- Winnicott et la créativité
- Entretien avec Jacques André
- La langue politique et la Révolution française
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S'inscrire Alertes e-mail - Le Coq-héron Cairn.info respecte votre vie privéeCompte tenu de l’importance que revêt la créativité dans l’œuvre de Winnicott, il est tout à fait exceptionnel dans la littérature psychanalytique qu’à aucun moment il ne développe son point de vue à partir d’exemples issus de la création artistique. Pour Winnicott, parler d’un tableau, d’une maison, d’une coiffure, d’une symphonie ou d’un plat cuisiné, tout cela est identique puisqu’il y est question de créativité. Ainsi, critique-t-il l’approche trop élitiste de Freud comme ce fut le cas avec le Léonard de Vinci[1] [1] D. W. Winnicott, « La créativité et ses origines »,...
suite et n’hésite pas à prendre, avec une certaine ironie, l’exemple de la cuisson des saucisses[2] [2] D. W. Winnicott, « Vivre créativement », dans...
suite pour parler de créativité. Cette position provocatrice sera d’ailleurs relevée par J.-B. Pontalis : « Dire comme Winnicott, même avec humour, qu’on peut être aussi créatif en faisant cuire des œufs sur le plat que Schumann composant une sonate, vous ne trouvez pas ça un peu abusif ? Si j’exprime une émotion, je ne crée rien pour autant. Je crains que Winnicott ne soit là un peu dupe de son amour pour l’enfant (et la mère). Cela dit – et là encore je récuse le concept mais je reconnais la chose –, en parlant de créativité Winnicott nous rappelle que le monde de nos perceptions est lettre morte tant qu’il n’est pas animé par un regard[3] [3] « Paradoxes de l’effet Winnicott », entretien...
suite. »
2 Ce qui intéresse Winnicott c’est la créativité dans son aspect universel, laquelle pourrait être assimilée, comme le suggère J. Abram, à la pulsion de vie chez Freud[4] [4] J. Abram, Le langage de Winnicott, Paris, Éditions Popesco,...
suite. Il lui arrivera de reprocher aux psychanalystes qui se sont penchés sur cette question, Freud le premier, d’avoir confondu créativité et activité artistique au point de négliger la première et surtout de se priver d’interroger le thème principal qui est « la pulsion créative elle-même[5] [5] D. W. Winnicott, « La créativité et ses origines »,...
suite ». Bien qu’il reconnaisse qu’il n’est pas dans nos moyens d’expliquer cette pulsion, il reste que l’on peut établir un lien entre la vie créative et le fait de vivre. C’est d’ailleurs là le point fondamental qu’interroge Winnicott en distinguant « exister » et « vivre », distinction qui entraîne, comme nous le verrons, toute sa théorisation de l’aire transitionnelle. En choisissant d’envisager la créativité dans son acception la plus large, Winnicott l’assimile à une attitude du sujet face à la réalité extérieure qu’il associe à la santé et au goût pour la vie : « Il s’agit avant tout d’un mode créatif de perception qui donne à l’individu le sentiment que la vie vaut la peine d’être vécue ; ce qui s’oppose à un tel mode de perception, c’est une relation de complaisance soumise envers la réalité extérieure : le monde et tous ses éléments sont alors reconnus mais seulement comme étant ce à quoi il faut s’ajuster et s’adapter[6] [6] D. W. Winnicott, ibid. , p. 91. ...
suite. »
3 Dans l’avant-propos à son livre Jeu et réalité (1971), alors qu’il écrit sur le thème des phénomènes transitionnels, Winnicott s’avise de sa réticence à donner des exemples en général et peut-être encore plus dans le domaine culturel et notamment dans l’art : « […] je me l’explique ainsi dès l’article originel : les exemples conduisent à épingler des échantillons et risquent d’inaugurer un processus de classification arbitraire et superficielle alors que ce que j’ai en vue est universel et connaît d’infinies variétés. Voyez un visage humain : quand nous voulons le décrire, nous parlons de sa forme, des yeux, du nez, de la bouche, des oreilles, et, pourtant, deux visages ne sont jamais tout à fait semblables ; rares même ceux qui se ressemblent. Deux visages peuvent, au repos, paraître semblables mais, dès qu’ils s’animent, ils deviennent différents l’un de l’autre[7] [7] D. W. Winnicott, Jeu et réalité, op. cit. , p. 4-5. ...
suite. »
4 Cette référence au visage fait écho à un article écrit en 1967, repris dans Jeu et réalité, et qui s’intitule, « Le rôle de miroir de la mère et de la famille ». C’est peut-être la seule fois où Winnicott se risque à une application de ses conceptions sur une œuvre d’art. Il s’agit du peintre Francis Bacon, dont il suppose, puisqu’il reconnaît ne rien savoir sur lui, qu’il « se voit lui-même dans le visage de sa mère, mais avec une torsion en lui ou en elle, qui nous rend fous, et lui, et nous[8] [8] D. W. Winnicott, « Le rôle de miroir de la mère »,...
