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Le Coq-héron

2015/2 (n° 221)

  • Pages : 152
  • ISBN : 9782749247649
  • DOI : 10.3917/cohe.221.0007
  • Éditeur : ERES

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Depuis Freud lecteur de Cervantes en version originale, le rapport entre psychanalyse et littérature constitue un sillon incontournable de l’histoire et du développement de la psychanalyse. Sauf à insister sans cesse sur ce que nous savons déjà, le fait de lire des auteurs d’autres domaines met au travail les textes psychanalytiques et protège la psychanalyse de la condamnation à peaufiner encore et encore ses concepts au détriment du travail analytique de l’analyste.

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Fin 2012, a paru en France la traduction du livre de Leïb Rochman, À pas aveugles de par le monde[1][1] Éditions Denoël, coll. « Et d’ailleurs », 1992, préface.... Ce texte est un véritable exploit littéraire et philosophique, comme l’était le livre de Vassili Grossman, Vie et destin, qui sous-tend la réflexion de Levinas.

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Le livre de Rochman, écrit dans une langue presque disparue, a exigé un autre exploit, sa traduction en français. Comme pour les grandes œuvres, l’ouvrage de Rochman en français porte la double signature de son auteur et de sa traductrice.

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L’idée d’un dossier inspiré par ce texte s’est immédiatement imposée à nous. Comment parler aux morts ? Comment les écouter ? Comment les morts fonctionnent chez nous, agissent en nous ? Autant de questions qui, elles aussi, mettent au travail certains acquis majeurs de notre discipline, la psychanalyse : il y va de la question de ce qu’est le travail de deuil et de sa distinction avec la mélancolie. Comme la philosophie, la psychanalyse n’a pas fini (travail sans fin) d’apprendre à mourir, d’apprendre à dire adieu.

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Le livre de Rochman nous confronte aux discours des morts qui n’ont pas dit leur dernier mot. Levinas nous a appris la distinction dit-dire. Ce serait une solution de facilité que de penser la mort comme le point final du discours du disparu.

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Le présent dossier porte précisément sur cela : le discours encore non achevé des morts, et le discours pas encore entendu par les vivants. Cette vitalité des mots est une barrière à tout fantasme d’effacement des traces des hommes et de la langue, d’annihilation et d’autoengendrement.

Notes

[1]

Éditions Denoël, coll. « Et d’ailleurs », 1992, préface de Aharon Appelfeld, traduction du yiddish par Rachel Ertel.

Pour citer cet article

Landa Fabio, « Éditorial », Le Coq-héron, 2/2015 (n° 221), p. 7-7.

URL : http://www.cairn.info/revue-le-coq-heron-2015-2-page-7.htm
DOI : 10.3917/cohe.221.0007


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