela m’était égal ; je ne pouvais donner de réponse que lorsque je savais d’avance qu’elle pouvait correspondre au canon salvateur [24]. »
« Je me conduisais comme quelqu’un qui a à la fois mal aux dents et peur du dentiste [25]. »
Et cela nous permet de formuler une hypothèse concernant les apparentes contradictions qui existent entre les différentes théories psychosomatiques.
C’est en effet un tel indécidable que nous retrouvons dans les deux grands axes qui structurent les tentatives de théoriser les affections psychosomatiques ; et il convient peut-être d’entendre cela autrement que comme une querelle d’écoles, mais bien plutôt comme l’effet de cette pathologie : car il s’y présente toujours deux modalités contradictoires entre lesquelles il semble ne pas pouvoir être tranché.
D’aucuns en effet font prévaloir que les phénomènes psychosomatiques ont un sens : ainsi les conceptions de Groddeck [26], Alexander [27] ou encore Garma [28]. De telles conceptions où l’on voyait des interprétations rapides aussi bien qu’hasardeuses – comme par exemple, une péricardite est une grossesse cardiaque – sont aujourd’hui tombées en désuétude ; pourtant, il est vrai que dans ces affections, il arrive bien souvent que nous soyons marqués par le caractère évident de l’interprétation, sans pour autant d’ailleurs que celle-ci soit efficace.
D’autres conceptions, en revanche, ne reconnaissent aucun sens à l’événement psychosomatique ; mais sont alors évoqués des concepts tels que ceux de « pensée opératoire » introduite par Marty [29], M’uzan [30] et l’École psychosomatique de Paris ou encore « d’alexithymie » selon l’École de Boston. Les auteurs désignant par ces concepts « l’incapacité de pouvoir exprimer ses émotions ».
Et il est vrai que le travail thérapeutique avec les patients psychosomatiques confronte bien aux deux dimensions : parfois des situations évidentes à interpréter, mais sans aucun accès possible pour le sujet ou alors des effets stupéfiants, mais sans aucune interprétation possible.
Il nous faudrait prendre en compte que cet apparent choix de théorisations, mais où d’un côté comme de l’autre des résultats analogues peuvent se rencontrer, est comme idoine avec la structure même de ces affections. Il ne s’agit précisément pas de choix, il s’agit de rester dans cet indécidable en tant qu’il protège le mieux de la confrontation à ce point d’impossible, mais il ne s’agit pas pour autant d’un doute obsessionnel, celui-ci étant entièrement pris dans le signifiant. Il s’agit de vouloir « dire sans dire », de ne pas consentir à la sortie de l’indécidable par la castration, et pour ce faire, de laisser « l’organisme » s’en charger.
« Le phénomène psychosomatique est, par suite d’une résistance imaginaire spécifique à la constitution de la métaphore subjectivante, le résultat d’une situation ou le rappel d’une situation, dans laquelle un être parlant est contraint de fournir en urgence une réponse symbolique articulée au désir, non articulée dans le discours de l’Autre. Cette réponse excède les capacité de l’ordre symbolique, parce qu’elle veut tout garder : et la jouissance imaginaire de l’objet dans l’innocence prétendue de l’être in-fans et l’accès à une position symbolique. Elle ne paie pas le prix de la castration [31]. »
Nous pouvons évoquer ici un exemple rapporté par René Dupuis : « [Celui d’une patiente qui avait] un eczéma généralisé traité depuis des années sans succès. Finalement on découvrit que la première localisation était située […] au niveau de l’annulaire gauche. Cet eczéma guérit lorsque la patiente retira son alliance.
« La cause de cet eczéma fut attribué à une allergie à l’or, c’est probablement exact. Peut-être une alliance en fer aurait été bien tolérée ?
« Mais on est en droit d’évoquer un autre type d’intolérance si l’on veut bien noter que c’est justement au moment du port de l’alliance, c’est-à-dire du mariage, que l’eczéma a commencé et que, par ailleurs, des boucles d’oreille en or avaient été jusque-là bien tolérées [32]. »
Nous pouvons ici saisir en quoi c’est l’organe – ici la peau – qui a la charge de dire ; mais, contrairement à l’hystérie, de dire précisément sans dire, ce qui évidemment suppose que la modalité de jouir du sujet soit du côté de cette jouissance Autre, du côté d’un refus de cette jouissance phallique préconisée par l’entrée dans le langage.
L’intérêt de ces affections est de montrer que de par la subversion introduite par le signifiant, un organisme humain se transforme en corps, mais qu’à cette transformation un sujet peut venir à faire défaut, et que de ce fait, il laisse à son organisme la charge de payer le prix de cet impossible auquel ainsi il se soustrait. Certaines affections reconnues comme spécifiquement psychosomatiques semblent bien relever d’une telle modalité en œuvre et rendent compte de ce que ces maladies sont littéralement induites par le langage, ou en tout cas par les défenses qu’un sujet est à même d’organiser contre la prise en compte de ses conséquences.