suite ». Quelques jours après qu’il eut écrit ces lignes, cette intuition va se trouver confirmée par les propos d’une patiente qui explique que F. Bacon met ses toiles sous verre pour que les gens se voient eux-mêmes reflétés sur le tableau. Il reviendra à Didier Anzieu d’approfondir cette particularité et d’établir un lien avec sa théorie du moi-peau : « La structure de l’ardoise magique (révélation de signes suivie de leur effacement) [allusion au bloc-notes magique de Freud] est d’ailleurs reproduite – involontairement – par Francis Bacon, qui met sous vitre ses tableaux, afin que le visiteur en les regardant s’y regarde et reconnaisse, superposés, l’image réelle de son propre visage réfléchi par le verre et le portrait, sur la toile, de sa souffrance intérieure liée au vide de la non-reconnaissance et à l’angoisse de l’effacement de soi. Ainsi, même là où n’a pas suffisamment fonctionné le premier miroir qu’est l’environnement maternel et familial de l’enfant, cet effacement est réversible, en ce qu’il laisse la place à une révélation de signes, et la prise de conscience peut, à travers et par-delà la souffrance, advenir[9] [9] D. Anzieu, « La peau, la mère et le miroir dans les...
suite. »
5 Si Winnicott se refuse à faire de la « psychanalyse appliquée », toutefois sa relation aux arts et aux artistes ne cessera d’être alimentée par ses amitiés ainsi que par la pratique du chant et du piano[10] [10] A. Clancier et J. Kalmanovitch, Le paradoxe de Winnicott,...
suite. Dès son premier travail en 1935 sur « La défense maniaque », Winnicott considère que cette défense est une fuite vers la réalité externe pour dénier la réalité interne liée à des représentations dépressives et reconnaît la normalité de certaines de ces défenses psychiques : « Il devrait être possible d’établir un rapport entre l’atténuation de la manipulation omnipotente, du contrôle et de la dépréciation, d’une part, et, d’autre part, la normale et une certaine défense maniaque employée par tous dans la vie quotidienne. Par exemple, on est au music-hall et sur la scène paraissent des danseurs faisant preuve d’une qualité d’animation professionnelle. On peut dire que ceci est la scène primitive, cela l’exhibitionnisme, voici le contrôle anal, voilà la soumission masochiste à la discipline, voici un défi au surmoi. Tôt ou tard, on ajoute : voici la vie. Ne se pourrait-il pas que le sujet principal de la représentation soit un déni de l’état de mort, une défense contre les idées dépressives de “mort intérieure”, la sexualisation étant secondaire[11] [11] D. W. Winnicott, « La défense maniaque », dans...
suite ? »
6 On sait que Winnicott était apprécié pour ses qualités relationnelles, son caractère joueur et sa vocation d’amuseur, il a d’ailleurs songé à un moment de sa vie faire carrière dans le music-hall. Cet élément pourrait paraître anecdotique s’il n’était relayé dans ses conceptions théoriques, comme en témoigne cet article, « La défense maniaque », mais aussi l’ensemble de ses écrits sur la créativité. Son propre travail de créateur semble attester du bien-fondé de ses réflexions théoriques. Très créatif sur le plan théorique et clinique, Winnicott ne s’est jamais laissé enfermer dans le dogmatisme des uns ou des autres et a toujours souhaité garder une indépendance d’esprit et de réflexion. En 1967, lorsqu’il passe en revue son parcours intellectuel, il écrira : « […] ce que j’ai dit a pris l’allure d’une île : les gens doivent y mettre du leur pour y aller[12] [12] D. W. Winnicott, « Sur D. W. W. par D. W. W. », dans...
suite. » L’importance qu’il accorde au jeu, l’apparente simplicité de ses élaborations qui s’acharnent à redonner une profondeur conceptuelle à des termes du langage courant, son souci de transmettre à un public néophyte ses réflexions, tout cela rend l’homme sympathique et force l’admiration.
7 À plusieurs reprises, Winnicott utilise la maîtrise artistique pour la comparer à sa propre pratique : « On pourrait comparer ma position à celle d’un violoncelliste qui travaille sa technique avec acharnement, puis sera enfin capable de faire de la musique[13] [13] D. W. Winnicott, La consultation thérapeutique et l’enfant,...
suite. »
8 À propos du squiggle, Winnicott souligne son caractère satisfaisant de la manière suivante : « Le résultat d’un squiggle est souvent satisfaisant en soi. Il est comme un “objet trouvé” : par exemple une pierre, une pièce de vieux bois qu’un sculpteur trouve et présente parce qu’il possède une expression sans qu’il soit besoin d’y travailler. Cela séduit les filles et les garçons paresseux et éclaire la signification de la paresse. Tout travail effectué gâche ce qui est au départ un objet idéalisé. Un artiste peut avoir le sentiment que le papier ou la toile sont trop beaux et peuvent être souillés. Potentiellement c’est un chef-d’œuvre. Dans la théorie psychanalytique, nous avons le concept d’écran du rêve : une place dans laquelle ou sur laquelle un rêve peut être rêvé[14] [14] D. W. Winnicott, « Le Squiggle », cité dans...
suite. »
9 Il lui arrivera aussi de comparer la situation de l’analyste à celle de l’artiste, le patient devenant alors son œuvre. « Une question se pose : que font les analystes lorsque la régression (même minime) apparaît ?
