2003
La psychiatrie de l'enfant
Mémoires cliniques
Influence des facteurs familiaux sur la santé mentale des enfants et des adolescents
Didier Houzel
[1]
Hôpital ClémenceauAvenue Georges-Clémenceau14033 Caen Cedex
Le présent rapport est centré sur les facteurs familiaux qui s’inscrivent dans les interactions parents/enfant. Sont exclus de cette étude les facteurs familiaux directement liés à un mécanisme biologique : transmission génétique ; transmission infectieuse (contamination virale ou microbienne du fœtus par la mère, contagion d’une maladie infectieuse après la naissance) ; transmission toxique (en revanche l’influence des conduites d’addiction parentales sera prise en compte). La place des facteurs familiaux d’ordre sociologique ou économique ne sera pas envisagée sauf lorsqu’il y a des intrications étroites entre aspects socio-économiques et aspects relationnels des problèmes.
LA PSYCHANALYSE, SOURCE DES ÉTUDES SUR LES FACTEURS FAMILIAUX EN PSYCHOPATHOLOGIE DE L’ENFANT ET DE L’ADOLESCENT
L’exploration psychanalytique du psychisme et de la psychopathologique est indéniablement à l’origine de l’intérêt des cliniciens et des chercheurs pour la transmission de certains troubles mentaux des parents à leurs enfants à travers des mécanismes autres que biologiques. À l’époque où cette exploration a débuté, c’est-à-dire au cours des deux dernières décennies du XIXe siècle, la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent était réduite à la prise en charge éducative des enfants qualifiés d’idiots et d’imbéciles, que l’on appellerait de nos jours des enfants intellectuellement déficients. Les théories qui cherchaient à rendre compte de ces syndromes étaient essentiellement organicistes, à l’exclusion de l’influence supposée néfaste de la masturbation infantile (Duché, 1990). La théorie de la dégénérescence, introduite par Morel en 1857, s’était imposée peu à peu comme la théorie étiologique dominante, voire exclusive, et sur cette base les spécialistes de l’enfance écartèrent progressivement tous les facteurs de transmission familiale autres qu’héréditaires.
C’est dans ce contexte que Breuer d’abord, Freud ensuite, entreprirent un tout nouveau mode d’exploration de certains syndromes psychopathologiques, les syndromes névrotiques et plus particulièrement l’hystérie : ils laissèrent le patient raconter lui-même l’histoire de sa « maladie » et associer les souvenirs que chaque symptôme évoquait peu à peu dans son esprit. C’est cette méthode qui les conduisit vers l’enfance des patients et vers l’exploration des relations qui s’étaient instaurées au cours de l’enfance entre le patient et les personnages principaux de son entourage, notamment ses parents. Dans une première étape de leur théorisation (Breuer, 1893 ; Freud, 1895), ces auteurs pensèrent que l’étiologie des troubles qu’ils étudiaient et qu’ils traitaient se trouvait dans des événements traumatiques de l’enfance et, notamment, dans des événements chargés de signification sexuelle, le plus souvent vécus dans l’entourage familial proche (abus sexuels, incestes). Par la suite, les deux auteurs se séparèrent, Freud poursuivit seul l’investigation des troubles névrotiques en aidant le patient à se remémorer les événements traumatiques de son enfance qui seraient la source de ses symptômes actuels et à revivre concomitamment l’affect correspondant, ce qui devait entraîner une « liquidation du symptôme ».
On a retrouvé de nos jours un intérêt certain pour l’exploration des événements de vie comme facteurs de risques des troubles mentaux et, en particulier, pour les événements traumatiques liés à la vie familiale ; il en sera question plus loin. Cependant, la psychanalyse s’est orientée dans une autre voie : celle de l’exploration non plus de l’histoire du sujet au sens événementiel du terme, mais de la relation qui s’établit entre le patient et l’analyste et où se répètent des modes de relations instaurés dans l’enfance entre le sujet et les personnages clés de son entourage, cela à son propre insu, c’est-à-dire inconsciemment. Cette répétition de modes relationnels a été baptisée transfert par Freud. C’est donc l’exploration du transfert qui définit la psychanalyse, source de modèles théoriques du développement et du fonctionnement psychique, que l’on appelle modèles métapsychologiques. Tous les modèles métapsychologiques font une place centrale à des figurations psychiques repérables dans le transfert, qui ne sont pas les copies conformes des personnages de l’histoire du patient, mais qui sont le résultat d’une transformation complexe de ces personnages à travers les relations subjectives établies entre eux et le patient dès sa petite enfance. On a particulièrement étudié les figurations mentales correspondant aux parents du sujet analysé, que l’on appelle imagos parentales ou objets parentaux internalisés.
Dans ses différents modèles, la psychanalyse ne met pas en relation directe telle ou telle pathologie avec un événement donné, ni non plus avec les conduites éducatives ou les modes relationnels de l’un ou l’autre des parents. Tout cela est pris en compte, mais à travers des systèmes de transformation complexes, qui ne permettent plus de considérer ces facteurs comme des facteurs étiologiques ni comme des facteurs prédictifs, tout au plus comme des facteurs de risque, que la psychanalyse ne peut appréhender qu’après coup et auxquels elle ne peut donner une signification causale au sens traditionnel du terme, c’est-à-dire celui d’un déterminisme absolu et linéaire. Si l’on peut parler de causalité dans ce domaine, c’est plus dans l’acception de ce qui donne sens aux symptômes (causalité finale au sens d’Aristote).
Les principaux modèles métapsychologiques qui font place aux facteurs familiaux sont les suivants :
1 / Le modèle œdipien, que Freud baptise « complexe d’Œdipe » en 1910 et qui décrit les conflits intrapsychiques entre l’attirance de nature sexuelle de l’enfant vers le parent du sexe opposé et son attachement pour le parent du même sexe dans l’Œdipe positif, le conflit symétrique entre attirance pour le parent de même sexe et l’attachement pour le parent de sexe opposé dans l’Œdipe inversé. Ce modèle, qui forme l’axe central de la pensée freudienne et, plus généralement, des développements de la psychanalyse, fait une place essentielle au système de relations affectives et fantasmatiques qui s’établit entre chaque parent et l’enfant, et entre le couple des parents et l’enfant. De la qualité de ces relations et de l’équilibre entre elles dépend, en effet, la possibilité de résoudre les conflits œdipiens, mais ce qui compte ici ce sont moins les aspects conscients et volontaires de ces relations que leurs aspects inconscients et involontaires. C’est par intériorisation des interdits parentaux de satisfaire ces désirs de possession sexuelle de l’un des parents et d’élimination de l’autre qui est ressenti comme un rival, que se fait la résolution des conflits œdipiens, ce qui donne naissance à une instance psychique que Freud a appelée le Surmoi (1923). C’est par cette instance que se fait la transmission familiale dans le modèle œdipien : « C’est ainsi que le Surmoi de l’enfant ne s’édifie pas, à vrai dire, sur le modèle des parents, mais sur celui du Surmoi parental ; il se remplit du même contenu, il devient porteur de la tradition, de tous les jugements de valeur à l’épreuve du temps qui par cette voie se sont perpétrés de génération en génération » (Freud, 1923, p. 150).
Le modèle œdipien peut aussi aider à rendre compte de certains événements de vie, qui prennent une valeur pathogène lorsqu’ils surviennent à certaines périodes du développement de la personnalité ; par exemple, la séparation du couple parental ou la mort d’un parent survenant à la période où l’enfant est en train d’élaborer ses conflits œdipiens, événements qui le privent des relations nécessaires à l’élaboration de ses conflits, ou un accident corporel, voire une intervention chirurgicale qu’il peut vivre comme une punition de ses désirs œdipiens.
2 / Le modèle des identifications, qui n’est pas indépendant du précédent, mais plutôt complémentaire. En effet, c’est par des processus d’identification aux parents que l’enfant résout ses conflits œdipiens, l’identification étant un processus par lequel un sujet « [...] assimile un aspect, une propriété, un attribut de l’autre et se transforme, totalement ou partiellement, sur le modèle de celui-ci. La personnalité se constitue et se différencie par une série d’identifications » (Laplanche et Pontalis, 1967, p. 187).
Selon les points de vue économique, dynamique et topique de la métapsychologie, les mécanismes d’identification consistent en une mise au-dedans du Moi du ou des objets investis de libido, selon un processus qui s’étaye sur la relation orale à l’objet. Il s’agit de processus inconscients, ce qui distingue l’identification de l’imitation qui, cependant, est sous-tendue par un mécanisme d’identification. Selon sa nature (identification introjective, identification projective, identification à l’agresseur, identification hystérique, identification spéculaire), l’identification aboutira tantôt à renforcer le Moi et ses assises narcissiques et à enrichir le monde intérieur du sujet, tantôt à l’aliéner dans des fonctionnements psychiques et des modes de relation à autrui qui l’habitent sans vraiment lui appartenir.
3 / Le modèle de la relation d’objet, qui trouve sa source dans l’œuvre de Karl Abraham (1907-1925) et qui a été surtout développé par Melanie Klein (1921-1945) et ses élèves. Ici, l’exploration psychanalytique s’attache moins à des figurations psychiques internes reliées aux personnages de l’histoire infantile qu’aux modes fantasmatiques et affectifs de la relation à des objets (le mot « objet » en psychanalyse désigne une personne ou un aspect d’une personne investis d’énergie psychique) extérieurs et intérieurs. Dans ce modèle, ce sont les modes de relation aux objets de l’enfance qui vont organiser le transfert et donc être soumis à l’exploration psychanalytique. On peut voir dans le modèle de la relation d’objet les prémisses des notions plus récentes de modèles internes opérants (Bowlby, 1969) et de schéma d’être avec (D. Stern, 1995).
