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La pensée de midi

2002/3-1 (N° 9)

  • Pages : 174
  • ISBN : 2742739211
  • Éditeur : Actes sud


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Télérama, semaine du 28 octobre 2000.

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Le marché linguistique de la guerre franco-arabe induit une question dramatique : l'Occident n’ayant plus d’ennemi principal, a-t-il toujours besoin de la référence au ?Diable? pour lutter contre le Mal ? Si l'on analyse la presse magazine, la réponse est positive !

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Il y a longtemps que certains mots arabes ont été intégrés à la langue française. Mais autrefois ils étaient nobles, comme algèbre ou safran. Pendant la période coloniale, ce furent des importations militaro-domestiques comme moukère ou balèk fissa ! Il s’agissait alors de ?glottophagie? coloniale : on abaisse le discours pour se faire comprendre de l'Autre dont on nie le langage et dont on adopte les nourritures, mais enrichies : couscous, paella, pizza étaient des plats de pauvres à l'origine !

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A notre époque, où tout le monde zappe, mais surtout le Sud, les Arabes ont appris à utiliser (mal, c’est un autre problème) les mots modernité et démocratie.

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Les Français, eux, se sentent menacés par ?la djihad?, la guerre sainte (al jihad est au masculin en arabe et signifie guerre juste) tandis que les lectrices de Elle se mobilisent contre le tchador et la burqa, dont il faut rappeler qu’ils ne sont définis ni par le Coran, ni par le droit musulman?

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Il faut tout d’abord s’interroger sur la pertinence de la formule réduite du mot ’Islam? surtout dans sa version agressive, ?versus Occident?. Cette réduction induit l'appréhension systématique d’une religion conçue comme un bouillon d’inculture, un système homogène et clos depuis quatorze siècles sur un espace qui va de la Chine à l'Afrique, en passant par l'Europe et les USA. Dans sa version d’acteur sur la scène internationale, ’Islam? en tant qu’espace culturel et géopolitique est remarquablement présentée comme un, uniforme et moniste, donc totalitaire puisque totalisant.

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Tous les titres de journaux analysés [2]  J’ai choisi de dépouiller seulement des hebdomadaires,... [2] posent des problèmes en amont de l'événement ?guerre?. Ainsi : ?Le réveil de l'Islam? ; ?Le retour de la religion? ; ?Les islamistes attendent leur heure?. On ne savait pas que la religion était partie au galop (on ne sait où !) et qu’à une certaine heure elle allait revenir. Mais L’Express du 31 janvier 1991 nous donne, en réponse, une leçon sur la flexibilité de l'espace?temps : ?Comme Saladin au xiie siècle et hier Nasser, Saddam Hussein mobilise les masses d’Orient, jouant sur la frustration et le sentiment religieux.?

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Le titre d’un ouvrage récent ne laisse aucun doute sur ce point : l'Islam est le nouveau totalitarisme ! L’Islam est ainsi, dans l'inconscient collectif, le risque de l'après-guerre froide, et monsieur Poutine contribue à l'éradication du Mal défini par Bush fils.

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Cette stratégie ? car c’en est une ? a été mise au point au moment de l'effondrement de l'URSS, comme on peut en juger par l'étude des propos de Bush père en 1990 et l'utilisation des œuvres (mal lues) de Fukuyama et surtout de Samuel P. Huntington [3]  Cf. le mémoire (en cours) de Nathalie Foata à l'IEP,... [3] ?