10 « Certains disent nettement : Redressez-vous ! Tenez-vous bien. Allons, parlez. Mais ce n’est pas de la psychanalyse. Certains partagent leur travail en deux, quoique malheureusement ils ne le reconnaissent pas toujours vraiment : a) ils sont analystes de façon stricte (associations libres verbales ; interprétations verbales ; pas de réassurances), et aussi : b) ils agissent de façon intuitive.
11 « C’est ici que nous introduirons l’idée que la psychanalyse est un art. D’autres disent : inanalysable, et déclarent forfait. L’hôpital psychiatrique prend la suite.
12 « Il faut que l’idée de la psychanalyse en tant qu’art cède le pas peu à peu à une étude de l’adaptation de l’environnement par rapport aux régressions du malade. Mais tant que l’étude scientifique de l’adaptation sera insuffisante, je suppose que les analystes devront continuer à travailler en artistes. Il se peut qu’un analyste soit un bon artiste mais, comme je le dis souvent, quel malade désire être le poème ou le tableau d’une autre personne[15] [15] D. W. Winnicott, « Les aspects métapsychologiques...
suite ? »
13 Ainsi, toute l’activité psychanalytique de Winnicott, qu’elle soit théorique ou clinique, sera placée sous le signe de la créativité et de la liberté de pensée, comme le souligne R. Roussillon : « S’il pense que chaque être doit “créer” le monde qu’il trouve dans son environnement, s’il pense que c’est ainsi que l’on s’approprie le monde et qu’ainsi on s’y rend présent et créatif, il applique de fait ce même précepte à sa propre manière d’habiter la psychanalyse. Winnicott n’applique pas la psychanalyse aux troubles limites de l’identité et du narcissisme, il ne l’applique pas comme on dit en mathématique qu’on “applique” une formule, il transforme la psychanalyse pour qu’elle s’applique aussi aux troubles de l’identité et à ce que ceux-ci comportent de questions essentielles pour chacun[16] [16] R. Roussillon, « Actualité de Winnicott »,...
suite. »
14 Si la créativité occupe une place prépondérante dans l’œuvre théorique de Winnicott, c’est parce qu’elle est synonyme de « vie », « d’être vivant », de « se sentir réel » et finalement de santé. Située au cœur des processus de maturation chez l’enfant, la créativité influe sur la qualité des relations que le sujet entretiendra avec la réalité tout autant que sur sa propre aspiration à vivre et à exister. Pour bien comprendre l’importance de la créativité, il est nécessaire de revenir sur son précurseur, la créativité psychique primaire, qui est liée à la façon dont Winnicott conçoit le rapport qu’entretient le nourrisson avec l’objet du besoin. Avant d’entrer dans le détail de cette construction théorique des phénomènes transitionnels, on peut dire que la créativité draine dans son sillage la quasi-intégralité des grands concepts winnicottiens : la mère, le self, la sollicitude, l’agressivité, le holding, les phénomènes transitionnels, le sentiment continu d’exister, la préoccupation maternelle primaire et l’utilisation de l’objet.
15 On peut aborder les phénomènes transitionnels sous l’angle de l’illusion laquelle est, selon Winnicott, le propre de la condition humaine. Cette illusion, qui est à l’origine de la créativité psychique primaire, trouve sa source dans la relation de la mère avec son bébé avant ou après la naissance. En 1951, Winnicott insiste sur la capacité qu’a le bébé de créer le sein et ce pour autant que la mère le lui présente au bon moment, c’est-à-dire qu’elle est capable de s’identifier à son enfant. Cette adéquation n’aura lieu que si la mère se trouve dans un état de préoccupation maternelle primaire, signe de son dévouement et de son empathie à l’égard des besoins de l’enfant. À ce niveau, le sein créé par le bébé témoigne de sa capacité d’aimer mais aussi de son besoin du sein, tout cela constituant un phénomène subjectif : « La mère place le sein réel juste là où l’enfant est prêt à le créer, et au bon moment[17] [17] D. W. Winnicott, « Objets transitionnels et phénomènes...
suite. »
16 Ce qui est essentiel dans cette expérience, c’est que la mère (suffisamment bonne) procure à l’enfant l’illusion qu’une réalité extérieure existe qui est conforme à sa propre capacité de créer. Si l’on se place sur le plan du fonctionnement primaire du psychisme, l’enfant ne peut pas distinguer ce qui est de l’ordre de l’hallucination et ce qui est de l’ordre de l’appréhension du réel. Ce qui en résulte, c’est l’illusion que l’enfant a de créer l’objet là où la mère le présente, origine de la première expérience d’omnipotence. C’est à partir de cette expérience d’omnipotence que l’enfant va ensuite être capable de faire l’expérience de la frustration.
17 « À partir de cette expérience d’omnipotence initiale, le nourrisson est capable de commencer à ressentir la frustration et un jour il arrive même à l’opposé de l’omnipotence, c’est-à-dire à avoir le sentiment de n’être qu’une poussière dans l’univers, dans un univers qui était là avant que le nourrisson ait été imaginé et conçu par deux parents qui prenaient plaisir l’un avec l’autre. N’est-ce pas à partir de être Dieu que les êtres humains parviennent à l’humilité propre à l’individualité humaine[18] [18] D. W. Winnicott, « La communication entre le nourrisson...
suite ? »
18 C’est pour autant que l’enfant aura eu l’illusion « d’être Dieu » que le processus de désillusionnement va pouvoir se mettre en place, à la faveur de ce que Winnicott considère comme la « première utilisation d’un symbole par l’enfant, et de sa première expérience de jeu », à savoir l’objet transitionnel. C’est donc sur le chemin qui va de l’illusion au désillusionnement que l’enfant façonne l’objet transitionnel.
