Lettonie 2002-2003
Un second souffle après l’ascension des sommets
Céline Bayou
Alors que l’année 2002 a été celle de
l’expectative, la plupart des réformes
étant repoussées au lendemain
d’échéances politiques essentielles,
les premiers mois de 2003 ont vu se
débloquer la plupart des initiatives
politiques. La perspective des élections législatives du 5 octobre 2002 a
en effet empêché les membres de la
coalition au pouvoir de se lancer dans
l’action, chacun préférant se préserver. Les résultats du scrutin ont été
inattendus, assurant la victoire au
jeune parti Nouvelle ère, dont le
leader, E. Repse, a été nommé
Premier ministre et a composé un
gouvernement de coalition de centredroit rassemblant quatre partis, suite
à un accord pour le moins fragile.
L’élection présidentielle du 20 juin
2003, en revanche, a vu la réélection
sans surprise de V. Vike-Freiberga,
qui a ainsi entamé son second mandat.
Entre temps, les sommets de Prague
(21-22 novembre 2002) et Copenhague
(13 décembre 2002) ont couronné les
années de transition de la Lettonie,
enfin invitée à rejoindre l’Alliance
atlantique et l’Union européenne, en
mai 2004. Du coup, le pays a pu
prendre un second souffle, aidé par
des résultats économiques plutôt
satisfaisants (croissance du PIB de
4 % en 2002, exportations en hausse),
malgré un déficit public important.
Un bémol est toutefois à mettre au
compte des privatisations toujours
chaotiques, celle de Ventspils Nafta
s’avérant particulièrement opaque. Le
nouveau gouvernement s’est doté
d’un ministre en charge des Affaires
d’intégration, censé régler en particulier la question de la population
russophone de Lettonie. Sa tâche est
grande, alors que le gouvernement
tente de réformer le système d’éducation, en généralisant l’enseignement
dispensé en letton. Son projet a
provoqué de vastes manifestations
dans un pays où la situation sociale
reste par ailleurs très contrastée, les
régions à population russophone étant
particulièrement touchées par le
chômage.
2002 was a year of inaction as
most reforms were postponed
until just after important political events, and most political
initiatives only came on stream
in the first months of 2003. The
prospects of the October 5,
2002 legislative elections
prevented members of the
ruling coalition from acting,
preferring to protect themselves.
The election results were unexpected with the victory of the
young New Era party, whose
leader E. Repse, was named
Prime minister, forming a fourparty center-right government
following a rather fragile agreement. On the other hand, the reelection of V. Vike-Freiberga to
a second term in the June 20,
2003 presidential elections
came as no surprise. In the
meanwhile, the Prague (21-22
November 2002) and Copenhagen (13 December 2002)
summits rewarded Latvia’s
years of transition with an invitation to join the Atlantic
Alliance and the European
Union, in May 2004. The country
was suddenly given a second
burst of energy, aided by rather
satisfactory economic results
(GDP up 4 % in 2002, and a rise
in exports), despite a substantial public deficit. The downside
is that privatizations are still
chaotic, that of Ventspils Nafta
was particularly lacking transparency. The new government
now has a minister for Integration aimed in particular at
resolving the problem of
Latvia’s Russian-speaking
population. This is a big job, as
the government is endeavoring
to reform the educational
system by extending Latvian
language education. This has
provoked huge demonstrations
in the country where the social
situation remains highly diverse
as the Russian-speaking regions
are particularly hit by unemployment.
• Elections avec
et sans surprise
• Une économie
en bonne santé
— ● Le PIB poursuit son envolée
— ● Tensions sur le front
financier
— ● L’ouverture, contre vents
et marées
— ● A qui appartient Ventspils
Nafta ?
• Le débat sur la langue
• Des sommets
tant espérés
— ● Toujours plus de sécurité
— ● L’Union européenne en vue
• Sélection bibliographique