4 / Le modèle de la relation contenant/contenu de W. R. Bion. En 1962, W. R. Bion, élève de Melanie Klein, a introduit un tout nouveau modèle destiné à rendre compte des troubles de la pensée que l’on observe chez les psychotiques et les patients borderline, et qui posent au psychanalyste des problèmes techniques difficiles : le modèle de la relation contenant/contenu. Dans ce modèle, au début de la vie psychique extra-utérine, l’enfant éprouve des états somato-psychiques qu’il ne peut traiter psychiquement, il ne peut que tenter de les évacuer. Tout se passe comme si le psychisme naissant du bébé était en quête d’un contenant pour évacuer ces éprouvés qu’il ne peut transformer en pensée. Le partenaire de la relation, la mère en général, a pour fonction de recevoir les projections de l’enfant et de les transformer en éléments pensables, que le bébé va pouvoir recevoir en retour et, cette fois, assimiler psychiquement. La fonction contenante de la mère, qui comporte à la fois une réceptivité psychique et une capacité de transformer les messages reçus de l’enfant, est encore appelée par Bion fonction alpha ou capacité de rêverie maternelle. Elle joue un rôle essentiel pour le développement psychique de l’enfant qui, non seulement a besoin de cette fonction pour élaborer psychiquement ses éprouvés somato-psychiques, mais doit peu à peu s’identifier à la fonction α de la mère pour devenir capable de traiter par son propre appareil psychique ses expériences. La défaillance de cette fonction peut rendre compte d’une part importante de la psychopathologie, notamment celle qui s’enracine dans les expériences les plus précoces de l’existence. Une mère sévèrement déprimée pendant la période postnatale, par exemple, sera capable de s’occuper physiquement de son bébé, de lui prodiguer des soins, mais elle pourra être dans l’impossibilité de lui apporter l’aide nécessaire pour transformer son vécu instable, imprévisible, chargé de sensations fortes et parfois désorganisantes, en quelque chose qui prenne sens et qu’il puisse assimiler psychiquement.
LES DÉVIATIONS DU COURANT CULTURALISTE
Il faut rappeler ici que certaines interprétations des modèles métapsychologiques, notamment celles du courant dissident de l’école culturaliste américaine [Harry Stack Sullivan (1892-1949), Frieda Fromm-Reichmann (1899-1957)], ont conduit à confondre objets internes et objets externes, imagos parentales et parents réels et, de ce fait, à faire de certains parents les agents pathogènes de la maladie de leur enfant. La notion de mère schizophrénogène due à Fromm-Reichmann (1948) en est l’exemple le plus célèbre. Ces confusions conceptuelles ont préparé l’avènement du courant antipsychiatrique des années 1950 et 1960 (R. Laing, D. Cooper, F. Basaglia) ; elles ont également été rejointes par certains développements de disciples de Jacques Lacan (F. Dolto, M. Mannoni) sur les psychoses infantiles.
Il faut souligner la double méprise sur laquelle tous ces développements se fondent. La première est le présupposé étiologique, qui attribue abusivement à l’exploration psychanalytique le pouvoir de définir les causes des affections mentales, alors que son seul pouvoir est d’en explorer le sens. La seconde méprise est de gommer l’inconscient, au contraire de ce qu’avait proposé Freud, qui distinguait bien les transmissions inconscientes (celle du Surmoi notamment), éventuellement douées d’un certain pouvoir pathogène, et les transmissions conscientes. Ces confusions ont jeté un discrédit injustifié sur l’exploration psychanalytique des facteurs familiaux dans la genèse des syndromes psychotiques et de l’autisme infantile. La pratique des cures psychanalytiques familiales, dont il sera question plus loin, a pourtant montré la fécondité de cette approche, en mettant en évidence l’importance de certaines transmissions transgénérationnelles bien entendu inconscientes.
Il faut aussi rappeler que c’est dans ce contexte que Leo Kanner, qui n’était pas psychanalyste, a décrit en 1943 l’autisme infantile, en insistant sur les particularités des parents de ces enfants : « In the whole group, there are very few really whamhearted fathers and mothers. For the most part, the parents, grandparents, and collaterals are persons strongly preoccuped with abstractions of a scientific, literary, or artistic nature, and limited in genuine interest in people. Even some of the happiest marriages are rather cold and formal affairs. Three of the marriages were dismal failures. The questions arises whether or to what extent this fact has contributed to the condition of the children » (1943/1973, p. 42)
[2].
Cette toute première description, par le découvreur de l’autisme, des parents d’enfants autistes a été la cause de bien des confusions et de bien des polémiques. Kanner a eu beau se défendre énergiquement de tout point de vue psychogénétique, il a eu beau invoquer une possible transmission génétique de facteurs familiaux expliquant les caractéristiques de personnalité qu’il avait décrites chez les parents, le mal était fait. La polémique éclata avec la publication du livre de Bruno Bettelheim, The Empty Fortress, en 1967, ouvrage que Kanner critiqua violemment (1968). Le fossé depuis ne s’est jamais comblé entre les approches psychodynamiques et les approches biologiques ou cognitivistes de cette pathologie, sans doute parce que, dès le départ, il y a eu un contresens sur la nature des modèles de référence et sur les concepts que ces modèles permettaient de définir.
LES MODÈLES FAMILIAUX EN PSYCHANALYSE
D’autres développements de la psychanalyse ont apporté des points de vue dynamiques sur le fonctionnement familial, qui ont contribué à éclairer la genèse de nombreux troubles psychopathologiques, sans pour autant céder au préjugé étiologique que nous avons dénoncé plus haut. Nous citerons les notions de névrose familiale proposées par R. Laforgue (1936) et J. Leuba (1936), celle d’interactions fantasmatiques proposée par B. Cramer et L. Kreisler en 1981, celle enfin de scénario narcissique de la parentalité récemment proposée par J. Manzano et al. (1999). Ces trois notions servent à décrire la dynamique inconsciente sous-jacente à un dysfonctionnement familial, à un trouble relationnel parent/enfant ou à l’échec d’une fonction parentale.
La névrose familiale : par cette expression Laforgue et Leuba désignent l’organisation des modes d’investissement libidinaux et agressifs au sein d’une famille dysfonctionnelle, ainsi que les fantasmes inconscients sous-jacents à ces modes d’investissement. Si la description de ces auteurs nous paraît aujourd’hui excessive, voire na ïve, il faut leur reconnaître le mérite d’avoir montré pour la première fois l’importance des mécanismes de transmission transgénérationnelle inconscients.
Les interactions fantasmatiques : elles ont été définies par Cramer et Kreisler (1981) de la façon suivante : « Par ce terme, apparemment hybride, nous entendons les caractéristiques des investissements réciproques (que représente l’enfant pour la mère ? et vice versa ; que représente l’oralité ?, etc.), ainsi que celles des projections et identifications réciproques. » Cette notion a été reprise et développée par de nombreux auteurs, en particulier M. Lamour et S. Lebovici (1991), dans l’exploration des transmissions pathogènes entre générations. Il s’agit là d’un mécanisme de transmission totalement inconscient, mais puissant, lié à ce que tel enfant représente inconsciemment pour tel parent. Pour ne donner qu’un exemple, non exceptionnel : une mère victime pendant son adolescence d’un père incestueux peut se trouver en grande difficulté pour donner des soins corporels à son bébé garçon, qui en vient à représenter inconsciemment pour elle le corps incestueux du père.
Les scénarios narcissiques de la parentalité sont décrits de la façon suivante par Manzano et collaborateurs (1999) : « À partir de l’analyse des situations de la pratique clinique avec parents/nourrissons et jeunes enfants, ils (les auteurs) ont pu constater que des “mises en scène” inconscientes, similaires à celles décrites par Freud comme propres aux relations amoureuses narcissiques adultes, sont présentes en proportion et formes variables dans toutes les relations parents/enfants. Ils ont été ainsi amenés à formuler le concept de “scénarios narcissiques de la parentalité” constitués par quatre éléments essentiels : une projection des parents sur l’enfant, une identification complémentaire du parent (contre-identification), un but spécifique et une dynamique relationnelle agie. Les particularités de chacun de ces quatre éléments mettent en évidence la façon dont le narcissisme parental va impliquer l’enfant et, par conséquent, pourra avoir des répercussions soit structurantes soit pathogènes sur le développement psychique de ce dernier » (1999, p. 474, traduction personnelle). Cette notion est très proche de la précédente. Dans les deux cas, en effet, l’exploration psychanalytique met en évidence une projection sur l’enfant, d’aspects inconscients de la personnalité d’un des parents, projection qui vient hypothéquer la relation du parents concerné avec l’enfant en question.
La psychanalyse familiale : elle est née de la rencontre de la théorie systémique, dont il sera question plus loin, et de l’approche psychanalytique des petits groupes. Ses débuts remontent aux années 1970. Elle a connu une extension remarquable en France, grâce aux pionniers que sont A. Eiguer, G. Decherf, J.-P. Caillot, A. Ruffiot. Ce dernier auteur en a donné la définition suivante : « [...] l’approche psychanalytique groupaliste (de la famille) est inspirée, dans sa théorie et dans sa technique, par une représentation du statut fantasmatique et groupal de l’individu au sein de sa famille. Elle est une écoute, au-delà des échanges verbaux et comportementaux, du fonctionnement de la fantasmatique familiale dans l’appareil psychique groupal de la famille » (Ruffiot et coll., 1981, p. 7). Les psychanalystes familiaux ont défini la famille comme l’objet groupal de leur investigation. Ils décrivent un transfert familial, un contre-transfert des thérapeutes vis-à-vis de la famille. Ils décrivent également l’intertransfert, c’est-à-dire les affects et fantasmes qui se développent entre les thérapeutes (il y a en général un couple de thérapeutes). Il s’agit dans une analyse familiale d’explorer le fonctionnement psychique de l’ensemble du groupe familial tel qu’il s’actualise dans le transfert familial, et non de faire la psychanalyse d’un des membres de la famille devant les autres.
LES APPORTS DES APPROCHES SYSTÉMIQUE ET COMMUNICATIONNISTE
La psychanalyse a été conduite à s’intéresser à la famille dans la mesure où l’exploration du psychisme individuel la renvoyait aux différentes constellations du groupe familial. Les approches systémique et communicationniste en ont fait d’emblée leur sujet d’étude. Ces approches sont issues de nouveaux paradigmes scientifiques apparus vers le milieu du XXe siècle, paradigmes qui rompaient avec les approches des siècles précédents pour proposer une approche holistique des phénomènes étudiés : théorie générale des systèmes de L. von Bertalanffy (1947), cybernétique de N. Wiener (1948), théorie de la communication de C. Shannon et W. Weaver (1949), théorie des jeux de von Neumann et O. Morgenstern (1942). Ces diverses théories n’ont plus pour ambition de réduire les phénomènes à leurs composants élémentaires pour tenter de comprendre les lois qui les régissent, avant de recomposer ces éléments en ensembles complexes répondant aux mêmes lois que leurs éléments. Il s’agit ici de comprendre, autant que faire se peut, les lois qui régissent le phénomène étudié dans son ensemble et en tant qu’il n’apparaît pas réductible à une somme de composants élémentaires. Ceux-ci, en effet, sont en interaction les uns avec les autres d’une façon qui caractérise le système auquel ils appartiennent. Le système lui-même est défini par l’ensemble des interactions des éléments qu’il contient : « Un système, écrit von Bertalanffy, peut être défini comme un complexe d’éléments en interactions. Par “interaction”, nous entendons des éléments p liés par des relations R, en sorte que le comportement d’un élément p dans R diffère de son comportement dans une autre relation R′. S’il se comporte de la même façon dans R et dans R′, il n’y a pas interaction et les éléments se conduisent indépendamment par rapport aux relations R et R′ » (von Bertalanffy, 1968, p. 53).