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Déjà la presse développait l'idée de la barbarie liée au terrorisme et à l'armement ?sale? : ’Allons-y, [?] cette fois sans honte [?], face aux pires formes d’humanité? (Jacques Julliard, Le Nouvel Observateur, 23 août 1992), tandis que Claude Imbert oppose à cette ?loi de la jungle? une certaine idée du droit que ?nous devons imposer, car c’est celle des lumières, contre les ténèbres? (Le Point, 8 septembre 1990). Je ne sais pas si ces grands journalistes ont fait leur autocritique aujourd’hui, alors que la position de la France est bien plus nuancée. Mais, dans un premier temps, on peut comptabiliser, dans trois principaux hebdomadaires français (Le Point, L’Express, Le Nouvel Observateur), un peu plus de mille occurrences à l'Irak ; et Saddam Hussein, décrit comme un ?tyran appelant au Djihad par fatwa?, ?terroriste médiéval', ?despote?, est utilisé dix-huit fois ; ’héros lunaire des fous des ténèbres?, ?spécialiste de la prise d’otages? se servant ?cruellement? des otages comme ?boucliers humains?, vingt-quatre fois? De plus sa déligitimation est scientifiquement attestée par des experts : ?psychotique sous traitement, personnalité paranoïaque soufrant de troubles maniaco-dépressifs?? (L’Express, 24 septembre 1990). Bien plus, la comparaison avec Hitler apparaît trente-deux fois, avec Satan vingt-cinq fois. L’amalgame Hitler/Nasser-Saddam a été repris par ailleurs dans d’autres hebdomadaires français, qui ont évité de rappeler que la presse française avait déjà utilisé cette appellation pour Nasser en 1956-1957, lors de la nationalisation du canal de Suez et l'intervention armée des Français, Anglais et Israéliens?

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J’arrêterai là le rappel de la première guerre contre l'Irak, sauf à préciser qu’un sondage, réalisé par L’Express et Reporters sans frontières, a montré que soixante-quinze pour cent des journalistes interrogés ont estimé que la couverture de la guerre par les médias télévisés a donné lieu à du journalisme spectacle, et que quatre-vingt-quatre pour cent estiment avoir été manipulés : c’est L’Express qui l'affirme le 14 février 1991 !

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Aussi, pendant la guerre dans l'ex-Yougoslavie, nous pouvons constater une sorte d’accalmie, et les articles sont moins virulents à l'égard des musulmans. Certains font même preuve de compréhension : il est vrai que la situation n’était guère propice à encenser les ?Blancs européens?, chrétiens, ou même orthodoxes? La presse prend conscience que la cause des musulmans bosniaques rappelle que l'islam est présent en Europe depuis fort longtemps ! Et certains découvrent qu’il existe des musulmans? non arabes.

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L’hyper-médiatisation de l'événement ?guerre du Golfe? avait provoqué des effets de loupe mettant en question la crédibilité des médias. Ce rappel devrait nous permettre d’aborder la crise actuelle, ou tout au moins l'évolution du processus dans les dix dernières années.

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Cette évolution est caractérisée par un recul massif de la connaissance de l'islam en général, et une recrudescence surprenante d’attaque frontale contre cette religion.

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L’approche de l'aire islamique qui prévaut dans les médias que j’ai analysés (une dizaine d’hebdomadaires français depuis 1990 et quelques étrangers depuis 2001) se caractérise par l'accumulation de clichés répétitifs. Un exemple exceptionnel est la couverture identique de deux hebdomadaires différents à deux ans d’intervalle : la même photo (un musulman calotté levant les poings au ciel, vu de dos) avec un titre différent (L’Express du 10 février 1994 et L’Événement du jeudi du 12 juin 1996). ?L’Algérie et nous. La victoire possible des islamistes : la grande peur des Français? devient ?L’affrontement Islam-Occident?. ?Les Français savent que les musulmans vivant dans l'Hexagone ne sont pas tous de paisibles immigrés épris d’intégration? (L’Express, 29 avril 1994).

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Ce thème de l'affrontement Islam-Occident revient avec un sous-thème : ?Pourquoi les démocraties risquent-elles d’être entraînées dans la guerre ?? Le mot ?guerre? apparaît sur les couvertures une dizaine de fois. Par exemple : ?Djamel Zitouni : l'islamiste qui mène la guerre contre la France? (L’Express, 5 juin 1996), avec en couverture la photo du barbu? fournie par les services algériens. Ou encore : ?La guerre contre l'ennemi invisible? (Le Point, 12 octobre 2001), et, déjà (Le Point du 14 septembre 2001), ’Etat de guerre?, avec un dossier de quarante-deux pages ! Je laisse de côté tous les numéros spéciaux de l'après-11 septembre y compris les journaux étrangers paraissant à Paris comme Time ou Newsweek : ils ont tous repris, en plus des photos accrocheuses des Twin Towers et de ground zero, l'ensemble du corpus décrit en amont.

Ci-contre : Le Point, semaine du 12 octobre 2001. Ci-dessous : Le Point, semaine du 21 septembre 2001.

