La pensée de midi 2007/3
La pensée de midi
2007/3 (N° 22)
188 pages
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I.S.B.N. 2742772940
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Vous consultezUlysse, ou l’homme mythifié (relecture d’un ouvrage oublié)

AuteurEmile Témime[*] [*] Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université...
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du même auteur


1 Je tiens qu’il faut lire et relire le texte majeur de Gabriel Audisio, Ulysse ou l’intelligence[1] [1] L’ouvrage, troisième de la trilogie méditerranéenne...
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, ne serait-ce que pour essayer de comprendre ce qui sépare l’homme du héros dans la mythologie méditerranéenne, ce qu’il en est du lien particulier entre l’homme et les dieux, l’homme devant se soumettre au destin ou à la volonté divine (comme on voudra) et cherchant, en même temps, à affirmer sa liberté.

L’homme et le héros

2 Je dis bien l’homme et non pas le héros. Le héros, dans la mythologie grecque en particulier, participe du divin au sens le plus immédiat du terme, parce qu’il est né d’un dieu ou d’une déesse. Doué d’une véritable invincibilité, il vit dans la démesure. Sans doute n’est-il qu’un demi-dieu. Achille est invulnérable, mais la flèche qui l’atteint au talon peut le tuer. Sa mère, Thétis, le transportera alors dans “l’île des Bienheureux”. Héraclès meurt sur le bûcher. Mais il va être aussitôt admis parmi les dieux qui vivent sur l’Olympe[2] [2] Il épousera Hébé et vivra parmi les dieux. ...
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. Dans un cas comme dans l’autre, ils échappent au sort commun. Ils participent de l’immortalité.

3 Ulysse, lui, est un homme “né d’un homme et d’une femme”, un homme dans la force de l’âge (on ne conçoit pas un Ulysse adolescent, ni un Ulysse vieillard). Quand il part d’Ithaque pour cette guerre de Troie à laquelle il va participer jusqu’au bout, jusqu’à la destruction de la ville assiégée, il est déjà époux et père. Quand il revient, vingt ans après (dix ans de guerre, dix ans d’errance à travers la Méditerranée), il a peut-être quarante-cinq ans[3] [3] Je rejoins ici les calculs approximatifs d’Audisio. ...
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. Même s’il a vieilli, il est encore un athlète au plein sens du terme, un “homme de fer” qui a triomphé de tous les obstacles et vaincu toutes les tentations, grâce à sa force physique, mais aussi – et surtout – grâce à son intelligence et à la force de conviction qu’il peut communiquer à ses proches.

4 Car Ulysse est d’abord un homme du verbe, et, en cela, il est, plus que tout autre, un homme de la Méditerranée. Quand on parle du verbe, on pense évidemment au Livre, à l’écrit qui est vérité suprême[4] [4] Le Livre est alors sacré, c’est la parole de Dieu qui...
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. Mais aussi – et d’abord – au logos, au discours politique. Le lieu par excellence de rencontre dans la cité grecque n’est-il pas l’Agora, la place publique où se prennent les décisions après délibération, et où l’homme politique peut s’exprimer en toute liberté, cherchant précisément à convaincre l’assemblée des citoyens de la justesse de ses propositions ?

5 Ulysse est certes un guerrier. Il sait se battre en cas de nécessité, et il possède les qualités physiques qui lui permettent de l’emporter sur ses adversaires. Mais il est aussi et d’abord un homme qui conseille, que l’on écoute et qui sait trouver les mots et les arguments pour emporter la décision. On pourrait dire qu’il a toutes les qualités du diplomate, et, en effet il a, dans les moments difficiles, la charge du négociateur. C’est lui que l’on envoie auprès d’Achille pour apaiser sa colère. C’est encore lui qui vient vers Priam en qualité d’ambassadeur. C’est vers lui aussi que l’on se tourne dans le conseil. Car il incarne la sagesse et il possède l’intelligence. Il lui arrive d’employer la force, mais seulement quand elle lui semble absolument nécessaire. Il utilise ou propose la “ruse” quand elle lui permet d’échapper au danger ou d’assurer le succès d’une entreprise[5] [5] Il est évidemment l’homme du “cheval de Troie”. ...
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. Mais, avant tout, il cherche à convaincre.