Ces nouveaux modèles scientifiques n’ont pas manqué d’intéresser des spécialistes des sciences humaines qui étaient à la recherche de modèles non réductionnistes et en quête de théories leur permettant de tenir compte de l’inévitable implication de l’observateur dans son champ d’observation. C’est ainsi que G. Bateson et ses collaborateurs, après avoir utilisé une approche systémique dans des recherches anthropologiques, l’ont appliqué à l’étude du groupe familial et, tout d’abord, dans les familles dont un membre était schizophrène. Leurs travaux les ont conduits en 1956 à définir un mode de communication particulier au sein de ces familles, qu’ils ont baptisé double bind (double lien ou double contrainte) :
« Les éléments indispensables pour constituer une situation de double contrainte, telle que nous la concevons, sont les suivants : 1 / Deux personnes ou plus. Pour les besoins de l’exposé, nous désignerons une comme la “victime” [...] 2 / Une expérience répétée. Nous affirmons que la double contrainte est un thème récurrent dans l’expérience de la “victime”. Notre hypothèse prend en considération, non pas une expérience traumatique unique, mais une expérience dont la répétitivité fait que la double contrainte revient avec régularité dans la vie de la “victime”. 3 / Une injonction négative primaire. Celle-ci peut prendre deux formes : a) “Ne fais pas ceci ou je te punirai” ; b) “Si tu ne fais pas ceci, je te punirai” [...] 4 / Une injonction secondaire, qui contredit la première à un niveau plus abstrait tout en étant, comme elle, renforcée par la punition ou par certains signaux menaçants la survie. Cette injonction secondaire est plus difficile à décrire que la première pour deux raisons : d’abord, parce qu’elle est transmise à l’enfant par des moyens non verbaux. Attitudes, gestes, ton de la voix, actions significatives, implications cachées dans les commentaires verbaux, tous ces moyens peuvent être utilisés pour véhiculer le message plus abstrait. Ensuite parce que l’injonction secondaire peut se heurter à l’un des éléments de l’interdiction primaire [...] 5 / Une injonction négative tertiaire, qui interdit à la victime d’échapper à la situation [...] » (Bateson et al., 1956, p. 14-15).
La description du double bind a été à l’origine de très nombreux travaux visant à repérer les modes de communication intrafamiliaux pathogènes caractéristiques des familles comprenant un « patient désigné » atteint de tel ou tel syndrome. Le terme générique de communication paradoxale est utilisé pour désigner l’ensemble des troubles de la communication relevés. C’est ainsi qu’ont été successivement décrits : le schisme (T. Lidz et al., 1957), qui décrit un conflit conjugal latent ; la pseudo-mutualité, dans laquelle les conflits sont masqués pour laisser croire à une totale harmonie au sein du groupe familial et la pseudo-hostilité (L. Wynne et al., 1958), dans laquelle des alliances secrètes sont masquées ; la disqualification (J. Haley, 1959 ; C. E. Sluzki et al., 1971 ; L. Kaufmann, 1986), dans laquelle « un message n’est pas confirmé de façon explicite alors qu’une telle confirmation eut été nécessaire » (F. Seywert, 1990, p. 99) ; la mystification (R. Laing, 1965), engendrant la confusion plutôt que le conflit, etc.
Ces différents modes de communication paradoxale ont été étudiés et décrits essentiellement dans les familles de schizophrènes. Dès 1957, T. Lidz, S. Fleck et al. ont décrit, à partir de l’étude de 14 familles, les caractéristiques de l’organisation et de la communication des familles de schizophrènes : union conjugale défectueuse, effacement des barrières intergénérationnelles, non-respect des frontières entre les sexes, insuffisance de l’apprentissage d’un langage fiable, transmission d’un mode de pensée irrationnelle. D’autres études ont porté sur les familles dont un des membres présentait : un trouble des conduites alimentaires (H. Bruch, 1974 ; M. Selvini-Palazzoli, 1973, 1978, 1988) ; un trouble névrotique (H. E. Richter, 1970, 1972) ; un syndrome maniaco-dépressif (C. B. Finley et D. C. Wilson, 1968).
Cependant la tendance des études systémiques à proposer une typologie familiale centrée sur la pathologie d’un de ses membres a été rapidement écartée par la plupart des auteurs systémiciens du fait de son manque de spécificité et à cause du risque que cela comporte de stigmatiser les familles et de déboucher sur un a priori étiologique. On y a substitué l’étude de la fonctionnalité des familles, en décrivant un gradient qui va des familles les plus gravement dysfonctionnelles aux familles les plus fonctionnelles. Ce type d’étude s’appuie sur les notions :
- d’homéostase familiale, notion introduite dès 1957 par D. D. Jackson. Elle transpose à l’équilibre interne de la famille le concept biologique d’équilibre du milieu intérieur défini par Claude Bernard. Elle a été reprise par E. Wertheim (1973, 1975) pour décrire un équilibre entre morphostase, qui définit l’équilibre stable de l’organisation familiale, et morphogenèse, qui définit les capacités d’évolution et de changement de cette organisation familiale. L’équilibre entre morphostase et morphogenèse définit l’adaptabilité de la famille (R. W. Beavers, 1982, 1983) ;
- de triangle relationnel, notion introduite par J. H. Weakland en 1960 pour décrire les interactions au sein du triangle père/mère/enfant, et plus généralement de style interactionnel (R. W. Beavers, 1982, 1983) qui décrit l’équilibre entre tendances centripètes (maintenir chacun des membres du groupe familial en son sein) et tendances centrifuges (pousser chacun des membres vers l’extérieur du groupe familial) ;
- de mythe familial (A. J. Ferreira, 1981 ; R. Neuburger, 1995) : « [...] c’est la croyance montrée en des caractéristiques, des spécificités du groupe. Ces croyances concernent tous les niveaux de réalité de la famille ; l’ensemble de ces croyances constitue la “personnalité” d’une famille, le mythe d’une famille » (Neuburger, 1995, p. 12). Toute famille fabrique son ou ses mythes dont elle a besoin pour construire son identité. Les dysfonctionnements apparaissent lorsque le mythe, système de croyances et de valeurs, est transformé en un ensemble de vérités intangibles et immuables ;
- de rituels familiaux : « Ce sont toutes les conduites répétitives qui ont pour fonction de renforcer le pôle mythique du groupe, en le faisant transparaître » (ibid., p. 24) ;
- de rôles familiaux, définis par F. Seywert (1990) : « [...] les patterns comportementaux attendus dans l’exercice d’une fonction familiale donnée » (p. 75). En 1973, I. Boszormenyi-Nagy a élaboré le concept de parentification pour désigner le rôle attribué implicitement à un enfant de fonctionner comme « parent de ses propres parents ou comme parent d’un de ses frères et sœurs ». La parentification n’a des effets pathogènes que si elle est cachée, durable et inappropriée aux compétences de l’enfant ; les systémiciens insistent également sur le rôle de bouc émissaire attribué par le groupe familial à un de ses membres dans les familles dysfonctionnelles ;
- de frontière : « [...] délimitations entre les différents sous-systèmes familiaux, tels que sous-système parental, sous-système conjugal (dyade mari-femme), sous-système des enfants, sur les limites interindividuelles, sur les frontières entre famille nucléaire et famille d’origine » (Seywert, op. cit., p. 77). On insiste en particulier sur l’importance du groupe familial.
De nombreux questionnaires et échelles d’évaluation du fonctionnement familial ont été mis au point depuis la fin des années 1960 : Family Agreement Measure (FAM) (A. M. Bodin, 1968) ; Family Environment Scale (FES) (R. H. Moos et B. S. Moos, 1976) ; Family Adaptability and Cohesion Evaluation Scales (FACES I et II) (D. H. Olson et al., 1983) ; Family Assessment Device (FAD) (N. B. Epstein et al., 1983), etc.
Les études systémiques de la famille ont reçu des applications thérapeutiques extrêmement nombreuses sous forme de psychothérapies familiales. Il n’est pas question de développer ici ces applications. Nous rappellerons seulement qu’elles visent à modifier dans un sens favorable les modes de communication et d’interaction familiaux en créant une situation thérapeutique dans laquelle le ou les thérapeutes sont inclus avec la famille au sein d’un métasystème, dont l’homéostase sera par là même modifiée, ce qui permettra de découvrir et d’organiser de nouveaux modes de communication et d’interaction avec l’espoir que la famille puisse, au-delà des séances de traitement, les maintenir et les développer. En cela, les psychothérapies systémiques se distinguent des psychothérapies cognitivo-comportementales qui visent directement le ou les symptômes, et des psychothérapies d’orientation psychanalytique qui postulent l’existence d’une réalité psychique s’actualisant dans la relation au thérapeute et de fantasmes inconscients qui organisent cette réalité psychique.
LES APPROCHES EXPÉRIMENTALES
Nous entendons par « expérimentales » les études utilisant des protocoles qui permettent d’agir sur les interactions familiales en faisant varier certains paramètres de la situation observée d’une manière contrôlée, de façon à établir des liens de causalité entre ces variations imposées et les effets observés.
On peut voir dans les études de R. Spitz, commencées en 1953 sur ce qu’il avait appelé les organisateurs de la dyade mère/bébé (sourire au visage humain, angoisse du 8e mois, « non »), les prémices de ces approches expérimentales : il avait ainsi montré l’existence de certaines phases critiques où se réorganisait la relation mère/bébé autour de certaines conduites interactives qu’il mettait en évidence expérimentalement en modifiant sa propre interaction avec le bébé qu’il observait (regard de face ou de profil, port d’un masque, etc.).
La mise en évidence à partir des années 1960 des compétences du nouveau-né, ainsi dénommées par le psychologue R. White, en fut la deuxième étape. On entend par « compétences » les équipements dont l’enfant dispose à la naissance pour interagir avec son entourage et pour percevoir son environnement. La découverte de la succion non nutritive et de ses variations chez l’enfant en fonction de son intérêt pour un stimulus, la mise en évidence d’une poursuite oculaire très précoce, ainsi que de diverses modifications de paramètres physiologiques selon l’attention portée par un bébé à une stimulation, les enregistrements vidéoscopiques de nourrissons en interaction avec leur mère, l’utilisation du mécanisme d’habituation à un stimulus, tout cela a permis d’étudier de manière de plus en plus fine l’extraordinaire complexité de l’équipement du bébé sur les plans moteur, sensoriel, linguistique, cognitif même, équipement qui le prépare à découvrir son entourage humain et, très tôt, à le différencier de son environnement non humain.