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Mais c’est surtout l'islam et ses dérives qui sont mis en exergue : déjà L’Événement en 1989 (n° 226) avait fait un titre tonitruant : ?Descartes et Voltaire au secours : Mahomet réveille-toi ils sont devenus FOUS !? Cette thématique sera constamment reprise : ?Comment en finir avec les fous d’Allah? (Le Point, 21 septembre 2001), en surimpression d’un portrait de Ben Laden sur fond de fumées cachant Manhattan. Claude Imbert, qui, comme chacun le sait, est un grand islamologue, écrit dans le même numéro ?L’islam n’admet ni la sécularisation du pouvoir, ni même celle du savoir.? C’est pourquoi Marianne du 9 mars 1998 s’interroge : ?L’islam est-il soluble dans la république ?? Mais au moins n’y a-t-il point là d’assertion brutale ! Les poncifs réducteurs et discriminatoires, résultant d’une histoire amnésique et amnistiée, produisent en tant qu’assertions un impact immédiat sur l'exacerbation des différences qui font percevoir l'islam comme immuable et conflictuel.

Une photo, deux clichés? : A droite L’Événement, semaine du 6 juin 1996. A gauche, L’Express, semaine du 10 février 1994.

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C’est donc la ?grand-peur? qui revient, et non pas le religieux ! Surtout que deux conflits nouveaux vont traumatiser un peu plus les lecteurs : la deuxième Intifada, puis la prise de Kaboul par les talibans le 27 septembre 1996. Intifada est le terme le plus employé dans la presse des années 1998 et 1999 que j’ai dépouillée : deux cent cinquante occurrences pour les trois hebdomadaires de base. Mais jamais le mot n’est expliqué ni traduit ! Puis vient Hamas : deux cents occurrences. Là non plus, sans explication de ce qui est en fait un sigle et non pas un nom. Le mot djihad est éparpillé car il est utilisé à la fois dans le sens de ?guerre? et comme nom de certains groupes ou organisations, ce qui fausse les calculs.

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Mais la terminologie du descriptif de la nouvelle guerre est entièrement négative : attentats sanglants, meurtre aveugle, vengeance aveugle? barricades de pneus enflammés, gamins effrontés qui caillassent les jeeps de ?Tsahal'? A ce propos, rares sont les journalistes qui disent ’armée israélienne? et jamais, ou exceptionnellement, ’armée d’occupation?. On sait que Tsahal signifie en hébreu ’armée de défense?.

L’Événement, semaine du 4 janvier 1990.

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Les titres sont précis : ?Le fanatisme a frappé? ; ’Une fois de plus l'horreur?. Les Palestiniens n’apparaissent que sous les traits de ?Tueurs masqués qui manient la hache, le couteau?? (Le Point, 8 mars 1997). On lit aussi ?Les actes kamikazes des forcenés du Hamas? (Le Point, 9 mars 1996), œIls n’obéissent pas à une logique quelconque?? (L’Express 14 février 1991). En fait le projet des ?kamikazes? est une arme contre une culture basée sur le mépris de la mort de l'Autre. La première façon de dénier toute identité à celui qui se sacrifie consiste à utiliser dans la taxinomie un mot-son négatif renvoyant à une autre culture que la sienne : ainsi les fedayins, les chouhada (martyrs) deviennent ?kamikazes?. Ce qui constitue un déni de compréhension car la relation à l'empereur nippon et la conception de la mort du samouraï n’ont rien à voir culturellement avec la pulsion de mort et la thanatocratie du martyr de l'islam [4]  Cf. B. Étienne, Les amants de l'Apocalypse, Aube, coll.... [4] .