6 Il est l’ancêtre de ces orateurs grecs ou latins qui tentent de gouverner par la parole. Je dis “qui tentent”, car ils n’y réussissent pas toujours[6] [6] Cicéron a été vaincu par Marc Antoine. ...
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. Toutefois, dans le monde méditerranéen, se transmettra par-delà les siècles ce pouvoir de la parole, qui donne aux clercs, à ceux qui possèdent la connaissance et qui ont la capacité de la transmettre, un rôle privilégié. Rôle d’autant plus important qu’il dépasse les frontières, qu’il se répand d’un bout à l’autre de la Méditerranée par ces routes terrestres ou maritimes, le plus souvent d’est en ouest, qu’ont suivies les Juifs de la diaspora, les prédicateurs chrétiens (à commencer par saint Paul), les navigateurs phéniciens et grecs. Routes commerçantes, routes d’exil... Mais on appartient toujours à la terre que l’on a quittée, et le thème du retour reste une constante dans l’histoire des diasporas méditerranéennes.

Le long voyage de retour[7] [7] Cet intertitre est un emprunt volontaire au cinéma fordien,...
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7 Navigateur, voilà qui nous ramène à Ulysse et à son odyssée méditerranéenne. Voyage somme toute assez peu réussi, puisqu’il fallut dix nouvelles années à notre “héros” (employons ici ce terme dans une acception plus traditionnelle que précédemment) pour aller de Troie à Ithaque et lui permettre enfin de retrouver cette terre dont il garde une image idyllique, et la famille dont il a été séparé depuis son départ pour la guerre. Il y parviendra seul, puisqu’il a seul survécu – et dans quelles conditions ! – aux épreuves qu’il a dû surmonter au cours de cette épopée.

8 Ulysse le navigateur : là, nous entrons dans la légende, avec le récit qu’il fait lui-même – et que nous ne connaissons que par lui[8] [8] J’entends par là qu’il s’agit d’un récit fantasmé. ...
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– de cette traversée mythique et pleine de traquenards, auxquels il échappera “miraculeusement[9] [9] L’Odyssée est, pour l’essentiel, un récit, et doit...
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.”

9 Légende qui a pourtant une base sérieuse. La Méditerranée, c’est sans doute une route ancienne, une route d’île en île, ou de rive en rive, car on s’éloigne rarement des côtes. Une route que connaissent bien les Grecs, qui l’ont suivie depuis des siècles et la suivront encore pour établir leurs colonies, en Asie Mineure et, plus tard, sur les bords du Pont-Euxin ou sur les côtes occidentales de l’Italie du Sud jusqu’à Marseille et jusqu’aux colonnes d’Hercule. Une route commode et qui, pourtant, est synonyme de dangers multiples. Combien de marins ont sombré en Méditerranée... Les fouilles sous-marines nous offrent aujourd’hui une masse d’objets enfouis jusqu’à proximité des ports, qui témoignent à la fois des périls de la navigation et de la multiplicité des naufrages en Méditerranée. Les pêcheurs, aujourd’hui encore, n’osent pas s’y aventurer au large par gros temps.

10 Les colères de Poséidon se traduisent par des tempêtes violentes. Que faire contre le destin, contre la tourmente que le dieu des Mers soulève contre Ulysse, et qui aura raison de lui en définitive ? Il a beau être un pilote expérimenté, qui n’hésite pas à prendre la barre dans les moments les plus délicats, que peut-il contre les vagues qui assaillent son navire, contre les vents violents qui le détournent de son chemin ou qui le poussent vers des rivages inattendus ? Il doit franchir des gouffres, éviter les rochers, le long de côtes inhospitalières. Et il se trouve contraint de gagner ces îles, où l’attendent d’autres périls, et où il devra parfois séjourner des mois, si ce n’est des années, en attendant de pouvoir rembarquer.

