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Séminaire d’hiver : « Il faut lire Dora », Paris, 22 et 23 janvier 2011, Psychanalyse et travail social, Paris, 12 et 13 mars 2011, Topologie, L’invention en topologie pour la clinique, Paris, 7 et 8 mai 2011
Responsables : Pierre-Christophe Cathelineau, Marc Darmon, Jean-Jacques Tyszler
2 Les dernières années de l’enseignement de Lacan ont comme fil conducteur le nœud borroméen avec cet étrange effet à la fin que le maniement du nœud se substitue à une approche par le signifiant. Les participants à son séminaire en étaient quelque peu surpris. D’où venait cette insistance ? Sinon du désir de Lacan de donner à la clinique son assise réelle, symbolique et imaginaire. En effet, pourquoi Lacan a-t-il énoncé que le nœud borroméen n’était pas un modèle ? N’est-ce pas précisément que loin d’être une représentation de la réalité, comme l’est ordinaire le modèle scientifique, le nœud intègre le réel même et présentifie la clinique elle-même dans sa simplicité et sa complexité sans en passer par le jeu d’une correspondance terme à terme entre ce qui s’imagine et ce qui est imaginé, y compris à l’aide d’une écriture formalisée. Ainsi l’invention du nœud borroméen n’a-t-elle pour seule visée que la clinique, en en modifiant l’approche heuristique, la clinique qui se structure en fait en nœuds et nouages. Ce constat n’invalide pas bien sûr l’usage de la topologie antérieure au nœud, mais il la situe comme une étape importante pour penser la clinique, avant que le réel lui-même ne soit désormais situé dans une présentation qui n’est plus une représentation. L’enjeu du séminaire/des journées est de montrer que l’invention en topologie se soutient de la clinique elle-même, puisque cette clinique procède de la topologie, et de manière plus précise de la topologie des nœuds. Nous essayerons de l’illustrer. Une attention particulière sera accordée aux propositions du séminaire Le sinthome qui ouvre la voie à un usage des nœuds pour la clinique, mais aussi aux incidences du nœud sur notre appréhension du dire de Lacan avant sa découverte. Par exemple, il est frappant que le nœud borroméen remette en cause cette pensée de l’Au-moins-Un développé par Lacan jusqu’à Encore, en situant l’exception non pas comme exception à la chaîne signifiante, mais comme différence équivalente de n’importe quel rond noué dans le nœud à trois ou à quatre par rapport aux autres ou dans la chaîne borroméenne. Il coupe court aux fantasmes d’exception que pourrait nourrir la première approche logiciste de Lacan et à ses risques idéologiques. De même, que dire de la fonction du trou dans le nœud ? Il est remarquable que l’imaginaire de consistance compacte depuis le stade du miroir soit d’emblée troué dans le nœud, c’est-à-dire marqué d’une faille visible avec le rond. Cette faille soulignée ne peut plus venir étayer le narcissisme. D’autres questions, par exemple sur la direction de la cure, la toxicomanie, les addictions, l’anorexie-boulimie et les transformations du lien social contemporain pourront faire l’objet d’un tressage fructueux entre les différents groupes qui pratiquent la topologie à l’Association et dont le séminaire se propose d’être également un lieu parmi d’autres de rencontres.
Pierre-Christophe Cathelineau
Qu’appelons-nous voix ?, Paris, 18 et 19 juin 2011
3 Responsables : Jean-Luc Cacciali, Jean-Jacques Tyszler
4 Il y a l’énigme d’un corps qui parle et il n’est pas certain que parler s’apprenne. L’enfant naît dans un monde de langage mais les discours qui l’entourent ne se transmettent pas à l’enfant, ils l’imprègnent. La voix a une grande importance dans l’organisation psychique du sujet : elle concerne l’inscription du sujet dans le langage, soit sa relation à l’Autre.
5 Il est habituel de l’aborder à partir de la parole ou du chant mais la clinique nous montre qu’il n’y a pas besoin de l’appareil phonatoire pour que se manifeste l’impératif surmoïque ou les voix égarées de la psychose, montrant que la voix ne se superpose pas à la parole.