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Avec l'affaire de l'Afghanistan, la nouvelle donne de géopolitique stratégique, issue de l'effondrement de l'URSS, apparaît clairement dans la presse, cependant beaucoup plus prudente que pendant la guerre du Golfe. Mais le vocabulaire reste très négatif et péjoratif à l'égard de l'islam : ’Un voyage dans l'absurde d’Allah. Les nouveaux maîtres de l'Afghanistan sortis des écoles coraniques [?] gèrent ce pays en ruine [?] avec une kyrielle d’interdits que leur impose leur rigorisme religieux et féodal' (Le Point, 14 novembre 1998). Les poncifs refleurissent dans le nomadisme des concepts. Cet ’obscurantisme? (vingt-deux occurrences) et ce ?féodalisme [5]  Sic ! Je n’ose plus rappeler que le ?mode de production... [5] ? (trente-quatre) qui oblige ’à trancher les mains pour quelques tapis et bijoux? (Le Point, 2 juin 2000). ?L’Occident est piégé?, soutient L’Express du 30 juillet 1998, ce à quoi Le Nouvel Observateur du 29 août 1998 répond en approuvant : ’Une nouvelle croisade armée contre les terrorismes islamistes?, tandis que la plume de Claude Imbert est très claire dans le sens de ?notre? engagement : ?Pour y résister [à ?l'éboulis passionnel d’un autre siècle?], nous n’avons pas d’autre recette que de faire respecter, par la force si nécessaire, les valeurs des démocraties modernes et libres de l'Occident jusqu’à ce que l'irrationnel et la mythologie du messianisme intégriste s’éteigne dans l'échec? (Le Point, 20 août 1990).

L’Événement, semaine du 10 novembre 1994.

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Jacques Baudrillard avait pressenti cette possibilité au moment de l'effondrement de l'URSS. Il écrivait (dans Le Débat, n° 60, 1990) ?Reste l'Islam pour incarner l'Empire du mal. C’est d’ailleurs à partir du moment où il se constitue comme tel que le bloc soviétique n’a plus de raison d’exister.?

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La manière dont la presse se fait l'instrument de la thématique ’Islam versus Occident?, en stigmatisant toutes les interventions provenant de l'aire géopolitique arabo-musulmane comme étant empreintes de l'essentialisme religieux ’extrémiste?, ’obscurantiste? et porteur de ?terreur?, donc ?menaçant? et ?déstabilisateur? pour ?nos valeurs?, se manifeste encore plus dans la nouvelle grille de lecture que j’aborde maintenant à partir de la présentation de la guerre ou des conflits.

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La presse procède à une stratégie de diabolisation de l'Islam en amplifiant les images pour exagérer les dangers : sur ce plan les seules couvertures des hebdomadaires français depuis la guerre du Golfe sont édifiantes. Mais les articles de presse sont plus subtils, les titres à la une et les contenus intérieurs ne correspondant pas toujours? ?France, faut-il avoir peur de l'Islam ?? (L’Événement du jeudi, 4 janvier 1990) ; ?La déferlante islamiste? (L’Événement, 1er décembre 1993) ; ?Faut-il déclarer la guerre à l'intégrisme ?? (toujours L’Événement, 16 novembre 1994). Signalons aussi quelques titres imprudents : ’Algérie : pourquoi l'islamisme vaincra? (Courrier international, 18 juin 1997), mais aussi des numéros qui portent sur le problème de ?L’islamisme contre l'islam? (mais il s’agit alors d’interviews des rares chercheurs français qui travaillent sur le sujet, Gilles Kepel ou Olivier Roy). Dans la presse quotidienne, on voit d’ailleurs apparaître de ?grands spécialistes? comme Alexandre Delvalle et d’autres, inconnus du milieu scientifique?

Le Nouvel Observateur, semaine du 31 septembre 1995.

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Certaines couvertures sont une véritable fabrique du regard sur l'Autre. La position des corps ?musulmans? est assez significative d’une intention complexe de ?donner à voir?. Une dizaine de couvertures d’hebdomadaires (mais bien plus de photos à l'intérieur) montrent quatre possibilités de ?visibilité? des musulmans : les fesses en l'air (photo de musulmans en prière vus de dos), en une foule accroupie faisant bloc et dans un état de soumission ; des rassemblements compacts, gens qui défilent menaçants et hurlants ; des femmes voilées (dix-huit couvertures dans la période, dont certaines avec une forme d’ironie suspecte) ; enfin, un individu barbu, illuminé, bouche ouverte, yeux écarquillés, parfois brandissant une arme. Parmi les journaux ayant mis une femme voilée en couverture plusieurs fois pendant cette période de deux ans, on peut citer La Vie, L’Événement, Le Nouvel Observateur, Le Point, L’Express, Croissance, Télérama, Elle, etc. (J’ai le souvenir que Frantz Fanon avait dit : ?La France veut dévoiler l'Algérie?? Mais qui se souvient du psychiatre antillais aujourd’hui ?) Les sous-titres rajoutent à l'impression d’horreur : ?Le vrai visage sous le voile?, ?La pieuvre islamique?, ?L’islam et les femmes?, ?Les liaisons dangereuses?, ?Foulard : le complot?, et surtout ?Comment les islamistes nous infiltrent? et ’Un peuple otage de l'Histoire?. Certains sous-titres, en pages intérieures, sont encore plus éloquents (je résume une typologie complètement récurrente) : ?Les fous d’Allah? ; ?Terroristes? ; ?Massacre? ; ’Infiltration? ; ’Ennemi intérieur? ; ?Les assassins de la paix?. Et en opposition, bien entendu, des ?Victimes innocentes?.