Cependant, jusqu’aux années 1970, une étude systématique des interactions mère-enfant n’avait pas été entreprise. C’est T. Brazelton qui inaugura ce type d’étude en 1974 par une analyse systématique, séquence par séquence, de ces interactions enregistrées en vidéoscopie. Cette étude pionnière a très vite été suivie de très nombreuses études qu’il n’est pas question ici d’analyser en détail et qui font d’ailleurs l’objet d’autres rapports (B. Golse, Cl. Bursztejn). Rappelons seulement les travaux sur la synchronie dans la dyade mère-bébé de W. S. Condon et L. W. Sander (1974) ; ceux de D. Stern (1977, 1985) sur l’accordage affectif ou harmonisation des affects ; ceux de C. Trevarthen (1978, 1979, 1980, 1993) sur l’intersubjectivité ; ceux de R. N. Emde et al. (1978) sur la référence sociale ; ceux de J. Nadel (1986) sur l’imitation ; enfin, les très nombreux travaux de E. Z. Tronick et collaborateurs (1978) sur les interactions dans la dyade mère-enfant et la conscience dyadique. Tous ces travaux se caractérisent par des moyens d’enregistrement objectif des séquences interactives étudiées et par des modifications de ces interactions selon des paradigmes expérimentaux :
- la strange situation, décrite par M. D. Ainsworth et B. A. Wittig en 1969 : « Scénario fait de séparations et de retrouvailles, se déroulant en laboratoire, en présence de l’un des parents » (B. Pierrehumbert, 2000). Concrètement, on demande au parent d’interagir librement avec son enfant sur un tapis de jeu puis, sur ordre, le parent sort de la pièce et quelques instants plus tard une personne non connue de l’enfant entre dans la pièce. Les réactions de l’enfant à chacun de ces épisodes sont enregistrées en vidéo. Le protocole complet se compose de 8 épisodes, de 3 minutes chacun. La strange situation a permis à M. Ainsworth et ses collaborateurs de décrire des patterns d’attachement aux figures parentales ;
— le still face : mis au point par E. Z. Tronick et collaborateurs en 1978. Il consiste à demander à la mère, après une interaction libre en face à face avec son enfant, de garder sur ordre un visage impassible pendant trois minutes. Les réactions de l’enfant sont enregistrées en vidéo. Elles ont été décrites en trois phases : protestation, évitement et repli, évoquant une réaction dépressive de l’enfant, ce qui n’est pas sans poser des problèmes éthiques (B. Schneider, S. Bouyer et M.-C. Mietkiewicz, 2000). Ce paradigme a surtout servi à mettre en évidence l’importance pour l’enfant des expériences de réactions synchrones entre lui et sa mère et les effets pathogènes des échecs de ses tentatives pour y parvenir. Il est particulièrement utilisé dans les recherches sur les dyades mère déprimée / bébé ;
- la communication directe/différée : paradigme mis au point par L. Murray et C. Trevarthen en 1985. Il consiste à comparer des séquences interactives mère/bébé dans une relation libre et directe et dans une relation où la mère réagit non directement à son bébé, mais à un enregistrement vidéoscopique de celui-ci, avec un temps de retard. Ce paradigme, qui a l’avantage d’atténuer les réactions négatives du bébé telles qu’on les observe dans le still face, est très utilisé également dans l’étude des interactions entre bébés et mères déprimées (D. Marcelli, J. Nadel et coll., 1997).
E. Z. Tronick et M. K. Weinberg (1994, 1998) ont proposé une synthèse de ces travaux en décrivant les comportements affectifs du bébé dans les relations avec sa mère en des configurations qui associent le visage, la voix, la gestualité et le regard. Ils repèrent quatre configurations : engagement social (le bébé regarde sa mère, a des comportements de retrait actif, pleure, montre des expressions faciales de colère), protestation active (le bébé se détourne de sa mère, a des comportements de retrait actif, pleure, montre des expressions faciales de colère), engagement objectal et retrait passif, les deux dernières configurations comportant des combinaisons variées de ces modalités expressives.
Ils insistent sur les variations selon le sexe : les bébés garçons réagissent d’une façon plus émotionnelle, ils sont plus dépendants de leur partenaire maternel pour réguler leurs émotions ; les bébés filles manifestent plus d’intérêt pour les objets et une meilleure capacité d’autorégulation de leurs émotions, mais une plus grande stabilité de leurs états de tristesse. Les variations culturelles sont également importantes.
Ils soulignent les aspects dynamiques des interactions dans les dyades mère/bébé et l’importance de ce qu’ils appellent « réparation d’erreurs interactives », qu’ils définissent comme « la transition interactive d’un état de dyscoordination à un état de coordination » (1998, p. 312) entre les deux partenaires de la dyade. Ce qui caractérise les dyades normales, ce n’est pas qu’il y a en permanence synchronie ou coordination entre les deux partenaires, mais que les erreurs interactives sont rapidement réparées, ce qui n’est pas le cas, par exemple, dans les dyades mère déprimée / bébé.
Ces auteurs proposent un modèle inspiré de la théorie générale des systèmes et notamment des possibilités d’auto-organisation stables dans un système ouvert (c’est-à-dire ayant des échanges énergétiques avec l’extérieur), modèle qu’ils appellent « conscience dyadique » : les états de conscience du bébé, qui auraient en eux-mêmes une certaine cohérence, se verraient complexifiés et stabilisés par les échanges avec le partenaire au sein d’un système dynamique doué de capacité d’auto-organisation : « Le dispensateur de soins fournit au bébé des stimuli réguliers qui peuvent augmenter la complexité et la cohérence de l’état de conscience du bébé. Cette dilatation de la conscience est une propriété émergente des micro-échanges mutuels d’informations affectives. Pendant une interaction, l’information concernant les états de conscience du bébé (par exemple les intentions, les états affectifs, le degré d’éveil) est transmise par des configurations affectives qui sont perçues par la mère. En réponse à cette information concernant l’état de conscience du bébé, la mère fournit au bébé un soutien régulier qui lui permet d’atteindre un état d’organisation plus complexe » (op. cit., p. 326).
Les processus de réparation des interactions seraient justement en défaut dans les dyades mère déprimée / bébé, avec des conséquences différentes pour les bébés garçons et les bébés filles : les fils de mères déprimées ont plus de risque de développer des comportements hyperactifs et agressifs, les filles plus de risque d’avoir des états dépressifs.
LES APPROCHES ÉTHOLOGIQUES : LA NOTION D’ATTACHEMENT
L’éthologie se définit comme la science des comportements animaux étudiés en milieu naturel. Les prémisses de son application à l’espèce humaine remontent aux travaux du psychanalyste hongrois I. Hermann dans les années 1930 sur l’instinct de cramponnement et aux études de R. Spitz (1945) sur l’enfant privé de son partenaire maternel. Dans les années 1950, J. Bowlby, trouvant les modèles psychanalytiques insuffisants pour rendre compte de ses observations sur les enfants souffrant de carence de soins maternels, se tourne vers l’éthologie pour chercher des modèles complémentaires. En 1958, s’inspirant des travaux de H. F. Harlow sur des bébés singes pourvus de mères leurres, il propose une hypothèse combinant modèle psychanalytique et modèle éthologique pour rendre compte de l’établissement des liens entre le bébé et sa mère. Ce travail est à l’origine de ce qui va devenir sa théorie de l’attachement, qu’il propose en 1969. Selon cette théorie, le petit d’homme possède dans son équipement héréditaire des patterns comportementaux qui favorisent sa proximité vis-à-vis d’un partenaire adulte (en général sa mère) qui lui procure les soins nécessaires à sa survie et à son développement. L’attachement à la figure maternelle est primaire et non secondaire, comme le postulait la théorie de l’étayage proposée par S. Freud (1905) qui pensait que l’enfant s’attachait à sa mère parce qu’elle était la source de la satisfaction de ses besoins pulsionnels.
Dès 1969, Bowlby a suggéré que les patterns d’attachement qui s’organisent dans la relation de l’enfant aux personnes de son entourage proche s’intériorisent, à partir du deuxième semestre de l’existence, sous la forme de modèles internes opérants (internal working models) qui vont par la suite guider les relations de l’individu avec son entourage, notamment dans les relations intimes : relations amoureuses, relations de partage. Ainsi s’expliquerait une transmission transgénérationnelle de modèles relationnels.
Les élèves de Bowlby ont cherché à confirmer ces hypothèses par des recherches empiriques. M. Ainsworth (1978), à partir de la strange situation appliquée à des enfants de 12 mois, a décrit différents patterns d’attachement qu’elle a dénommés :
-
insecure-évitant ou type A : « L’enfant insécure-évitant (A), apparemment peu perturbé par la situation, fait figure de ne pas avoir besoin de réconfort, ni même d’être affecté par le départ du parent. Il donne ainsi une impression d’indépendance explorant le nouvel environnement sans utiliser le parent comme “base sécurisante” et sans même s’assurer de sa présence ; il ignore ou évite le parent à son retour » (Pierrehumbert, 2000, p. 698) ;
-
secure ou type B : « L’enfant avec un attachement dit “secure” (B) tend à protester lors de la séparation, mais accueille le parent à son retour avec une expression de soulagement assortie d’une recherche de proximité (tendre les bras pour être pris, mouler son corps contre celui de l’adulte) ou d’un simple salut. Ce contact lui permettra ensuite de repartir explorer » (ibid.) ;
-
insecure-ambivalent ou type C : « L’enfant “insecure-ambivalent” (C) se montre passablement perturbé par la situation ; anxieux et parfois agité lors de la séparation, il va chercher le réconfort lors de la réunion, mais d’une façon ambivalente : il peut chercher le contact et même s’accrocher au parent, mais c’est pour s’en défaire immédiatement après, dans un mouvement de colère ; il refuse d’être consolé ou il s’abandonne dans une détresse passive. Son attitude a indéniablement une tonalité immature ou encore dépendante » (ibid.) ;
- M. Main, N. Kaplan et J. Cassidy ont ajouté un quatrième pattern d’attachement en 1985 : insecure-désorganisé ou désorienté (type D) : « Il s’agit de comportements qui, souvent, n’apparaissent qu’avec un seul des deux parents : l’enfant tend à se figer lors de la réunion, dans une posture évoquant l’appréhension ou la confusion ; la séquence temporelle des comportements peut laisser une impression de désorganisation. Plutôt que d’être alarmé par la situation, comme cela peut être le cas des autres enfants, celui-ci se comporte plutôt comme s’il était alarmé par le parent lui-même » (ibid.).