11 Le danger est partout, symbolisé par ces sirènes qui attirent vers les fonds marins les navigateurs inexpérimentés. Attirance des profondeurs, autre forme mythifiée du “péril en mer”, dont il faut triompher pour se sauver de la mort. Symbolisé aussi par le cyclope Polyphème, monstre légendaire, dont Ulysse devra se débarrasser par la ruse. Plus tard, pendant des siècles, il faudra continuer à se méfier, non des monstres, mais des hommes, pirates de l’époque romaine, corsaires barbaresques ou chrétiens beaucoup plus tard, qui pillent, qui rançonnent et qui tuent quelquefois. L’Odyssée ne parle guère de ces pirates, mais ils devaient déjà être présents à l’époque homérique. Et, avant tout, il faut lutter contre les éléments, qui finissent par avoir raison des hommes et détruire les navires. Ulysse lui-même finit par succomber. Il est alors un homme perdu au milieu de la tempête, réussissant seulement à survivre sur un misérable radeau, à s’échouer sur un rivage enfin hospitalier, seul rescapé de ce voyage aventureux, de cette odyssée qui se termine en un dernier naufrage.

Marin ou paysan

12 Aventure maritime certes. Encore faut-il en relativiser l’importance. Dix ans de voyage, mais pas dix ans de navigation... Audisio le souligne très justement : “Ulysse, nous dit-il, est beaucoup moins navigateur qu’on ne le croit communément. Il met dix années à revenir d’Ilion, mais il en passe une dans le lit de Circé, et sept dans le lit de Calypso[10] [10] Audisio insiste longuement sur ces aventures féminines,...
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. Il ne mange pas de poisson... ses randonnées maritimes se réduisent en définitive à quelques traversées mouvementées.” Il pilote avec talent, même par gros temps. Mais, dans le fond, c’est un roi paysan, un terrien plus qu’un marin. Il ne se sent vraiment chez lui qu’en retrouvant ses prairies et ses pacages. En cela aussi, il appartient au monde méditerranéen, qui est un monde de cultivateurs et d’éleveurs avant d’être un monde de marins. Quand les hommes y établissent leur demeure, c’est dans des lieux fortifiés ou protégés, souvent loin de la mer ou perchés sur des hauteurs[11] [11] Comme la Casbah d’Alger ou les buttes de la ville ancienne...
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. S’ils naviguent, pour la pêche ou pour le commerce, ils s’éloignent rarement de la côte. L’arbre symbolique d’Athènes n’est-il pas l’olivier ? Athéna, la protectrice d’Ulysse, est une divinité terrienne.

13 Les îles mêmes n’échappent pas toujours à ce genre de vie agricole ou pastoral. Les Corses, par exemple, sont avant tout des bergers et des cultivateurs. Seuls, les Cap-Corsins maintiennent depuis toujours une ancienne tradition maritime. Les balancelles majorquines apportent vers les ports provençaux des agrumes et non des produits de la mer. Marseille ou Alexandrie sont des ports, mais Rome n’en est pas un. Athènes même protège le passage jusqu’au port du Pirée par des fortifications, les “longs murs”. Et ses habitants cultivent pour la plupart une terre parfois ingrate. On part en mer, mais on revient vers la campagne et l’on s’abrite dans la cité. En somme, “Ulysse ressemble à ces marins de commerce, originaires d’un village de la Provence terrienne... : ils reviennent au mas paternel chaque fois qu’ils débarquent des Messageries Maritimes ; et ils prennent leur retraite près de l’aire à battre le blé, sous le platane et l’olivier...”