Ci-contre : Le Nouvel Observateur, semaine du 7 mars 1996. Ci-dessous : numéros spéciaux ?11 septembre? Le Point, semaine du 14 septembre 2001 et L’Express, semaine du 20 septembre 2001.

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Le ?must? de la manipulation mentale faisant appel aux structures anthropologiques de l'imaginaire a été réalisé par la couverture de L’Express du 31 décembre 1997 après les attentats en Algérie. On y voit, d’un côté, le portrait de Lady Diana et, de l'autre, la photo de la mère algérienne éplorée ressemblant à une pietà. Ce montage tient du chef-d?œuvre. L’émotionnel est la clé de toute non-explication : il n’est pas nécessaire d’expliquer et de comprendre selon le projet d’Emile Durkheim et de Max Weber. Il suffit de faire pleurer Margot ! Toute cette thématique répétitive conduit à la construction d’un type idéal : musulman / islamiste / intégriste / fanatique / terroriste. Il n’y a pas de demande sociale de connaissance de l'Autre. Il est donc suffisant, mais nécessaire, de ?typologiser? l'ennemi principal : le Mal, incarné par l'islam. La conséquence de cette déligitimation du musulman est simple : quand la raison d’Etat progresse, l'Etat de droit régresse, à Guantanamo comme à Moscou?

Page de gauche : juxtaposition de deux ’icônes? médiatiques sur la une de L’Express du 25 décembre 1997 : la pietà algérienne et Lady Di. Ci-contre : Le Nouvel Observateur, semaine du 4 octobre 2001 Ci-dessus : L’Express, semaine du 17 novembre 1994.

Pièce ?Libre de droits?, 1994 (extrait).

© Lionel Fourneaux, galerie Le Réverbère

Notes

[1]

Bruno Étienne est membre de l'Institut universitaire de France, directeur de l'observatoire du religieux à l'IEP d’Aix en Provence. Il a publié une dizaine d’ouvrages. Parmi les plus récents : La France face aux sectes, Hachette Littératures, 2002 ; Islam, les questions qui fâchent, Bayard, coll. ?Religions en dialogue?, janvier 2003.

[2]

J’ai choisi de dépouiller seulement des hebdomadaires, car la même recherche sur la presse quotidienne nécessiterait un logiciel sophistiqué, et un travail de dépouillement systématique qui prendrait un temps infini. De plus la ?grande presse? est lue par moins d’individus ; l'impact sur l'imaginaire et les représentations est donc supérieur pour l'hebdomadaire.

[3]

Cf. le mémoire (en cours) de Nathalie Foata à l'IEP, sous la direction de B. Étienne, ainsi que Ils ont rasé la Mésopotamie. Du droit de coloniser au devoir d’ingérence, Bruno Etienne, Eshel, coll. ?Virulences?, 2000, sur la guerre du Golfe, de même que Golfe, clefs pour une guerre annoncée, Alain Gresh et Dominique Vidal, Le Monde éditions, coll. ?La mémoire du monde?, Paris, 1992.

[4]

Cf. B. Étienne, Les amants de l'Apocalypse, Aube, coll. ’Interventions?, 2 002

[5]

Sic ! Je n’ose plus rappeler que le ?mode de production féodal' est un concept très sophistiqué de la sociologie, y compris marxiste, et a peu à voir avec l'utilisation qu’en font les journalistes? Cette remarque est aussi pertinente pour le terme ?communauté? complètement galvaudé par les médias.

Pour citer cet article

Étienne Bruno, « La fabrique des regards », La pensée de midi 3/ 2002 (N° 9), p. 90-102
URL : www.cairn.info/revue-la-pensee-de-midi-2002-3-page-90.htm.


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