En 1985, M. Main, N. Kaplan et J. Cassidy ont mis au point un entretien semi-structuré pour adultes : l’Adult Attachment Interview (AAI) permettant de préciser les représentations de l’adulte interrogé sur les figures d’attachement de son enfance. Ils ont décrit quatre types de représentation supposés correspondre au modèle interne opérant de l’adulte interrogé : 1 / « détaché » (dismissive in early attachments) ; 2 / « autonome » (autonomous-secure) ; 3 / « préoccupé » (preoccuped with early attachments) ; 4 / « désorganisé » (unresolved-disorganized). Plusieurs études ont mis en évidence une correspondance élevée (75 à 85 %) entre modèle interne opérant de la mère tel que le révèle l’AAI et pattern d’attachement de l’enfant (Grossman, Fremmer-Bombik et al., 1988 ; Goerge et Solomon, 1989 ; Van Ijzendoorn, Kranenburg et al., 1992 ; Benoit et Parker, 1994). Ces études semblent donc mettre en évidence un des mécanismes essentiels de la transmission transgénérationnelle.
Les études de E. Fivaz-Depeursinge et A. Corboz-Warnery (1999) sur la triade père/mère/enfant entrent également dans les applications de la méthode éthologique à l’espèce humaine. Ces auteurs ont observé les échanges triadiques dans 12 familles à cinq reprises au cours de la première année : lorsque l’enfant était âgé de 8, 12, 24 et 52 semaines. Ils décrivent quatre types d’alliance familiale : 1 / « coopérative » (type A) ; 2 / « modérée » (type B) ; 3 / « collusive » (type C) ; 4 / « désordonnée » (type D). Les deux premiers types d’alliance favorisent le développement de l’enfant, les deux derniers ne le facilitent pas. Sur les 12 familles, 9 maintiennent leur type d’alliance au cours des douze mois d’observation.
LES ÉTUDES ÉPIDEMIOLOGIQUES
Depuis l’étude princeps de M. Rutter et collaborateurs (1964-1965) sur l’ensemble des enfants de l’île de Wight âgés de 10 à 11 ans, l’épidémiologie s’est considérablement développée en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. La recherche en ce domaine s’appuie sur des outils standardisés : questionnaires (autoquestionnaires utilisables à partir de l’âge de 10 ans, questionnaires remplis par les parents, questionnaires remplis par les enseignants), échelles d’évaluation, entretiens directifs, outils qui doivent être dûment validés pour la population étudiée. Certains concernent des aspects très généraux de la psychopathologie (troubles du comportement, troubles émotionnels), d’autres des aspects plus spécifiques (troubles du langage, troubles de tel ou tel apprentissage scolaire, etc.). Sont également utilisés les protocoles expérimentaux que nous avons décrits au paragraphe précédent, qui permettent d’évaluer certaines interactions dans la dyade mère/enfant ou père/enfant.
Outre la possibilité de donner une description statistique de la prévalence de tel ou tel type de troubles dans une population donnée et, éventuellement, de faire des comparaisons de prévalence d’une population à l’autre, les études épidémiologiques permettent, dans certains cas, d’établir des corrélations statistiques entre la prévalence d’un trouble et tel ou tel facteur auquel les sujets atteints ont pu être exposés, autrement dit elles permettent de déterminer les facteurs de risque d’un trouble psychopathologique, ce qui présente un intérêt majeur pour les actions préventives. Il s’agit donc d’une voie de recherche essentielle pour déterminer le poids des facteurs de risques familiaux sur la santé mentale des enfants et des adolescents.
Nous détaillons ici, dans les tableaux joints, les différents facteurs qui ont fait l’objet de travaux publiés que nous citons. Les facteurs familiaux étudiés appartiennent aux catégories suivantes :
- événements de la vie touchant la famille (deuil d’un des parents ou d’un membre de la fratrie, déménagement, immigration, divorce ou séparation du couple parental, etc.) ;
- facteurs d’adversité familiaux (climat de discorde, mésentente conjugale, etc.) ;
- expression émotionnelle, distance émotionnelle, style de communication familial ;
- conduites éducatives et affectives (carences de soins et d’éducation, attitude de rejet des parents à l’égard de l’enfant, incohérence des conduites éducatives parentales) ;
- incestes ;
- violences intrafamiliales ;
- alcoolisme parental ;
- autres conduites d’addiction des parents ;
- dépression parentale (en particulier maternelle dans le post partum) ;
- angoisses / troubles obsessionnels ;
- maladie psychiatrique avérée d’un des parents.
éVéNEMENTS DE VIE
ADVERSITé
1. Le signe « + » indique qu’une corrélation statistiquement significative a été
établie entre le facteur de risque indiqué à gauche du tableau et l’état pathologique
de l’enfant indiqué à droite.
2. Le signe « ? » indique que les données épidémiologiques suggèrent une
influence du « facteur de risque », mais que cette influence n’est pas statistiquement
démontrée.
DISTANCE éMOTIONNELLE, EXPRESSION éMOTIONNELLE, STYLE DE COMMUNICATION FAMILIAL
CONDUITES éDUCATIVES ET AFFECTIVES
ALCOOLISME D’UN DES PARENTS
INCESTES, VIOLENCES
TOXICOMANIE D’UN DES PARENTS
DéPRESSION D’UN DES PARENTS
ANGOISSE, PREOCCUPATIONS DE L’UN DES PARENTS
MALADIE MENTALE D’UN DES PARENTS
LA NOTION DE TRANSMISSION TRANGÉNÉRATIONNELLE
La transmission transgénérationnelle, hors la transmission héréditaire, est d’une part postulée par certains modèles théoriques (modèle psychanalytique, modèle systémique), d’autre part confirmée par des études expérimentales (corrélation entre modèle interne opérant maternel et pattern d’attachement de l’enfant) et des études épidémiologiques. La notion même mérite d’être reprise d’une manière synthétique et discutée.
Richard Dawkins a proposé en 1976 l’hypothèse des « mèmes » pour rendre compte de la transmission d’informations d’une génération à l’autre qui ne passe pas par le patrimoine génétique. Cette hypothèse a été reprise récemment par Susan Blackmore (1999). À côté des gènes, réplicateurs de l’information biologique, il y aurait d’autres réplicateurs, les « mèmes » qui, bien entendu, auraient un support biologique, mais ne seraient pas réductibles à ce support. C’est dans l’extraordinaire capacité d’imitation de l’espèce humaine (J. Nadel, G. Butterworth, 1999) que ces auteurs situent l’expression des « mèmes ». La sélection naturelle aurait donné un avantage aux capacités d’imitation de l’espèce humaine et donc favorisé le développement des neurones (neurones miroirs) sous-tendant les activités d’imitation et des zones cérébrales impliquées dans ces activités (zones préfrontales). L’extraordinaire développement du cerveau humain ne serait pas dû directement à l’avantage sélectif des fonctions cognitives et donc des zones cérébrales correspondantes, mais à l’avantage de l’imitation per se, fonction qui permet la transmission à travers les générations des acquis culturels.
Rappelons que A. N. Meltzoff et M. K. Moore ont mis en évidence en 1977 les capacités d’imitation faciale et gestuelle du nouveau-né. Meltzoff (1995) souligne que le nouveau-né est capable non seulement d’une imitation immédiate, mais aussi d’une imitation différée : de quelques minutes à la naissance, jusqu’à 24 heures à 6 semaines, de plusieurs semaines à 9 mois. Cette imitation, qui suit une progression continue, serait l’expression de capacités remarquables et, sans doute, spécifiquement humaines : la sélectivité des stimuli humains mise en évidence par les travaux de M. Ohta (1987) et G. Kugiumutzakis (1993) et la détection ontologique de l’identité (A. Meltzoff et A. Gopnik, 1993).
Par sélectivité des stimuli humains, on désigne la capacité de l’enfant à imiter sélectivement ce qu’il voit faire par son partenaire social, à l’exclusion de toute autre perception (il ne va pas imiter le mouvement d’un objet inanimé ou d’un leurre).
Par détection ontologique de l’identité, Meltzoff et Gopnik désignent la reconnaissance par l’enfant de l’identité de nature entre lui et l’autre : la découverte, par l’imitation, d’isomorphismes (identité de formes dynamiques) unimodaux ou transmodaux (transposés d’une modalité sensorielle à une autre) entre soi et l’autre amènerait l’enfant à découvrir que « les autres font comme moi et donc sont comme moi » (Meltzoff et Gopnik, 1993), ce qui serait une première étape dans la construction d’une théorie de l’esprit.
J. Nadel, C. Guérini et A. Pezé (1999) ont récemment suggéré que l’imitation immédiate est un mode d’interaction social qui sous-tend le passage de la communication primitive à la communication pragmatique : la première ne comporte pas de contrôle ni de prédiction du comportement d’autrui (pas de théorie de l’esprit), la seconde est intentionnelle, référentielle, prédictive et codée.
Il serait, certes, na ïf de réduire tous les phénomènes de culture à une seule fonction, l’imitation, ou à une seule catégorie de réplicateurs, les « mèmes ». Il est, cependant, intéressant de pouvoir ainsi jeter des ponts entre l’organisation biologique de l’être humain et son organisation psychique et sociale. Les modèles psychanalytique et systémique sont là pour nous rappeler l’inanité de tout réductionnisme ou de tout syncrétisme. Ils ne doivent pas pour autant être incompatibles avec ce que nous apprend l’exploration biologique de notre organisme et de son développement.
La psychanalyse explore les aspects inconscients du fonctionnement psychique et de la transmission à travers les générations. Ce sont les mécanismes d’identification qui assurent cette transmission inconsciente, mécanismes qui s’étayent sur les capacités d’identification de l’enfant, mais qui ne sont pas réductibles à l’imitation consciente. Selon la nature de l’identification en cause, la transmission d’une génération à l’autre sera tantôt le support d’un narcissisme sain, base affective de la personnalité, nécessaire à la construction d’une identité stable et d’un fonctionnement mental harmonieux (identification introjective), tantôt la source de failles narcissiques, de corps étrangers intrapsychiques (G. Williams, 1997), d’objets internes persécuteurs et de cercles vicieux psychopathologiques (identification à l’agresseur, identification projective). La distinction proposée en 1989 par Évelyne Granjon entre transmission intergénérationnelle et transmission transgénérationnelle est à cet égard intéressante ; par « transmission intergénérationnelle », cet auteur désigne la transmission d’une génération à l’autre d’éléments psychiques assimilables, élaborables, utiles et même indispensables au développement psychique ; par « transmission transgénérationnelle », elle désigne la transmission non élaborable : non-dits, cryptes, fantômes, etc., qui constituent autant d’enclaves intrapsychiques, sources de souffrance, de perturbations et de répétitions tant qu’ils n’ont pas fait l’objet d’une élaboration et d’une prise de conscience.
