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Le Carnet PSY

2005/1 (n° 96)


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A son retour des Etats-Unis où elle avait pu apprécier le travail des Assistantes Sociales, inspiré par les Sciences humaines et la Psychanalyse, Myriam David était porteur, entre autres, de l’approche professionnelle nommée Case Work qu’elle traduisit par “Aide Psychosociale individualisée”. Par ailleurs elle espérait trouver chez les Assistantes sociales françaises des collaboratrices privilégiées pour la prévention de la santé mentale du tout petit. C’est donc bien volontiers qu’elle a répondu aux demandes de différents organismes. Là où elle a été, sa détermination à faire bouger les choses a mobilisé les énergies disponibles.

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A titre d’exemple, de 1953 à 1975, elle a contribué à la formation des assistantes sociales de la SNCF et a mis en place, avec pragmatisme et réalisme, une grande variété de formes de perfectionnement développées non pas, a priori, par une construction de l’esprit mais en étant à l’écoute.

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- A l’écoute des professionnelles. Elle entendait l’intérêt exprimé mais aussi, les doutes, les peurs ; elle percevait les capacités d’engagement de chacune. Elle mit en place des réponses individualisées sans perdre le caractère collectif de la formation. Chaque assistante a pu franchir, quand elle se sentait prête, les étapes requérant un investissement personnel plus profond.

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- A l’écoute des assistantes sociales chefs. Celles-ci avaient le souci de maintenir la cohérence du corps professionnel et voulaient éviter les clivages possibles entre l’ensemble des assistantes et celles des petits groupes en formation qui exprimaient, quelquefois avec l’ardeur et la maladresse du néophyte, la joie de découvrir une autre façon d’exercer leur métier. Elles souhaitèrent que soit donnée au plus grand nombre, la possibilité de recevoir une information sur ces nouvelles méthodes, d’y être sensibilisées avant de s’y investir plus avant. Ce qui fut fait.

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- A l’écoute des ingénieurs, responsables des activités et du personnel de l’action sociale. Même si certaines réalisations n’entraient pas, à première vue, dans un schéma logique qui aurait été plus proche de leur mode de pensée, ils perçurent les bénéfices qu’en retiraient le service et sa clientèle.

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Par ailleurs, Myriam, persuadée qu’une profession progresse si elle suscite des membres capables de faire évoluer ses objectifs, ses méthodes et de les transmettre, a travaillé, pendant des années, pour mettre en place des formations de formateurs, puis de superviseurs de service. Elle a édifié ainsi un ensemble, plein de dynamisme et de forces de progrès.

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Tout ce travail, elle l’a réalisé avec des équipes de collaborateurs et collaboratrices. Quelle animatrice elle était, capable de faire émerger des compétences, de faire prendre des responsabilités mais aussi quelle exigence ! Lorsque quelque chose ne convenait pas, il n’y avait pas de reproches durs qui cassent mais une invitation ferme à faire autrement. Travailler avec elle pour des activités bien précises, faisaient germer des idées, des perspectives pour les autres aspects des responsabilités que l’on avait. Le cheminement accompli avec les assistantes sociales et les différents niveaux hiérarchiques a suscité aussi des instances de réflexion suivies d’initiatives qui impliquaient d’autres catégories de travailleurs sociaux.

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Myriam était une grande dame simple, dans cette simplicité, quelle richesse ! Avec ceux et celles qui l’ont côtoyée, la rencontre était une rencontre de personne à personne, et souvent une rencontre de convictions. De tout ce dont elle était porteuse on était nourri. Avoir rencontré cet éveilleur d’esprit, cette architecte rayonnante de lumière, ce bâtisseur infatigable qu’était Myriam est un don merveilleux de la vie.

Pour citer cet article

Cuisiniez Jacqueline, « Myriam David et le service social », Le Carnet PSY, 1/2005 (n° 96), p. 37-37.

URL : http://www.cairn.info/revue-le-carnet-psy-2005-1-page-37.htm
DOI : 10.3917/lcp.096.0037


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