19 « En utilisant le symbolisme, le petit enfant établit déjà une distinction nette entre le fantasme et le fait réel, entre les objets internes et les objets externes, entre la créativité primaire et la perception. Mais le terme d’objet transitionnel rend possible, selon mon hypothèse, le processus qui conduit l’enfant à accepter la différence et la similarité[19] [19] D. W. Winnicott, « Objets transitionnels et phénomènes...
suite. »
20 Cet objet, auquel Winnicott reconnaît une valeur défensive contre l’angoisse de type dépressif, il le repère dans le passage qui s’effectue entre 1’utilisation par le nouveau-né de son poing, de ses doigts et l’utilisation par l’enfant plus âgé de son ours en peluche, de sa poupée ou d’un jouet. L’objet que l’enfant adopte est sa première possession non-moi qui inaugure l’accès à la symbolisation, laquelle va faire passer le nourrisson d’une position de dépendance absolue à une position de dépendance relative. De ce point de vue, l’objet transitionnel témoigne d’un mouvement qui de la relation d’objet conduit à l’utilisation de l’objet. Le principe essentiel au bon déroulement du processus illusion-désillusionnement est la non-résolution du paradoxe qui fait que l’enfant croit créer le sein là où il est apporté par la mère. Winnicott expliquera cette idée en disant qu’il faut laisser la possibilité au bébé d’être fou pour qu’il ne le devienne pas à l’âge adulte : « Ce que j’ai appelé l’“objet subjectif” se relie progressivement aux objets perçus objectivement mais ce processus n’intervient que si un apport suffisamment bon de l’environnement ou “l’environnement moyen sur lequel on peut compter” permet au bébé d’être fou – fou de cette manière particulière qui lui est concédée. Cette folie ne deviendra véritable folie que si elle apparaît plus tardivement. À ce stade de la petite enfance, il s’agit du sujet auquel je me suis référé quand j’ai parlé de l’acceptation du paradoxe lors de ce moment privilégié où, par exemple, un bébé crée un objet, mais où cet objet n’aurait pas été créé s’il n’avait déjà été là[20] [20] D. W. Winnicott, « La créativité et ses origines »,...
suite. »
21 L’expérience de cette folie coextensive de l’illusion que la mère entretient est à la source du sentiment d’omnipotence que le bébé doit éprouver pour s’engager dans la voie de la créativité primaire. En contrepoint de cette illusion, la mère doit accompagner le bébé sur le chemin de la désillusion. Winnicott met en relief l’importance du facteur temporel dans les expériences de déprivation que traverse l’enfant. Ainsi, l’absence répétée de la mère dans la durée peut conduire au traumatisme du bébé du fait d’une rupture dans la continuité de sa vie, entraînant un état confusionnel et la désintégration de la structure du moi naissant. Dans les situations plus favorables, les privations sont toujours suivies de soins et de gâteries qui réparent la structure de son moi : « Cette réparation de la structure du moi rétablit la capacité qu’a le bébé d’utiliser un symbole d’union. Le bébé en vient alors, une fois de plus, à accepter la séparation et même à en bénéficier. Telle est la place que j’ai circonscrite pour l’examiner, la séparation qui n’est pas une séparation, mais une forme d’union[21] [21] D. W. Winnicott, « La localisation de l’expérience...
suite. »
22 Une des conséquences qui résultent de cette séparation réussie sera la capacité qu’acquiert le bébé de conserver à l’esprit le souvenir de sa mère fondant du même coup sa capacité d’être seul. Pour Winnicott, la capacité de vivre créativement, mais aussi la localisation originelle de l’expérience culturelle, se trouvent conjointement articulées dans cette expérience qui consiste à conserver sa mère à l’esprit. Marion Milner, dont Winnicott appréciait le travail théorique, avait une conception très proche : « […] c’est sûrement la conscience intérieure qu’on a de son propre corps qui reprend le rôle de la mère externe ; non pas seulement dans le sens qu’on apprend à faire pour soi-même les actes externes de soin corporel que la mère avait faits jadis, mais dans le sens où l’on se façonne une sorte de sphère psychique ou de nouvelle matrice à partir de l’image qu’on a de son propre corps, comme seul endroit sûr où habiter, d’où l’on peut sortir des antennes vers le monde[22] [22] M. Milner, Les mains du Dieu vivant, Paris, Gallimard, 1974,...
suite. »
23 J.-B. Pontalis dans son ouvrage Entre le rêve et la douleur reprendra cette formulation dans des termes plus winnicottiens : « La psyché serait, en son essence, la mère en nous, ce qui, de la mère, prend soin de l’enfant, à condition de préciser que l’enfant crée sa mère au moins autant qu’elle ne le crée. Ne parlons pas ici d’intériorisation de la mère, réelle ou imaginaire, comme le bon ou mauvais objet. Avançons plutôt que c’est la mère absente qui fait notre intérieur[23] [23] J. -B. Pontalis, « Faiseurs de rêves », dans...