Les modèles systémiques sont là pour nous rappeler l’existence de différents niveaux d’analyse, qui ne sont pas réductibles l’un à l’autre (le fonctionnement du groupe familial ne peut se résumer à l’addition du fonctionnement individuel de chacun de ses membres) et pour nous mettre en garde contre la tentation d’explications causales linéaires correspondant à la notion d’étiologie en médecine. Cette tentation, toujours résurgente depuis les premiers balbutiements de la psychiatrie, est d’autant plus forte que les progrès remarquables des neurosciences et des techniques d’exploration biologique (imagerie médicale, génétique médicale, etc.) permettent de mieux en mieux d’explorer les supports biologiques de l’activité mentale.
Pourtant aujourd’hui comme hier, elle risque de nous faire oublier d’une part la complexité de l’être humain sain et souffrant, c’est-à-dire, au sens où Edgar Morin parle de « complexité », la nécessité de plusieurs voies d’exploration d’un même phénomène ; d’autre part la dimension irréductible de la subjectivité à tous nos instruments d’observation et d’analyse. L’insistance des systémiciens sur la causalité circulaire, l’homéostase familiale, les processus d’auto-organisation ou d’autopo ïèse (M. Maturana et F. Varela, 1980) nous permet de résister à la tentation du réductionnisme, sans pour autant, bien sûr, méconnaître les données biologiques utiles à la compréhension des maladies mentales. Les notions de rôles familiaux, de mythe familial, de frontières familiales, de transactions familiales fonctionnelles ou dysfonctionnelles, sont précieuses pour nous permettre de comprendre et d’analyser certains aspects de la transmission entre les générations de troubles psychiques. Enfin, le point de vue systémique partage avec la psychanalyse appliquée au groupe familial (psychothérapie familiale psychanalytique) l’hypothèse fondamentale que, lorsque dans une famille un des membres est désigné comme patient, c’est bien souvent l’ensemble de l’équilibre familial qui est en cause. Dans une telle situation, les actions préventives et thérapeutiques ne peuvent se résumer à soigner un symptôme, ni même un syndrome localisé chez le patient, c’est tout le fonctionnement familial qui demande à être amélioré, ce qui exige souvent un soutien global à l’ensemble de la famille (une circulaire ministérielle de 1999 a recommandé la mise en place dans chaque département français de réseau de soutien à la parentalité). Même lorsque le retrait d’un enfant de sa famille s’impose, il faut s’interroger sur la possibilité de maintenir, voire de favoriser, une part des rôles et des fonctions parentales des parents eux-mêmes (notion de « parentalité partielle » – D. Houzel, 1999). Chaque fois que possible, il s’agit de créer un métasystème plus fonctionnel englobant la famille dysfonctionnelle pour lui redonner une fonctionnalité autant que faire se peut.
Enfin, quels que soient les facteurs de risque familiaux impliqués, il faut faire la part à la capacité plus ou moins grande de l’enfant à résister à leurs effets néfastes sur son développement psychique, capacité qui est désignée sous le nom de résilience. M. Rutter (1993) souligne qu’un certain nombre de facteurs interviennent dans la résilience d’un enfant ; il est moins pathogène pour un enfant de participer avec toute sa famille à une atmosphère discordante ou inaffective que d’être la cible de projections négatives, le bouc émissaire ; il est protecteur pour un enfant d’avoir une bonne relation avec un parent dans une famille qui se caractérise par la discorde ; il est protecteur pour l’enfant de pouvoir reconnaître la perturbation, voir la maladie mentale d’un parent lorsqu’elle existe ; les recherches sur les événements de vie ont montré l’importance du contexte dans lequel ils se déroulent. Cet auteur cite les catégories de facteurs qui sont relevées par Masten et Garmezy (1985) comme participant à la résilience d’un enfant : 1/ des caractéristiques de personnalité telles qu’autonomie, estime de soi, orientation sociale positive ; 2/ les facteurs de cohésion familiale, chaleur affective, manque de discorde ; 3/ la mise à disposition de supports extérieurs qui soutiennent et encouragent les efforts de l’enfant pour faire face aux éléments d’adversité qu’il rencontre.
Printemps 2002
·
Adams M. et Adams J. (1991), Life events, depression, and perceived problem solving alternatives in adolescents, Journal of Child Psychology and Psychiatry, 32, 811-820.
·
Ainsworth M. D. et Wittig B. A. (1969), Attachment and exploration behavior of one-year-olds in a strange situation, in B. M. Foss (ed.), Determinants of infant behavior, vol. 4, London, Methuen, 111-136.
·
Ainsworth M. D., Blehar M. C., Waters E. et Wall S. (1978), Patterns of attachment : A psychological study of the Strange Situation, Hillsdale, NJ, Lawrence Erlbaum Ass.
·
Barret P. M., Dadds M. R. et Rapee R. M. (1996), Family treatment of childhood anxiety. A controlled trial, Journal of Consulting and Clinical Psychology, 64, 333-342.
·
Bateson G., Jackson D. D., Haley J. et Weakland J. H. (1956), Vers une écologie de l’esprit, t. 2, trad. fr. F. Drosso et L. Lot, Paris, Le Seuil, 1980.
·
Beavers R. W. (1982), Healthy, midrange and severely dysfucntional families, in F. Walsh (ed.), Normal family process, New York, Guilford Press, 45-66.
·
Beavers R. W., Voeller M. (1983), Family models : Comparing and contrasting the Olson Circumplex Model with the Beavers Systems Model, Fam. Proc., 22, 85-98.
·
Bertalanffy L. von (1968), Théorie générale des systèmes, trad. fr. J.-B. Chabrol, Paris, Dunod, 1973.
·
Bettelheim B. (1967), La forteresse vide, trad. fr. R. Humery, Paris, Gallimard, 1969.
·
Bidault-Russel M., Smith E. M., Bradford S. E. (1994), Gender differences in lifetime in psychiatric disorders between sons and daughters of alcoholic mothers : A pilot stury, Alcohol. Clin. Exp. Res., 18, 244-247.
·
Bion W. R. (1962), Aux sources de l’expérience, trad. fr. F. Robert, Paris, PUF, 1979.
·
Blackmore S. (1999), The Meme Machine, Oxford, Oxford University Press.
·
Blackmore S. (2000), Une sélection naturelle de la culture, Pour la science, no 277, novembre 2000, p. 66-74.
·
Bodin A. M. (1968), Conjoint family assessment : An evolving field, in P. McReynolds (ed.), Advances in Psychological Assessment, vol. I, Palo Alto, Science and Behavior Books, 233-241.
·
Boszormenyi-Nagy I., Spark G. M. (1973), Invisible loyalties, Hagersto, MD, Harper & Row.
·
Bouchez J., Coppel A., Touzeau D. (1997), Approche descriptive des difficultés des enfants de toxicomanes : une nécessité de soins préventifs spécifiques ?, Neuropsychiatr. Enfance Adolesc., 45, 298-302.
·
Boudewyn A. C., Liem J. H. (1995), Childhood sexual abuse as a precursor to depression and self-destructive behavior in adulthood, J. Trauma Stress, 8, 445-459.
·
Bowlby J. (1958), The nature of the child’s tie to his mother, Int. J. Psycho-Anal., 39, 350-373.
·
Bowlby J. (1969), Attachement et perte, I. L’attachement, II. Séparation, angoisse et colère, III. La perte, tristesse et séparation, trad. fr. J. Kalmanovitch, B. Panafieu et D. E. Weil, Paris, PUF, 1978-1984.
·
Brazelton T. B., Koslowski B et Main M. (1974), The origins of reciprocity : The early mother-infant interaction, in M. Lewis et L. A. Rosenblum (eds), The effect of the infant on his caregiver, New York, John Wiley Interscience, p. 49-76.
·
Breuer J. et Freud S. (1893), Les mécanismes psychiques des phénomènes hystériques, trad. fr. A. Berman, in Études sur l’hystérie, Paris, PUF, 1967.
·
Brown G. W. et Harris T. O. (1978), Social origine of depression. A study of psychiatric disorder in women, London, Tavistock Publications.
·
Brown G. W. et Harris T. O. (1989), Life events and illness, New York, Guildford Press.
·
Bruch H. (1974), Les yeux et le ventre, trad. fr., Paris, Payot.
·
Brumberg J. J. (1988), Fasting girls : The history of anorexia nervosa, Cambridge, MA, Havard University Press.
·
Buist A.(1995), Childhood sexual abuse and adult psychopathology. Relveance in general practice, Aust. Fam. Physician, 24, 1229-1231.
·
Cantwell D. P. (1972), Psychiatric illness in the families of hyperactive children, Arch. Gen. Psychiatry, 28, 888-891.
·
Cheasty M., Clare A. W., Collins C. (1998), Relation between sexual abuse childhood and adult depression : Case-control study, British medical journal, 316, 198-201.
·
Cherlin A. J., Fustenberg F.F.Jr, Chase-Lansdale P. L., Kierm K. E., Robins P. K., Morrison D. R. et Teitler J. O. (1991), Longitudinal studies of effects of divorce on children in Great Britain and the United States, Science, 252, 1386-1389.
·
Clark D. A., et Bolton D. (1985). Obsessive-compulsive adolescents and their parents : A psychometric study, Journal of Child Psychology and Psychiatry, 26, 267-276.
·
Cole D. A. et Rehm L. P. (1986), Family interaction patterns and childhood depression, Journal of Abnormal Child Psychology, 14, 297-314.
·
Compas B. E. (1994), Promoting successful coping during adolescence, in M. Rutter (ed.), Psychosocial disturbances in young people : Challenges for prevention. New York/Cambridge, Cambridge University Press.
·
Condon W. S. et Sander L. W. (1974), Neonate movement is synchronized with adult speech : Interactional participation and language acquisition, Science, 183, 99-101.
·
Cox J. L., Holden J. M., Sagovsky R. (1987), Detection of postnatal depression. Development of the 10-item Edinburgh Postnatal Depression Scale, Br. J. Psychiatry, 150, 782-786.
·
Crook T., Riskin A. et Eliot J. (1981), Parent-child relatioship and adult depression, Child Development, 52, 950-957.
·
Cunningham C. E., Benness B. B. et Siegel L. (1988), Family functionning, time allocation, and parental depression in families of normal and ADHD children, Journal of Clinical Child Psychology, 17, 169-177.
·
Dadds M. R. et Barett P. M. (1996), Family Processes in Child and Adolescent Anxiety and Depression, Change, 13, 4, 231-239.
·
Dawkins R. (1976), The Selfish Gene, Oxford, Oxford University Press.
·
Duché D.-J. (1990), Histoire de la psychiatrie de l’enfant, Paris, PUF.