6 La voix se manifeste de multiples façons dans notre clinique au point qu’il est difficile de dire ce qu’elle est, alors que nous la situons plutôt spontanément, habituellement, selon une certaine naturalité. Il y aurait alors à essayer d’en préciser les déterminations, indiquons déjà la relation privilégiée de la voix et du désir de l’Autre, qui dans la voix prend la forme du commandement, voix qui commande mais aussi voix qui scande, voix qui sonne, voix qui résonne de son poids de réel. Voix mise en jeu dans la cure. Il y a aussi à rigoureusement distinguer la phonétique de la phonématique, la voix dans son timbre de la voix dans sa modulation.
7 Ces différents traits cliniques et d’autres permettent-ils, dans un souci de théorisation, de dégager ce qui en serait les arêtes structurales ? Lacan en a fait un objet a qu’il ajoute à la liste des objets, oral, anal et regard, ce qui est une innovation par rapport à Freud. Et dans son séminaire Le sinthome il dit aussi, ce qui pourrait surprendre, que l’essence du phallus symbolique est la fonction de phonation. Cela ferait que la voix se rattacherait aux objets a mais aussi au Un, objet a et présentification du phallus. Or nous savons que Lacan a radicalement différencié le Un de l’objet a, ce dernier constituant l’inévitable altérité du Un. L’Un ne peut réduire l’Autre. Ils sont séparés et il y a à tenter d’en préciser leur rapport.
8 Ne pourrions-nous pas, au-delà de ce qui pourrait paraître un paradoxe, faire l’hypothèse que ce serait une spécificité de la voix de tenir du Un et de l’objet et que cela lui confère un rôle particulier et ainsi contribue à éclairer les très importantes et difficiles articulations pour la psychanalyse du corps et du langage, de la parole et de l’écrit, du dit et du dire, du sens et du non-sens ?
Séminaire d’été 2011, Paris, 27, 28, 29, 30 août 2011
9 Étude du Séminaire XXI de Jacques Lacan : Les non-dupes errent
10 Espace Reuilly, 21 rue Hénard, Paris 75012
Le transfert dans la psychose, Paris, 15 et 16 octobre 2011
11 Responsables : Étienne Oldenhove, Louis Sciara
Quelles sont les conditions de l’émergence de la subjectivité chez l’enfant aujourd’hui ?, Salvador da Bahia, Brésil, 27, 28 octobre 2011
12 Colloque organisé par l’epep en collaboration avec plusieurs groupes d’analystes brésiliens.
Psychanalyse de l’enfant et de l’adolescence epep, Discours, parole et fantasme
13 Les conditions du discours et de la parole pour permettre la mise en place du fantasme : la transmission, les apprentissages, la position sexuée.
14 Paris, 10 et 11 décembre 2011
PLAN DE L'ARTICLE
- Séminaire d’hiver : « Il faut lire Dora », Paris, 22 et 23 janvier 2011, Psychanalyse et travail social, Paris, 12 et 13 mars 2011, Topologie, L’invention en topologie pour la clinique, Paris, 7 et 8 mai 2011
- Qu’appelons-nous voix ?, Paris, 18 et 19 juin 2011
- Séminaire d’été 2011, Paris, 27, 28, 29, 30 août 2011
- Le transfert dans la psychose, Paris, 15 et 16 octobre 2011
- Quelles sont les conditions de l’émergence de la subjectivité chez l’enfant aujourd’hui ?, Salvador da Bahia, Brésil, 27, 28 octobre 2011
- Psychanalyse de l’enfant et de l’adolescence epep, Discours, parole et fantasme
POUR CITER CET ARTICLE
« Les journées en 2011 », La revue lacanienne 3/2010 (n° 8), p. 241-243.
URL : www.cairn.info/revue-la-revue-lacanienne-2010-3-page-241.htm.
DOI : 10.3917/lrl.103.0241.