suite. »
24 C’est parce que « la mère suffisamment bonne » est capable de s’adapter aux besoins de l’enfant, qu’elle autorise et organise un champ d’expériences qui permet à l’enfant d’éprouver ce qui est du registre de l’aire transitionnelle, de la créativité primaire et de ce qui deviendra la culture : « Cette aire intermédiaire d’expériences, qui n’est pas mise en question quant à son appartenance à la réalité intérieure ou extérieure (partagée), constitue la plus grande partie du vécu du petit enfant. Elle subsistera tout au long de la vie, dans le mode d’expérimentation intense [et non “interne” comme l’indique la traduction][24] [24] Voir le texte Playing and Reality (1971), London & New...
suite qui caractérise les arts, la religion, la vie imaginaire et le travail scientifique[25] [25] D. W. Winnicott, « Objets transitionnels et phénomènes...
suite. »
25 D’où l’importance accordée par Winnicott à la dyade mère-enfant qui lui fera dire : « Cette chose qu’on appelle un nourrisson n’existe pas[26] [26] D. W. Winnicott, « La théorie de la relation parent-nourrisson »,...
suite », sans les soins maternels devons-nous ajouter, position qui rejoint celle qu’exprime Freud dans une note de l’article « Formulations sur les deux principes du cours des événements psychiques » où le nourrisson et les soins maternels ne sont pas loin de réaliser un « système psychique[27] [27] S. Freud, « Formulations sur les deux principes du...
suite ».
26 Jouer, exister, vivre créativement sont profondément intriqués avec l’expérience que le bébé va éprouver précocement dans la relation avec sa mère. On peut décrire cette relation en se référant à ce que Winnicott repère dans le rôle de miroir que joue le visage de la mère pour son enfant. Suivant la qualité de cette relation entre la mère et son enfant, cette situation peut induire chez le tout-petit l’émergence de la créativité ainsi que le sentiment d’avoir un self ou au contraire interrompre le mouvement vers la santé.
27 « Que voit le bébé quand il tourne son regard vers le visage de la mère ? Généralement, ce qu’il voit, c’est lui-même. En d’autres termes, la mère regarde le bébé et ce que son visage exprime est en relation directe avec ce qu’elle voit. […] J’évoquerai, pour éclairer mon propos, le cas du bébé dont la mère ne refléterait que son propre état d’âme ou, pis encore, la rigidité de ses propres défenses. Dans un cas semblable, que voit le bébé ?
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29 On comprend à travers cet article l’importance de l’aperception créatrice dans le devenir du tout-petit puisqu’elle est à l’origine de « l’échange significatif avec le monde » et aussi du sentiment que la vie vaut la peine d’être vécue, ce qui, pour Winnicott, s’oppose à une relation de soumission et d’adaptation à la réalité externe. La définition classique de l’aperception est : une perception dont on a une conscience nette. Quel sens prend ce terme dans l’élaboration winnicottienne ?
30 Pour lui, l’enfant ne peut regarder et voir le monde de manière créatrice que s’il a lui-même fait l’expérience d’avoir été vu ; or que voit l’enfant face au visage de sa mère ? Lui-même. Autrement dit, l’enfant se voit lui-même au travers du regard de la mère. Si Winnicott pense que l’aperception doit précéder la perception, c’est parce qu’elle est constitutive du sentiment qu’a l’enfant d’avoir un self. L’aperception est liée à ce que Winnicott appelle « l’objet subjectif » ; c’est en 1962 qu’il introduit ce terme en rapport avec l’attitude que la mère va développer auprès de l’enfant pour que celui-ci fasse l’expérience de l’omnipotence.
31
32 L’objet subjectif est donc cet objet que l’enfant crée. « J’ai utilisé le terme d’objet subjectif pour décrire le premier objet, l’objet qui n’a pas encore été répudié en tant que phénomène non-moi[30] [30] D. W. Winnicott, « La créativité et ses origines »,...
suite. »
33 D’une certaine manière, la conception de Winnicott illustre parfaitement la fameuse formule que l’on prête à Picasso : « Je ne cherche pas, je trouve ! » « Le fait est que ce que nous créons est déjà là, mais la créativité réside dans la manière dont nous parvenons à la perception par l’intermédiaire de la conception et de l’aperception. Ainsi, quand je regarde l’horloge – et je dois le faire maintenant –, je la crée mais je prends soin de ne voir des horloges que là où je sais qu’il y en a. Ne rejetez pas, je vous en prie, cet échantillon d’illogisme absurde, regardez-le, au contraire, pour pouvoir vous en servir[31] [31] D. W. Winnicott, « Vivre créativement », dans...
suite. »
34 Même si une comparaison entre la conception lacanienne et winnicottienne de l’objet est hasardeuse, dans la mesure où, pour le premier, l’approche est plus logique et structurale alors qu’elle est chronologique et développementale pour le second, il n’en reste pas moins que la mise en évidence des objets transitionnels contribuera à l’élaboration de l’objet a, ce qui ne signifie pas qu’on puisse les confondre.
