La psychiatrie de l'enfant
P.U.F.

I.S.B.N.213052317X
304 pages

p. 333 à 369
doi: 10.3917/psye.442.0333

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Mémoires cliniques

Volume 44 2001/2

Développement de la psychopathologie de l’enfance à l’âge adulte : le mystérieux déploiement des troubles dans le temps

Peter Fonagy
Cet article a pour but d’apporter une heuristique qui permette de relier prédispositions génétiques, expériences dans les trois premières années de vie et troubles psychologiques survenant dans le développement ultérieur. L’auteur argumente que le phénomène scientifique consistant à minimiser l’importance du rôle parental en général, et des relations d’attachement précoces en particulier, repose sur des représentations inexactes des données de la génétique du comportement. Cependant, les critiques de la théorie de la socialisation, telle que la théorie de l’attachement, sont si bien fondées que l’accent mis par le passé sur le rôle parental, vu simplement en termes de qualité de la relation, et sur l’internalisation de schémas relationnels particuliers, a pu être na ïf. Il est fait l’hypothèse que les relations d’attachement précoces sont importantes parce que le mécanisme mental qui régule l’expression du génotype individuel est intrinsèquement lié aux relations établies avec les premières figures de soins. Les arguments rassemblés en faveur de cette hypothèse proviennent d’études sur les interactions gène-environnement incluant l’attachement ainsi que trois locus génétiques connus pour être impliqués en psychopathologie. Un modèle pour le développement de ce mécanisme est proposé avec des preuves à l’appui. Une tentative de reconceptualisation de l’attachement est proposée, dans le cadre de cette heuristique. Alors que l’attachement dans l’enfance a la fonction évolutionniste primaire de générer un esprit capable d’inférences et d’attributions d’états mentaux épistémiques et motivationnels, et à travers elles de parvenir à une représentation du soi en termes d’un ensemble stable et généralisé d’attributs intentionnels permettant d’assurer une collaboration sociale, l’attachement à l’âge adulte a pour fonction évolutionniste de protéger la représentation de soi contre l’empiétement que les rencontres sociales créent inévitablement. Les pathologies sévères de la personnalité surviennent lorsque les mécanismes psychologiques de l’attachement sont déformés ou dysfonctionnels et ne peuvent plus remplir leur fonction biologique de préservation de l’intégrité des représentations du soi. This paper aims to provide a heuristic for linking genetic predisposition, experiences in the first three years of life and psychological disturbance in later development. The author argues that the scientific case for sidelining the importance of parenting in general, and early attachment relationships in particular, tends to be based on inaccurate representations of behavioral genetics data. However, criticisms of socialization theory, such as attachment theory, are well grounded to the extent that past emphasis on the role of parenting seen merely in terms of relationship quality and the internalization of particular patterns of relationships may have been na ïve. It is argued that early attachment relationships matter because the mental mechanism that moderates the expression of individual genotypes is intrinsically linked to the relationship with the primary caregiver. Evidence is marshaled for this proposition, from studies of gene-environment interactions involving attachment and three gene loci known to be involved in psychopathology. A model for the development of this mechanism is offered with supporting evidence. As part of this heuristic, a reconceptualization of attachment is tentatively proposed. While attachment in infancy has the primary evolutionary function of generating a mind capable of inferring and attributing causal motivational and epistemic mind states, and through these to arrive at a representation of the self in terms of a set of stable and generalized intentional attributes thus ensuring social collaboration, attachment in adulthood serves the evolutionary function of protecting the self representation from the impingements that social encounters inevitably create. Severe personality pathology arises when the psychological mechanism of attachment is distorted or dysfunctional and cannot fulfill its biological function of preserving the intactness of self-representations. Este artículo quiere contribuir a una heurística que permita relacionar les predisposiciones genéticas, experiencias de los tres primeros años de vida y los trastornos psicopatológicos que aparecen posteriormente, durante el desarrollo ulterior. El autor alega que el fenómeno científico que consiste en descartar la importancia del papel de los padres en general y de las relaciones de apego precoces en particular, se basa en representaciones inexactas de los datos de la genética del comportamiento. Las críticas de la teoría de la socialización y de la teoría del apego no dejan de estar bien fundadas ; la insistencia que en el pasado se ha otorgado al papel parental en términos de calidad de la relación, y a la internalización de esquemas relacionales particulares, ha podido pecar de ingenua.
La hipótesis de las relaciones de apego precoces son importantes ya que el mecanismo mental que regula la expresión del genotipo individual está intrínsicamente ligado a las relaciones establecidas con las primeras figuras cuidadoras. Los argumentos presentados a favor de esta hipótesis provienen de estudios sobre la interacción gen/entorno, incluido el apego, y los 3 locus genéticos implicados en la psicopatología.
Se propone un modelo de desarrollo de dicho mecanismo con pruebas que lo demuestran. Se propone una tentativa de reconceptualización del apego en el marco de esta heurística. Mientras que el apego en la infancia tiene la función evolucionista primaria de generar una mente capaz de interferencias y de atribuciones de estados mentales epistémicos y motivacionales y a través de la misma alcanzar una representación de si mismo en términos de un conjunto estable y generalizado de atributos intencionales que facilitan la colaboración social, el apego a la edad adulta tiene una función evolucionista de proteger la representación de si mismo frente a los roces suscitados por los inevitables encuentros sociales.
Las patologías severas de la personalidad aparecen cuando los mecanismos psíquico del apego se deforman o no funcionana y no pueden cumplir su función biológica de preservar la integridad de las representaciones de si mismo.
• LA MORT DE LA SOCIALISATION : PARENTALITÉ CONTRE GÉNÉTIQUE
• BIEN ANALYSER LE CAS DE LA GÉNÉTIQUE
• LE RÔLE DE L’EXPÉRIENCE DANS L’EXPRESSION DU GÉNOTYPE
• GENÈSE D’UN MÉCANISME D’ÉVALUATION DES REPRÉSENTATIONS MENTALES
• L’ONTOGENÈSE DU MÉCANISME INTERPRÉTATIF INTERPERSONNEL (MII)
• PREUVES EN FAVEUR DU MÉCANISME INTERPRÉTATIF INTERPERSONNEL
• CONCLUSIONS
• RÉFÉRENCES


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