Pénélope, ou le retour

14 Voilà donc vingt années qu’Ulysse a quitté son royaume d’Ithaque, qu’il est séparé de sa famille. Vingt ans, cela paraît énorme. Et pourtant, si l’on y réfléchit, de telles séparations sont possibles, et même plus courantes qu’on ne le pense. Les Grecs qui sont partis pour conquérir Ilion restent assurément plusieurs années loin des leurs. Les croisés partis en Terre sainte vont, pour certains d’entre eux, rester fort longtemps absents de leur demeure. Si l’on se rapporte à une époque plus contemporaine, les exemples ne manquent pas des éloignements qui se prolongent sur des dizaines d’années. On en citera quelques-uns qui viennent immédiatement à l’esprit. A commencer par ces navigateurs génois, que leurs activités mènent sur la côte provençale et qui s’y établissent progressivement, loin de leurs familles, qu’ils ne retrouvent que de temps en temps. Il faut parfois dix, quinze années ou plus pour que leurs femmes et leurs enfants viennent les rejoindre. Quitte à ce que le navigateur se crée parfois un autre foyer, là où il demeure. Ulysse n’est pas seul à avoir, au cours du voyage, des aventures extraconjugales...

15 Plus récemment encore, le travailleur immigré d’origine algérienne qui a traversé la Méditerranée pour trouver du travail en France laissera plusieurs années durant (parfois plus d’une dizaine d’années) sa famille au village d’origine dans l’attente d’un hypothétique retour. Pour beaucoup, le “regroupement familial” se fera pourtant en France, après des années de séparation. Autre exemple, plus proche encore de notre sujet, car c’est la guerre qui a provoqué les ruptures, et qui les prolonge, même après que les armes ont été déposées : les familles dispersées, suite à la guerre civile espagnole, les ménages séparés, les hommes dans les camps français de 1939 à 1945, les femmes revenues en Espagne et ne pouvant rejoindre leurs maris. Les archives nous montrent comment, les frontières pouvant enfin se rouvrir, des familles se retrouvent, là aussi, après une dizaine d’années de séparation. Il n’y a pas ici de voyage de retour. C’est Pénélope qui franchit la frontière, après une aussi longue attente, une aussi longue espérance.

16 Mais, dans tous les cas, il y a l’attente, et, dans une mesure certaine, la fidélité. Fidélité par-delà les aventures du moment. Fidélité de l’homme, toute relative sans doute. Fidélité à une image, celle d’un couple que rien ne peut séparer, qui ne saurait même être remis en question. Jamais, au cours de ce périple sans fin, Ulysse ne doute de retrouver sa femme lors de son retour à Ithaque. Fidélité surtout de la femme, par-delà toutes les tentations. On voit peu Pénélope dans l’Odyssée. Ulysse ne parle guère de son épouse avant de la retrouver. Et pourtant elle est peut-être le personnage principal de l’épopée. C’est elle qui garde le foyer, la maison, la terre contre les prétendants qui se pressent autour d’elle et qu’elle écarte par tous les moyens. Car en l’absence du maître, absence qui se prolonge et s’éternise, elle détient le pouvoir essentiel, elle a la charge, mais aussi, en fait, la propriété véritable du sol et de la demeure.

17 Rôle essentiel, pas seulement en Méditerranée, mais presque toujours en Méditerranée. Elle est la gardienne et la mère. Elle garde les enfants, et aussi les “vieux”. La femme piémontaise ou algérienne reste sur place tant que les “anciens” sont encore vivants, même si le bien dont elle a encore la charge n’est pas suffisant pour les faire vivre. Dans le cas particulier de Pénélope, l’aïeul est trop âgé ou trop handicapé pour occuper la place qui lui reviendrait naturellement ; le fils d’Ulysse est encore un adolescent (même s’il a plus de vingt ans), qui n’a pas reçu en héritage l’autorité nécessaire pour “gouverner”. Elle exerce donc un pouvoir qu’elle ne peut abandonner. Accepter un nouveau mariage, dans son esprit, serait trahison. Elle est, par-delà l’absence de son époux, l’incarnation de l’unité familiale, que rien ne peut détruire. Elle n’est pas la passion qui détruit. Elle est l’amour qui maintient et qui transmet. Quand Ulysse est de retour, quand les prétendants ont été châtiés, l’équilibre ancien est tout naturellement remis en place. Au prix d’un long combat où cet homme “libre” s’est affirmé sans se dérober à son destin.