35 En mettant en évidence qu’il n’y a pas d’échange entre la mère et l’enfant au sens où ce que tète l’enfant c’est le sein en tant qu’il fait partie de lui-même et que ce qu’allaite la mère c’est l’enfant qui fait partie d’elle-même, Winnicott met en évidence le caractère illusoire de cet échange. C’est d’ailleurs cette zone qui sera appelée espace transitionnel, et les objets qui s’y trouvent objets transitionnels, et ce dans la mesure où ils incarnent la transition entre l’intérieur et l’extérieur, entre le subjectif et l’objectif, entre le moi et le non-moi. Lacan qualifiera ces objets d’imaginaires[32] [32] J. Lacan, La relation d’objet, Séminaire IV, Paris, Le...
suite, car, pour lui, l’objet transitionnel doit plutôt être considéré comme l’emblème de l’objet a, le premier apparaissant lorsque le second disparaît : « Cet objet qu’il [Winnicott] appelle transitionnel est bien ce que j’appelle un objet cessible, petit bout arraché à quelque chose, un lange le plus souvent. L’on voit bien le support que le sujet y trouve. Il ne s’y dissout pas, il s’y conforte dans sa fonction de sujet par rapport à la confrontation signifiante. Il n’y a pas investissement de a, il y a, si je puis dire, investiture, il est dans un rapport de a quelque chose qui réapparaît après sa disparition[33] [33] J. Lacan, L’angoisse, 26 juin 1963, Séminaire inédit. ...
suite. »
36 En 1970, Winnicott, dans son article « Vivre créativement », insiste pour distinguer la vie créative et la création artistique. Vivre créativement est profondément lié au sentiment que l’on est vivant et soi-même.
37
38 Bien que Winnicott reconnaisse que les créations artistiques ont un rapport avec la créativité, elles lui paraissent toutefois différentes. Mais il ne s’engage pour ainsi dire pas sur ce terrain, si ce n’est pour dire que si l’artiste crée, c’est « parce qu’il peut invoquer un talent particulier[35] [35] D. W. Winnicott, ibid. , p. 48. ...
suite ». Finalement pour Winnicott l’artiste n’a rien d’exceptionnel, si ce n’est son talent. La création artistique n’est donc pas auréolée et singularisée, comme ce pouvait être le cas dans la théorie freudienne par la sublimation, elle n’est qu’une façon d’exprimer la créativité. Une remarque fait suite à ce développement et pointe une spécificité de la création artistique. Winnicott évoque la possibilité de parler de l’angoisse qui sous-tend la pulsion créatrice de l’artiste ; malheureusement il n’explicite pas sa pensée. Il ne s’exprimera que très ponctuellement sur ce qui fonde la spécificité de la création artistique. Ainsi, la place qu’occupe le concept d’agressivité, puis de destruction chez Winnicott est suffisamment important pour qu’il influe sur l’ensemble de ses théorisations et notamment celui de la créativité. Pour lui, l’agressivité primaire ne relève pas de l’intentionnalité du nouveau-né, à la différence de ce que pense M. Klein ; cette agressivité n’est pas haineuse mais fait partie de l’amour essentiellement oral auquel le bébé s’abandonne.
39
40 C’est la façon dont l’environnement va accueillir et tolérer cette agressivité qui va être déterminante pour la suite du développement affectif de l’enfant, conduisant alors à un état de dissociation ou pas. De plus cette agressivité permet au bébé de placer l’objet en dehors du self : « D’abord, le petit enfant (de notre point de vue) est impitoyable ; il n’a pas encore d’inquiétude à l’égard des conséquences de l’amour instinctuel. Cet amour est à l’origine une forme d’impulsion, de geste, de contact, de relation ; il permet à l’enfant la satisfaction de l’auto-expression, la décharge de la tension instinctuelle ; en outre, il place l’objet en dehors du self[37] [37] D. W. Winnicott, « La position dépressive dans le...
suite. »
41 Ce ne sera que dans un second temps, temps qui correspondrait à la position dépressive de M. Klein, que l’enfant va passer de ce stade impitoyable à celui de la compassion et de la sollicitude. Winnicott fait d’ailleurs remarquer qu’il vaudrait mieux parler de « stade de l’inquiétude[38] [38] D. W. Winnicott, ibid. , p. 152. ...
suite » plutôt que de position dépressive. L’agressivité et la destruction vont donc être articulées à la position dépressive, à la capacité de sollicitude ainsi qu’à la culpabilité et à la créativité. Le texte de 1968 « L’utilisation de l’objet et le mode de relation à l’objet au travers des identifications » permet de ressaisir le cheminement de l’élaboration de Winnicott. « La théorie orthodoxe suppose toujours que l’agressivité est réactionnelle à la rencontre avec le principe de réalité, alors qu’en fait c’est la pulsion destructrice qui crée la qualité de l’extériorité. C’est là le point central de mon argumentation[39] [39] D. W. Winnicott, « L’utilisation de l’objet et...
suite. »
42 Si Winnicott attache une telle importance à la destructivité, c’est dans la mesure où, lorsqu’elle est suivie d’une survivance de l’objet, elle permet d’instaurer une réalité partagée que le sujet peut utiliser et qui exclut le contrôle omnipotent.