Ainsi donc le plus étonnant de tout, c’est que, de la même façon que « l’écrivain écrit pour se faire une colonne vertébrale » (Michel Butor), l’être humain peut tomber malade pour se faire une santé.
 
NOTES
 
[1] J. Lacan, Le Séminaire (1964), Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, livre XI, Paris, Le Seuil, 1973, p. 215.
[2] Ibid., p. 225.
[3] Ibid., p. 206.
[4] Ch. Melman, « Conclusion » des Journées consacrées aux états du symptôme, dans Le Trimestre psychanalytique, nº 2, Paris, 1988, p. 71.
[5] F. Zorn, Mars, Paris, Gallimard, 1979, p. 48. Le fait de renvoyer à ce livre ne doit laisser aucune ambiguïté : il ne s’agit pas de prétendre que le cancer est une maladie psychosomatique, encore moins de penser que par une psychothérapie, on puisse en guérir ! Nous espérons que la nuance pourra être entendue : il s’agit de ne pas exclure que dans certains cas, pourtant, cette hypothèse est pensable ; c’est une invitation à nous mettre au travail pour « penser » une telle « potentialité psychosomatique ». Cf. à ce sujet J.-P. Lebrun, « La potentialité psychosomatique », dans Le Trimestre psychanalytique, nº 5, 1988, p. 89-100.
[6] F. Zorn, ibid., p. 31-32.
[7] J. Lacan, « Conférence à Genève sur le symptôme », 4 octobre 1975, dans Bloc-notes de la psychanalyse, nº 5, p. 20 ; c’est nous qui soulignons.
[8] G. Frege, Les Fondements de l’arithmétique (1884), Paris, Le Seuil, 1969, p. 149.
[9] Ibid., p. 153.
[10] Ibid., p. 164.
[11] Ibid., p. 168.
[12] Ibid., p. 195.
[13] J.-A. Miller, « La Suture – Éléments de la logique du signifiant », dans Cahiers pour l’analyse, nos 1-2, février-avril 1966, p. 43.
[14] J. Lacan, « De la Structure en tant qu’immixtion d’un Autre préalable à tout sujet possible » (1966), dans Bulletin de l’Association freudienne, nº 41, 1991, p. 8. C’est nous qui soulignons.
[15] J. Lacan, Le Séminaire, livre XIV (1966-67), « La Logique du fantasme », inédit, séance du 10 mai 1967.
[16] F. Zorn, Mars, op. cit., p. 47.
[17] Ce terme apparaît dans « L’Étourdit », Scilicet, nº 4, Le Seuil, Paris, 1973, p. 27.
[18] Ces figures sont reprises à l’ouvrage de J.-D. Nasio, Les Yeux de Laure, le concept d’objet a dans la théorie de Lacan, Paris, Aubier, 1987.
[19] B. Vandermersch, « Le phénomène psychosomatique a-t-il un sens ? », dans Le Langage et l’inconscient, Grenoble-Paris, Publication de l’Association freudienne, 1989.
[20] Ibid., p. 225.
[21] J. Lacan, « L’Étourdit », op. cit., p. 40.
[22] B. Vandermersch, « Le phénomène psychosomatique a-t-il un sens ? », op. cit., p. 226.
[23] J. Lacan, « De la Structure en tant qu’immixtion d’un Autre préalable à tout sujet possible », op. cit., p. 9.
[24] F. Zorn, Mars, op. cit., p. 63.
[25] Ibid., p. 128.
[26] G. Groddeck, La Maladie, l’art et le symbole, Paris, Gallimard, 1969 et Au fond de l’homme, cela, Paris, Gallimard, 1963.
[27] F. Alexander, La Médecine psychosomatique, Paris, Petite Bibliothèque Payot, 1967.
[28] A. Garma, Les Maux de tête, Paris, puf, 1962.
[29] P. Marty, Les Mouvements individuels de vie et de mort, Paris, Payot, 1976.
[30] M. M’uzan et P. Marty, « La pensée opératoire », dans Revue française de psychanalyse, vol. 27, p. 345-346.
[31] B. Vandermersch, « Le phénomène psychosomatique a-t-il un sens ? », op. cit., p. 225.
[32] R. Dupuis, « Une tentative de classification des manifestations somatiques », dans Le Trimestre psychanalytique, nº 5, 1988, p. 42.
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Ch. Melman, « Conclusion » des Journées consacrées aux état...
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F. Zorn, Mars, Paris, Gallimard, 1979, p. 48. Le fait d...
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F. Zorn, ibid., p. 31-32. Suite de la note...
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J. Lacan, « Conférence à Genève sur le symptôme », 4 octobr...
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G. Frege, Les Fondements de l’arithmétique (1884), Pari...
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Ce terme apparaît dans « L’Étourdit », Scilicet, nº 4, ...
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