·
Dumas J. E, La Freniere P. J. et Serketich W. J. (1995), « Balance of power ». A transactilnal analysis of control in mother-child dyads involving socially competent, agressive, and anxious children, Journal of Abnormal Psychology, 104, 104-113.
·
Emde R. N., Kligman D. H., Reich J. H. et Wade T. D. (1978), Emotional expression in infancy : I. Initial studies of social signalling and an emergent model, in M. Lewis et L. A. Rosenblum (eds), The development of affect, New York, Plenum Press.
·
Emery R. E. (1982), Interparental conflict and the children of discord and divorce, Psychological Bulletin, 92, 310-330.
·
Epstein N. B., Baldwin L. M., Bishop D. S. (1983), The McMaster family assessment device, J. Mar. Fam. Ther., 9, 171-180.
·
Fereira A. J. (1981), Les mythes familiaux, in P. Watzlawick, J. Weakland (eds), Sur l’interaction, Paris, Le Seuil, 83-91.
·
Fergusson D. M., Lynskey M. T., Horwood L. J. (1996), Childhood sexual abuse and psychiatric disorder in young adulthood : I. Prevalence of sexual abuse and factors associated with sexual abuse, Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, 35, 10, 1355-64.
·
Ferrari P., Botbol M., Sibertin-Blanc D., Payant C., Lachal C., Presme N., Fermanian J., Bursztejn C. (1991), Étude épidémiologique sur la dépression maternelle comme facteurs de risque dans la survenue d’une psychose infantile précoce, La Psychiatrie de l’enfant, 34, 1, 35-97.
·
Finley C. B., Wilson D. C. (1968), The relation of the family to manic-depressive psychosis, in J. G. Howells (ed.), Theory and practice of family psychiatry, Edinburgh, London, Oliver & Boyd, 819-828.
·
Fivaz-Depeursinge E., Corboz-Warnery A. (1999), The primary triangle : A developmental system view of mothers, fathers and infants, New York, Basic Books.
·
Fombonne E. (1995), Depressive Disorders : Time Trends and Possible Explanotory Mechanisms, in Psychosocial Disorders in Young People Time Trends and their Causes, M. Rutter and D. J. Smith (eds), Chichester / New York / Brisbane/Toronto/Singapore, John Wiley & Sons, 544-615.
·
Fombonne E. (1995), Eating Disorders : Time Trneds and Possible Explanotory Mechanisms, in Psychosocial Disorders in Young People Time Trends and Their Causes, M. Rutter and D. J. Smith (eds), Chichester / New York / Brisbane/Toronto/Singapore, John Wiley & Sons, 616-685.
·
Freud S. (1905), Trois essais sur la théorie de la sexualité, trad. fr. B. Reverchon-Jouve, Paris, Gallimard, 1962.
·
Freud S. (1923), Psychologie des masses et analyse du moi, trad. fr. J. Altounian, P. Cotet, A. Rauzy, in Œuvres complètes, vol. 17, Paris, PUF, 1991, 1-83.
·
Freud S. et Breuer J. (1895), Études sur l’hystérie, trad. fr. A. Berman, Paris, PUF, 1967.
·
Fromm-Reichmann F. (1959), Psychotherapy of schizophrenia (1939-1954), in Psychoanalysis and Psychotherapy, Chicago, University Press.
·
Garfinkel P. E., Gamer D. M. (1982), Anorexia nervosa : A multidimensional perspective, New York, Brunner-Mazel.
·
George C. et Solomon J. (1989), Internal working modelsof caregiving and security of attachment at age 6, Infant Mental Health Jn., 10, 222-237.
·
Gillberg C. (1987), Infantile autism in children of immigrant parents. A population-based study from Göteborg, Sweden, British Journal of Psychiatry, 150, 856-858.
·
Gillberg C., Steffenburg S. (1991), Is autism more common now than ten years ago ?, British Journal of Psychiatry, 158, 403-409.
·
Goodman R., Stevenson J. (1989), A twin study of hyperactivity – I An examination of hyperactivity scores and categories derived from Rutter teacher and parent questionnaires, J. Child Psychol Psychiatry, 90, 671-689.
·
Goodman, R., Richards H. (1995), Child and adolescent psychiatric presentations of second generation Afro-Caribbeans in Britain, British Journal of Psychiatry, 167, 362-369.
·
Goodwin, D. W., Schulsinger F., Hermansen L. et al. (1975), Alcoholism and the hyperactive child syndrome, J. Nerv. Ment. Dis., 160, 349-353.
·
Granjon E. (1989), Transmission psychique et transferts en thérapie familiale psychanalytique, Gruppo, 5, 47-58.
·
Grossmann K., Fremer-Bombik E., Rudolph J. et Grossmann K. E. (1988), Maternal attachment representation as related to patterns of infant-mother attachment and maternal care during the first year, in R. Hinde et J. Stevenson-Hinde (eds), Relationships within families, 241-262, Oxford, Clarendon Press.
·
Haley J. (1959), The family of schizophrenic, American Journal of Nervous and Mental Diseases, no 129, 357-374.
·
Hermann I. (1972), L’instinct filial, Paris, Dunod.
·
Hetherington E. M., Cox M. et Cox R. (1978), The aftermath of divorce, in J. H. Stevens Jr et M. Matthews (eds), Mother-child, father-child relations, Washington DC, NAEYC.
·
Houzel D. (1999) (sous la dir. de) Les enjeux de la parentalité, Paris, Érès.
·
Humphrey L. L. (1987), Comparison of bulimic-anorexic and nondistressed families using structural analysis of social behavior, Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, 26, 248-255.
·
Jackson D. (1957), The question of family homeostasis, The Psychiatric Quarterly Supplement, 31, 79-90.
·
Kanner L. (1943), Autistic disturbances of affective contact, Nervous Child, 2, 217-250, reproduit in Childhood psychosis : Initial studies and new insights, New York, Toronto, London, Sydney, John Wiley & Sons, 1973.
·
Kanner L. (1968), Early infantile autism revisited, Psychatrist Digest, 29, 17-28.
·
Kaslow N. J., Rehm L. P., Pollack S. L. et Siegel A. W. (1988), Attributional style and self-control behavior in depressed and nondepressed children and their parents, Journal of Abnormal Child Psychology, 16, 163-175.
·
Kaufmann L. (1986), The rational for the family approach with adolescents, in S. C. Feinstein, Adolescent, Psychiatry. Developemental and clinical studies, Chicago, University of Chicago Press, 493-503.
·
Kessler R. C. et McLeod J. D. (1984), Sex differences in vulnerability to undesirable events, American Sociological Review, 49, 620-631.
·
Kreisler L. et Cramer B. (1981), Sur les bases cliniques de la psychiatrie du nourrisson, La Psychiatrie de l’enfant, 24, 1, 223-263.
·
Krohne H. W. et Hock M. R. (1991), Relationship restrictive mother-child interactions and anxiety of the child, Anxiety Research, 4, 109-124.
·
Kugiumutzakis G. (1993), Intersubjective vocal imitation in early mother-infant interaction, in J. Nadel, L. Camaioni (eds), New perspectives in early communicative development, London, Routledge.
·
Laforgue (1936), La névrose familiale, Revue française de psychanalyse, 9, 3, 327.359.
·
Lamour M., Lebovici S. (1991), Les interactions du nourrisson avec ses partenaires : évaluation et modes d’abord préventifs et thérapeutiques, La Psychiatrie de l’enfant, 34-1, 171-275.
·
Laplanche J. et Pontalis J.-B. (1967), Vocabulaire de la psychanalyse, Paris, PUF.
·
Lefkowitz M. M. et Tesiny E. P. (1985), Depression in Children : Prevalence and correlates, Journal of Consulting and Clinical Psychology, 53, 647-656.
·
Leon G. R., Fulkersn J. A., Perry C. L. et al. (1993), Personality and behavioral vulnerabilities associated with risk states for eating disorders in adolescent girls, Journal of Abnormal Psychology, 102, 3, 438-444.
·
Leuba J. (1936), La famille névrotique et les névroses familiales, Revue française de psychanalyse, 9, 3, 360-419.
·
Lidz T., Cornelison A., Fleck S., Terry D. (1957), The intrafamilial environment of schizophrenic patients, II : Marital schism and marital skew, American Journal of Psychiatry, 114, 241-248.
·
Main M., Kaplan N., Cassidy J. (1985), Security in infancy, childhood, and adulthood : A move to the level of representation, in I. Bretherton et E. Waters (eds), Growing points of attachment theory and research, Monographs of the Society for research in child development, 50, 1-2, 66-104.
·
Malo J., Tremblay R. E. (1997), The impact of paternal alcoholism and maternal social position on boys’school adjusment, pubertal maturation and sexual behavior : A test of two competing hypotheses, Journal of Child Psychology and Psychiatry and Allied Disciplines, 38, 187-197.
·
Manzano J., Palacio-Espasa F. et Zilkha N. (1999), The narcissistic scenoarios of parenthood, Int. J. Psychoanal., 80, 465-476.
·
Marcelli D., Nadel J., Roubira J.-L., Peze A., Kervella C., Paget A., Boinard S., Reserbat-Plantey D. et Lorthiois A. (1997), Interactions mère déprimée / bébé (âgé de 2 mois). Étude à partir d’un protocole vidéoscopique en direct et en différé, La Psychiatrie de l’enfant, XL, 2, 505-531.
·
Masten S., Garmezy N. (1985), Risk, vulnerability and protective factors in developmental psychology, in B. B. Lahey et E. Kazdin (eds), Advances in clinical child psychology, vol. 8, New York, Plenum Press.
·
Maturana H. et Varela F. (1980), Autopoesis and cognition : The realization of living, Boston, Reidel.
·
McCombs Thomas A., Forehand R., Neighbors B. (1995), Change in maternal depressive mood : Unique contributions to adolescent functioning over time, Adolescence, vol. 30, no 117.
·
Meltzoff A. N. et Moore M. K. (1977), Imitation of facial and manual gestures by human neonates, Science, 198, 75-78.
·
Meltzoff A. N. (1995), Understanding the intention of others : Reenactment of intended acts by 18-month-old children, Developmental Psychology, 24, 470.476.
·
Meltzoff A. N. et Gopnik A. (1993), The role of imitation in understanding persons and developing a theory of mind, in S. Baron-Cohen, H. Tagler-Flusher et D. Cohen (eds), Understanding other minds : Perspectives from autism, Oxford, Oxford Univ. Press, 335-356.
·
Miklowitz D. J., Strachan A. M., Goldstein M. J., Doane J. A., Snyder K. S., Hogarty G. E. et Falloon I. R. H. (1986), Expressed emotions and communications deviance in the families of schizophrenics, Journal of Abnormal Psychology, 95, 60-66.