43 La pulsion créatrice se situe donc du côté de la destructivité car elle est liée précocement à l’amour et non à la réparation consécutive à la position dépressive, comme le suggère M. Klein[40] [40] Voir sur ce sujet l’article de Melanie Klein intitulé...
suite. En 1958, dans son article « La psychanalyse et le sentiment de la culpabilité », Winnicott introduit un court paragraphe qui s’intitule « L’artiste créateur », où il développe de manière absconse la valeur du « self impitoyable » de l’artiste : « Il est intéressant de noter que l’artiste créateur est en mesure de parvenir à une sorte de socialisation qui allie la nécessité de ressentir la culpabilité et l’activité réparatrice et restauratrice qui forme la base du travail constructif ordinaire. Il arrive que l’artiste ou le penseur ne parvienne pas à comprendre, ou méprise même, les sentiments d’inquiétude qui motivent une personne moins créatrice, et l’on peut dire que certains de ceux qui ont l’esprit créateur ne sont pas capables de ressentir de la culpabilité et parviennent pourtant à une socialisation grâce à leur talent exceptionnel. Pour les personnes ordinaires poussées par la culpabilité, cela est déroutant : et cependant ils ont une secrète considération pour l’inexorabilité qui, en fait, va plus loin, dans ces circonstances, que l’œuvre motivée par la culpabilité[41] [41] D. W. Winnicott, « La psychanalyse et le sentiment...
suite. »
44 J. Abram fait l’hypothèse que la confusion qui se dégage de ces lignes tient probablement au fait qu’il s’agissait d’une conférence prononcée en l’honneur du centenaire de Freud où les kleiniens étaient en majorité. De quelque manière que l’on aborde les textes winnicottiens, il est difficile de constituer un corpus cohérent permettant d’appréhender la créativité artistique qui soit distinct de ce que Winnicott appelle la créativité en général. Ceci apparaît d’autant plus évident lorsque l’on considère le statut qu’il donne à l’œuvre d’art. « L’œuvre créée, en effet, se situe entre l’observateur et la créativité de l’artiste[42] [42] D. W. Winnicott, « La créativité et ses origines »,...
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45 D’emblée, Winnicott considère « l’œuvre créée » dans une position médiane entre le spectateur et ce qu’il appelle la créativité de l’artiste, c’est-à-dire quelque chose qui est de l’ordre de la poussée, de l’éclosion de la vie intérieure vers le monde extérieur. L’œuvre se situe donc dans un espace interstitiel, une aire transitionnelle qui assure le lien entre le spectateur et la vie créative, étant entendu que la créativité à laquelle Winnicott se réfère « est celle qui permet à l’individu l’approche de la réalité extérieure[43] [43] D. W. Winnicott, ibid. , p. 95. ...
suite ».
46 Pour conclure, on peut dire que cette conception de l’œuvre d’art rejoint le point de vue de Marcel Duchamp qui écrivait : « Ce sont les regardeurs qui font les tableaux. On découvre aujourd’hui le Greco ; le public peint ses tableaux trois cents ans après l’auteur en titre[44] [44] M. Duchamp, Duchamp du signe, Paris, Flammarion, 1994, p. 247. ...
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47 On pourrait aussi mettre en parallèle l’approche winnicottienne de celle d’un artiste comme Robert Filliou, membre du groupe Fluxus dans les années 1960, qui disait : « L’art, c’est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art. L’art=la vie[45] [45] Cité dans l’article de Pierre Tilman, « Les quatre...
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48 Si l’illusion est pour Winnicott le propre de l’homme, il faut lui reconnaître le mérite d’avoir su en repérer la genèse dans les processus de maturation du tout-petit en relation avec les soins maternels. L’illusion, dont l’étymologie, in-lusio, signifie « entrée en jeu », est nécessaire au petit d’homme pour que la vie vaille la peine d’être vécue car elle inaugure non seulement l’humanisation mais aussi la capacité de vivre créativement son rapport au monde.
[ 1] D.W. Winnicott, « La créativité et ses origines », dans Jeu et réalité, Paris, Gallimard, 1975, p. 97.
[ 2] D.W. Winnicott, « Vivre créativement », dans Conversations ordinaires, Paris, Gallimard, 1986, p. 56.
[ 3] « Paradoxes de l’effet Winnicott », entretien avec J.-B. Pontalis, dans A. Clancier et J. Kalmanovitch, Paris, dans Press Editions, 1999, p. 197-198.
[ 4] J. Abram, Le langage de Winnicott, Paris, Éditions Popesco, 2001, p. 3.
[ 5] D.W. Winnicott, « La créativité et ses origines », dans Jeu et réalité, op. cit., p. 97.
[ 6] D.W. Winnicott, ibid., p. 91.
[ 7] D.W. Winnicott, Jeu et réalité, op. cit., p. 4-5.
[ 8] D.W. Winnicott, « Le rôle de miroir de la mère », dans Jeu et réalité, op. cit., p. 157.
[ 9] D. Anzieu, « La peau, la mère et le miroir dans les tableaux de Francis Bacon », dans Le corps de l’œuvre, Paris, Gallimard, 1981, p. 339.
[ 10] A. Clancier et J. Kalmanovitch, Le paradoxe de Winnicott, Paris, dans Press Éditions, 1999, p. 109.
