Bosnie-Herzégovine 2002-2003
Un pas en avant, deux pas en arrière
Nebojsa Vukadinovic
Huit ans après les accords de Dayton,
la situation n’est toujours pas stabi-
lisée en Bosnie-Herzégovine : les
partis nationalistes gardent les faveurs
de l’électorat, même si les gouver-
nements se situant dans leur mouvance
ne sont guère parvenus, jusqu’à
présent, à améliorer le niveau de vie
de la population. Les élections du
5 octobre 2002, visant à renouveler
les présidences et les parlements dans
la République de Bosnie-Herzégo-
vine et dans ses deux entités (à
l’exception de l’élection de la prési-
dence de la Fédération de Bosnie-
Herzégovine, qui a eu lieu le 27 janvier
2003), n’ont pas échappé à la règle.
Les partis nationalistes les ont
emportées, grâce notamment à une
très grande abstention dans les rangs
de ceux qui auraient dû voter pour les
formations démocratiques. Les
Bosniaques peinent, en effet, à envi-
sager leur avenir : la communauté
internationale prône l’instauration
d’un Etat commun, tout en ayant
accepté, avec les accords de Dayton,
une division entre les différentes
communautés et peu d’efforts ont été
réalisés pour favoriser une réconcilia-
tion des peuples. De nombreuses
zones restent peu sûres malgré la
présence, jusque fin décembre 2002,
d’une mission de l’Onu. Il est vrai que
la domination des partis nationalistes
est contrebalancée par la présence du
Haut Représentant de la communauté
internationale, qui dispose d’un droit
de veto sur toutes les décisions
importantes, mais les interventions de
ce dernier sont parfois mal acceptées
dans le pays. S’ajoute à ce tableau
déjà sombre une conjoncture écono-
mique peu favorable et qui risque de
se dégrader encore avec la réduction
de l’aide internationale. Le seul espoir
de sortir de l’impasse réside dans le
développement de la coopération
régionale, tout juste amorcée, qui
ouvrira la voie à une intégration à
l’Union européenne.
Eight years after the Dayton
accords, the situation is still
unstable in Bosnia-Herzegovina :
the nationalist parties remain in
favor with the electorate,
despite the fact that up to now
these governments have hardly
been able to improve the
standard of living of the popu-
lation. The October 5, 2002
elections aimed at renewing the
presidencies and the parliaments
in the two parts of the Republic
of Bosnia-Herzegovina (with the
exception of the president of the
Bosnia-Herzegovina Federation
which took place on January
27th, 2003), followed suit. The
nationalist parties won out, due
mainly to heavy abstention
among those who would have
voted for democratic parties.
The Bosnians find it difficult to
imagine their future : the inter-
national community is in favor
of setting up a common State,
while accepting, along the lines
of the Dayton accords, a
division between the different
communities. Very little effort
has been applied to encourage
a reconciliation among the
peoples involved. Numerous
areas remain uncertain despite
the presence of a UN mission
up until the end of December
2002. It’s true that the predomi-
nance of nationalist parties is
balanced by the presence of the
international community’s High
Representative who has the
right of veto on all important
decisions but his interventions
are often badly received within
the country. An unfavorable
economic situation may be
added to this already dark
picture which could continue to
degenerate with reduced
foreign aid. The only hope for
emerging from this impasse lies
in the development of regional
cooperation just begun which
would open the door to European
integration.
• Les élections d’octobre
2002
• Une économie
de protectorat
• La coopération
économique régionale :
une issue pour la
relance ?
• Le Haut Représentant :
un gouverneur
aux pleins pouvoirs
• Les réfugiés : l’oubli
d’un problème majeur
• Sélection bibliographique