·
Mitchell J., McCauley E., Burke P., Calderon R., Schloredt K. (1989), Psychopathology in parents of depressed children and adolescents, Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, 28, 352-357.
·
Moos R. H., Moos B. S. (1976), A typology of family social environment, Fam. Proc., 15, 357-372.
·
Morel B.-A. (1857), Traité de dégénérescences physiques, intellectuelles et morales de l’espèce humaine, Paris.
·
Murray L., Trevarthen C. (1985), Emotional regulation of interaction between two-months-olds and their mothers, in T. M. Field and N. A. Fox (eds), Social perception in infants, Norwood, NJ, Ablex.
·
Nadel J., Butterworth G. (eds) (1999), Imitation in infancy, Cambridge, Cambridge University Press.
·
Nadel J. (1986), Imitation et communication entre jeunes enfants, Paris, PUF.
·
Nadel J., Guérini C. et Pezé A. (1999), The evolving nature of imitation as a transitory means of communication, in J. Nadel et Gutterworth (eds), Imitation in infancy, Cambridge, Cambridge University Press.
·
Neuburger R. (1995), Le mythe familial, Paris, ESF éd.
·
Neumann J. von et Morgenstern O. (1947), Theory of games and economic behavior, Princeton University Press.
·
Ohta M. (1987), Cognitive disorders of infantile autism : A study employing the WISC, spatial relationships, conceptualization and gesture imitation, Journal of Autism and Developmental Disorders.
·
Olson D. H., Russel C. S., Sprenkle D. H. (1983), Circumplex model of marital and family systems. VI. Theoritical Update, Fam. Proc., 22, 69-83.
·
Palosaari U., Aro H., Laippala P. (1996), Parental divorce and depression in young adulthood : Adolescents’ closeness to parents and self-esteem as mediating factor, Acta Psychiatr. Scand., 93, 20-76.
·
Parnas J. (1999), From predisposition to psychosis : Progression of symptoms in schizophrenia, Acta Psychiatr. Scand. [suppl.], 395, 20-29.
·
Petersen A. C., Kennedy R. E. et Sullican P. (1991), Adolescent depression : Why more girls ?, Journal of Youth and Adolescence, 20, 247-271.
·
Pierrehumbert B. (2000), Situation étrange, in Dictionnaire de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, sous la dir. de D. Houzel, M. Emmanuelli et F. Moggio, Paris, PUF, 697-699.
·
Puig-Antich J., Goetz D., Davies M., Kaplan T., Davies S., Ostrow L., Asnis L., Twomey J., Iyengar S. et Ryan N. D. (1989), A controlled family history study of prepuberal major depressive disorder, Archives of General Psychiatry, 46, 406-418.
·
Reeves J. D., Werry J. S., Elkind G. S. et Zametkin A. (1987), Attention deficit, conduct oppositional disorder, and anxiety disorder : II. Clinical characteristics, Journal of the American Academy of Child and Adolecent Psychiatry, 26, 144-155.
·
Richter H. C. (1970), Psychanalyse de la famille, Paris, Mercure de France.
·
Richter H. E. (1972), Parents, enfants et névrose, Paris, Mercure de France.
·
Rodin J., Striegel-Moore R. H., et Silbersten L. R. (1990), Vulnerability and resilience in the age of eating disorders : Risk and protective factors for bulimic nervosa, in J. Rolf, A. S. Masten, D. Ciccheti, K. H. Nuechterlein et S. Weintraub (eds), Risk and protective factors in the development of psychopathology, London, Cambridge University Press.
·
Ruffiot A., Eiguer A., Litovsky D., Liendo E., Gear-Liendo M.-C., Perrot J. (1981), La thérapie familiale psychanalytique, Paris, Dunod, 3e éd., 1989.
·
Rutter M. (1993), Resilience : Some conceptual considerations, Journal of Adolescent Health, 13, 626-631.
·
Rutter M., Tizard J., Yule W., Graham P. et Whitmore K. (1976), Research report : Isle of Wight studies, 1964-1974, Psychological Medecine, 6, 313-332.
·
Schneider B., Bouyer S. et Mietkiewicz M.-C. (2000), Problèmes éthiques posés par quelques paradigmes de recherche (trop) classiques en psychologie et en psychopathologie développementale, La Psychiatrie de l’enfant, XLIII, 1, 5-22.
·
Selvini Palazzoli M., Boscolo L., Cecchin G., Prata (1973), « Première séance d’une thérapie familiale systémique », Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratique de réseaux, 1, 9-13.
·
Selvini Palazzoli M. (1978), Self starvation : From the individual to family therapy, New York, Aronson.
·
Selvini Palazzoli M. et Viarto M. (1988), « Le processus anorexique dans la famille : un modèle en six phases comme guide pour la thérapie individuelle », Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratique de réseaux, 9, 117-144.
·
Seywert F. (1990), L’évaluation systémique de la famille, Paris, PUF.
·
Shannon C., Weaver W. (1949), The mathematical theory of communication, Urbana, University of Illinois Press.
·
Simmons R. G., Burgeson R., Carlton-Ford S. et Blyth D. A. (1987), The impact of cumulative change in early adolescence, Child Development, 58, 1220-1234.
·
Sluzki C. E. et al. (1971), The double bind as universal pathogenic situation, Family Process, 10, 397-410.
·
Spitz R. (1945), Hospitalism : An inquiry into the genesis of pschiatric conditions in early childhood, The Psychoanalytic Study of the Child, I.
·
Spitz R. (1965), De la naissance à la parole. La première année de la vie de l’enfant, trad. fr. L. Flournoy, Paris, PUF.
·
Stern D. (1977), The first relationship, Cambridge, MA, Harvard University Press.
·
Stern D. (1985), The interpersonal world of the infant, New York, Basic Books.
·
Stern D. (1995), La constellation maternelle, trad. fr., Paris, Calmann-Lévy.
·
Stevenson J., Thomson M. J., Sonuga Barke E. (1996), Mental health of preschool children and their mothers in a mixed urban/rural population. III. Latent variable models, Br. J. Psychiatry, 168, 26-32.
·
Striegel Moore R. H., Silberstein L. R., Rodin J. (1986), Toward an understanding of risk factors for bulimia, American Psychology, 41, 246-263.
·
Trevarthen C. (1979), Communication and cooperation in early infancy : A description of primary intersubjectivity, in M. M. Bullowa (ed.), Before speech : The beginning of interpersonal communication, New York, Cambridge University Press.
·
Trevarthen C. (1980), The foundations of intersubjectivity : Development of interpersonal and cooperative understanding in infants, in In honor of J. S. Bruner, New York, W. W. Norton, 316-342.
·
Trevarthen C. (1993), The function of emotions in early infant communication and development, in J. Nadel et L. Camaioni (eds), New perspectives in early communicative development, London, England, Routledge.
·
Trevarthen C. et Hubley P. (1978), Secondary intersubjectivity : Confidence, confiding and acts of meaning in the first year, in A. Lock (ed.), Action, gesture and symbol : The emergence of language, New York, Academic Press, 183.229.
·
Tronick E. Z. et Weinberg M. K. (1998), A propos des conséquences toxiques psychiques de la dépression maternelle sur la régulation émotionnelle mutuelle des interactions mère-bébé : l’impossibilité de créer des états de conscience dyadiques, in Psychiatrie périnatale, sous la direction de Ph. Mazet et S. Lebovici, Paris, PUF, 299-333.
·
Tronick E. Z., Als H., Adamson L., Wise S. et Brazelton T. B. (1978), The infant’s response to entrapment between contradictory messages in face-to-face interaction, Journal of Child Psychiatry, 17, 1-13.
·
Van Ijzendoorn M. H., Kranenburg, Zwart-Woudstra H., Van Busschbach A. et Lambermon M. (1992), Parental attachment and children’s socioemotional development : Some findings on the validity of the adult attachment interview in the Netherlands, International Journal of Behavioral Development, 14, 375-394.
·
Von Bertalanffy L. (1968), Théorie générale des systèmes, trad. fr. J.-B. Chabrol, Paris, Dunod, 1973.
·
Weakland J. H. (1960), The « Double Bind » hypothesis of schizophrenia and three-party interaction, in Don D. Jackson, The etiology of schizophrenia, New York, Basic Books.
·
Weinberg M. K. et Tronick E. Z. (1994), Beyond the face : An empirical study of infant affective configurations of facial, vocal, gestural, and regulatory behaviors, Child Development, 65, 1495-1507.
·
Weissman M. M., Warner V. E. P., Prusoff B. A. (1988), Early-onset depression in parents and their children, J. Affect Disord., 15, 269-277.
·
Wertheim E. S. (1973), Family unit therapy and the science and typology of family systems, Fam. Proc., 12, 361-376.
·
White R. W. (1959), Motivation reconsidered : The concept of competence, Psychological Review, 66, 297-333.
·
Wiener N. (1962), Cybernétique et société, Paris, Plon.
·
Wilens T. E., Biederman J., Abrantes A. M., Spencer T. J. (1997), Clinical characteristics of psychiatrically referred adolescent outpatients with subtance use disorders, J. Am. Acad Child Adolesc Psychiatr, 36, 941-947.
·
Wilens T. E., Biederman J., Mick E., Faraone S. V., Spencer T. J. (1997), Attention deficit hyperactivity disorder (ADHD) is associated with early onset substance use disorders, J. New Ment. Dis., 185, 475-482.
·
Williams G. (1997), Paysages intérieurs et corps étrangers, trad. fr. D. Alcorn, Larmor Plage, Éditions du Hublot, 1998.
·
Wing L. (1980), Childhood autism and social class : A question of selection ?, British Journal of Psychiatry, 137, 410-417.
·
Wynne L. C., Ryckroff I. M., Day J., Hirsch S. I. (1958), Pseudo-mutuality in the family relations of schirzophrenics, Psychiatry, 21, 205-220.
·
Yesavage J. A., Beker J. M. T., Werner P. D., Patton M. J., Seeman K., Brunsting D. W. et Mills M. J. (1983), Family conflict, psychopathology, and dangerous behavior by schizophrenics inpatients, Psychiatry Research, 8, 271-280.
[1]
Professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’Université de Caen. Membre de l’Association psychanalytique de France.
[2]
« Parmi eux il y a très peu de pères et de mères chaleureux. Pour la plupart, les parents, grands-parents et proches sont des gens d’abord intéressés par les abstractions, soit littéraires, scientifiques ou artistiques ; ils ont peu d’intérêts véritables pour leurs semblables. Certains des mariages les plus heureux en apparence sont en fait des arrangements plutôt froids et formels. Trois de ces mariages ont été de sombres échecs. La question se pose de savoir jusqu’à quel point ce facteur a influencé l’état de ces enfants » (traduction de la rédaction).