[ 11] D.W. Winnicott, « La défense maniaque », dans De la pédiatrie à la psychanalyse, Paris, Payot, 1969, p. 17.
[ 12] D.W. Winnicott, « Sur D.W.W. par D.W.W. », dans La crainte de l’effondrement et autres situations cliniques, Paris, Gallimard, 2000, p. 17.
[ 13] D.W. Winnicott, La consultation thérapeutique et l’enfant, Paris, Gallimard, 1971, p. 8.
[ 14] D.W. Winnicott, « Le Squiggle », cité dans Le langage de Winnicott, Jan Abram, Paris, Éd. Popesco, 2001, p. 352-353.
[ 15] D.W. Winnicott, « Les aspects métapsychologiques et cliniques de la régression au sein de la situation analytique », dans De la pédiatrie à la psychanalyse, op. cit., p. 144-145.
[ 16] R. Roussillon, « Actualité de Winnicott », dans Le paradoxe de Winnicott, op. cit., p. 13.
[ 17] D.W. Winnicott, « Objets transitionnels et phénomènes transitionnels », dans Jeu et réalité, op. cit., p. 21.
[ 18] D.W. Winnicott, « La communication entre le nourrisson et la mère, et la mère et le nourrisson. Comparaisons et contrastes » (1968), dans Le bébé et sa mère, Paris, Payot, 1992, p. 141.
[ 19] D.W. Winnicott, « Objets transitionnels et phénomènes transitionnels », dans Jeu et réalité, op. cit., p. 14.
[ 20] D.W. Winnicott, « La créativité et ses origines », dans Jeu et réalité, op. cit., p. 100.
[ 21] D.W. Winnicott, « La localisation de l’expérience culturelle », dans Jeu et réalité, op. cit., p. 135-136.
[ 22] M. Milner, Les mains du Dieu vivant, Paris, Gallimard, 1974, p. 336.
[ 23] J.-B. Pontalis, « Faiseurs de rêves », dans Entre le rêve et la douleur, Paris, Gallimard, 1977, p. 48.
[ 24] Voir le texte Playing and Reality (1971), London & New York, Routledge, 1989, p. 14.
[ 25] D.W. Winnicott, « Objets transitionnels et phénomènes transitionnels », dans Jeu et réalité, op. cit., p. 25.
[ 26] D.W. Winnicott, « La théorie de la relation parent-nourrisson », dans De la pédiatre à la psychanalyse, op. cit., p. 240.
[ 27] S. Freud, « Formulations sur les deux principes du cours des événements psychiques », dans Résultats, idées, problèmes, Paris, puf, 1984, p. 136-137.
[ 28] D.W. Winnicott, « Le rôle de miroir de la mère et de la famille », dans Jeu et réalité, op. cit., p. 155.
[ 29] D.W. Winnicott, « Intégration du moi au cours du développement de l’enfant », dans Processus de maturation chez l’enfant, Paris, Payot 1970, p. 10.
[ 30] D.W. Winnicott, « La créativité et ses origines », dans Jeu et réalité, op. cit., p. 111.
[ 31] D.W. Winnicott, « Vivre créativement », dans Conversations ordinaires, op. cit., p. 57.
[ 32] J. Lacan, La relation d’objet, Séminaire IV, Paris, Le Seuil, 1994, p. 35.
[ 33] J. Lacan, L’angoisse, 26 juin 1963, Séminaire inédit.
[ 34] D.W. Winnicott, « Vivre créativement », dans Conversations ordinaires, Paris, Gallimard, 1988, p. 48.
[ 35] D.W. Winnicott, ibid., p. 48.
[ 36] D.W. Winnicott, « Le développement affectif primaire », dans De la pédiatrie à la psychanalyse, op. cit., p. 44-45.
[ 37] D.W. Winnicott, « La position dépressive dans le développement affectif normal », ibid., p. 153.
[ 38] D.W. Winnicott, ibid., p. 152.
[ 39] D.W. Winnicott, « L’utilisation de l’objet et le mode de relation à l’objet au travers des identifications », dans Jeu et réalité, op. cit., p. 130.
[ 40] Voir sur ce sujet l’article de Melanie Klein intitulé « Les situations d’angoisse de l’enfant et leur reflet dans une œuvre d’art et dans l’élan créateur », dans Essais de psychanalyse, Paris, Payot, 1987, p. 254-262.
[ 41] D.W. Winnicott, « La psychanalyse et le sentiment de la culpabilité », dans De la pédiatrie à la psychanalyse, op. cit., p. 226.
[ 42] D.W. Winnicott, « La créativité et ses origines », dans Jeu et réalité, op. cit., p. 97.
[ 43] D.W. Winnicott, ibid., p. 95.
[ 44] M. Duchamp, Duchamp du signe, Paris, Flammarion, 1994, p. 247.
[ 45] Cité dans l’article de Pierre Tilman, « Les quatre vies de Robert Filliou », dans Artpress, n° 233, mars 1998, p. 41.
Frédérick Aubourg « Winnicott et la créativité », Le Coq-héron 2/2003 (no 173), p. 21-30.
URL : www.cairn.info/revue-le-coq-heron-2003-2-page-21.htm.
DOI : 10.3917/cohe.173.0021.