Ulysse, ou la liberté

18 Qu’il ait survécu par l’intelligence ou par la ruse (les deux termes ne s’opposent pas), cela est évident, et toute la légende d’Ulysse se construit sur cette ingéniosité, qui le fait triompher finalement des obstacles semés sur sa route. Il connaît sans doute des périodes de découragement et de faiblesse. Il connaît même la peur, ce qui est humain plus que tout autre sentiment. Reste que cet homme, menacé à chaque instant dans sa vie et dans ses biens, va refuser toutes les tentations, s’opposer même aux dieux, sachant qu’il ne peut vaincre le destin, mais restant libre de ses actes, même s’il doit en payer le prix. Libre de son corps, libre de ses choix. Voilà sans doute le vrai courage...

19 Audisio insiste sur la tentation suprême qu’a connue Ulysse, lorsque Calypso lui offre l’immortalité (mensonge peut-être, mais notre héros n’en sait rien). Tentation suprême en tout cas, qui le ferait échapper à la condition humaine, à la mort inévitable. En refusant cette proposition, l’homme affirme plus que jamais sa liberté. Devant les dieux, je dirai presque contre les dieux. Il ne cherche pas à contrarier le destin. Il accepte de le subir. Mais il est libre de choisir lorsqu’il accepte le danger. Là encore est le courage. Là est l’homme et sa fierté.

 

Notes

[ *] Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Provence, directeur du groupe d’histoire à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), il est spécialiste de l’histoire espagnole contemporaine, de l’histoire de Marseille et des migrations internationales, plus particulièrement dans le monde méditerranéen. Il a récemment publié, en collaboration avec Benjamin Stora, Immigrances. L’immigration en France au XXe siècle, Flammarion, 2007.Retour

[ 1] L’ouvrage, troisième de la trilogie méditerranéenne d’Audisio, est paru chez Gallimard en 1946. (Toutes les notes sont de l’auteur.)Retour

[ 2] Il épousera Hébé et vivra parmi les dieux.Retour

[ 3] Je rejoins ici les calculs approximatifs d’Audisio.Retour

[ 4] Le Livre est alors sacré, c’est la parole de Dieu qui s’impose à l’homme comme la vérité suprême, qu’il s’agisse de la Bible ou du Coran, la “Loi” révélée, et qui s’impose naturellement. La parole d’Ulysse est naturellement d’une autre nature.Retour

[ 5] Il est évidemment l’homme du “cheval de Troie”.Retour

[ 6] Cicéron a été vaincu par Marc Antoine.Retour

[ 7] Cet intertitre est un emprunt volontaire au cinéma fordien, Long Journey Home, qui évoque une autre épopée maritime.Retour

[ 8] J’entends par là qu’il s’agit d’un récit fantasmé. Nous sommes tenus de croire sur parole un conteur que personne ne peut démentir. On lui demande seulement de prouver son identité.Retour

[ 9] L’Odyssée est, pour l’essentiel, un récit, et doit donc être prise comme telle, avec le doute qui peut s’attacher à ce discours.Retour

[ 10] Audisio insiste longuement sur ces aventures féminines, qui retiennent Ulysse loin du lit conjugal pendant des années. Il sous-tend que son héros y a sans doute pris du plaisir, et qu’il n’a pas, en tout cas, cherché à reconquérir rapidement sa “liberté”.Retour

[ 11] Comme la Casbah d’Alger ou les buttes de la ville ancienne de Marseille.Retour

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POUR CITER CET ARTICLE

Émile Témime « Ulysse, ou l'homme mythifié (relecture d'un ouvrage oublié) », La pensée de midi 3/2007 (N° 22), p. 23-29.
URL :
www.cairn.info/revue-la-pensee-de-midi-2007-3-page-23.htm.